« DIPLOMATIE NUMERIQUE ET AVENIR DU METIER DE DIPLOMATE : Analyse prospective »

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

UNIVERSITE DE KINSHASA

 

FACULTE DES SCIENCES SOCIALES, ADMINISTRATIVES ET POLITIQUES

Département des Relations Internationales

B.P.127 KINSHASA XI

 

Par :

 

MUKALENGI MALENGA Aaron

Gradué en Relations Internationales

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du grade de Licencié en Relations Internationales.

 

Option : Politique internationale

 

 

Directeur : Mahatma Julien TAZI K. Tien-a-be

Professeur

 

Encadreur : LOFEMBE BENKENYA Beke

Chef de Travaux

 

 

 

 

 

EPIGRAPHE

« Dans un monde en constante évolution, là où les frontières s’estompent,

la diplomatie s’adapte et s’épanouit. Dans le monde numérique, elle ouvre de nouvelles voies pour l’avenir, non sans risques, du métier de diplomate ».

MUKALENGI MALENGA Aaron

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEDICACE

 

À mes chers parents, Augustin MALENGA KASHIMBA et Mamie

NKULU ZAINA, pour l’espoir qu’ils ont toujours nourri en moi, pour l’inspiration qu’ils m’apportent et leur soutien inconditionnel.

 

À toutes les personnes qui liront ces lignes, qu’il s’agisse d’amis, de

collègues, d’enseignants, de chercheurs ou simplement de passionnés de la science. Vous verrez la scientificité vexée dans cette œuvre scientifique.

 

Avec gratitude,

MUKALENGI MALENGA Aaron

 

 

 

 

 

 

REMERCIEMENTS

S’il est vrai que la qualité d’auteur m’attribue la responsabilité de cette

œuvre scientifique, il est aussi vrai que sans le concours des personnes bienveillantes, la présente dissertation n’aurait pas vu le jour. Il m’est donc agréable de leur exprimer mes sentiments de reconnaissance.

Mes sincères remerciements s’adressent en premier lieu au Professeur Mahatma Julien TAZI K. Tien-a-be et au Chef de Travaux LOFEMBE BENKENYA Beke. Ils ont aimablement accepté de superviser respectivement la direction et l’encadrement de cette dissertation malgré leurs nombreuses responsabilités. Leurs orientations, remarques et suggestions m’ont permis d’arriver à ce résultat. Je leur exprime ici toute ma gratitude.

Je tiens également à rendre hommage aux professeurs, chefs de travaux et

assistants de la Faculté des Sciences Sociales, Administratives et Politiques, en particulier ceux du Département des Relations Internationales, qui ont grandement contribué à ma formation. Vous êtes nombreux et je ne peux pas vous citer tous individuellement, mais sachez que j’apprécie votre soutien.

Il serait ingrat de ma part de ne pas mentionner les Pasteurs Osborn NDOMBA et Moise KASANDA, ainsi que le Docteur Rehoboth NDOMBA, pour leur soutien spirituel dont j’ai bénéficié. Je suis profondément reconnaissant envers Robert ILUNGA NUMBI, Lyly NUMBI, Lucie NUMBI et Marie-Thérèse KALONDA pour leur soutien moral et financier.

Enfin, j’exprime ma gratitude envers mes familles, la famille MALENGA

(Josée MBUYI MALENGA, Naomie NKAYI MALENGA, Exaucé MAKOMBA

MALENGA et Félia MALENGA) et la famille NUMBI, pour leur amour et leur soutien inconditionnels. Moralité oblige, mes remerciements s’adressent surtout à mes amis et collègues Prince MALAMALA, Pierre NDAYI NDAYI, Christ TUTUANA MESSIE, Rosella LOBEYE MALOMBE, Djevys TSHITENDA TSHIBANDA, Christelle LONGOSO EFATU, Nera KANYINDA et Marc MUKANZ KAM, qui m’ont accompagné tout au long de ce parcours académique. Je vous dis un grand merci et je vous suis très reconnaissant.

MUKALENGI MALENGA Aaron

 

 

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

AfIGF                    : African Internet Governance Forum

AITI                       : Agence de l’Union Africaine pour les TIC

ARCEP                : Autorité de Régulation des Communications Electroniques, des Postes et de la distribution de la presse

ARPTC                  : Autorité de Régulation des Postes et des Télécommunications

BREXIT                 : British Exit

COVID-19             : Coronavirus Disease 2019

CSTD                          : Commission sur la Science et la Technologie au service du Développement

CISA                      : Cybersecurity and Infrastructure Security Angecy

FCO                       : Foreign and Commonwealth Office

GDPR                    : General Data Protection Regulation

ICANN        : Internet Corporation for Assigned Names and Numbers
IGF        : Internet Governance Forum
IA        : Intelligence Artificielle
NCSC        : National Cyber Security Centre
NSA        : National Security Agency
OI        : Organisation Internationale
OCDE        : Organisation de Coopération et de Développement Economique
OMC        : Organisation Mondiale du Commerce
ODD        : Objectifs de Développement Durable
OMGI        : Organisation mondiale de la gouvernance de l’Internet
ONU        : Organisation des Nations Unies
ONG        : Organisation Non Gouvernementale
OTAN        : Organisation du Traité de l’Atlantique Nord
PNUD        : Programme des Nations Unies pour le Développement
RDC        : République Démocratique du Congo

RGPD                    : Règlement général sur la protection des données

RI        : Relations Internationales
SDN        : Société des Nations
TIC        : Technologies de l’Information et de la Communication
UA        : Union Africaine
UE        : Union Européenne
UIT        : Union Internationale des Télécommunications
USA        : United States of America
UNESCO        : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization
UNECA        : United Nations Economic Commission for Africa
UNICEF        : United Nations International Children’s Emergency Fund

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

       I.        PROBLEMATIQUE

Dans le cadre de la définition de l’étude qu’il mène, il est évident que la

principale préoccupation du chercheur, c’est d’être capable de formuler un problème spécifique qui se prête à l’investigation scientifique, s’assurer que le problème sous examen est susceptible de faire l’objet d’une étude scientifique et de répondre à une question de type pourquoi ou comment, parce que s’il n’y a pas de question, il n’y aura plus de recherche.

La problématique est une étape cruciale qui donne le point de départ à

toute recherche scientifique, car elle établit les points de référence nécessaires qui soutiendront les idées du chercheur. De ce fait, il existe de très riches et intéressantes définitions de la problématique. Tout d’abord, la problématique est « la façon d’articuler un ensemble de questions ou de problèmes en les référant à des concepts précisément déterminés »[1].

LABANA LASAY’ABAR et TSHINANGA NGELU définissent la

problématique comme étant « un problème qui se pose ; l’ensemble des interrogations qui militent pour la réalisation de la recherche »[2]. Et quant à MULUMBATI NGASHA, la problématique est « l’ensemble des questions que le chercheur se pose au sujet d’un problème étudié »[3].

La Diplomatie, en tant qu’art de la négociation, joue un rôle

extrêmement important dans la conciliation des intérêts divergents et la résolution des situations de crise en utilisant des techniques diplomatiques. Elle constitue le moyen privilégié pour mener une politique étrangère axée sur l’amélioration de la sécurité et de la prospérité des Etats, tout en préservant la paix mondiale.

Autrement, elle représente l’une des approches utilisées par les gouvernements pour obtenir ce qu’ils désirent ardemment auprès des autres Etats.

Cependant, ce principal instrument de la conduite de la politique

étrangère connait d’importantes mutations principalement en raison de la révolution numérique ou digitale qui influent, de manière volontaire ou par nécessité, sur la diplomatie. La société moderne a connu une expansion considérable du numérique, avec l’omniprésence des technologies dans notre vie personnelle et

professionnelle. Les relations internationales ne font pas exception à cette réalité, et ignorer leur influence dans la diplomatie moderne serait commettre une

aberration. Le métier de diplomate, autrefois centré sur des pratiques et des outils classiques tels que les rencontres diplomatiques en personne, les parchemins, les fax et les télégrammes, perd de sa subsistance avec le développement de la diplomatie numérique. Jadis caractérisé par ses fonctions traditionnelles, telles que définies dans l’article 3 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, le métier de diplomate est désormais confronté aux défis posés par les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC).

Force est de reconnaitre que durant des dernières décennies, la

digitalisation de la société (Smartphone, tablette, …) et l’émergence des NTIC (l’accès facile à internet et la frénésie du public pour les réseaux sociaux) ont profondément transformé, structurellement, les relations internationales et la pratique diplomatique. Certains considèrent cela comme une extension de la diplomatie traditionnelle, tandis que d’autres voient plutôt une rupture avec les pratiques et les principes de la diplomatie classique, notamment en ce qui concerne la représentation et l’information. Quelle que soit l’approche adoptée, il est indéniable que l’évolution technologique a eu un impact sur tous les aspects de la diplomatie, que ce soit sur le plan des procédures, des institutions ou de la politique[4].

La diplomatie numérique est donc devenue un enjeu majeur pour les États et les autres acteurs internationaux, offrant de nouvelles opportunités pour la diplomatie publique, la promotion de la culture, des valeurs et des intérêts nationaux sur la scène internationale, ainsi que le renforcement des relations bilatérales et multilatérales, la résolution des conflits et la construction de la paix. Cependant, elle soulève également des défis importants tels que la gestion de l’information, la cybersécurité, la désinformation, la manipulation de l’opinion publique et la gestion des conflits numériques.

Face à ces évolutions rapides des technologies et la transformation

des pratiques diplomatique, l’avenir du métier de diplomate est remis en question. Il est probable que les compétences et stratégies numériques deviennent de plus en plus essentielles, ce qui nécessite une réflexion approfondie sur l’impact de la diplomatie numérique sur ce métier et sur la manière dont elle influence son avenir. Il est crucial de donner des éléments permettant la pérennisation du métier de diplomate en s’adaptant aux nouvelles transformations et réalités internationales.

Ainsi, dans ce contexte la problématique de notre étude est formulée

comme suit : « Dans un contexte de digitalisation croissante des relations internationales, comment la diplomatie numérique influence-t-elle et redéfinit-elle le rôle et les compétences du métier de diplomate ? ». Une analyse prospective s’impose pour comprendre les changements et les influences liées à la digitalisation de la diplomatie, évaluer le degré de digitalisation des pratiques diplomatiques, étudier comment les diplomaties et les diplomates s’adaptent aux nouvelles réalités internationales induites par les technologies numériques, ainsi que les opportunités qu’elles offrent pour renforcer l’efficacité et la pertinence de l’action diplomatique.

De cette problématique, découlent les questions secondaires suivantes qui

constitueront la base de notre travail :

  1. Comment la diplomatie numérique impacte-t-elle le rôle traditionnel du diplomate en termes de fonctions fondamentales du métier de diplomate ?
  2. Quels sont les principaux changements induits par la révolution numérique sur la diplomatie ?
  3. Quel est l’avenir du métier de diplomate face à l’émergence du numérique ?

En parcourant ces questions, notre étude vise à contribuer à la

compréhension de l’impact de la digitalisation sur les pratiques diplomatiques actuelles et à fournir des pistes de solution pour garantir la pérennité du métier de diplomate à l’ère numérique.

II.           HYPOTHESES

Tout problème posé mérite une solution et un chercheur qui se pose un

problème est tenté par une idée préconçue qu’il cherche à affirmer après des profondes investigations.

Une hypothèse de recherche est une « série des réponses qui permettent de

prédire la vérité scientifique, vraisemblablement au regard des questions soulevées par la problématique et dont la recherche vérifie le bien-fondé ou le mal-fondé. Et que toute hypothèse peut, selon le cas, être confirmée ou infirmée à l’issue du traitement des données »[5]. Elle est définie selon le dictionnaire Larousse de poche, comme étant « une proposition initiale à partir de laquelle on construit un raisonnement, une supposition ou une éventualité »6. Quant à nous, une hypothèse est « une proposition de réponses ou une explication qui est énoncée sans prendre parti sur sa véracité, c’est-à-dire sans l’affirmer ou la contredire. Elle constitue simplement une simple supposition ».

Répondant à notre question de la problématique et aux questions

secondaires, il est important de noter que l’émergence des technologies numériques a transformé profondément la diplomatie, au point qu’il est désormais impensable de mener une politique étrangère sans recourir aux NTIC, à Internet et aux réseaux sociaux. En utilisant les outils numériques tels que les médias sociaux, les plateformes de communication en ligne et les technologies de l’information, les diplomates peuvent maintenant atteindre un public mondial plus large et interagir directement avec les citoyens, les organisations non-gouvernementales (ONG) et d’autres acteurs de la société civile. Cela redéfinit le rôle traditionnel du diplomate en élargissant sa portée et en l’amenant à s’engager activement avec différents acteurs et publics.

La diplomatie numérique a révolutionné les fonctions diplomatiques et a

entraîné plusieurs changements dans le métier de diplomate. Tout d’abord, les diplomates doivent être compétents dans l’utilisation des technologies de l’information et des outils numériques pour communiquer, négocier et coordonner leurs actions. De plus, ils doivent être capables d’analyser les données numériques pour comprendre les enjeux internationaux et les tendances émergentes.

En outre, le métier de diplomate fait face à des changements fondamentaux

avec l’émergence du numérique. Ces changements remettent en question les fonctions diplomatiques classiques et pourraient même de faire disparaitre cette profession. Afin de garantir sa pérennité, il est probable que ce métier de diplomate évolue pour s’adapter à ce nouvel environnement numérique en constante évolution. L’avenir de la diplomatie sera probablement marqué par une adaptation aux exigences du numérique, tout en conservant les compétences traditionnelles qui sont au cœur de cette profession.

III.         METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE

L’élaboration de tout œuvre scientifique recommande à tout chercheur

impliqué à sa réalisation de circonscrire une bonne orientation méthodologique devant guider l’analyse des données, leur interprétation ainsi que la systématisation qui en découle. Pour parvenir à une si complexe démarche sur le fait que les relations internationales et les pratiques diplomatiques à ce jour sont profondément impactées par l’évolution technologique ; car sans une adaptation de diplomates à l’utilisation des outils technologiques, il y a lieu de dire que le métier de diplomatie tend à son déclin.

Alors, pour arriver à l’objectif scientifique que nous nous sommes fixé, il

est indispensable de faire appel à des méthodes et techniques de recherche qui nous amèneront à expliquer les faits à étudier. Etant donné qu’en sciences, le recours aux méthodes et techniques de recherche s’avère obligatoire, ce travail ne peut s’en passer. Ainsi, la méthodologie est définie par Madeleine GRAWITZ[6] comme étant « une branche de la logique qui désigne l’ensemble des opérations par lesquelles une discipline cherche à atteindre la vérité qu’elle poursuit, la démontre et la vérifié ».

A. Méthodes de recherche

« Une méthode est fonction du type de problèmes à résoudre »[7]. La

méthode est définie comme étant « l’ensemble de procédés raisonnées pour parvenir à un but, que ce soit une argumentation quelconque, une démonstration mathématique, une expérience scientifique, ou encore l’enseignement d’une discipline. Procéder avec méthode est synonyme de respecter l’ordre des difficultés croissantes. Méthodique est souvent synonyme de rationnel »[8].

« Il est vrai qu’il n’y a pas de méthode absolue pour effectuer des analyses,

mais des choix à faire, ou à inventer, en fonction des objectifs »[9]. Pour une bonne interprétation des faits que nous analysons, deux méthodes nous paraissent ainsi plus adaptées. Tout d’abord, il s’agit de la « méthode historique » qui se préoccupe à retracer les origines des phénomènes, faits sociaux et leur révolution dans le temps[10], et, ensuite, de « la méthode fonctionnelle » dans son approche dite « relative » défendue par Robert King MERTON.

a. La méthode historique

C’est dans l’histoire qu’on va chercher l’explication. Cette méthode

intervient dans notre travail dans le retracement des évolutions de la diplomatie au fil du temps afin de mettre en évidence les tendances et les changements qui pourraient se produire à l’avenir. De plus, nous avons utilité cette méthode pour collecter les données historiques sur la diplomatie numérique et l’évolution du métier de diplomate au fil du temps.

b. La méthode fonctionnelle

En termes mathématiques, le mot « fonction » fait référence à « une

relation entre deux ou plusieurs éléments, où tout changement dans l’un entraîne une modification dans l’autre, ou les autres s’adaptent en conséquence »[11]. Ce qui est souligné ici, c’est l’interdépendance entre les éléments. Dans le même sens, l’objectif de l’analyse fonctionnelle est d’identifier la variable indépendante la plus influente sur la variable dépendante. La variable dépendante est le phénomène qui varie en fonction d’autres phénomènes, tandis que la variable indépendante est explicative[12]. Par exemple, les transformations dans les relations internationales et les pratiques diplomatiques dépendent de l’émergence du numérique.

Robert King MERTON, un éminent représentant du fonctionnalisme et

défenseur de l’approche « relativée », propose quatre concepts fonctionnels dans son analyse : la dysfonction, l’équivalent ou substitut fonctionnel, la fonction manifeste et la fonction latente14.

  • La dysfonction

Les fonctions contribuent à l’adaptation d’un système donné, tandis que

les dysfonctions entravent cette adaptation. Dans notre étude, les conséquences de l’utilisation du numérique dans les pratiques diplomatiques mettent en péril le métier de diplomate. C’est pourquoi nous assistons à des adaptations du rôle et des compétences diplomatiques pour préserver cette profession.

  • L’équivalent ou substitut fonctionnel

Un élément culturel ou social peut remplir le rôle d’équivalent ou de

substitut fonctionnel d’un autre pour exercer une activité à sa place. Par exemple, un seul élément peut remplir plusieurs fonctions, de même qu’une seule fonction peut être remplie par différents éléments.

Depuis l’avènement et l’utilisation du numérique dans la diplomatie, les

fonctions diplomatiques classiques ont subi des transformations fondamentales. De nouvelles fonctions ont émergé tandis que certaines fonctions diplomatiques principales sont en train de disparaitre. Les outils numériques ont révolutionné les pratiques et les outils diplomatiques traditionnels tels que les rencontres en personne, le fax, le parchemin et le télégramme.

  • Les fonctions manifestes et les fonctions latentes

Les fonctions manifestes sont les conséquences objectives qui contribuent

à l’ajustement du système et sont comprises et voulues par les participants. Par contre, les fonctions latentes sont celles qui existent sans être comprises ni voulues. Parfois, ces fonctions latentes sont remplies par des rituels anciens qui, ne remplissant plus leur rôle, substituent leur but initial à une autre fonction.

Dans le cas des pratiques diplomatiques utilisant le numérique, l’objectif

principal peut être celui de faciliter ces pratiques en permettant aux acteurs (à l’occurrence l’Etat) de gagner en temps et en ressources. Cependant, les conséquences du numérique ont montré une réalité différente de l’objectif initial. Le numérique mettent en péril la profession diplomatique en vidant les fonctions diplomatiques de leur contenu. Cette réalité constitue la fonction latente de la révolution numérique.

B. Techniques de recherche

La  technique est considérée comme un « ensemble des procédés exploités

par le chercheur dans la phase de collecte des données qui intéressent son étude »[13].

De ce fait, disons-nous, le choix d’une technique de recherche est au centre

de la préoccupation des lignes de conduite que se fait un chercheur qui se dit déterminé. Voilà pourquoi nous, de notre part, nous pouvons définir la technique de recherche comme un instrument permettant au chercheur de collecter les données, en d’autres termes, la technique se définie comme un instrument au service de la méthode afin de bien mener les investigations.

Dans le cadre de cette étude, nous allons recourir essentiellement à la « technique documentaire » et à la « technique d’observation directe ». Selon GRAWITZ[14], « la technique documentaire  consiste en une fouille systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche ». Cette technique est un moyen indispensable qui va nous permettre de consulter une variété de sources en vue de collecter des informations pertinentes en rapport avec notre objet d’étude. Cela englobe l’exploitation de nombreux ouvrages, articles de recherche, rapports, travaux scientifiques, documents officiels, notes de cours, l’internet et d’autres sources d’informations clés, afin de soutenir les arguments et les analyses présentés dans l’étude.

Par ailleurs, « l’observation directe comme technique de recherche,

consiste pour le chercheur à collecter lui-même les informations sans solliciter les sujets concernés. Elle repose essentiellement sur son sens de l’observation. Les sujets observés ne participent pas à la production des informations recherchées, celle-ci étant directement manifestées et prélevées par l’observateur »[15]. L’observation directe nécessite que le chercheur établisse un contact direct avec les sujets de son étude en utilisant ses sens, tels que la vue et l’ouïe, afin de recueillir des données sur le terrain. Cette technique implique également l’observation et l’enregistrement en temps réel des comportements ou des phénomènes. Elle peut être réalisée sur le terrain, où le chercheur observe directement les individus, les animaux ou les événements.

L’observation directe s’inspire de l’observation ethnographique pratiquée

de longue date en sciences sociales, notamment en anthropologie[16]. Elle tire sa valeur d’objectivité de l’attention de l’observateur et repose sur le bon sens et l’intention du chercheur. Elle est utile à la fois au début et à la fin du travail de recherche. Au début, elle permet d’éclairer le chercheur sur la manière de concrétiser l’objet de la recherche, tandis qu’à la fin, elle lui permet de revoir le cadre dans lequel la recherche s’est déroulée.

En tant qu’observateur direct, cette technique nous a permis de collecter

des données du monde réel en observant les actions et les rencontres diplomatiques dans le système international. Nous avons enregistré le comportement de nos enquêtés, à savoir les diplomates et leurs pratiques diplomatiques, lors des événements auxquels nous avons été conviés à participer, que ce soit physiquement ou à travers l’espace numérique.

IV.         DELIMITATION DE L’ETUDE

La coutume scientifique exige que toute démarche scientifique ait une

délimitation spatio-temporelle. En effet, il est pratiquement irréalisable de parcourir tous les éléments jusqu’aux extrêmes limites de la terre et jusqu’au début du temps. C’est dans cette optique que nous avons circonscrit notre étude dans l’espace et dans le temps.

A. Délimitation spatiale

Pour notre étude, nous avons opté pour la délimitation spatiale « le

système international ». Cette délimitation spatiale se révèle pertinente car le système international représente l’ensemble des interactions et des pratiques diplomatiques des acteurs internationaux.

B. Délimitation temporelle

Temporellement notre étude couvre la période allant de 1994 à 2020. Le

point de départ de cette période correspond au premier acte de diplomatie numérique attribué à Carl BILDT, ancien Premier Ministre de Suède19. Dans les années 1990, alors qu’il était Premier ministre de la Suède de 1991 à 1994, Carl BILDT s’est intéressé de près à l’utilisation des nouvelles technologies, y compris l’Internet, dans le domaine diplomatique. En 1994, il a envoyé un courrier électronique au Président américain Bill

CLINTON pour le féliciter de la levée de l’embargo sur le Vietnam. En utilisant Internet pour une correspondance officielle, BILDT aurait été le premier utilisateur de la diplomatie numérique.

Par ailleurs, la borne supérieure de notre étude en 2020 est justifiée par le

fait que cette année marque un tournant majeur dans l’utilisation de la diplomatie numérique. En raison de la propagation mondiale de la pandémie de Covid-19, de nombreux Etats ont dû adopter des mesures de distanciation sociale et limiter les déplacements internationaux. Cela a entraîné une dépendance accrue aux outils et aux plateformes numériques pour maintenir les relations diplomatiques et mener des négociations. Les sommets multilatéraux de chefs d’État ont dû être remplacés par des rencontres virtuelles via des outils de visioconférence tels que Zoom ou Teams. Au plus fort de la pandémie, les médias sociaux sont devenus les moyens de communication les plus efficaces et les plus sûrs.

Il est important de noter que l’Internet, créé en 1991, n’est devenu

populaire qu’à la fin de la décennie. En 1998, il comptait déjà 180 millions d’utilisateurs, ce chiffre a atteint 1,3 milliard en 2007 et à plus de 4,5 milliards en 2020. De même, en 2003, 150 millions de recherches étaient effectuées quotidiennement sur Google, un nombre qui a augmenté pour atteindre 1 milliard en 2006 et plus de 5,6 milliards en 2020[17].

V.          CHOIX ET INTERET DU SUJET

A. Choix du sujet

Faire le choix d’un sujet d’investigation scientifique est une démarche

objective qui vise à approfondir notre compréhension dans un domaine particulier, à l’occurrence la diplomatie. En tant qu’étudiant en Relations Internationales (RI), nous sommes personnellement fascinés par les avancées technologiques et leur impact sur les pratiques diplomatiques.

Convaincus que la e diplomatie numérique a révolutionné le métier de

diplomate, nous avons décidé d’explorer ce sujet de mémoire. Nous souhaitons ainsi examiner les implications de la e diplomatie numérique sur les relations internationales, sur l’avenir de cette profession et sur les pratiques diplomatiques, en prenant en compte les opportunités, les défis et les compétences nécessaires dans un environnement en constante évolution.

B. Intérêt du sujet

Ce sujet revêt un intérêt non seulement pour les scientifiques qui ont

comme point de repère les Relations Internationales, mais aussi pour ceux qui font de la diplomatie leur métier, pour l’auteur et la société humaine tout entière. Concrètement, l’intérêt à relever ici est double, scientifique et pratique :

a.Intérêt scientifique

Cette étude permet d’approfondir les connaissances dans le domaine de la

diplomatie numérique, en analysant son impact sur l’avenir du métier de diplomate. Il pourrait contribuer à la recherche académique en apportant de nouvelles perspectives et en examinant les défis et les opportunités liés à cette évolution technologique. b. Intérêt pratique

Cette étude pourrait avoir une importance dans la mesure où la diplomatie

est un domaine crucial pour les relations internationales. Comprendre comment la diplomatie numérique a influencé le travail des diplomates pourrait aider à adapter les pratiques diplomatiques aux nouvelles réalités technologiques. Cela pourrait également contribuer à des débats plus larges sur les enjeux de la diplomatie et son rôle dans le monde contemporain.

VI.         DIFFICULTES RENCONTREES

Lorsque nous nous sommes lancés dans cette étude sur le sujet captivant

de la diplomatie numérique et l’avenir du métier de diplomate, nous avons rapidement été confrontés à plusieurs défis. Outre la difficulté financière qui a eu un impact significatif, voici les principales difficultés auxquelles nous avons dû faire face :

  • La première difficulté résidait dans la collecte de données. La diplomatie numérique étant un domaine relativement récent et en constante évolution, il était parfois ardu de trouver des sources d’information fiables et à jour. Nous avons passé de nombreuses semaines à effectuer une recherche approfondie, à fouiller les articles universités, les rapports gouvernementaux, les études de think thanks et les données statistiques pour obtenir les informations nécessaires à notre analyse. Cela a demandé de la patience et une persévérance sans faille.

 

  • Une autre difficulté majeure était l’analyse prospective. En cherchant à déterminer l’avenir du métier de diplomate à l’ère de la diplomatie numérique dans une approche globale, nous avons dû anticiper les évolutions futures en nous basant sur les tendances actuelles. Ce type d’exercice s’est avéré complexe, car il impliquait de prendre en compte les avancées technologiques, les transformations sociales et économiques, entre autres facteurs. Nous avons dû développer nos compétences d’anticipation et de raisonnement critique pour formuler des hypothèses plausibles et étayer nos arguments de manière convaincante.

 

  • Enfin, la réflexion théorique a également été une difficulté à surmonter. La diplomatie numérique est un domaine multidisciplinaire qui requiert une analyse approfondie des théories des relations internationales, de la politique étrangère, de la technologie, et bien d’autres domaines encore. Nous avons dû intégrer ces différentes perspectives théoriques dans notre analyse et développer une argumentation solide basée sur des concepts et des cadres analytiques pertinents.

Cette tâche nous a demandé un effort considérable d’organisation et de synthèse.

 

VII.        PLAN SOMMAIRE DE L’ETUDE

L’introduction et la conclusion comprises, notre travail compte, dans son

ensemble, trois chapitres. Le premier chapitre est consacré aux généralités qui posent les bases de notre analyse. Il partira de la définition des concepts clés (section 1), va épingler l’histoire diplomatie (section 2) et enfin la diplomatie numérique dans sa pratique (section 3). Le deuxième chapitre aura le privilège d’aborder la pratique du métier de diplomate numérique en décrivant panoramiquement l’évolution, les caractéristiques et les fonctions traditionnelles de ce métier (section 1), ensuite, les défis rencontrés par les diplomates dans l’évolution de leur métier (section 2) et enfin, les opportunités offertes par la diplomatie numérique dans le métier de diplomate (section 3).Somme toute, le troisième et dernier chapitre de notre travail aborde la portée de la diplomatie numérique sur le rôle et les compétences du métier de diplomate. Il examine la redéfinition des responsabilités et adaptation des fonctions traditionnelles (section 1), puis les implications pour les institutions diplomatiques (section 2) et en définitive, les perspectives d’avenir du métier de diplomate (section 3).

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE I. LES GENERALITES

Ce premier chapitre de notre travail vise à fournir une introduction et une

contextualisation du sujet abordé. Il permet de présenter les concepts clés, les définitions, l’historique de la diplomatie, ainsi que la présentation de la diplomatie numérique dans sa pratique.

SECTION 1. DEFINITIONS DES CONCEPTS CLES

§1. Diplomatie

Dans l’étude des Relations Internationales, plusieurs auteurs estiment que

la diplomatie est un art et les autres pensent d’elle qu’elle est une science. Le dictionnaire Larousse la décrit comme « la science des relations internationales »[18], tandis que le Robert la définit comme « une branche de la politique qui concerne les relations entre les Etats ; un art de représenter les intérêts d’un gouvernement à l’étranger, de gérer les affaires internationales, de diriger et d’exécuter les négociations entre les Etats »[19], qui joue actuellement un rôle crucial dans le destin de l’humanité.

Il faut savoir que, jadis, pour exprimer les relations entre Etats ou

caractériser la pratique de ces relations, on parlait de négociation. Ce n’est que vers la fin du XVIIIème siècle qu’a parût l’emploi du concept « diplomatie », celle-ci visait la science qui permettait de retrouver les droits inscrits dans les vielles chartes et sur lesquels les souverains pouvaient appuyer leurs revendications.

Au regard de ce qui précède, il convient de constater que la diplomatie est

tant soit peu étroitement liée à la négociation et cela se vérifie à travers les définitions proposées par plusieurs auteurs, notamment Henri KISSINGER qui dit que « le concept de diplomatie dans son action classique consiste à rapprocher les points de vue divergents par le biais de la négociation »23.

De manière laconique, sans vouloir nous immiscer dans le débat entre les

auteurs qui considèrent la diplomatie comme un art et ceux qui la voient comme une science, ce qui n’est pas l’objet de cette étude, nous nous limitons à affirmer, à la lumière des définitions fournies, que la diplomatie englobe à la fois l’art et la science. En d’autres termes, elle est à la fois un art, notamment dans la façon de mener la politique étrangère d’un Etat en attirant quotidiennement des sympathies envers celui-ci et en cultivant des alliances qui protègent son indépendance et résolvent pacifiquement les conflits internationaux. Elle est également une science car elle requiert une connaissance approfondie et objective pour être comprise et mise en pratique. Nous pouvons aussi dire que la diplomatie englobe tous les moyens et activités spécifiques qu’un Etat consacre à sa politique étrangère. Cependant, il ne faut pas la confondre avec la politique étrangère, dont elle n’est qu’une composante. En fait, la diplomatie est un instrument parmi tant d’autres instruments de la politique étrangère.

L’action diplomatique est par nature une action régalienne : elle dépend

fondamentalement de l’Etat. Ainsi, le diplomate est un « agent de l’Etat qui a comme caractéristique de travailler avec l’étranger sur l’étranger »[20]. La diplomatie concerne donc les pratiques et les institutions qui régissent les relations pacifiques entre Etats. C’est une activité spécialisée du gouvernement, où les diplomates mettent en œuvre la politique étrangère de leur gouvernement.

§2. Diplomatie numérique

La diplomatie numérique est devenue un aspect important de l’action

diplomatique et de l’influence des Etats. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? En français, on utilise à la fois les termes « diplomatie numérique » et « diplomatie digitale ». Le Larousse a tranché en précisant que l’adjectif « numérique » est synonyme de « digital ». Malgré cela, le débat persiste, parfois de manière passionnée[21]. Certains auteurs continuent à penser que l’adjectif « digital » est préférable à « numérique ». Pour notre étude, nous avons choisi l’adjectif « numérique ». Même si l’adjectif « digital » est plus couramment utilisé en ligne que son synonyme « numérique », ce qui augmente les chances qu’un texte ou un document apparaisse dans un moteur de recherche.

Cependant, il existe plusieurs définitions de la diplomatie numérique. La

plus large, proposée par Digital Diplomacy Review dans sa page consacrée à la méthodologie, peut être traduite comme suit : « La diplomatie numérique, dans son sens le plus large, est définie comme l’exercice de la diplomatie par toute personne ayant accès à Internet, aux réseaux sociaux, aux plateformes, aux outils, aux appareils et aux applications numériques, y compris les diplomates et les leaders sans en avoir le monopole ». Cette définition est assez générale et inclut tous les acteurs qui s’impliquent de près ou de loin dans la diplomatie, même de manière épisodique, avec une influence nulle ou minime.

Une autre définition originale, proposée par Morgane Bravo dans son blog « Think tank Digital Diplomacy », est la suivante : « La diplomatie numérique consiste à résoudre les problèmes de politique étrangère grâce à Internet… C’est une forme de diplomatie conventionnelle qui utilise de nouveaux moyens. Elle implique l’écoute et le dialogue, ainsi que l’évaluation par de nouveaux moyens intéressants. C’est un instrument du soft power pour une nouvelle forme de relations internationales »[22].

La définition la plus restrictive de la diplomatie numérique est celle de

plusieurs auteurs qui la considèrent comme une extension de la diplomatie publique. Par exemple, OLUBUKOLA S. ADESINA[23] et Thomas GOMART[24], respectivement anglophone et francophone, donnent des définitions très similaires. Selon Thomas Gomart : « La diplomatie numérique consiste à poursuivre la diplomatie publique à travers les nouveaux outils de l’information et de la communication. Elle permet de s’adresser à la fois à la population nationale et aux étrangers de manière simplifiée et rapide ». Le reproche fait à cette approche est qu’elle se contente de constater l’élargissement du champ d’activité de la diplomatie publique sans prendre en compte les nouvelles thématiques qui remplissent déjà l’agenda des ministères des Affaires étrangères grâce à la diplomatie numérique. Certains Etats, tels que le Danemark[25] en janvier 2017, ont même nommé des « Tech-Ambassador »[26] (Tech-Ambassadeurs) dont la mission est de négocier avec les grandes entreprises et les start-ups à forte valeur technologique pour des projets de coopération.

La définition que nous apprécions est celle extraite d’un article de CARRANZA Canadas consulté sur CEMERI. L’auteure définit la diplomatie numérique comme « l’incorporation de nouvelles technologies dans la diplomatie traditionnelle »[27]. Nous accorderons une particulière attention à celle-ci dans la suite de notre analyse.

De plus, les ministères des Affaires étrangères de tous les Etats ont intégré

de nouvelles questions importantes à leur agenda, sur lesquelles doit porter la négociation. Il s’agit notamment de : la gouvernance de l’internet, la cybersécurité, la fracture numérique, etc. De nombreuses expressions et notions connexes ont émergé avec l’application et l’évolution de la diplomatie numérique, telles que l’« ediplomatie » ou la « techplomacy ». Ces expressions peuvent être regroupées en deux catégories. La première comprend les termes « e-diplomacy » et « cyberdiplomatie », qui désignent essentiellement le même contenu que la diplomatie numérique. Les expressions suivantes désignent quant à elles des aspects spécifiques de la diplomatie numérique : techplomacy, twiplomacy, data diplomacy, algorithmic diplomacy, hashtag diplomacy et smart diplomacy.

Le terme « techplomacy » a été utilisé par la diplomatie danoise lors de la

nomination d’un ambassadeur auprès de la Silicon Valley. Il s’agit donc de l’activité diplomatique consistant à traiter spécifiquement des questions liées à la technologie. Le gouvernement danois considère que le pouvoir économique des grandes entreprises technologiques est devenu si important qu’il peut se transformer en influence politique, jouant ainsi un rôle similaire à celui des Etats[28].

La twiplomacy, comme son nom l’indique, se réfère à l’utilisation de Twitter dans les communications diplomatiques. Elle permet aux politiciens, diplomates, membres de la société civile et individus ordinaires de s’engager sur des questions diplomatiques et d’atteindre un large public.

La data diplomacy, quant à elle, utilise les données, notamment les

mégadonnées ou big data, pour soutenir la politique étrangère. L’algorithmic diplomacy, une sous-spécialité de la data diplomacy, utilise des algorithmes pour analyser les données et faciliter la prise de décisions.

Le hashtag diplomacy exploite les hastags « # », en particulier sur les

plateformes comme Facebook et Twitter, pour amplifier les messages diplomatiques et atteindre un public plus large. L’objectif est de susciter des réactions et des commentaires, voire de créer un buzz.

La smart power diplomacy, enfin, combine habituellement le hard et le

soft power pour atteindre une diplomatie intelligente. Ce concept a été développé par le Professeur Joseph NYE[29] et popularisé par Hillary CLINTON[30][31] lorsqu’elle était secrétaire d’Etat américain.

Ces différentes définitions ne se distinguent pas seulement par des nuances

sémantiques, mais aussi et surtout par leur contenu. Cette divergence dans les définitions complique notre travail de recherche en tant qu’universitaires, car nous cherchons à parvenir à une définition homogène des concepts et à une cohérence dans l’adoption d’hypothèses. Par exemple, nous constatons que la diplomatie en réseau se réfère uniquement au domaine des interactions en ligne entre les différents acteurs de la diplomatie (diplomates, ambassades, public, etc.), tandis que la twiplomacy se concentre sur la communication diplomatique via les réseaux sociaux, à l’occurrence Twitter. D’un autre côté, nous remarquons que la diplomatie à l’ère numérique considère que l’ensemble de la diplomatie évolue dans un environnement de plus en plus numérisé.

§3. Diplomatie du numérique

Plusieurs scientifiques de différents domaines utilisent les termes « diplomatie numérique » et « diplomatie du numérique » de manière interchangeable, sans parfois comprendre qu’ils ont bien sûr des significations légèrement différentes. Le premier terme fait référence à l’utilisation des NTIC dans les relations internationales. Elle englobe toutes les activités diplomatiques qui utilisent les outils numériques pour faciliter la communication, la coopération et la résolution des problèmes entre les acteurs internationaux.

Le terme « diplomatie du numérique », en revanche, se concentre

spécifiquement sur les questions liées au numérique et à la gouvernance de l’internet. Elle concerne les enjeux tels que la protection des données, la cybersécurité, la réglementation d’Internet, la liberté d’expression en ligne et l’accès à Internet. La diplomatie du numérique vise à favoriser la coopération internationale et le dialogue entre les acteurs pour élaborer des normes et des politiques communes dans ces domaines. De plus, elle englobe les efforts diplomatiques visant à réglementer, à coordonner et à promouvoir la coopération internationale dans le domaine du numérique.

La diplomatie du numérique repose sur la reconnaissance que les NTIC

jouent un rôle de plus en plus important dans notre société et dans les relations entre les acteurs internationaux. Elle vise à relever les défis et à saisir les opportunités liées à l’utilisation des NTIC, tels que la protection des données, la cybersécurité, la réglementation d’Internet, la liberté d’expression en ligne et l’accès à Internet.

L’une des caractéristiques clés de la diplomatie du numérique est le besoin

de coopération internationale. Les questions liées au numérique transcendent les frontières nationales, ce qui rend essentielle la collaboration entre les acteurs pour élaborer des normes et des politiques communes. Les négociations et les discussions entre les Etats sont menées à travers des forums internationaux tels que l’ONU ou l’UIT.

La diplomatie numérique implique également l’engagement avec d’autres

acteurs, tels que les entreprises technologiques, la société civile et les OI. Ces acteurs jouent un rôle de plus en plus important dans la gouvernance de l’internet et dans formulation des politiques numériques. La diplomatie du numérique vise à les impliquer dans le processus de prise de décision et à promouvoir une approche multi-acteurs pour résoudre les problèmes mondiaux.

§4. Métier

Le terme « métier » est dérivé de l’ancien français « menestier  » au IXème

siècle, « mistier », puis « mestier » au XIème siècle, hérité du latin populaire « misterium » et du latin classique « ministerium ». Le métier signifie initialement le « besoin », puis le « service » ou la « fonction ».

En français, le terme « métier » peut revêtir plusieurs significations[32]. La

plus ancienne est celle de « fonction, service, occupation, rôle ou condition » : exercer son métier d’homme était considéré comme valorisant (être digne d’être homme), tout comme être un homme de métier (être un professionnel compétent), tandis que femme de métier avait une connotation péjorative (désignant une prostituée ou une professionnelle pratiquant le plus vieux métier du monde).

La notion de métier est souvent synonyme de la notion de profession ou

d’activité professionnelle.

§5. Métier diplomatique

La diplomatie est un domaine vaste et souvent méconnu. Bien que les

inaugurations, les cocktails et les cérémonies soient des aspects du travail d’un diplomate, ils ne représentent pas sa mission principale. En réalité, le métier de diplomate fait référence à une profession à très haute responsabilité, exercée par des individus qualifiés appelés diplomates, qui sont chargés de représenter un Etat ou une OI auprès d’un autre Etat ou au sein des institutions où ils sont accrédités pour promouvoir ses intérêts et ses valeurs dans les relations internationales[33].

Le métier de diplomate est défini comme une « fonction à très haute

responsabilité qui consiste à représenter l’Etat dans un pays étranger, à conduire les politiques publiques du Gouvernement sur ce territoire et à participer au rayonnement international de son Etat d’origine »[34].

L’origine du métier de diplomate est donc étroitement liée à l’évolution

des structures politiques et des relations internationales. Il a évolué pour répondre aux besoins croissants des Etats de communiquer, de négocier et de coopérer avec d’autres entités politiques. Aujourd’hui, les diplomates jouent un rôle essentiel dans la promotion de la paix, de la sécurité et de la coopération internationale.

§6. Diplomate

Les diplomates sont des acteurs clés chargés de mener des négociations,

d’établir des contacts et d’entretenir des relations avec d’autres Etats, les OI et les autres institutions. Leurs principales responsabilités consistent à résoudre les conflits, à faciliter les échanges commerciaux, à promouvoir la coopération internationale et à protéger les intérêts de leur Etat d’origine[35].

Puisque l’action diplomatique est par nature une action régalienne : elle

dépend fondamentalement de l’Etat. Ainsi, le diplomate est un « agent de l’Etat qui a comme caractéristique de travailler avec l’étranger sur l’étranger »39.

Le mot « diplomate » en tant qu’adjectif, il décrit une personne habile,

subtile et adroite dans ses relations sociales. Par exemple, ce ministre a fait preuve d’une grande diplomatie dans la gestion de ce conflit. Ou encore, Tazi a été embauché en raison de ses compétences variées, de son caractère diplomate et de ses qualités de négociateur.

En tant que nom, le terme « diplomate » a deux sens similaires. Tout

d’abord, il désigne une personne mandatée par un gouvernement pour représenter son Etat à l’étranger. Par exemple, la ville de Kinshasa recevra bientôt une délégation de diplomates américains.

Dans son deuxième sens nominal, qui correspond à son utilisation en tant

qu’adjectif, « diplomate » décrit une personne capable de mener une affaire avec tact et habileté. Par exemple, cette jeune avocate est une diplomate née.

SECTION 2. BREF APERÇU DE L’HISTOIRE DIPLOMATIQUE

L’aperçu de l’histoire diplomatique peut être divisé en quatre périodes

distinctes : la diplomatie traditionnelle, la diplomatie classique, la diplomatie moderne et la diplomatie postmoderne. Chacune de ces périodes a été marquée par des pratiques diplomatiques spécifiques et a contribué à façonner le métier de diplomate tel que nous le connaissons aujourd’hui.

§1. Diplomatie traditionnelle

La diplomatie traditionnelle, qui remonte à l’Antiquité, est souvent

considérée comme la première forme organisée de diplomatie. Elle s’est développée dans les sociétés anciennes telles que l’Égypte, la Grèce et la Rome antique. À cette époque, les pratiques diplomatiques reposaient principalement sur des accords bilatéraux entre les rois et les dirigeants régionaux et elles étaient caractérisées principalement par des relations personnelles, des alliances matrimoniales et des échanges de cadeaux. Les alliances étaient souvent basées sur des arrangements dynastiques, l’échange de cadeaux était courant et les concepts modernes de diplomatie formelle, de traités écrits et de protocoles diplomatiques n’existaient pas nécessairement à l’époque.

Les diplomates étaient souvent choisis parmi la noblesse ou la famille

royale en raison de leur statut social élevé et de leur capacité à établir des contacts. Ils étaient chargés de négocier des traités rédigés sur le parchemin, de conclure des alliances ou de résoudre des conflits. La Grèce ancienne, par exemple, était connue pour envoyer des émissaires (orateurs publics) dans d’autres cités-États pour négocier des accords diplomatiques. En outre, les acteurs diplomatiques de l’Antiquité partageaient l’objectif de chercher la paix, de promouvoir les intérêts de leur entité politique et d’établir des relations mutuellement bénéfiques avec les autres acteurs de l’époque. Cette période s’est étendue jusqu’au 17ème siècle (à la fin du Moyen Âge).

Les défis de la diplomatie traditionnelle incluent la lenteur des processus

de négociation, la complexité des problèmes internationaux et les intérêts contradictoires entre les États. Cependant, la diplomatie traditionnelle offre des structures et des canaux établis pour la résolution pacifique des conflits et la promotion d’intérêts mutuels.

a. Moyens ou outils d’exécution de la diplomatie traditionnelle

La correspondance écrite (parchemin), les ambassadeurs et envoyés

spéciaux, les mariages et alliances matrimoniales, les échanges de cadeaux, les négociations et pourparlers, la médiation et l’arbitrage, ainsi que le droit international coutumier (normes et pratiques diplomatiques acceptées de manière informelle) étaient les principaux moyens d’exécution de la diplomatie traditionnelle. Les missions diplomatiques étaient moins permanentes et plus informelles qu’à l’époque moderne.

La diplomatie traditionnelle était souvent basée sur des relations

personnelles et un engagement direct entre les acteurs diplomatiques, plutôt que sur des institutions et des procédures formelles.

b. Acteurs et leur profil dans la diplomatie traditionnelle

Dans la diplomatie traditionnelle, les principaux acteurs sont les Cités-

états (telles que les Cités-états de la Mésopotamie) et les Empires antiques (tels que l’Empire romain, l’Empire perse, l’Empire grec d’Alexandre le Grand), qui sont représentés par leurs ambassadeurs, diplomates et autres agents diplomatiques (D’autres acteurs clés de l’époque traditionnelle de la diplomatie sont : les Rois, les dirigeants politiques, les oracles, les prêtres, les marchands, les commerçants, les princes, les princesses, etc.). Les diplomates romains, tels que Cicéron ou Titus Labienus, étaient des acteurs importants de la diplomatie traditionnelle de l’époque[36].

§2. Diplomatie classique

La diplomatie classique a émergé à partir du 17ème siècle et s’est étendue

jusqu’au début du 19ème siècle. Elle était caractérisée par la formalisation des relations diplomatiques et l’établissement des premières règles et normes diplomatiques qui ont permis l’établissement des ambassades permanentes et le développement du système de la diplomatie résidentielle. De plus, à cette époque de la diplomatie classique, les négociations se déroulent entre deux Etats[37], le pouvoir et les ressources disponibles étaient utilisés pour influencer et obtenir des concessions de la part de l’autre partie[38] et des acteurs chercher des compromis et des concessions mutuellement bénéfiques pour parvenir à un accord[39].

a.Moyens ou outils d’exécution de la diplomatie classique

Les traités internationaux, les ambassadeurs résidents et les légations ont

été utilisés comme moyens d’exécution de la diplomatie classique. Les missions diplomatiques permanentes et officielles sont devenues la norme, et la correspondance écrite était toujours un moyen important de communication. Les États européens ont déployé des ambassades dans de nombreux Etats étrangers, établissant ainsi des relations diplomatiques formelles.

Les traités internationaux ont joué un rôle crucial pendant cette période. Le congrès de Westphalie en 1648[40], par exemple, a mis fin à la guerre de Trente Ans et a établi les principes fondamentaux du droit international moderne, tels que le principe de l’égalité souveraine des États et de et non-ingérence dans les affaires internes[41].

b. Acteurs et leur profil dans la diplomatie classique

Les chefs d’Etat et les ministres des Affaires étrangères, qui sont

responsables de la politique étrangère de leur pays et prennent les décisions finales sur les négociations, sont considérés comme des acteurs clés incontournables de la diplomatie classique. De plus, les diplomates professionnels, recrutés pour leurs compétences et connaissances en politique étrangère, ainsi que les diplomates de carrière, qui sont des professionnels formés dans le domaine des relations internationales et de la diplomatie, possédant une connaissance approfondie des affaires internationales et une expertise dans les négociations, deviennent également des acteurs majeurs dans la diplomatie classique[42]. Les experts juridiques, quant à eux, assistent les diplomates dans l’élaboration des positions et des arguments juridiques et politiques lors des négociations. Ces derniers peuvent être également assimilés aux acteurs diplomatiques de cette période.

§3. Diplomatie moderne

La diplomatie moderne a débuté au 19ème siècle et s’est développée à

travers les deux guerres mondiales et l’après-guerre (à la fin du 20ème siècle). Cette période a été fortement marquée par des changements significatifs dans les pratiques diplomatiques, en réponse aux développements technologiques, politiques et économiques, ainsi qu’aux enjeux mondiaux. La révolution industrielle et l’avènement de nouvelles technologies telles que le télégraphe et le chemin de fer ont grandement influencé la diplomatie moderne. La communication instantanée et les moyens de transport plus rapides ont rendu les négociations diplomatiques plus rapides et plus efficaces. La diplomatie d’État a pris de l’importance, avec des acteurs diplomatiques professionnels et des ministères des Affaires étrangères bien établis47.

La conférence de Vienne en 1814-1815 a marqué la diplomatie moderne,

en réorganisant l’Europe à la suite des guerres napoléoniennes. Cette période a également vu l’émergence des OI, telles que la SDN en 1919 et plus tard de l’ONU en 1945, qui ont joué un rôle crucial dans la coopération internationale et la résolution pacifique des conflits entre les nations. Les fonctionnaires de ces organisations ont commencé à assumer un rôle de plus en plus important dans les négociations diplomatiques, aux côtés des ambassadeurs d’États traditionnels.

Un des événements clés dans la diplomatie moderne a été la signature du Traité de Versailles en 1919, qui a mis fin à la Première Guerre mondiale. Ce traité a établi de nouvelles normes pour la conduite des relations internationales et a créé la SDN, la première OI dédiée à la paix et à la sécurité. Cependant, il a été critiqué pour sa dureté envers l’Allemagne, ce qui a contribué aux tensions, notamment la montée du nationalisme et de l’impérialisme, qui ont finalement déclenché la Seconde Guerre mondiale.

Les objectifs de la diplomatie moderne sont similaires à ceux de la

diplomatie traditionnelle, mais intègrent également des préoccupations plus globales telles que la lutte contre le terrorisme, la promotion du développement durable, la promotion et la protection des Droits de l’Homme, ainsi que la coopération internationale dans des domaines tels que le commerce, l’environnement et la santé.

a.Moyens ou outils d’exécution de la diplomatie moderne

La diplomatie moderne intègre des moyens diplomatiques tels que les

traités et accords internationaux, les conférences internationales, la diplomatie bilatérale, la diplomatie multilatérale, la diplomatie de puissance militaire, la diplomatie économique et la diplomatie publique. De plus, les moyens de communication plus avancés, tels que les télécommunications et les voyages aériens, restent des outils importants qui permettent une communication plus rapide et plus directe entre les États et les acteurs internationaux. Il y a également les ambassades, les consulats, les médias de masse et la télégraphie qui jouent également un rôle essentiel dans la diplomatie moderne.

b. Acteurs et leur profil dans la diplomatie moderne

A l’ère de la diplomatie moderne, outre les États, de nouveaux acteurs

apparaissent, tels que les OI (comme l’ONU et l’UE), les ONG, les groupes de pression et les médias. Les diplomates modernes doivent donc avoir une connaissance approfondie de ces acteurs et de leur rôle dans les affaires internationales[43].

§4. Diplomatie postmoderne

L’évolution historique de la diplomatie postmoderne est un processus

complexe qui repose sur une multitude d’événements et de transformations au fil du temps. Bien qu’il n’y ait pas de point de départ précis, nous pouvons retracer les premières manifestations de la diplomatie postmoderne à la période de l’après-Seconde Guerre mondiale.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde était confronté à de

nouveaux défis qui nécessitaient une approche différente de la diplomatie traditionnelle. La guerre froide, par exemple, a incité les Etats à adopter des tactiques diplomatiques plus subtiles et à faire preuve de retenue dans les confrontations directes, en utilisant plutôt des méthodes indirectes telles que des opérations clandestines et de l’espionnage. La diplomatie de la guerre froide s’est également caractérisée par des négociations intenses, des pourparlers secrets et des alliances de circonstance. Dans ce contexte, la diplomatie postmoderne a émergé en tant que concept fondamental pour comprendre les relations internationales[44].

Les années 1980 et 1990 ont été une période de profonds changements

dans la diplomatie postmoderne. La fin de la guerre froide a créé un espace pour repenser les relations internationales et pour rechercher un partenariat plus étroit entre les Etats. Les pratiques diplomatiques de cette période sont axées sur des efforts de désarmement nucléaire, de contrôle des armes, de coopération multinationale et économique. Les États sont de plus en plus interconnectés économiquement et cherchent à promouvoir leurs intérêts nationaux par le biais de négociations commerciales et d’accords de libreéchange. Les relations Nord-Sud ont également été redéfinies, avec un intérêt croissant pour le développement durable, l’aide humanitaire, l’environnement et les Droits de l’Homme50.

De plus, les années 1990 ont été marquées par une augmentation

significative du nombre d’OI et d’accords multilatéraux. Des organisations telles que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Cour pénale internationale (CPI) ont été créées dans le but de promouvoir la coopération et la gestion pacifique des conflits. Ces institutions ont introduit de nouvelles approches diplomatiques basées sur le respect des règles, la médiation et la résolution pacifique des conflits.

Au XXIème siècle, la diplomatie postmoderne a continué d’évoluer pour

s’adapter aux nouveaux défis géopolitiques, économiques et sociaux. L’interconnexion croissante entre les nations et les acteurs non-étatiques, les avancées technologiques, en particulier l’essor des médias sociaux et des communications numériques, ainsi que les changements de l’ordre mondial ont transformé la manière dont la diplomatie est pratiquée. Les diplomates peuvent maintenant communiquer instantanément et de manière transparente avec un large public, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités pour la diplomatie publique et la diplomatie digitale.

De plus, les problèmes mondiaux tels que le terrorisme, le changement

climatique, les pandémies et les migrations ont nécessité une coopération internationale plus étroite et une coordination entre les Etats. La diplomatie postmoderne a donc mis davantage l’accent sur la diplomatie multilatérale et la recherche de solutions collectives aux problèmes mondiaux.

Enfin, la diplomatie postmoderne est caractérisée par une plus grande

diversité d’acteurs diplomatiques, au-delà des seuls États. Elle est devenue plus axée sur les acteurs non-étatiques, tels que les ONG, les entreprises multinationales, les groupes d’intérêt et les réseaux transnationaux, qui ont une influence croissante dans les affaires internationales et jouent un rôle de plus en plus important dans la diplomatie. De plus, la diplomatie postmoderne est également caractérisée par une diplomatie publique accrue. Les États cherchent à influencer l’opinion publique mondiale à travers les médias, les réseaux sociaux et les campagnes de communication ciblées. L’objectif est de construire des alliances et de rallier le soutien international pour la mise en œuvre de leurs politiques[45].

Dans cette ère postmoderne, la diplomatie traditionnelle ne disparait pas

complètement mais évolue pour s’adapter aux nouvelles réalités mondiales. Les ambassadeurs et les diplomates continuent d’assurer la communication et la négociation entre les États, tout en collaborant avec d’autres acteurs internationaux.

Pour faire face aux défis mondiaux complexes tels que les conflits armés,

le terrorisme, les crises migratoires et les pandémies, la diplomatie postmoderne met l’accent sur la diplomatie préventive et la recherche de solutions multilatérales. Les États cherchent à anticiper les conflits potentiels, à résoudre les différends par des voies pacifiques et à promouvoir la coopération internationale.

a. Moyens ou outils d’exécution de la diplomatie postmoderne

La diplomatie postmoderne utilise une combinaison de diplomatie

bilatérale, multilatérale et publique. Elle bénéficie des avancées technologiques, en particulier d’Internet et des médias sociaux, pour faciliter la communication et la diffusion d’informations à grande échelle. Les campagnes de diplomatie publique, les réunions virtuelles et les plateformes en ligne sont utilisées pour influencer l’opinion publique mondiale et pour mobiliser le soutien international.

La négociation de l’accord de Paris sur le climat en 2015 et les efforts

diplomatiques pour désamorcer les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis sont des exemples récents de la diplomatie contemporaine.

b. Acteurs et leur profil dans la diplomatie postmoderne[46]

Les acteurs de la diplomatie postmoderne incluent non seulement les États,

les OI et les groupes de la société civile (les ONG, think tanks, organisations humanitaires et mouvements sociaux),mais aussi les médias, les entreprises et les individus influents. Les diplomates postmodernes doivent être conscients de l’importance croissante des médias et des technologies de l’information, ainsi que des tendances et des mouvements mondiaux.

Avec l’émergence des médias sociaux et de la diplomatie publique, la

diplomatie postmoderne utilise des techniques de communication modernes pour influencer l’opinion publique et mobiliser le soutien international. Les négociations peuvent être menées de manière plus transparente et participative, avec consultation publique et contribution citoyenne. Les diplomates postmodernes utilisent des stratégies de communication, de plaidoyer et de diplomatie de réseau pour atteindre leurs objectifs.

En somme, les diplomaties moderne et postmoderne reflètent les

évolutions géopolitiques, technologiques, économiques et sociaux du monde. Alors que la diplomatie moderne était principalement axée sur les États, la diplomatie postmoderne englobe un éventail plus large d’acteurs et se concentre sur la coopération transnationale et les enjeux mondiaux. Cependant, la diplomatie traditionnelle reste essentiel, même si elle s’adapte aux nouvelles réalités mondiales.

Il convient de noter que les frontières entre ces différentes périodes ne sont

pas toujours nettes et certaines pratiques peuvent se chevaucher. De plus, la diplomatie évolue constamment en réponse aux changements du contexte mondial. L’étude de la diplomatie numérique dans le cadre de l’avenir du métier de diplomate se base précisément sur ces changements technologiques qui ont un impact sur les pratiques diplomatiques contemporaines.

SECTION 3. ÉMERGENCE DE LA DIPLOMATIE NUMERIQUE

§1. Rétrospective de l’évolution de la digitalisation de la diplomatie

La digitalisation de la diplomatie a connu une évolution remarquable au

cours des dernières décennies. Au départ, la diplomatie était principalement basée sur des rencontres en personne, des échanges de lettres et des télégrammes. Cependant, avec l’avènement et l’adoption croissante des NTIC, la diplomatie a commencé à se digitaliser progressivement. Cette transformation numérique a été motivée par plusieurs facteurs clés, notamment la rapidité des communications, la facilité d’accès à l’information et la nécessité de répondre aux défis mondiaux contemporains de manière plus efficace.

a) Début de la digitalisation de la diplomatie (années 1990)

L’une des avancées majeures de la digitalisation de la diplomatie,

survenue dans les années 1990, a été l’utilisation des courriels et des systèmes de messagerie électronique pour faciliter les communications entre les diplomates. Selon Tom FLETCHER dans son livre « Naked Diplomacy[47] », le premier acte de diplomatie numérique est attribué à Carl BILDT, ancien Premier Ministre de Suède de 1991 à 1994.

Alors qu’il était Premier ministre de la Suède, Carl BILDT s’est intéressé de près à l’utilisation des nouvelles technologies, y compris l’Internet, dans le domaine diplomatique. En 1994, il a envoyé un courrier électronique au Président américain Bill CLINTON pour le féliciter de la levée de l’embargo sur le Vietnam. En utilisant Internet pour une correspondance officielle, BILDT aurait été le premier utilisateur de la diplomatie numérique.

Cependant, Xavier DE LA PORTE[48] soutient que la diplomatie numérique

a réellement commencé en 2009, lorsque Hillary CLINTON était Secrétaire d’Etat américaine. Elle a recruté Alec ROSS et Jared COHEN, deux experts en technologie, afin d’utiliser au maximum l’influence et le pouvoir des réseaux sociaux dans la politique étrangère américaine. DE LA PORTE conclut que « les américains ont été les pionniers de cette nouvelle forme de diplomatie ». La digitalisation a également permis une coordination plus efficace et simplifiée entre les différentes parties prenantes, qu’il s’agisse de gouvernements, d’OI ou d’acteurs non-étatiques. Les courriels ont considérablement réduit les délais d’attente associés à l’envoi et à la réception de lettres et de télégrammes, favorisant ainsi une communication plus rapide et plus efficace dans les affaires diplomatiques.

b) Emergence des réseaux sociaux (années 2000)

Au cours des années 2000, les réseaux sociaux ont émergé et ont

progressivement joué un rôle de plus en plus important dans la diplomatie numérique. Des plateformes telles que LinkedIn, Facebook et Twitter ont fait leur apparition, et les diplomates ont rapidement adopté ces plateformes pour promouvoir leurs positions, établir des contacts et échanger des informations avec leurs homologues. Vers 2010, il est devenu évident pour les diplomates que la diplomatie publique jouait un rôle essentiel dans le renforcement des liens et de la compréhension avec le public étranger. Par conséquent, ils ont commencé à investir davantage dans le développement de contenu en ligne, tels que des blogs, des podcasts et des vidéos, afin de partager leurs perspectives sur les politiques étrangères et promouvoir les intérêts nationaux.

Au-delà de la question de la date et de l’origine précises de l’émergence

de la diplomatie numérique, ce qui importe le plus, c’est que cette nouvelle forme de diplomatie n’a pu se développer et réussir autant qu’avec l’avènement des réseaux sociaux et leur croissance exponentielle au cours des quinze dernières années. En parallèle, les dates de création des réseaux sociaux sont également des éléments importants de l’évolution de la diplomatie numérique. En 2003, LinkedIn a été créé

(compte 900 millions d’utilisateurs en mars 2023), suivi en 2004 par Facebook (compte

2,96 milliards d’utilisateurs actifs mensuels en mars 2023), en 2005 par YouTube

(compte 2,6 milliard d’utilisateurs actifs mensuels en mars 2023), en 2006 par Twitter (compte 436 millions d’utilisateurs actifs mensuels en mars 2023), en 2009 par WhatsApp (compte 2 milliards d’utilisateurs actifs mensuels, avec 60 milliards de messages envoyés chaque jour, en mars 2023) et en 2010 par Instagram (compte 2 milliards d’utilisateurs actifs mensuels en mars 2023)[49].

c) Création d’ambassades virtuelles

En plus des dates de création des réseaux sociaux et des statistiques sur

leur audience, il convient de mentionner d’autres faits importants dans l’évolution de la diplomatie numérique. En 2007, les Maldives ont été les précurseurs de la création d’une ambassade virtuelle[50], suivies peu après par la Suède[51] et l’Estonie[52] fin 2007. Ces ambassades virtuelles ont été établies sur Second Life, une plateforme populaire auprès des jeunes, dans le but de répondre aux questions sur les Maldives, la Suède ou l’Estonie. Cependant, cette expérience n’a pas été largement adoptée par d’autres Etats.

d) Adoption des réseaux sociaux et diplomatie publique en ligne

En parallèle, en 2009, un ambassadeur en fonction a révolutionné

l’approche diplomatique en publiant pour la première fois un tweet sur son compte Twitter, en tant qu’ambassadeur du Mexique à Washington[53]. Cette utilisation des réseaux sociaux a marqué un tournant dans la diplomatie et a ouvert de nouvelles perspectives en matière de communication diplomatique.

En 2015, le Foreign and Commonwealth Office à Londres est devenu le

premier ministère des Affaires étrangères à ouvrir un compte Snapchat. Cette décision audacieuse témoigne de l’évolution des relations diplomatiques à l’ère numérique et de l’importance croissante des réseaux sociaux dans la communication gouvernementale.

Les réseaux sociaux ont également ouvert aux diplomates la possibilité de

communiquer directement avec le grand public, en contournant les canaux de communication traditionnels. Ainsi, les plateformes de médias sociaux sont devenues des outils clés pour la diplomatie numérique. Par exemple, les ambassades et les ministères des Affaires étrangères ont commencé à créer des comptes Twitter pour diffuser des déclarations politiques, répondre aux questions des citoyens et engager des discussions avec d’autres diplomates[54]. Les pages Facebook sont utilisées pour partager des photos et vidéos d’événements diplomatiques, tels que les visites officielles de haut niveau (Les Etats pionniers dans l’utilisation des médias sociaux à des fins diplomatiques sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et le Canada. Ces Etats ont commencé à utiliser Facebook pour partager des informations et des mises à jour sur leurs activités diplomatiques, bien avant que d’autres Etats ne suivent leur exemple). Les sites web des ambassades et des consulats ont été modernisés, offrant des services en ligne tels que la prise de rendez-vous, la demande de visa et la diffusion d’informations sur les services consulaires. Cela a permis aux diplomates de mieux communiquer leurs messages et de promouvoir les intérêts de leur Etat de manière plus accessible et captivante.

 

 

e) Adoption des pratiques diplomatiques virtuelles

A partir de 2019, la pandémie de COVID-19 a contraint les diplomaties à

adopter des pratiques diplomatiques virtuelles, telles que des réunions et des négociations en ligne, grâce à des outils de visioconférence (le Sommet du G7, qui réunit les dirigeants des sept Etats les plus industrialisés (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie te Japon), a été initialement prévu en juin 2020 aux Etats-

Unis, mais il a été reporté et organisé virtuellement en février 2021. L’Assemblée générale des Nations Unies, qui rassemble des dirigeants du monde entier chaque année en septembre à New York, a été organisée virtuellement en 2020 et 2021. Les discours des chefs d’Etat et de gouvernement ont été préenregistrés et diffusés en ligne. Les réunions des dirigeants de l’UE ont également été affectées par la pandémie. Certaines réunions ont été organisées virtuellement, tandis que d’autres ont été reportées ou annulées). Ces réunions virtuelles ont permis aux représentants de différents Etats de se rencontrer facilement, facilitant ainsi les échanges et la coopération internationale. La visioconférence a considérablement réduit la nécessité de se déplacer physiquement pour assister aux réunions diplomatiques en personne, ce qui a permis de gagner du temps et des ressources. De plus, cela a favorisé la participation de diplomates qui, autrement, auraient été exclus en raison de contraintes budgétaires ou de temps.

 Avis des auteurs

Certains auteurs[55] évoquent la transition de la diplomatie traditionnelle à

la diplomatie numérique pour mettre en évidence les changements qui ont eu lieu ces dernières années. L’ambassadeur espagnol Antonio CASADO RIGALT, quant à lui, parle d’un passage de la diplomatie numérique 2.0 à la diplomatie numérique 3.0. Selon lui, la diplomatie numérique 2.0 correspond à l’intégration de la communication numérique dans les pratiques des ministères des Affaires étrangères, tandis que la diplomatie numérique 3.0 représente une utilisation principalement numérique de la diplomatie. D’autres, comme Ilan MANOR[56], pensent que l’évolution de la diplomatie numérique devrait conduire à un dialogue direct avec les nations et les populations étrangères. MANOR souligne l’importance du « tailoring » (adaptation à la mesure) plutôt que du « targeting » (ciblage) dans les stratégies de diplomatie numérique, en utilisant de la perception des Etats-Unis au Pakistan et en Israël.

 

§2. Défis et enjeux de la digitalisation de la diplomatie

Lorsqu’on analyse l’état actuel de la diplomatie numérique à l’échelle

mondiale, on constate de nombreux défis auxquels les ministères des Affaires étrangères et les diplomates de chaque Etat doivent faire face. Tout d’abord, l’élargissement des acteurs de la diplomatie pour inclure les individus, les groupes de la société civile et les différents groupes d’intérêt change fondamentalement la nature de cette profession, qui était autrefois réservée aux responsables gouvernementaux professionnels respectant un code de conduite écrit (Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961) et non écrit (recherche d’un compromis équilibré prenant en compte les intérêts légitimes de tous). L’arrivée de nouveaux acteurs a également entraîné la propagation de fausses informations (fake news) et d’autres menaces plus graves qui peuvent sérieusement compromettre la sécurité nationale. Parmi ces menaces se trouvent les hackers, motivés par différentes raisons : certains sont des criminels purs et durs, tandis que d’autres encore sont des extrémistes idéologiques utilisant Internet pour promouvoir leurs causes. Cela a entraîné une augmentation de la cybercriminalité, du crime organisé et du terrorisme.

Dans ces différents contextes, la diplomatie, y compris la diplomatie

numérique, est confrontée à la tâche de lutter contre ces risques en gérant au mieux la négociation et la coopération internationales dans ces différents domaines. Parmi les nouveaux acteurs, on trouve également la cyberguerre, que ce soit sous forme d’acteurs nouveaux ou anciens lorsque les Etats s’engagent dans de telles actions. Il est également important de mentionner les individus et/ou les groupes qui utilisent Internet pour engager un dialogue citoyen, même si cette catégorie d’acteurs peut être difficile à gérer. Les ministères des Affaires étrangères ont désormais un public plus large, composé de citoyens nationaux et étrangers, avec lesquels ils doivent engager un dialogue pour obtenir leur adhésion à la politique étrangère menée. En effet, si cette frange de la population se mobilise, elle peut compromettre les meilleures politiques mises en place.

Enfin, le dernier aspect important de la diplomatie numérique concerne ce

que l’on pourrait appeler la souveraineté numérique[57]. Les diplomates ont pour mission fondamentale de défendre la souveraineté nationale, mais de nos jours, cette souveraineté est constamment attaquée par les enjeux numériques. Cela concerne la protection des données personnelles et des données étatiques, ainsi que l’influence des grandes entreprises qui utilisent le numérique et parviennent à contourner la souveraineté fiscale des Etats, ainsi que leur puissance économique. Ainsi, tout Etat qui ne maîtrise pas l’ensemble du cycle numérique se retrouve sous le contrôle de ceux qui contrôlent les outils numériques, ce qui diminue de facto sa souveraineté numérique, voire sa souveraineté tout court.

§3. Facteurs clés qui ont façonné l’évolution de la diplomatie et les défis contemporains

L’évolution de la diplomatie est le résultat de divers facteurs, allant de la

mondialisation à l’émergence de la technologie, en passant par la multipolarité et le jaillissement de nouvelles puissances, les enjeux mondiaux urgents, ainsi que l’évolution des attentes et des demandes des citoyens. Ces facteurs ont façonné l’évolution de la diplomatie et ont contribué aux défis contemporains auxquels elle est confrontée[58].

a)Mondialisation

La mondialisation a transformé les relations internationales en créant un

monde de plus en plus interconnecté. Elle a permis une interconnexion croissante entre les Etats, les économies et les sociétés. Cela a entraîné une augmentation des enjeux internationaux complexes tels que les échanges commerciaux, les flux de capitaux, les migrations, la santé mondiale, l’environnement, la finance, les Droits de l’Homme et des interactions entre les acteurs étatiques et non-étatiques. La diplomatie a dû s’adapter à cette réalité pour faire face à ces réalités et trouver des solutions concertées[59]&[60].

b)Technologie de l’information et des communications

Les avancées technologiques dans le domaine de l’information et des

communications, telles que l’internet et les médias sociaux, ont considérablement révolutionné la façon dont les informations sont partagées, diffusées et consommées. Cela a rendu plus difficile pour les acteurs diplomatiques de contrôler le flux d’informations et a créé de nouvelles opportunités et défis pour la diplomatie. D’une part, la diplomatie publique a gagné en importance, car les gouvernements ont dû communiquer directement avec les citoyens et influencer l’opinion publique à l’échelle mondiale. D’autre part, la diplomatie numérique est devenue un outil essentiel pour mener des négociations, établir des contacts avec d’autres acteurs et promouvoir les intérêts nationaux. Cependant, cela a également crée des défis tels que la désinformation et la cybermenace, qui nécessitent une diplomatie adaptée[61].

c)Multipolarité et émergence de nouvelles puissances

Les équilibres de pouvoir entre les nations ont évolué au fil du temps. Le

monde est devenu de plus en plus multipolaire, avec l’émergence de nouvelles puissances économiques et politiques, telles que la Chine, l’Inde, le Brésil, ainsi que d’autres pays d’Asie et d’Afrique, qui ont gagné en influence sur la scène mondiale, tandis que certains autres Etats ont vu leur rôle diminuer. De plus, les rivalités entre les grandes puissances, les conflits régionaux et les tensions territoriales sont devenus des enjeux majeurs (Les rivalités entre les grandes puissances telles les Etats-Unis, la Chine et la Russie créent des défis diplomatiques majeurs. Les conflits régionaux et tensions territoriales, comme ceux en mer de Chine méridionale ou au Moyen-Orient, nécessitent une gestion habile des relations internationales pour éviter l’escalade des tensions). Ces changements géopolitiques ont remis en question l’ordre mondial établi et a créé de nouveaux équilibres de pouvoir, nécessitant des ajustements dans les relations diplomatiques traditionnelles. Les anciennes puissances doivent maintenant composer avec de nouveaux partenariats stratégiques pour préserver leurs intérêts. La diplomatie de puissance douce (soft power) est devenue un outil important pour attirer et influencer ces nouvelles puissances68.

d)Complexité des problèmes mondiaux

Les défis mondiaux contemporains, tels que le changement climatique, les

conflits armés, le terrorisme, les migrations massives, la pauvreté, les pandémies, la protection et la protection des Droits de l’Homme et de la démocratie, ainsi que les inégalités, nécessitent des réponses internationales coordonnées. Ces problèmes transcendent les frontières nationales et nécessitent une coopération internationale renforcée pour trouver des solutions durables. Cela a mis en évidence la nécessité d’une diplomatie multilatérale plus efficace, où les Etats travaillent ensemble au sein d’OI telles que l’ONU, l’UE, l’OTAN et d’autres forums régionaux pour trouver des solutions communes.

e)Evolution des attentes et demandes des citoyens

Les citoyens ont aujourd’hui des attentes plus élevées envers leurs

gouvernements en termes de diplomatie et de politique étrangère. Ils veulent des politiques qui reflètent leurs valeurs et leurs préoccupations, et ils souhaitent être plus impliqués dans le processus décisionnel. Les gouvernements doivent donc être plus transparents, responsables et ouverts à la participation de la société civile et des citoyens dans la formulation des politiques étrangères. Cette évolution a conduit à une diplomatie plus inclusive et à une diplomatie publique renforcée, où les gouvernements cherchent à impliquer les citoyens dans les débats et les décisions concernant les affaires internationales.

Ces facteurs clés et défis contemporains continuent de façonner

l’évolution de la diplomatie, obligeant les acteurs diplomatiques à s’adapter constamment aux nouvelles réalités du monde globalisé.

§4. Fondements de la diplomatie numérique

La diplomatie numérique est un domaine en pleine expansion dans les

relations internationales. En utilisant les technologies numériques et les médias sociaux, elle vise à faciliter la communication entre les acteurs internationaux, à promouvoir les intérêts nationaux, à gérer les crises et à s’engager directement avec les citoyens à l’échelle mondiale. Ces fondements reposent sur l’utilisation stratégique des technologies numériques dans les relations internationales pour renforcer la transparence, faciliter l’accès à l’information diplomatique et encourager la participation du public.

De plus, la diplomatie numérique repose sur le respect des normes et règles

internationales existantes. Cela comprend le respect du droit international, des conventions et des traités pertinents, afin de garantir un comportement responsable et éthique dans le cyberespace. Cela implique également la défense de la liberté d’expression en ligne, la protection de la vie privée, la lutte contre la censure et la surveillance excessive exercées par les gouvernements ou les entreprises.

La diplomatie numérique se définit par les actions et les valeurs qu’elle

englobe, ainsi que par ses principes qui exercent une influence sur les acteurs et façonnent les relations internationales.

Les caractéristiques de la diplomatie numérique incluent notamment

l’interconnectivité, qui facilite la diffusion rapide des informations, le partage des idées et la coordination des actions diplomatiques. Grâce à la rapidité, les échanges peuvent se faire en temps réel, ce qui permet une prise de décision plus rapide et une réactivité accrue face aux évènements internationaux. Les diplomates peuvent ainsi communiquer instantanément, échanger des informations et coordonner des actions en quelques clics.

Cela est particulièrement utile dans les situations d’urgence ou lorsqu’une réponse rapide est nécessaire. En outre, la diplomatie numérique offre une accessibilité accrue aux informations et aux plateformes de dialogue. Les citoyens peuvent ainsi suivre les activités diplomatiques, accéder aux déclarations officielles et participer aux discussions en ligne. Les gouvernements peuvent également partager directement avec le public international des informations sur leurs politiques, leurs positions et leurs initiatives. Cela favorise une participation plus large et inclusive des acteurs internationaux, renforçant ainsi la transparence et l’engagement démocratique. En ce qui concerne la dématérialisation, la diplomatie numérique réduit la dépendance aux supports physiques et aux réunions en présentiel, en favorisant la transmission électronique d’informations, de documents et de données. Cela permet d’optimiser l’efficacité en éliminant les délais liés à l’envoi postal ou à la préparation de documents physiques, tout en réduisant les coûts associés à l’impression et à la logistique.

Par ailleurs, les principes de la diplomatie numérique incluent notamment

l’inclusivité, car elle vise à inclure un large éventail d’acteurs dans le processus diplomatique, notamment des gouvernements, des OI, des entreprises, des experts, des citoyens et la société civile. En favorisant l’inclusion de ces divers acteurs, la diplomatie numérique cherche à élaborer des politiques et des solutions plus efficaces et durables. Elle reconnaît également l’importance des enjeux numériques dans les relations internationales, tels que la sécurité en ligne, la protection des données et la régulation d’Internet. La diplomatie numérique intègre ces enjeux dans les discussions diplomatiques et cherche à trouver des consensus et des normes communes pour répondre à ces défis.

Un autre principe clé de la diplomatie numérique est la coopération

internationale. Dans un monde de plus en plus interconnecté, les problèmes et les opportunités liés au numérique transcendent les frontières nationales. La diplomatie numérique encourage donc la collaboration entre les pays pour relever les défis communs et exploiter les avantages mutuels dans le domaine numérique. Cela peut se traduire par des accords internationaux, des partenariats bilatéraux ou multilatéraux et des échanges de bonnes pratiques et d’expertise.

Enfin, la diplomatie numérique met l’accent sur la confiance. Dans un

environnement numérique en constante évolution et où les cybermenaces sont omniprésentes, il est essentiel de bâtir et de maintenir la confiance entre les États et les acteurs internationaux. Cela implique de garantir la sécurité des réseaux, la protection des données, la protection de la vie privée et la lutte contre la cybercriminalité. La confiance est également nécessaire pour favoriser la coopération et la collaboration entre les pays dans le domaine numérique.

§5. Acteurs, outils et pratiques de la diplomatie numérique

Dans le monde numérique d’aujourd’hui, la diplomatie numérique est

devenue un domaine essentiel des relations internationales. Les acteurs, les outils et les pratiques diplomatiques ont subi une évolution majeure dans ce contexte. Dans ce point, nous vous exposons de manière concise les acteurs, les outils et les pratiques de la diplomatie numérique[62].

A. Acteurs de la diplomatie numérique

Nous définissons un acteur de la diplomatie comme étant une entité ou une

personne qui joue un rôle actif dans les relations internationales et la diplomatie. A l’ère de la diplomatie numérique, il peut s’agir d’un Etat (ou gouvernement), d’une OI, d’un individu, d’une entreprise, de la société civile, des secteurs privés et des experts, ainsi que des chercheurs et des universités. Les acteurs de la diplomatie interagissent avec d’autres acteurs internationaux et participent à des négociations, des discussions et des actions visant à promouvoir les intérêts de leur Etat, de leur organisation ou de leur groupe dans la sphère internationale. Ils peuvent également contribuer à la résolution des différends, à la promotion de la coopération et à la recherche de solutions communes aux problèmes mondiaux70.

a) Les gouvernements

Les gouvernements sont des acteurs clés de la diplomatie numérique. Ils

sont responsables de la protection des intérêts nationaux dans le cyberespace, ainsi que de la formulation des politiques nationales et internationales liées aux questions numériques. Les ministères des Affaires étrangères, les ministères de la technologie et de l’information, ainsi que d’autres organismes gouvernementaux, jouent un rôle central dans la représentation des intérêts nationaux et la participation aux négociations internationales sur les questions numériques.

 

b) Les organisations internationales (OI)

Les OI jouent un rôle important essentiel et occuperont une place de plus

en plus importante dans la diplomatie numérique en facilitant les discussions, la coordination des efforts mondiaux et la coopération entre les Etats membres sur des enjeux numériques et en matière de gouvernance numérique, et promeuvent la mise en place de normes et de règles communes pour guider les actions dans le domaine numérique. Par exemple, l’Union internationale des télécommunications (UIT) est une agence spécialisée des Nations Unies chargée de la réglementation des télécommunications. Elle organise des conférences internationales pour discuter des politiques et des normes relatives aux télécommunications et à la gouvernance d’Internet[63]. Les OI telles que l’ONU[64], l’UE[65], l’OMC, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) et l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) jouent également un rôle important dans l’élaboration de politiques communes sur la réglementation des données et la protection des Droits de l’Homme en ligne. Elles devront également favoriser le dialogue et la collaboration entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile pour promouvoir une approche inclusive et participative de la gouvernance de l’internet.

c) Les individus

En tant qu’utilisateurs d’Internet et des créateurs de contenu en ligne, les

individus sont des acteurs importants de la diplomatie numérique. Leurs actions en ligne, que ce soit en tant que militants, consommateurs, citoyens ou entrepreneurs, peuvent influencer la gouvernance du cyberespace. Les individus peuvent lancer des pétitions en ligne, participer à des manifestations ou campagnes virtuelles ou utiliser les médias sociaux pour sensibiliser aux enjeux numériques et faire pression sur les gouvernements et les entreprises pour des changements positifs. Ils peuvent également contribuer à la sécurité en ligne en adoptant de bonnes pratiques de cybersécurité et en restant vigilants face aux menaces en ligne.

d) La société civile

La société civile, y compris les Organisations Non-Gouvernementales

(ONG), les groupes de défense des Droits de l’Homme, les groupes de réflexion et d’autres acteurs de la société civile, joue un rôle crucial dans la diplomatie numérique en tant que gardiens des Droits de l’Homme, de la vie privée et de la liberté d’expression en ligne. Ces acteurs mobilisent l’opinion publique, sensibilisent aux enjeux numériques et font pression sur les gouvernements, les OI et les entreprises pour influencer les politiques publiques et les actions plus justes et éthiques dans le cyberespace. Par exemple, des organisations telles qu’Amnesty International[66] ou Access Now[67] défendent les droits numériques et mènent des campagnes pour des politiques et des réglementations plus équitables et respectueuses des Droits de l’Homme en ligne.

e) Les experts, les chercheurs et les universités

Les experts, les chercheurs et les universités dans les domaines du

numérique, de la sécurité en ligne, des politiques publiques et des relations internationales apportent une contribution intellectuelle à la diplomatie numérique en fournissant des analyses, des recommandations et en participant à des débats et des discussions.

f) Secteurs privés

Le secteur privé, notamment les entreprises technologiques, les

fournisseurs de services internet et les acteurs du domaine numérique, joue également un rôle important dans la diplomatie numérique. Ces acteurs auront toujours un rôle clé dans la transformation numérique en raison de leur expertise technologique, de leur expérience pratique et de leur capacité à innover. Ils sont souvent à la pointe du développement de nouvelles technologies et de nouveaux services numériques. Ils peuvent participer à des consultations gouvernementales et multilatérales, contribuer à la recherche et au développement de nouvelles technologies, et être impliqués dans des partenariats public-privé pour aborder les enjeux numériques.

Dans un contexte entièrement numérique, les entreprises technologiques

assumer une responsabilité sociale accrue en matière de protection des données, de respect de la vie privée et de lutte contre la désinformation en ligne. Par exemple, Facebook s’est engagé à renforcer ses politiques de confidentialité et à lutter contre la désinformation sur sa plateforme[68]. De plus, elles devront jouer un rôle actif dans la promotion de la transparence et de la responsabilité dans leurs opérations numériques, en collaborant étroitement avec les gouvernements et les OI pour élaborer des normes et des principes communs. Ces entreprises ont une portée internationale et peuvent influencer les décisions politiques et réglementaires dans plusieurs pays. Par exemple, en raison de leurs politiques de conformité numérique, elles peuvent dépasser les frontières nationales et mettre en place des normes élevées en matière de protection de la vie privée et de la sécurité des données. Elles peuvent également jouer un rôle de médiateur dans les conflits numériques en aidant à la négociation et à la résolution des différends entre les Etats.

En somme, ces différents acteurs travaillent ensemble pour façonner la

diplomatie numérique, en apportant leurs connaissances, leurs perspectives et leurs intérêts pour promouvoir une utilisation responsable, inclusive et sécurisée des technologies numériques.

B. Les outils de la diplomatie numérique

Comprenons par outil de la diplomatie un dispositif, une méthode ou une

technique utilisée par les diplomates pour promouvoir les intérêts nationaux, négocier des accords, résoudre des conflits et maintenir des relations internationales harmonieuses. Les outils de la diplomatie peuvent être des moyens de communication, des instruments juridiques, des processus de négociation, des techniques de médiation, des méthodes de persuasion, des instruments économiques, etc.

Dans le contexte de la diplomatie numérique, les principaux outils

diplomatiques comprennent[69] :

a) Les médias sociaux

Les médias sociaux, tels que Twitter, Facebook, LinkedIn et Instagram,

sont devenus un outil essentiel de la diplomatie numérique en raison de leur portée mondiale et de leur capacité à faciliter la communication entre les diplomates et le grand public. Les diplomates et les représentants gouvernementaux utilisent ces plateformes pour partager des informations et vidéos sur des sujets diplomatiques en temps réel, diffuser des messages clés, engager des discussions, ainsi que promouvoir des initiatives et des positions diplomatiques. Cela a transformé la diplomatie en donnant une voix directe aux diplomates et en permettant une plus grande transparence dans la communication diplomatique. Cependant, cela peut également présenter des défis en termes de gestion de l’image et de la réputation, car les erreurs ou les déclarations controversées peuvent se propager rapidement et nuire à la crédibilité des diplomates et de leur pays.

b)Les plateformes de communication en ligne

Les plateformes de communication en ligne, telles que Skype, Zoom et Microsoft Teams, ont facilité la collaboration et la communication diplomatique à distance. Elles permettent aux diplomates de participer à des réunions, des conférences et des négociations internationales sans avoir à voyager physiquement. Cela a considérablement réduit les coûts et le temps associés aux déplacements diplomatiques, ce qui permet une participation plus active et plus fréquente des représentants de différents pays.

 

c)Les sites web officiels

Les sites web officiels des ambassades, des consulats, des ministères des Affaires étrangères, des OI et des entreprises jouent un rôle crucial dans la communication diplomatique. Ils sont des sources fiables utilisés pour fournir des informations officielles, les positions diplomatiques, les services consulaires, les renseignements aux voyageurs, les ressources documentaires, les actualités, etc. Les sites web offrent également une plateforme pour publier des déclarations officielles, des communiqués de presse et des discours des diplomates. Cependant, il est important de noter que les sites web officiels peuvent être sujets à des attaques informatiques et doivent être sécurisés pour prévenir les atteintes à la confidentialité des informations et la diffusion de fausses informations.

d)Les applications mobiles

Les applications mobiles sont devenues un outil important pour la

communication diplomatique et consulaire. Les diplomates et les citoyens utilisent les applications mobiles pour accéder à des informations consulaires telles que les exigences de visa, les alertes de sécurité ou les contacts d’urgence à l’étranger. Les applications mobiles facilitent également la participation en ligne et la gestion de crises internationales. Par exemple, les applications de suivi des crises humanitaires peuvent fournir des mises à jour en temps réel sur les situations d’urgence et permettre aux utilisateurs de faire des dons. De plus, elles permettent aux diplomates de rester connectés, d’échanger des informations et de communiquer avec leurs collègues et les citoyens, même lors de leurs déplacements, Cependant, l’accès limité à l’internet mobile dans certaines régions du monde peut constituer un défi en termes d’efficacité de ces applications dans certaines situations.

e)Les blogs et forums en ligne

Les diplomates utilisent également les blogs et forums en ligne pour

partager des analyses et des réflexions sur des questions diplomatiques, des enjeux régionaux ou internationaux, ou pour promouvoir les intérêts de leur pays. Les blogs et les forums offrent un espace pour engager le dialogue avec les citoyens, les experts et les autres diplomates, pour recevoir des commentaires et des réactions sur les positions et les politiques diplomatiques, et peuvent également favoriser une compréhension mutuelle et une meilleure communication entre les pays. Cependant, il est important de noter que les blogs et les forums en ligne peuvent également être sujets à des manipulations et des désinformations, ce qui nécessite une vigilance et une validation des sources d’information.

 

f) Diplomatie publique en ligne

La diplomatie publique en ligne vise à communiquer directement avec le

public étranger en utilisant les canaux numériques. Cela peut inclure l’utilisation de sites web multilingues, de réseaux sociaux, de vidéos en ligne et d’autres outils pour diffuser des informations sur le pays, sa culture, ses politiques et ses initiatives. La diplomatie publique en ligne vise à renforcer la compréhension mutuelle, à promouvoir une image positive du pays et à établir des liens avec les citoyens d’autres pays. Elle peut également impliquer l’organisation d’événements en ligne tels que des webinaires ou des conférences virtuelles.

Grâce aux outils numériques, il est possible de réduire la distance et le

temps, et d’atteindre un large public. Ces outils, en tant qu’instruments d’influence et véhicules de messages, sont de plus en plus utilisés comme moyens de dialogue qui remettent en question la communication allant du haut vers le bas. Ils sont adaptés aux circonstances et aux objectifs spécifiques, qu’il s’agisse de promouvoir une politique étrangère, de résoudre des conflits ou de renforcer les relations diplomatiques.

Bien que les outils diplomatiques aient connu des évolutions significatives

dans le monde numérique, la diplomatie reste une pratique qui repose sur la confiance, la négociation et les relations interpersonnelles. Les interactions diplomatiques en personne et les contacts directs restent essentiels pour établir et renforcer les relations diplomatiques et pour mener des négociations complexes où la confiance et la compréhension mutuelle sont nécessaires. Les outils numériques peuvent compléter et faciliter ces interactions, mais ils ne peuvent pas les remplacer entièrement.

C. Les pratiques de la diplomatie numérique[70]

L’avènement de l’ère numérique a incontestablement engendré de

profonds changements dans les pratiques diplomatiques, représentant une évolution majeure à plusieurs niveaux : conceptuel, culturel, technologique et organisationnel. Les technologies numériques remplacent parfois les canaux traditionnels, obligent les chancelleries à partager l’information, nécessitent des compétences numériques complexes pour les diplomates, et sont liées à la dématérialisation des échanges et des négociations diplomatiques[71].

1er. Sur le plan conceptuel de la diplomatie

Sur le plan conceptuel, la souveraineté, la médiation, la négociation, la

diplomatie préventive et la diplomatie publique sont significativement impactées. Ce niveau se concentre sur les idées, les stratégies et les approches théoriques utilisées dans la pratique diplomatique.

a) Souveraineté

De la souveraineté nationale à la médiation et la négociation, en passant

par la diplomatie préventive et la diplomatie publique, les pratiques diplomatiques ont connu un impact significatif avec l’émergence des technologies numériques. La notion de souveraineté a été traditionnellement associée à l’exclusivité de l’autorité étatique dans les affaires internes. Cependant, dans un contexte numérique, les frontières traditionnelles de la souveraineté sont devenues floues. Les cyberattaques, les intrusions dans la vie privée et la surveillance en ligne remettent en question la capacité des Etats à protéger leur souveraineté numérique. En outre, les plateformes numériques transnationales telles que les médias sociaux, les géants de la technologie et les multinationales influencent également les décisions politiques et économiques, perturbant ainsi les notions traditionnelles de souveraineté[72].

b) Médiation

La médiation, en tant que méthode de résolution pacifique des conflits, a

également subi des évolutions significatives dans un contexte numérique. Les canaux de communication en ligne facilitent une médiation plus rapide et plus efficace en rapprochant les parties prenantes, même si elles se trouvent à distance géographique. De plus, certaines initiatives utilisent des plateformes en ligne pour fournir des espaces de dialogue et de médiation virtuels. Cependant, la médiation en ligne présente également des défis, tels que la difficulté de lire les signaux non verbaux et la possibilité de manipulation ou de désinformation en ligne[73].

c) Négociation

La négociation diplomatique a également été affectée par la dimension

numérique. Les plateformes de partage et de collaboration en ligne facilitent la préparation des négociations, la collecte des informations pertinentes et la coordination entre les délégués des Etats. De plus, les visioconférences et les outils de messagerie instantanée permettent de mener des négociations à distance. Cependant, il est important de noter que les aspects de confiance, de personnalité et de création de liens inhérents aux négociations en face à face peuvent être affectés dans le contexte numérique.

d) Diplomatie préventive

La diplomatie préventive, qui vise à anticiper et à prévenir les conflits

potentiels, est renforcée dans un contexte numérique. Les Etats peuvent utiliser des outils d’analyse de données et des algorithmes pour détecter les signaux précurseurs de tensions et de conflits. De plus, les réseaux sociaux et les médias en ligne offrent de nouvelles possibilités de surveiller les discours de haine, la propagation de la désinformation et les tensions émergentes. Cependant, la diplomatie préventive numérique pose également des défis en termes de protection des données personnelles et de respect des Droits de l’Homme.

e) Diplomatie publique

La diplomatie publique, qui vise à influencer l’opinion publique étrangère

et à promouvoir les intérêts nationaux, connait également des évolutions dans un contexte numérique. Les médias sociaux, les blogs, les sites web officiels permettent aux acteurs diplomatiques d’atteindre directement un public international et de façonner leur image à l’étranger. La diplomatie publique numérique facilite également l’établissement de liens entre les citoyens, les ONG et les acteurs transnationaux. Cependant, la désinformation en ligne et les campagnes de manipulation peuvent également saper les efforts de diplomatie publique.

2e. Sur le plan culturel de la diplomatie

Dans un contexte tout à fait numérique, il y a eu des évolutions

significatives dans les pratiques diplomatiques au niveau culturel.

Le niveau culturel de la diplomatie désigne l’importance des différences

culturelles dans les relations internationales. La diplomatie culturelle consiste à promouvoir la compréhension mutuelle, l’échange culturel et la coopération entre les nations en utilisant des éléments tels que les arts, la musique, le sport, la cuisine, etc. Ce niveau vise à renforcer les liens entre les pays en tenant compte de leurs spécificités culturelles.

  1. a) L’importance des différences culturelles Dans un contexte numérique, la prise de conscience et l’appréciation des

différences culturelles sont devenues essentielles. Les médias sociaux, les sites web multilingues et les plateformes de partage de contenu permettent une meilleure compréhension des cultures étrangères. Les diplomates peuvent utiliser ces outils pour promouvoir le respect des différences culturelles et encourager le dialogue interculturel.

b) Promotion de la compréhension mutuelle

Les technologies numériques offrent de nouvelles opportunités pour

promouvoir la compréhension mutuelle entre les nations. Les échanges vidéo en temps réel, les forums de discussion en ligne et les programmes d’échange virtuel permettent aux personnes de différents pays de se connecter et d’échanger des idées, des expériences et des perspectives. Cela contribue à briser les stéréotypes et à renforcer les liens culturels entre les nations.

c) Echange culturel et coopération

Les médias sociaux et les plateformes en ligne facilitent également la

coopération culturelle entre les nations. Les artistes, les musiciens, les sportifs et les chefs cuisiniers peuvent partager leur travail et leur savoir-faire avec un public international. Les festivals culturels virtuels, les expositions en ligne et les évènements sportifs sont devenus des plateformes pour promouvoir l’échange culturel et la coopération.

d) Persistance des barrières culturelles

Malgré les avantages offerts par le numérique, certaines barrières

culturelles persistent. Les différences linguistiques, les traditions profondément enracinées et les normes culturelles peuvent encore entraver la compréhension mutuelle et la coopération. De plus, la désinformation en ligne et les discours de haine peuvent renforcer les stéréotypes culturels et accentuer les tensions interculturelles.

3e. Sur le plan technologique de la diplomatie

La dimension technologique de la diplomatie se concentre sur l’utilisation

des NTIC dans les activités diplomatiques. Cela comprend l’utilisation d’outils tels que les médias sociaux, les communications électroniques, les systèmes de visioconférence, les bases de données en ligne, etc. Ce niveau vise à améliorer l’efficacité et la rapidité des communications diplomatiques, ainsi que la gestion de l’information[74].

 

 

a) Utilisation des médias sociaux

Les médias sociaux jouent un rôle de plus en plus crucial dans les pratiques

diplomatiques. Ils ont permis aux diplomates de se connecter directement avec le public, de promouvoir leurs initiatives diplomatiques et d’accroître leur visibilité. Par exemple, les ambassades utilisent Twitter et Facebook pour informer le public sur les activités diplomatiques, partager des communiqués de presse et échanger avec les citoyens. Les diplomates utilisent également des plateformes comme LinkedIn pour établir des relations professionnelles et créer des réseaux internationaux.

b) Communications électroniques

Les communications électroniques, telles que les courriels, les

messageries instantanées et les appels vidéo, ont considérablement facilité la communication entre diplomates et entre diplomaties. Ces outils permettent des échanges rapides et sécurisés, ce qui s’avère particulièrement utiles en cas de crise ou d’urgence diplomatique. De plus, ils permettent une collaboration plus efficace sur des projets communs, même lorsqu’ils sont basés dans des pays différents.

c) Traitement de l’information et la communication

Les technologies numériques ont grandement amélioré le traitement de

l’information et la communication dans le domaine diplomatique. Les diplomates utilisent des systèmes de gestion de l’information et des bases de données en ligne pour collecter, stocker, organiser et partager des informations diplomatiques. Cela facilite l’accès à l’information et favorise une communication plus fluide et cohérente entre les différentes parties prenantes, qu’il s’agisse de diplomates, d’experts ou de chercheurs.

d) Consultation diplomatique

Les technologies numériques ont également permis de faciliter la

consultation diplomatique en permettant aux diplomates de se réunir virtuellement via des systèmes de visioconférence. Cela réduit les contraintes liées aux déplacements et aux frais, et permet des consultations régulières entre les diplomates. De plus, cela élargit la participation des acteurs diplomatiques, ce qui favorise une approche plus inclusive et collaborative dans le processus diplomatique.

e) Base de données en ligne

Les diplomaties ont créé des bases de données en ligne pour stocker et

partager des informations diplomatiques essentielles, telles que les traités internationaux, les accords multilatéraux, les déclarations diplomatiques, etc. Ces bases de données facilitent la recherche et l’accès à l’information diplomatique, permettant ainsi aux diplomates de mieux comprendre le contexte et de prendre des décisions éclairées.

4e. Sur le plan organisationnel de la diplomatie

Le niveau organisationnel de la diplomatie concerne la structure et le

fonctionnement des institutions diplomatiques, y compris les ministères des Affaires étrangères, les ambassades, les consulats, les OI, etc. Il comprend également la coordination entre les différents acteurs diplomatiques et la gestion des ressources. Ce niveau vise à assurer la cohérence, la coordination et la gestion efficace des activités diplomatiques.

a) Simplification des processus bureaucratiques

La numérisation a permis de rendre plus efficace la gestion des documents

et des informations au sein des ministères des Affaires étrangères. Les dossiers diplomatiques peuvent être stockés électroniquement et sont accessibles à tous les membres du ministère, ce qui facilite leur consultation et leur mise à jour. De plus, les logiciels de gestion électronique des documents permettent de suivre l’avancement des dossiers et de garantir une meilleure coordination entre les différents services et directions[75].

b) Collaboration à distance

Avec l’utilisation de la visioconférence et d’autres outils de

communication en ligne, les diplomates peuvent collaborer à distance avec leurs collègues du siège du ministère des Affaires étrangères, ainsi qu’avec d’autres acteurs diplomatiques à travers le monde. Cela facilite l’échange d’informations, la prise de décision et la coordination des actions diplomatiques. De plus, cela permet de réduire les coûts liés aux déplacements, tels que les billets d’avion et les frais d’hébergement.

c) Communication avec les citoyens

Les ambassades et consulats utilisent de plus en plus les sites web et les

réseaux sociaux pour communiquer avec les citoyens et les informer sur les activités diplomatiques, les services consulaires et les événements culturels. Ces plateformes numériques offrent également la possibilité aux citoyens de poser des questions et de rechercher des informations importantes concernant les voyages à l’étranger, les services consulaires, etc. Cela contribue à une plus grande transparence dans les activités diplomatiques et facilite la relation entre les diplomates et les citoyens.

d) Transformation des organisations internationales

Les avancées technologiques ont également transformé la manière dont les OI fonctionnent. Les réunions diplomatiques, les négociations et les conférences internationales se déroulent de plus en plus en ligne, ce qui réduit les coûts et facilite la participation de représentants de différents pays. Les plateformes numériques permettent de partager rapidement des informations et des documents, de faciliter la coordination entre les Etats membres et de faciliter la prise de décision.

e) Gestion des ressources diplomatiques

La numérisation a permis une meilleure gestion des ressources

diplomatiques, notamment grâce à la centralisation des informations et des documents de manière électronique. Les diplomates peuvent accéder à une base de données centralisée pour obtenir les informations nécessaires à leurs missions diplomatiques. De plus, la numérisation a également contribué à renforcer la sécurité des informations sensibles grâce à des protocoles de cryptage et de protection des données.

Cependant, malgré ces évolutions technologiques, la diplomatie reste

avant tout une question de confiance et de relations interpersonnelles. Certaines pratiques diplomatiques traditionnelles de diplomatie restent d’une grande importance.

Par exemple, les contacts directs entre les diplomates et l’interaction humaine demeurent essentiels dans la diplomatie. Les rencontres en personne sont souvent nécessaires pour établir et renforcer les relations diplomatiques, ainsi que pour mener des négociations complexes où la confiance et la compréhension mutuelle sont cruciales. De plus, la cybersécurité et la protection des données sont des préoccupations majeures dans l’utilisation des technologies numériques dans la diplomatie, et des mesures appropriées doivent être mises en place pour garantir la sécurité des informations sensibles.

§6. Enjeux et défis de la diplomatie numérique

L’essor des technologies numériques a transformé les méthodes

traditionnelles de la diplomatie en une forme nouvelle et innovante de diplomatie numérique. Cette évolution a apporté de nouvelles opportunités, mais elle est également confrontée à des enjeux et défis spécifiques dans un contexte numérique. L’analyse prospective des enjeux et défis de la diplomatie numérique implique de considérer le contexte numérique actuel et les évolutions actuelles et futures du monde numérique et de la diplomatie[76].

 

  1. Enjeux de la diplomatie numérique

 

a)Complexité des relations internationales

La diplomatie numérique doit faire face à des enjeux tels que la protection

des données personnelles, le piratage informatique, le cyberespionnage et les cyberattaques. Les acteurs malveillants, qu’ils soient des Etats ou des groupes de pirates informatiques, peuvent cibler les systèmes et les réseaux diplomatiques pour voler des informations sensibles, perturber les communications ou déstabiliser les relations internationales. Par conséquent, la sécurité et la confidentialité des échanges diplomatiques en ligne sont essentielles pour établir et maintenir la confiance entre les Etats. Par exemple, en 2016, le réseau informatique du Parti démocrate américain a été piraté par des acteurs étatiques étrangers, ce qui a entrainé la divulgation de courriels confidentiels et a eu un impact sur les relations diplomatiques[77]. Les diplomates doivent investir dans les infrastructures sécurisées et des protocoles de communication pour protéger les échanges d’informations sensibles.

b)Fracture numérique

Des inégalités persistent en termes d’accès et d’utilisation des TIC. Par

exemple, de nombreux Etats en développement et des groupes marginalisés ont un accès limité à Internet et aux technologies numériques par rapport aux Etats développés, en raison de facteurs tels que le coût élevé des services internet, insuffisante ou manque d’infrastructures de télécommunication adéquates et les restrictions gouvernementales. Par exemple, en Afrique subsaharienne, seulement 30% de la population avait accès à l’internet en 2019 et 2,9 milliards de personnes, soit 37% de la population mondiale, n’ont jamais utilisé l’internet en 2021, selon l’UIT[78]. Cela crée une fracture numérique entre les Etats développés et les Etats en développement, ce qui rend difficile la participation équitable à la diplomatie numérique et limite la diversité des voix et des perspectives dans les dialogues internationaux. Il est donc crucial de surmonter cette fracture numérique en fournissant un accès équitable et abordable à internet, ainsi que des compétences numériques pour tous.

 

  1. Défis de la diplomatie numérique

 

a)Adaptation des méthodes traditionnelles

La diplomatie numérique nécessite d’adapter les méthodes traditionnelles

de la diplomatie aux nouveaux espaces en ligne. Par exemple, la communication diplomatique se fait souvent via les réseaux sociaux et les plateformes en ligne, qui ont leurs propres règles et normes de comportement. Les diplomates doivent donc composer avec ces spécificités pour mener à bien leurs missions.

b)Rapidité des informations et viralité des messages

Les informations circulent rapidement en ligne, et les messages peuvent

se propager de manière virale en quelques minutes seulement. Cela peut avoir des implications pour la diplomatie, car les déclarations ou les actions mal interprétées peuvent rapidement entraîner des tensions ou des conflits. Les acteurs diplomatiques doivent être vigilants et réactifs pour prévenir les crises et les escalades.

c)Coopération internationale

La diplomatie numérique nécessite une coopération internationale pour

établir et maintenir des normes et des règles communes dans le cyberespace. Cependant, les différences culturelles, politiques et économiques entre les Etats peuvent compliquer cette coopération et créer une fragmentation de l’internet. Par exemple, certains Etats peuvent craindre que la coopération internationale ne limite leur souveraineté numérique, n’entraîne une ingérence dans leurs affaires intérieures ou ne compromette leur sécurité nationale (La Chine est un exemple de pays qui met en place des restrictions strictes sur l’accès à internet, en créant une version « cloisonnée » de l’internet appelée « la Grande Firewall ». Cela a des implications sur la diplomatie numérique, car cela limite l’accès à l’information et rend difficile la négociation de normes et d’accords communs en matière de diplomatie numérique). Surmonter ces défis nécessite une diplomatie numérique inclusive et équitable, et la coordination entre les acteurs internationaux, qui favorise la confiance mutuelle et le respect des Droits de l’Homme tout en protégeant la cybersécurité et la souveraineté nationale.

La diplomatie numérique est un domaine essentiel dans le contexte actuel

de la société de l’information et de la mondialisation. Les enjeux et défis liés à la diplomatie numérique nécessitent une coopération internationale, une réflexion stratégique et une agilité face aux évolutions technologiques. Les acteurs diplomatiques doivent être prêts à relever ces défis pour garantir la sécurité, la stabilité et le développement durable dans l’environnement numérique mondial.

 

CHAPITRE 2. LE MÉTIER DE DIPLOMATE

Dans ce chapitre, nous examinons de près l’évolution du métier de

diplomate au fil de l’histoire et l’impact de la diplomatie numérique sur ce métier traditionnel. La montée en puissance des NTIC a considérablement transformé la pratique de la diplomatie, remettant en question les rôles traditionnels des diplomates et apportant de nouvelles opportunités et défis.

SECTION 1. ÉVOLUTION DU MÉTIER DE DIPLOMATE : DE LA DIPLOMATIE TRADITIONNELLE À LA DIPLOMATIE POSTMODERNE

§1. Introduction à l’évolution du métier de diplomate

L’évolution du métier de diplomate a été étroitement liée à l’évolution de

la diplomatie au fil de l’histoire. Le rôle et les responsabilités des diplomates ont été façonnés par les changements politiques, sociaux et technologiques de leur époque.

Dans la diplomatie traditionnelle, les diplomates étaient principalement

des aristocrates ou des membres de l’élite dirigeante, envoyés pour représenter leur souverain dans d’autres cours. Leur rôle était de négocier des alliances, de conclure des traités et de représenter les intérêts de leur nation. Les diplomates traditionnels étaient souvent recrutés parmi les membres de la noblesse, qui avaient les compétences sociales nécessaires pour naviguer dans les cercles aristocratiques.

Avec l’émergence de la diplomatie moderne, les rôles et les compétences

des diplomates ont commencé à évoluer. Les États-nations ont commencé à recruter des diplomates professionnels formés dans des écoles diplomatiques pour représenter leur

Etat à l’étranger. Les diplomates modernes étaient tenus d’avoir une connaissance approfondie du droit international, des questions politiques et économiques, ainsi que des compétences en négociation et en communication. De plus, la paradiplomatie a émergé dans les années 1980, lorsque des entités infraétatiques (Etats fédérés, régions, provinces, villes, etc.) ont commencé à chercher une plus grande autonomie sur la scène internationale en s’impliquant directement dans les relations internationales.

Dans la diplomatie postmoderne, le métier de diplomate a été encore plus

influencé par les avancées technologiques et les changements dans les relations internationales. L’essor des médias et de la communication mondiale a rendu les diplomates plus visibles et les a obligés à maîtriser les techniques de relations publiques. Les enjeux de la diplomatie contemporaine tels que le changement climatique, le terrorisme, les migrations et le développement durable ont également élargi les domaines d’intervention des diplomates, les poussant à travailler avec un éventail plus large d’acteurs internationaux, notamment des ONG et des groupes de la société civile[79].

§2. Caractéristiques du métier de diplomate dans les différentes formes de diplomatie

Le métier de diplomate évolue en fonction des différentes formes de

diplomatie. Voici les caractéristiques du métier de diplomate dans chaque forme de diplomatie :

A.Dans la diplomatie traditionnelle

Dans cette forme de diplomatie, les diplomates sont souvent des membres

de l’aristocratie qui sont envoyés à l’étranger pour représenter leur souverain. Ils ont généralement des compétences sociales avancées et sont choisis pour leurs liens familiaux avec les autres cours. Les diplomates traditionnels sont principalement chargés de négocier des alliances, de conclure des traités et d’informer leur souverain des développements politiques à l’étranger.

B.Dans la diplomatie classique

Avec l’émergence des États-nations au XIXème siècle, la diplomatie a

commencé à se professionnaliser. Les diplomates classiques sont des professionnels formés dans des écoles diplomatiques. Ils ont une connaissance approfondie du droit international, des questions politiques et économiques, ainsi que des compétences en négociation et en communication. Les diplomates classiques sont spécialisés dans certains domaines tels que le commerce, la politique internationale ou les questions humanitaires.

C.Dans la diplomatie moderne

Au cours du XXème siècle, la diplomatie a été influencée par les avancées

technologiques et les changements dans les relations internationales. Les diplomates modernes maîtrisaient les techniques de relations publiques et utilisaient les canaux de communication traditionnels pour faire connaître les positions de leur gouvernement. Les compétences en communication, en relations publiques et en gestion de crise sont essentielles pour les diplomates modernes.

 

D.Dans la diplomatie postmoderne

La diplomatie postmoderne est caractérisée par une approche plus

inclusive et participative. Les diplomates doivent s’engager dans des dialogues et des négociations multilatérales, en tenant compte d’un large éventail de perspectives et d’intérêts. L’accent est mis sur la coopération, la diplomatie de développement durable et la résolution pacifique des conflits. Les diplomates postmodernes doivent être dotés de compétences interculturelles, de compétences en médiation et en résolution de conflits, ainsi que d’une sensibilité aux questions de développement, de genre, d’environnement et des Droit de l’Homme.

Avec la montée en puissance des NTIC, la diplomatie postmoderne est

devenue un domaine important pour les diplomates. Ils doivent maîtriser les outils et les plateformes numériques pour communiquer, négocier et promouvoir les intérêts de leur Etat. Les compétences approfondies en communication digitale, en gestion de l’information, en cybersécurité, en économie, en commerce international et en finance sont essentielles pour les diplomates postmodernes. De plus, les diplomates postmodernes doivent être passionnés par la culture, avoir une connaissance approfondie de leur propre patrimoine culturel et être ouverts aux différentes cultures du monde.

§3. Différents métiers de diplomate

Le métier de diplomate consiste à exercer des fonctions dans le domaine

des relations internationales et la diplomatie. Ces professionnels qualifiés sont chargés de représenter officiellement leur Etat à l’étranger, de promouvoir et de défendre les intérêts et les politiques de leur Etat vis-à-vis de l’Etat d’accueil. Ils sont responsables de la négociation d’accords bilatéraux et multilatéraux, de la résolution des conflits diplomatiques, du maintien des relations diplomatiques et de l’analyse des relations internationales et des événements mondiaux. Généralement, ils exercent leur métier au sein des ambassades et des consulats.

 Ambassadeur

L’ambassadeur est le poste diplomatique le plus élevé et représente le chef

d’État ou le gouvernement dans un Etat étranger. Il est nommé par le gouvernement de son Etat d’origine et est chargé de représenter les intérêts nationaux, de promouvoir les relations bilatérales et de maintenir des liens politiques, économiques, culturels et sociaux solides entre les deux Etats[80].

Un ambassadeur est responsable de la représentation officielle de son Etat

et joue un rôle crucial dans le développement des relations diplomatiques. Il entretient des contacts avec les autorités politiques de l’Etat hôte, participe à des réunions et négociations diplomatiques, et représente son Etat lors d’événements officiels. L’ambassadeur a également pour mission de protéger les intérêts de ses ressortissants vivant dans l’Etat d’accueil et de fournir des services consulaires.

En plus de ses responsabilités diplomatiques, l’ambassadeur supervise

également le fonctionnement de l’ambassade et de son personnel. Il veille à la coordination des activités consulaires, politiques, économiques et culturelles de l’ambassade, ainsi qu’à la gestion du budget et des ressources humaines.  Consul

Le consul est un fonctionnaire consulaire qui exerce dans un consulat.

Selon Louis CAVARE, « le consul est un représentant officiel qu’un Etat nomme dans les villes, en particuliers dans les ports, d’un autre Etat. Son rôle principal est d’apporter assistance et protection aux ressortissants de son Etat auprès des autorités locales, tout en assurant certaines fonctions administratives, économiques et maritimes »[81].

Le consul est chargé de fournir des services consulaires aux ressortissants

de son Etat vivant à l’étranger. Ses responsabilités incluent la délivrance de visas, la protection des droits et des intérêts des citoyens de son Etat, l’assistance en cas d’urgence, tels que des catastrophes naturelles ou des situations de crise, et la coordination des services consulaires, tels que l’enregistrement des naissances et des décès, la légalisation de documents et l’assistance juridique ou médicale.

Le consul veille également à maintenir des relations étroites avec les

autorités locales, les communautés locales et les entreprises afin de promouvoir les intérêts de son Etat dans sa zone de compétence consulaire. Cela permet d’assurer la sécurité et le bien-être de des ressortissants de son Etat d’origine dans l’Etat d’accueil[82].

 Chargé d’affaires

Le chargé d’affaires est un diplomate qui occupe temporairement la

position d’ambassadeur en l’absence de celui-ci. Il est responsable de la gestion quotidienne de l’ambassade ou du consulat et représente également son Etat auprès des autorités de l’Etat hôte. Le chargé d’affaires peut être nommé en cas de vacance du poste d’ambassadeur ou pendant la période de transition entre deux ambassadeurs. Il assure la continuité des fonctions diplomatiques et veille à la mise en œuvre des politiques et des objectifs de son Etat[83].

Le chargé d’affaires travaille à renforcer les relations, à promouvoir les

intérêts économiques et commerciaux, à gérer les crises et à représenter son Etat d’origine auprès de l’Etat d’accueil.

 Attaché diplomatique

Attaché diplomatique est un membre du personnel diplomatique affecté à

une ambassade ou à un consulat. Il occupe généralement un rôle différent de celui du chargé d’affaires. Alors que le chargé d’affaires est responsable de la gestion globale d’une ambassade ou d’un consulat en l’absence de l’ambassadeur ou du consul, l’attaché diplomatique travaille en étroite collaboration avec eux pour soutenir leurs activités et atteindre les objectifs diplomatiques de l’Etat d’origine[84].

Il assiste les diplomates et les ambassadeurs dans leurs fonctions

diplomatiques en recueillant et en analysant des informations, en rédigeant des rapports, en préparant des réunions et en coordonnant les activités diplomatiques. Un attaché diplomatique peut être spécialisé dans différents domaines tels que les affaires politiques, économiques, culturelles ou commerciales.

 Attaché politique

L’attaché politique est un diplomate spécialisé dans les affaires politiques

et les relations gouvernementales. Il est responsable de la collecte d’informations politiques et de l’analyse des développements politiques dans l’Etat hôte. Il fournit des rapports et des conseils au gouvernement de son Etat sur les questions politiques et les relations bilatérales.

L’attaché politique joue également un rôle clé dans le renforcement des

liens entre les gouvernements, en organisant des rencontres et des discussions politiques, en facilitant le dialogue et la coopération sur des questions d’intérêt mutuel, et en promouvant les positions et les politiques de son Etat93.

 Attaché économique

L’attaché économique est un diplomate spécialisé dans les affaires

économiques et commerciales. Son rôle est de promouvoir les intérêts économiques de leur Etat d’origine dans l’Etat hôte. Il est responsable de l’identification des opportunités d’affaires, de la promotion du commerce et de l’investissement, de la facilitation des échanges commerciaux, de la résolution des différends commerciaux et de l’obtention d’informations sur le marché. L’attaché économique joue également un rôle important dans la promotion de la coopération économique bilatérale. Il participe aux négociations commerciales et encouragent la conclusion d’accords de coopération économique entre les deux Etats.

L’attaché économique travaille en étroite collaboration avec les

entreprises de leur Etat, les organisations commerciales, les agences gouvernementales, les chambres de commerce et les institutions financières pour soutenir les exportations et encourager les investissements étrangers. En plus de fournir des informations et des conseils aux entreprises de son Etats sur les opportunités d’investissement et d’exportation dans l’Etat hôte, l’attaché économique facilite également les rencontres et les échanges entre les hommes d’affaires des deux Etats, il organise des missions commerciales, des forums économiques, des séminaires et des rencontres d’affaires pour favoriser les partenariats et les échanges commerciaux.

 Attaché culturel

L’attaché culturel est un diplomate spécialisé dans les affaires culturelles

et éducatives. Son rôle principal est de promouvoir la culture, la langue et l’éducation de son Etat à l’étranger. Il est responsable de la coordination des échanges culturels, des événements artistiques, des programmes éducatifs et des initiatives de coopération dans les domaines de l’art, de la musique, de la danse, du cinéma, de la littérature, de l’éducation et de la recherche.

L’attaché culturel travaille en étroite collaboration avec les institutions

culturelles, les universités, les écoles et les organisations artistiques de l’Etat d’accueil pour promouvoir la compréhension mutuelle, renforcer les liens culturels et encourager les échanges intellectuels entre les deux Etats.

Ces métiers fondamentaux de la diplomatie sont essentiels pour la

représentation internationale d’un Etat et la promotion de ses intérêts. Ils demandent des compétences en négociation, en communication interculturelle, en analyse politique et en gestion des relations internationales. Les professionnels de ces métiers doivent avoir une connaissance approfondie du droit international, des relations internationales et de la culture des Etats dans lesquels ils exercent. La diplomatie nécessite également une capacité à travailler dans des environnements multiculturels et à gérer les situations de crise.

 

§4. Les fonctions et missions traditionnelles des diplomates

Selon l’article 3 de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations

diplomatiques, les fonctions diplomatiques normales comprennent : la représentation de l’Etat accréditant, la protection des intérêts de cet Etat et de ses ressortissants dans les limites du droit international, la négociation avec l’Etat accréditaire, l’obtention d’informations sur les conditions et l’évolution des événements dans l’Etat accréditaire, ainsi que le développement des relations amicales, y compris les relations économiques, culturelles et scientifiques.

Par ailleurs, les articles 45 et 46 de cette même convention établissent des

fonctions exceptionnelles. Selon ces articles, un Etat peut changer sa mission diplomatique de la protection des intérêts d’un Etat tiers qui aurait rompu ses relations diplomatiques avec l’Etat accréditaire. Bien que normalement une mission diplomatique ne soit pas chargée de fonctions consulaires, elle peut également exercer de telles fonctions si cela ne contrevient pas aux dispositions de la Convention de Vienne.

A. La représentation de l’État accréditant

Cela consiste à représenter officiellement l’État d’origine dans l’État hôte. Le diplomate est chargé de représenter les intérêts et les positions de son Etat, ainsi que de promouvoir ses politiques et ses objectifs. Il agit en tant qu’intermédiaire entre les deux États, facilitant la communication et la coopération.

Cette représentation implique de représenter à la fois le chef de l’Etat et le

gouvernement de l’Etat d’origine. Le diplomate est, dès lors, investi d’un pouvoir particulier dans sa fonction de représentation, qui découle de celui reconnu aux souverains et aux chefs d’Etat. Cela signifie qu’il agit en tant qu’intermédiaire attitré et permanent entre les autorités officielles des deux Etats ou entre la délégation d’un Etat et une OI. Cette fonction implique donc d’établir et de maintenir des liens étroits avec les représentants officiels de l’Etat d’accréditation, comme les ministres des Affaires étrangères, les chefs d’Etat et les autres diplomates.

Depuis l’Antiquité, les émissaires du Prince étaient chargés d’incarner les

souverains qu’ils représentaient. Le principe de l’immunité diplomatique trouve ses racines dans cette idée de représentation personnelle. En effet, les représentants étaient considérés comme étant en quelque sorte la présence de leur souverain sur le lieu où ils exerçaient leurs fonctions, ce qui explique pourquoi il était interdit de le nuire physiquement. Aujourd’hui, cette représentation est principalement symbolique, similaire à la façon dont un drapeau représente une nation. La représentation implique à la fois un statut et une attitude. Le statut est officiellement reconnu par la présentation des lettres de créance[85].

Le diplomate exerce sa fonction de représentation à travers des actions

concrètes telles que la remise de lettres de créance au chef de l’Etat accréditaire, la participation à des réunions officielles, la prise de position sur des questions d’intérêt national, la négociation et la conclusion d’accords diplomatiques, ainsi que la promotion des intérêts de son Etat d’origine.

B. La protection des intérêts de l’État accréditant et de ses ressortissants dans les limites du droit international

Les diplomates sont responsables de la protection des intérêts de leur Etat

et de leurs citoyens vivant à l’étranger. Cela comprend la protection des droits et de la sécurité des ressortissants, l’assistance consulaire en cas de besoin, la résolution de problèmes juridiques ou administratifs, et la veille à ce que les droits de l’État accréditant soient respectés conformément au droit international.

En ce qui concerne la protection des intérêts nationaux, les diplomates sont

chargés de veiller à ce que les intérêts économiques, politiques, sécuritaires et culturels de leur Etat soient préservés et promus dans le cadre des relations internationales. Ils doivent surveiller les développements politiques et économiques à l’étranger, analyser leur impact sur leur Etat d’origine et formuler des recommandations pour protéger et défendre les intérêts nationaux.

L’assistance aux citoyens est une autre responsabilité cruciale des

diplomates. Lorsque des ressortissants de leur Etat rencontrent des difficultés à l’étranger, tels que des problèmes juridiques, des accidents, des situations d’urgence ou des catastrophes naturelles, les diplomates interviennent pour les aider. Ils fournissent des informations, des conseils et une assistance consulaire, et collaborent avec les autorités locales pour résoudre les problèmes et assurer la sécurité et le bien-être de leurs citoyens.

C. La négociation avec l’État accréditaire

La négociation comme fonction dans le métier de diplomate, est au cœur

même de la diplomatie car elle consiste à mener des pourparlers et des discussions avec l’État hôte, les représentants d’autres Etats ou avec les OI en vue de parvenir à des accords et des compromis. Cette fonction est essentielle pour résoudre les conflits, prévenir les crises, ainsi que promouvoir les positions et les intérêts nationaux[86].

La négociation diplomatique peut prendre différentes formes, selon le

contexte et les enjeux spécifiques. Elle peut impliquer des négociations bilatérales entre deux parties, des négociations multilatérales impliquant plusieurs Etats ou des négociations au sein d’une OI. Les négociations peuvent également avoir lieu à différents niveaux : ministériel, ambassadeur, conseiller diplomatique, etc.

La fonction de négociation nécessite des compétences diplomatiques

spécifiques. Les diplomates doivent être capables d’analyser les intérêts et les préoccupations de toutes les parties concernées, de rechercher des compromis acceptables par toutes les parties, et de trouver des solutions créatives pour parvenir à un accord mutuellement bénéfique. Ils doivent également être en mesure de faire preuve de patience, de diplomatie et de persévérance dans les négociations, tout en gardant à l’esprit les intérêts et objectifs de leur Etat d’origine96.

Les négociations diplomatiques peuvent porter sur un large éventail de

questions, allant des questions politiques, aux questions économiques, en passant par les enjeux environnementaux, le commerce, les Droits de l’Homme, les conflits armés, etc. Les diplomates doivent être bien informés sur ces questions, être en mesure de défendre efficacement les positions de leur Etat et être prêts à engager un dialogue constructif avec les autres parties.

D. L’information sur les conditions et l’évolution des événements dans l’État accréditaire

La fonction d’information revêt une importance fondamentale dans le

métier de diplomate, car elle constitue le pilier essentiel de la diplomatie. Les diplomates sont constamment à la recherche d’informations pour comprendre les enjeux géopolitiques, économiques et sociaux, ainsi que les positions et les intérêts des différentes parties prenantes. Ils utilisent ces informations pour transmettre des messages et négocier avec des acteurs internationaux. Cette fonction leur permet de se tenir informés des événements et développements récents qui pourraient avoir un impact sur les relations diplomatiques de leur Etat.

L’information dans le métier de diplomate comprend plusieurs éléments

clés. Tout d’abord, il est essentiel pour un diplomate de suivre régulièrement et attentivement l’actualité internationale. Cela peut impliquer la lecture de journaux, la consultation de médias en ligne, de rapports de renseignement et le suivi des réseaux sociaux. Cette veille quotidienne permet aux diplomates de rester informés des développements politiques, économiques, sociaux et sécuritaires dans les Etats où ils sont en poste.

En parallèle, la fonction d’information consiste à collecter des

informations sur le terrain, informer, persuader et influencer les opinions des autres parties prenantes. Pour cela, les diplomates doivent comprendre les spécificités culturelles, sociales et économiques de l’Etat dans lequel ils travaillent, ainsi que les dynamiques politiques et les acteurs influents. Ils doivent maîtriser les différentes techniques de communication, tant verbales que non verbales. Les compétences clés requises incluent la capacité à s’exprimer de manière claire et concise, à adapter son discours en fonction du public ciblé, à décoder et interpréter les signaux non verbaux, ainsi qu’à utiliser efficacement les outils de communication. Les diplomates interagissent avec les représentants des gouvernements locaux, des OI, des acteurs de la société civile et du secteur privé pour recueillir des informations précises et pertinentes pour leur mission diplomatique[87].

Une fois les informations collectées, les diplomates les analysent et les

évaluent en termes de pertinence et de crédibilité. Ils doivent être en mesure de comprendre les enjeux complexes, de décrypter les motivations et les intérêts des différents acteurs, et de tirer des conclusions éclairées. Cette analyse leur permet de formuler des recommandations et des stratégies pour leur gouvernement afin de prendre des décisions éclairées en matière de politique étrangère. De plus, la fonction d’information ne se limite pas à la collecte et à la transmission d’informations, ainsi qu’à la résolution des conflits. Elle englobe également la promotion de la culture, des valeurs et des intérêts de leur Etat. Les diplomates sont amenés à représenter leur Etat lors de rencontres officielles, de conférences internationales ou d’événements culturels, où ils mettent en valeur la richesse et la diversité de leur nation.

Dans le cadre de la communication diplomatique, les diplomates

endossent le rôle de médiateur, de négociateur ou de facilitateur. Ils doivent être capables de susciter le dialogue entre les parties concernées, d’apaiser les tensions et de trouver des compromis acceptables pour tous. La communication diplomatique repose également sur l’établissement d’une relation de confiance avec les interlocuteurs, en mettant en place des canaux de communication ouverts et transparents.

Enfin, la fonction d’information implique également la transmission des

informations aux autorités compétentes de l’Etat d’origine. Les diplomates sont chargés de rédiger des rapports, des notes d’information et des analyses pour partager les informations collectées et les conclusions tirées. Ces documents sont utilisés par les décideurs politiques pour orienter leur prise de décision en matière de politique étrangère.

E. Le développement des relations amicales, y compris les relations économiques, culturelles et scientifiques

Une autre fonction diplomatique importante est de renforcer les relations

amicales entre l’État accréditant et l’État accréditaire. Cela implique de promouvoir les échanges économiques, commerciaux, culturels et scientifiques, de faciliter la coopération bilatérale et multilatérale, et de promouvoir une compréhension mutuelle et un dialogue entre les deux pays. Les diplomates jouent souvent un rôle clé dans l’organisation de visites officielles, de conférences, d’expositions et d’autres événements pour renforcer les liens entre les deux nations.

§5. Emergence de la paradiplomatie

Pour comprendre l’évolution du métier de diplomate, il est crucial de situer

le concept de « paradiplomatie » dans son contexte historique et géopolitique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les entités subétatiques telles que les Etats américains, les provinces canadiennes, les régions et les communautés belges, ainsi que les communautés autonomes espagnoles, ont développé une diplomatie parallèle à celle des gouvernements centraux, connus sous le nom de paradiplomatie[88]. La paradiplomatie, telle que définie par le professeur Panayotis SOLDATOS, l’un des premiers théoriciens du phénomène, désigne la poursuite directe, à divers degrés, d’activités étrangères par les Etats fédérés[89].

Selon Stéphane PAQUIN, « la paradiplomatie est l’implication des entités

infraétatiques dans les relations internationales[90]. « C’est lorsqu’un gouvernement infranational ou non central, comme le gouvernement du Québec, mandate un acteur, souvent un ministre, pour négocier ou entrer en relation et défendre les intérêts de cet acteur directement avec d’autres acteurs étrangers. Ces acteurs peuvent être des Etats souverains, des Etats déférés, des ONG ou des acteurs du secteur privé »[91].

La paradiplomatie a émergé dans le contexte de mondialisation croissante

et de la décentralisation des pouvoirs politiques. Cela a conduit à une redéfinition du rôle des diplomates traditionnels et à l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène internationale. Elle n’est pas à confondre avec la diplomatie parallèle (connue en anglais sous le terme de Track II diplomacy) qui se réfère à l’intervention d’acteurs nonétatiques tels que des ONG internationales, des syndicats des groupes de réflexion ou des individus dans le domaine diplomatique.

Un exemple précoce de paradiplomatie remonte à 1978, lorsque la région

du Québec au Canada a signé un accord de coopération avec la région de Catalogne en Espagne. Cet accord a permis aux deux régions d’établir des relations directes et de partager des connaissances et des expériences dans divers domaines, tels que l’éducation, la culture et le commerce.

Dans les années 1990, avec la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre

froide, de nombreux Etats ont connu des processus de décentralisation politique. Cela a donné naissance à une multiplication des acteurs paradiplomatiques à travers le monde. Par exemple, la région autonome de Catalogne en Espagne a joué un rôle actif dans la promotion de ses intérêts sur la scène internationale. Elle a établi des bureaux de représentation à l’étranger, participé à des forums internationaux et organisé des événements culturels pour accroître sa visibilité. De même, la région de Rhône-Alpes en France a développé des partenariats internationaux dans les domaines de l’économie, de la recherche et de l’éducation.

En Amérique latine, le processus de paradiplomatie a été particulièrement

dynamique. Par exemple, l’Etat de São Paulo au Brésil a développé des relations avec des partenaires internationaux grâce à son programme d’internationalisation. Il a créé des bureaux de représentation à l’étranger et a attiré des investissements étrangers directs dans la région. De même, la région de Jalisco au Mexique a mis en place une stratégie de paradiplomatie pour promouvoir son secteur des TIC, en attirant des entreprises internationales et en facilitant les échanges académiques.

En Afrique, la paradiplomatie est également pratiquée depuis plus de deux

décennies. Par exemple, la région du Cap en Afrique du Sud, également connue sous le nom de Western Cape, a développé depuis 2000 une stratégie de paradiplomatie visant à promouvoir ses intérêts économiques et touristiques à l’étranger. Elle a établi des relations avec des partenaires internationaux, organisé des missions commerciales et participé à des forums internationaux pour attirer les investissements étrangers et promouvoir le tourisme.

Cependant, dans la pratique diplomatique, la paradiplomatie a parfois

entraîné des tensions et un court-circuit diplomatique entre les acteurs étatiques et les entités infraétatiques lorsque les entités infraétatiques agissent de manière indépendante et en contradiction avec les prérogatives des gouvernements centraux. La région de Catalogne en Espagne est un exemple emblématique de paradiplomatie controversée.

En 2017, la Catalogne a organisé un référendum sur l’indépendance, malgré l’opposition du gouvernement central espagnol. Cette initiative a provoqué une crise constitutionnelle et une répression de la part du gouvernement espagnol, qui considérait cette action comme une violation de ses compétences en matière de politique étrangère.

Un autre exemple concerne la province du Québec au Canada qui a établi

des bureaux de représentation à l’étranger en 2006, notamment à Paris, New-York et Mexico. L’objectif était de promouvoir les intérêts économiques et culturels de la province. Toutefois, cela a suscité des préoccupations de la part du gouvernement fédéral canadien, qui a estimé que cela empiétait sur ses prérogatives en matière de politique étrangère. Aux Etats-Unis, certaines villes adoptent également une paradiplomatie active. Par exemple, la ville de New-York a une longue histoire de relations internationales indépendantes. Elle a créé le Bureau des Affaires internationales en 1978, qui représente et promeut les intérêts de la ville à l’étranger. Cela s’est parfois traduit par des actions indépendantes, comme lorsque New-York a signé l’Accord de Paris sur le climat en 2017, malgré le retrait des Etats-Unis de cet accord décidé par le gouvernement fédéral.

SECTION 2. DEFIS RENCONTRES PAR LES DIPLOMATES DANS L’EVOLUTION DE LEUR METIER

§1. La gestion de l’information à l’ère numérique

La diplomatie a toujours été un domaine où la gestion de l’information

joue un rôle crucial. Cependant, à l’ère numérique, les diplomates sont confrontés à de nouveaux défis en raison de la surcharge informationnelle, de la désinformation et de la lutte contre les fausses informations[92].

A.Surcharge informationnelle

La surcharge informationnelle est le défi majeur auquel les diplomates

sont confrontés à l’ère numérique. Avec l’accès facile à une quantité énorme d’informations provenant de diverses sources en ligne, il devient de plus en plus difficile pour les diplomates de filtrer et de traiter cette abondance d’informations de manière efficace. La capacité à trier et à hiérarchiser les informations devient essentielle pour identifier les sources fiables et pertinentes.

De plus, la surcharge informationnelle entraîne une fragmentation de

l’attention des diplomates, car ils doivent constamment jongler entre différentes sources d’informations. Cela peut nuire à leur capacité à absorber l’information de manière approfondie et à prendre des décisions éclairées. Les diplomates doivent donc développer des compétences de recherche avancées et de gestion rapide et efficace de l’information pour filtrer les informations essentielles à leur travail et éviter de se perdre dans le flux constant d’informations[93].

Des outils technologiques tels que les agrégateurs de contenu et les

algorithmes de recommandation peuvent être utilisés pour aider les diplomates à trier et à organiser les informations de manière plus efficace. Cependant, il est également important de ne pas se fier uniquement à ces outils et de conserver un esprit critique visà-vis des informations reçues.

B.Désinformation et lutte contre les fake-news

Avec la prolifération des réseaux sociaux et des plateformes en ligne, la

désinformation et les fake-news se propagent rapidement. Les diplomates doivent faire face à des campagnes sophistiquées de manipulation de l’information. Les acteurs malveillants tels que des Etats hostiles, des groupes terroristes, des individus ou des organisations peuvent diffuser intentionnellement de fausses informations, notamment en utilisant les deepfakes cherchant à semer la confusion, à propager de fausses informations ou à discréditer des diplomates ou des gouvernements. Ces manipulations peuvent être utilisées pour compromettre les négociations internationales, influencer l’opinion publique, perturber les relations diplomatiques ou même provoquer des tensions entre Etats. Les deepfakes peuvent être particulièrement dangereux lorsqu’ils sont utilisés dans des contextes sensibles comme les négociations de paix, les traités internationaux ou les crises diplomatiques. En effet, en utilisant cette technologie, il devient plus facile de créer des vidéos ou des enregistrements audio falsifiés qui peuvent être utilisés pour propager de fausses informations ou manipuler l’opinion publique sur une réalité réelle.

Les diplomates doivent donc être capables de repérer les sources de

désinformation et de vérifier les faits de manière rigoureuse avant de les utiliser dans leurs communications officielles ou de les partager avec d’autres acteurs diplomatiques. Pour ce faire, ils ont besoin d’une sensibilisation et d’une formation sur les risques liés aux deepfakes afin de prévenir les manipulations et de protéger la crédibilité des diplomates et des pratiques diplomatiques. De plus, une solide capacité d’analyse critique et une connaissance approfondie des contextes politiques, économiques et sociaux sont nécessaires.

La désinformation peut avoir un impact significatif sur la crédibilité des

diplomates et sur les relations diplomatiques. Il est donc crucial pour eux de développer des compétences en vérification de l’information et de mettre en place des mécanismes rigoureux pour confirmer l’authenticité des sources avant d’utiliser des informations dans leur travail diplomatique[94].

La coopération avec d’autres acteurs, tels que les médias, les organisations

de vérification des faits et les partenaires diplomatiques peut être un moyen efficace de lutter contre la désinformation. Les diplomates peuvent également jouer un rôle actif dans la diffusion de vérités factuelles en partageant des informations vérifiées et en contribuant à sensibiliser le public aux dangers de la désinformation.

§2. La protection des données et de la cybersécurité dans les relations internationales[95]

Dans l’ère numérique, les diplomates font face à de nombreux défis liés à

la protection des données et à la cybersécurité dans leurs relations internationales. Ces défis sont devenus d’autant plus préoccupants avec l’essor des NTIC et la mondialisation croissante des échanges.

A.La protection des données

Tout d’abord, la protection des données est une préoccupation majeure

pour les diplomates. Les diplomates sont généralement responsables de la gestion de vastes quantités d’informations sensibles échangées dans le cadre des relations internationales, telles que des rapports, des analyses, des correspondances confidentielles et des renseignements stratégiques sur les politiques étrangères, les négociations en cours, les relations bilatérales et multilatérales, ainsi que des détails personnels sur les citoyens et les ressortissants étrangers. Ces données peuvent être vulnérables à la sécurité nationale, aux atteintes à la vie privée des personnes concernées, aux fuites d’informations ou aux piratages de systèmes. Les cybercriminels et les acteurs étatiques malveillants peuvent chercher à accéder à ces données sensibles pour les exploiter à des fins politiques, économiques ou militaires.

Pour relever ce défi, les diplomates doivent donc mettre en place des

mesures de sécurité, telles que l’utilisation de chiffrement des communications, la gestion des accès et des autorisations, des politiques de protection des données solides et l’utilisation de réseaux privés virtuels (VPN) pour protéger les communications en ligne ces informations critiques.

B.La cybersécurité dans leurs relations internationales

En plus de la protection des données, la cybersécurité est également un

défi majeur pour les diplomates. Les cyberattaques sont devenues de plus en plus sophistiquées, et les institutions diplomatiques sont des cibles privilégiées pour les cybercriminels et les acteurs étatiques malveillants en raison de l’ampleur des informations confidentielles qu’elles gèrent et de leur rôle dans les relations internationales. Les cyberattaques peuvent prendre différentes formes, notamment les attaques par phishing, les attaques par déni de service distribué (DDoS), les logiciels malveillants et les attaques ciblées.

Pour faire face à ces menaces, les diplomates doivent prendre des mesures

robustes pour renforcer la sécurité de leurs réseaux et systèmes d’information, tels que l’utilisation de pare-feu, d’antivirus, des systèmes de détection d’intrusion, des solutions de prévention des logiciels malveillants et des politiques de gestion des accès et des identités pour contrôler l’accès aux informations sensibles. Ils doivent également sensibiliser leurs employés aux pratiques de cybersécurité, comme l’identification des attaques de phishing, la sécurisation des mots de passe et la mise en place de protocoles de gestion des incidents. Les diplomates doivent être formés pour reconnaître les signes d’une activité suspecte et savoir comment réagir en cas d’incident de sécurité.

§3. Les enjeux de la communication et de la gestion de l’image en ligne pour les diplomates

Dans un monde de plus en plus connecté et numérisé, les diplomates

doivent s’adapter aux nouvelles réalités de la communication et de la diffusion d’informations à travers les plateformes en ligne.

A.La communication en ligne

Les médias sociaux et les blogs diplomatiques jouent un rôle de plus en

plus important dans la communication diplomatique en permettant aux diplomates de se connecter directement avec le public plus large, les médias et les acteurs non-étatiques, et de promouvoir les politiques de leur pays. Cela peut favoriser la transparence, l’accessibilité et la participation du public dans les affaires diplomatiques.

Cependant, cette nouvelle forme de communication présente également

des défis importants. Les diplomates doivent être conscients de l’impact potentiel de leurs publications en ligne sur leur image et sur les relations diplomatiques. Une communication inappropriée, maladroite ou mal interprétée peut entraîner des tensions diplomatiques, des malentendus ou des réactions négatives du public. Ils doivent faire preuve de prudence en respectant les protocoles diplomatiques et en évitant de s’engager dans des débats ou des commentaires controversés. Il est essentiel de maintenir un équilibre entre la communication ouverte et transparente sur les politiques officielles tout en évitant de partager des informations sensibles ou de se laisser entraîner dans des discussions qui pourraient être préjudiciables aux relations internationales[96].

B.Gestion de la réputation en ligne

La réputation en ligne est cruciale pour les diplomates, car elle peut

influencer leur efficacité dans la conduite des affaires internationales. Internet permet la diffusion rapide et large d’informations, ce qui signifie que les erreurs de communication ou les mauvaises interprétations peuvent avoir des conséquences préjudiciables107.

C’est pour cela que les diplomates doivent être conscients de leur image

en ligne et travailler à la préserver en adoptant une stratégie de gestion de la réputation. Cela inclut la surveillance régulière des mentions en ligne, la réponse rapide et appropriée aux critiques ou aux informations inexactes, de même que la promotion d’une image professionnelle et positive. De plus, les diplomates doivent être prêts à faire face aux risques de désinformation et de manipulation en ligne. Les campagnes de désinformation peuvent nuire à la réputation et à la crédibilité des diplomates, ainsi qu’à celle de leur pays. Il est donc essentiel de développer des compétences en matière de vérification des faits, de lutte contre la désinformation et de gestion des crises pour contrer les tentatives de manipulation de l’opinion publique en ligne. Les diplomates doivent également être capables de distinguer entre les critiques légitimes et les attaques malveillantes, et de réagir en conséquence.

C.Contrôle de l’image publique

En plus de gérer leur réputation en ligne, les diplomates doivent également

contrôler leur image publique dans les médias traditionnels et en ligne. Lorsqu’ils sont en représentation officielle, les diplomates doivent être attentifs à leur langage, à leur comportement et à leur apparence, car ils sont considérés comme une extension de leur pays. Ils doivent s’assurer de projeter une image d’autorité, de crédibilité et de professionnalisme. Cela signifie également éviter les comportements inappropriés ou controversés qui pourraient nuire à l’image de leur pays[97].

Les diplomates doivent être attentifs à leur présence en ligne, à la manière

dont ils sont perçus et conscients de l’impact de leurs actions et de leurs paroles en ligne, car elles peuvent être interprétées et diffusées largement, ce qui a des implications pour les relations internationales. Cela nécessite une maîtrise des techniques de communication en ligne, une compréhension des normes culturelles et sociales des différents publics cibles, ainsi qu’une capacité à adapter leur message en fonction du contexte et de l’audience.

SECTION              3.        OPPORTUNITES OFFERTES             PAR   LA      DIPLOMATIE NUMERIQUE DANS LE METIER DE DIPLOMATE

§1. Nouveaux canaux de communication et de négociation, influence et la gestion de crise[98]

Les opportunités offertes par la diplomatie numérique dans le métier de

diplomate sont notamment :

A. Nouveaux canaux de communication et de négociation

La diplomatie numérique offre une multitude de nouvelles possibilités de

communication pour les diplomates. Les réseaux sociaux sont devenus des outils incontournables pour les diplomates. Ces outils tels que Facebook, Twitter, LinkedIn et Instagram ont révolutionné la manière dont les diplomates communiquent et négocient en offrant des plateformes pour interagir et dialoguer directement et instantanément avec un large public, y compris des citoyens ordinaires, des acteurs non-étatiques et des OI. Les diplomates peuvent désormais diffuser des messages diplomatiques et promouvoir les politiques de leur Etat à grande échelle, sans passer par les canaux traditionnels de communication diplomatique. Cela leur offre une opportunité unique de partager des informations, de promouvoir des idées, de renforcer leur image et de construire des relations avec un public plus large. Les avantages de ces canaux de communication incluent la rapidité, le coût réduit et la possibilité d’atteindre un public mondial.

De plus, les réseaux sociaux permettent aux diplomates d’engager un

dialogue direct avec les citoyens, de recueillir leurs préoccupations et leurs opinions, et de les prendre en compte dans leur travail diplomatique. Cette interaction directe avec la société civile renforce la légitimité et la transparence de l’action diplomatique, tout en permettant aux diplomates de mieux comprendre les attentes et les préoccupations des populations.

B. Plateformes de diplomatie en ligne

L’émergence des plateformes de diplomatie en ligne a créé de nouvelles

opportunités pour les diplomates de négocier et de résoudre les conflits. Ces plateformes fournissent des espaces virtuels où les acteurs diplomatiques peuvent se réunir pour mener des négociations, des consultations et des dialogues avec leurs homologues étrangers. Des exemples de telles plateformes incluent les forums en ligne, les salles de discussion et les conférences vidéo. Ces outils facilitent les dialogues réguliers rapides et efficaces, en économisant du temps et des ressources. Les diplomates peuvent collaborer en temps réel, élaborer des accords et prendre des décisions, même en étant géographiquement dispersés.

De plus, les plateformes en ligne permettent une collaboration

transfrontalière plus étroite entre les diplomates, facilitant ainsi la résolution de problèmes communs et la construction de partenariats. Les diplomates peuvent partager des informations, des expériences et des bonnes pratiques, renforçant ainsi la coopération internationale. Les plateformes de diplomatie en ligne contribuent donc à l’efficacité et à l’impact de l’action diplomatique.

C. Accès à l’information

La diplomatie numérique offre également aux diplomates un accès facile

et rapide à une grande quantité d’informations. Les diplomates peuvent utiliser les moteurs de recherche, les bases de données en ligne et les ressources académiques pour obtenir des informations sur des sujets spécifiques. Cela leur permet de rester informés sur les dernières tendances et développements politiques, économiques et sociaux dans leur pays hôte ainsi que dans le monde entier, d’approfondir leur compréhension des enjeux mondiaux et d’améliorer la qualité de leur analyse. L’accès à l’information est essentiel pour les diplomates, car ils doivent être bien informés pour prendre des décisions éclairées et formuler des politiques efficaces.

De plus, les diplomates peuvent utiliser les outils d’analyse de données et

de visualisation pour traiter et interpréter les données, ce qui facilite la prise de décisions éclairées. L’accès sans précèdent à l’information en temps réel permet également aux diplomates de réagir rapidement aux développements internationaux et de s’adapter aux changements de situation.

 

 

D. Influence et visibilité

La diplomatie numérique offre aux diplomates une plus grande visibilité

et influence. Les réseaux sociaux leur permettent de promouvoir les positions et les politiques de leur pays, de défendre leur point de vue dans les débats internationaux, de diffuser des informations, de donner des discours et de mobiliser un soutien pour leurs initiatives diplomatiques. Ils peuvent atteindre un public plus large et diversifié, y compris des acteurs non-étatiques et des citoyens ordinaires, qui peuvent jouer un rôle de plus en plus important dans les affaires internationales.

De plus, les diplomates peuvent utiliser les plateformes en ligne pour

accroître leur influence et leur visibilité personnelle et professionnelle, en établissant une présence en ligne professionnelle et en interagissant avec les médias, les experts et le public. Ils peuvent publier des articles, des blogs et des vidéos sur des sujets diplomatiques, participer à des webinaires et des conférences en ligne, et collaborer avec des experts et des chercheurs du monde entier. Cela renforce leur crédibilité et leur expertise, et leur permet de devenir des acteurs clés dans les débats internationaux.

E. Gestion de crise et diplomatie préventive

La diplomatie numérique offre de nouvelles opportunités pour la gestion

de crise et la diplomatie préventive. Les diplomates peuvent surveiller l’évolution des crises et des conflits à travers les médias sociaux et les autres sources en ligne, ce qui leur permet de détecter les signaux précoces de tensions et de prendre des mesures préventives. Ils peuvent également utiliser les réseaux sociaux pour diffuser des messages de paix, de dialogue et de résolution pacifique des conflits, et pour mobiliser un soutien international en faveur de la médiation et de la diplomatie.

De plus, les plateformes de diplomatie en ligne permettent aux diplomates

de mener des négociations confidentielles et discrètes, facilitant ainsi la résolution de crises et de conflits. Ils peuvent établir des canaux de communication sécurisés et confidentiels avec les parties prenantes et les médiateurs, et travailler ensemble pour trouver des solutions pacifiques.

§2. Diplomatie publique, suivi et analyse des tendances et des opinions

La diplomatie numérique offre de nombreuses opportunités pour les

diplomates, en particulier en termes de facilitation de la diplomatie publique et de la diffusion des messages diplomatiques grâce aux médias numériques. Voici une analyse approfondie des opportunités offertes par la diplomatie numérique dans le métier de diplomate :

 

A. Facilitation de la diplomatie publique

La diplomatie publique consiste à engager et à communiquer directement

avec le public étranger. Les médias sociaux et les plateformes numériques ont considérablement élargi la portée et l’influence de la diplomatie publique en permettant aux diplomates de communiquer directement avec le public international, de partager des informations sur leur Etat, sa culture, son histoire et ses politiques, et de promouvoir une compréhension mutuelle entre les Etats.

Les réseaux sociaux, les blogs et les sites web officiels sont autant de

canaux qui permettent aux diplomates de partager des informations, des analyses et des messages diplomatiques de manière transparente et accessible. Ils peuvent également interagir avec le public en répondant à des questions, en engageant des conversations et en clarifiant les positions de leur Etat sur des questions internationales clés. Cela favorise une meilleure compréhension des politiques et des actions diplomatiques, et contribue à renforcer la confiance et la crédibilité des diplomates et de leur Etat[99].

B. Facilitation de la diffusion des messages diplomatiques

Les médias numériques offrent une plateforme supplémentaire pour

diffuser des informations et des messages diplomatiques de manière plus directe et ciblée. Les diplomates peuvent utiliser les réseaux sociaux, les sites web officiels et les plateformes de visioconférence pour partager des discours, des déclarations officielles, des communiqués de presse et d’autres informations pertinentes. Cette diffusion directe permet de contourner les médias traditionnels et d’éviter les distorsions potentielles qui peuvent survenir lorsqu’une information passe par différentes étapes de filtrage. Les diplomates peuvent ainsi s’adresser directement au public, en garantissant une meilleure diffusion de leurs messages diplomatiques et en assurant que leurs points de vue soient communiqués de manière précise et fidèle.

En utilisant les réseaux sociaux, les diplomates peuvent également

répondre aux questions, donner des clarifications et corriger les informations erronées.

Cela renforce la transparence et permet d’établir une communication directe avec le public étranger. Les diplomaties peuvent également utiliser les médias numériques pour diffuser des vidéos, des infographies et d’autres supports visuels afin de rendre leurs messages plus attrayants et plus accessibles.

 

C. Suivi et analyse des tendances et des opinions

Les médias numériques offrent également aux diplomates un outil

précieux pour surveiller et analyser les tendances et les opinions dans d’autres pays. En surveillant les médias sociaux et les forums en ligne, les diplomates peuvent se tenir informés des débats publics, des préoccupations et des intérêts du public étranger.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 3. IMPACTS DE LA DIPLOMATIE NUMERIQUE SUR LE ROLE ET LES COMPETENCES DU METIER DE DIPLOMATE

SECTION 1.  REDEFINITION DES RESPONSABILITES ET ADAPTATION DES FONCTIONS TRADITIONNELLES

§1. Effets de la révolution numérique sur le métier de diplomate

L’avènement de la diplomatie numérique a entraîné d’importants

changements aux fonctions diplomatiques classiques, telles que définies dans l’article 3 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961. On peut même affirmer que ce métier perd en pertinence avec l’essor et l’utilisation des technologies numériques dans le domaine de la diplomatie. Par conséquent, il est donc crucial de trouver des solutions permettant une adaptation significative des fonctions diplomatiques afin de relever les défis et saisir les opportunités offertes par le monde numérique, tout en préservant la profession. Dans les lignes qui suivent, nous examinerons donc en détail ces profonds changements dans les fonctions diplomatiques classiques.

A.Représentation diplomatique

Dans l’ère de la diplomatie numérique, la fonction de représentation

diplomatique a connu une évolution significative. Grâce aux outils numériques, un Etat peut désormais entrer en contact avec le gouvernement et les citoyens d’un autre Etat de manière plus directe et instantanée.

L’une des principales évolutions est la transition d’une représentation

permanente à une représentation ad-hoc ou itinérante. Auparavant, il était nécessaire d’avoir une présence diplomatique physique dans un Etat étranger, ce qui impliquait des coûts importants en termes de personnel et de logistique. Cependant, avec les technologies numériques, il devient possible de se passer d’une représentation permanente physique. Cela permet de réduire considérablement les charges diplomatiques de l’Etat, tout en offrant de nouvelles opportunités.

La diplomatie numérique élargit également la participation des

diplomates. En effet, grâce à la visioconférence et d’autres outils de communication en ligne, un Etat peut réunir plus facilement des experts et des représentants diplomatiques pour des consultations, des négociations et la signature d’accords. Cela permet d’impliquer davantage de personnes qui, autrement, n’auraient peut-être pas pu participer en raison de contraintes de déplacement ou de limitations liées au nombre de membres d’une délégation diplomatique. Ainsi, la diplomatie numérique favorise une plus grande diversité et expertise dans les échanges diplomatiques.

En outre, l’utilisation des outils numériques facilite le contact entre les

différents acteurs diplomatiques. Les échanges d’informations, les consultations et les prises de décision peuvent être réalisés plus rapidement et efficacement. Cela permet de réduire les délais de réponse et d’accélérer le processus de conclusion des accords diplomatiques.

Cependant, il est également important de noter que l’émergence de la

diplomatie numérique remet en question certains aspects traditionnels de la diplomatie. Par exemple, les immunités diplomatiques et les protocoles diplomatiques peuvent devenir moins pertinents dans un contexte où les interactions se font principalement à travers les outils numériques. Il est donc nécessaire d’adapter les pratiques et les règles diplomatiques existantes afin de tenir compte de ces nouvelles réalités.

B.Protection des intérêts de l’État accréditant et de ses ressortissants

Dans le contexte de la diplomatie numérique, la fonction de protection des

intérêts de l’État et de ses ressortissants a également connu des changements significatifs. Les outils numériques permettent désormais une surveillance et une intervention plus rapides et efficaces pour assurer la sécurité et le bien-être des ressortissants de l’Etat dans un autre Etat.

Grâce à la diplomatie numérique, les ambassades et les consulats peuvent

utiliser les médias sociaux, les sites web officiels et d’autres canaux de communication en ligne pour diffuser des informations importantes aux ressortissants de l’Etat accréditant. Cela peut inclure des avertissements de sécurité, des conseils de voyage, des informations sur les événements locaux, etc. Les ressortissants peuvent également contacter les ambassades et les consulats grâce à des services en ligne tels que les formulaires de demande d’assistance consulaire.

De plus, les outils numériques permettent aux ambassades et aux consultas

de suivre de près la situation des ressortissants de l’Etat accréditant dans un Etat accréditaire. Les médias sociaux et les autres sources d’information en ligne peuvent fournir des indications précieuses sur les situations d’urgence, les conflits, les catastrophes naturelles, etc. Cela permet aux représentants diplomatiques d’intervenir rapidement pour assurer la sécurité et l’assistance des ressortissants en difficulté.

Cependant, l’avènement des technologies numériques a également

engendré de nouveaux défis dans le domaine de la diplomatie. A l’ère de la diplomatie numérique, les diplomates sont confrontés à une omniprésence des menaces en ligne telles que la cybercriminalité, la désinformation et les attaques contre les systèmes informatiques. La sécurité des données est devenue une préoccupation majeure dans ce contexte. Les diplomates doivent donc être conscients des vulnérabilités et des risques inhérents au numérique, et travailler activement à renforcer la résilience numérique de leur Etat.

C.Négociation avec l’État accréditaire

La diplomatie numérique a également entraîné une transformation de la

fonction de négociation, modifiant ainsi les pratiques diplomatiques. Les déplacements fréquents et nécessaires pour mener des négociations sont devenus moins essentiels grâce aux plateformes de visioconférence et aux canaux de communication numériques. Désormais, les diplomates peuvent mener des négociations à distance, échanger des documents et coordonner leurs positions avec leurs homologues en utilisant ces moyens de communication en ligne. Cette évolution a non seulement modifié le processus de négociation, mais a également ouvert de nouvelles opportunités pour une participation plus large et diversifiée des acteurs non-étatiques, tels que les ONG et les entreprises, dans les discussions diplomatiques.

De plus, les diplomates doivent se familiariser avec les protocoles et les

règles spécifiques aux négociations en ligne. La médiation en ligne est également de plus en plus utilisée pour résoudre les conflits, permettant aux diplomates de faciliter les discussions entre les parties prenantes sans être physiquement présents dans la même pièce.

D.Information sur les conditions et l’évolution des événements

L’ère de la diplomatie numérique a profondément affecté la fonction

d’information, parmi d’autres fonctions diplomatiques essentielles. Autrefois confidentielle, l’information diplomatique est désormais largement accessible grâce aux médias sociaux et à la diffusion en temps réel à la télévision. Les médias sociaux sont devenus un outil essentiel pour diffuser des messages diplomatiques, établir des contacts avec le public et faciliter les interactions avec les médias. Cela a entraîné une transformation de la manière dont les diplomates communiquent et partagent des informations. Les gouvernements et les ministères des Affaires étrangères peuvent utiliser les médias sociaux, les sites d’actualités en ligne et les outils d’analyse des données pour suivre les événements politiques, économiques, sociaux et numériques dans l’Etat hôte. Cela rend la fonction d’information pour les diplomates de l’ère de la diplomatie numérique moins cruciale, car l’Etat d’origine a directement accès aux informations que devrait communiquer son diplomate accrédité à l’étranger.

En effet, les médias sociaux et la télévision offrent une immédiateté dans

la diffusion de l’information en temps réel, ce qui réduit sensiblement le rôle du diplomate dans la transmission de ces nouvelles. Par exemple, lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2023 en Côte d’Ivoire, le choc entre l’entraîneur de l’équipe nationale marocaine et le capitaine de l’équipe congolaise, Chancel MBEMBA, a été diffusé instantanément à travers le monde. De même, lorsque les organisateurs de la CAN ont refusé de diffuser les images des congolais habillés en noir pour exprimer leur soutien aux populations de l’Est de la RDC, victimes de massacres et de déplacements forcés perpétrés par des groupes rebelles, et pour dénoncer le silence de la communauté internationale, cette réalité a également été largement diffusée. Dans ce contexte, on peut se demander quel serait le rôle du diplomate en termes d’information et ce qu’il pourrait encore apporter à son Etat d’origine concernant ces évènements diffusés en direct à la télévision.

Par ailleurs, bien que l’Etat d’origine puisse s’informer directement, il est

du devoir du diplomate de réaliser des analyses stratégiques et de transmettre à son gouvernement des propositions qui aideront à orienter les objectifs de la politique étranger. Cependant, avec l’abondance d’informations disponibles, les diplomates sont confrontés à de nouveaux défis dans la gestion de l’information. De plus, la nature instantanée des médias sociaux a également rendu les diplomates plus vulnérables aux fuites d’informations et aux erreurs de communication. Ainsi, un simple geste ou une action inappropriée d’un diplomate peut se propager rapidement et atteindre un public mondial en quelques secondes. Les diplomates doivent donc être conscients de l’impact potentiel de leurs actions et de la manière dont elles peuvent être perçues par le public.

E.Développement des relations amicales

La diplomatie numérique a également ouvert de nouvelles possibilités

pour développer des relations amicales avec d’autres Etats et acteurs internationaux. Cette fonction a rapidement évolué dans le contexte de la diplomatie numérique, devenant ainsi une diplomatie publique en ligne. Les diplomates utilisent activement les médias sociaux, les forums en ligne et les plateformes de collaboration pour établir des contacts, partager des idées, promouvoir l’image de leur Etat, diffuser des informations sur les politiques de leur Etat, organiser des événements en ligne et engager des conversations avec les différentes parties prenantes.

Cette ouverture vers le public renforce la dimension participative de la

diplomatie et permet une diplomatie plus transparente et interactive, favorisant un dialogue direct avec les citoyens et les acteurs non-étatiques, ainsi que la construction de relations amicales et de partenariats. Cela implique la création de contenu numérique, la gestion de la réputation en ligne et l’interaction avec les citoyens étrangers.

 

 

Figure : Représentation de l’environnement numérique et des changement induits par la       révolution numérique dans le métier de diplomate.

En analysant la figure ci-dessus et en en se basant sur les couleurs, nous

pouvons tirer l’interprétation suivante :

  1. Le « cercle de base », représenté sur la figure par le disque vert, symbolise l’ère (ou l’environnement) numérique qui a eu un impact sur l’ensemble des relations internationales et les pratiques diplomatiques.

 

  1. Les « disques périphériques » représentent les « fonctions diplomatiques classiques » telles que définies par l’article 3 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, à savoir : la représentation de l’Etat accréditant, la protection des intérêts de l’État accréditant et de ses ressortissants, la négociation avec l’Etat accréditaire, l’information sur les conditions et l’évolution des événements, ainsi que le développement des relations amicales. Les disques jaunes, au sein de ces disques périphériques, représentent ces « fonctions classiques » du métier de diplomate.

 

  1. Les disques bleus représentent l’adaptation et l’évolution des « fonctions diplomatiques » à l’ère de la diplomatie numérique, dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté. Les fonctions diplomatiques classiques, représentées en petite taille par la couleur jaune, sont progressivement englouties et ont presque disparu.
  2. Le disque rouge au centre de la figure représente la nature fondamentale du « métier de diplomate ». Sa couleur rouge et sa position centrale reflètent l’importance persistante du rôle des diplomates dans l’établissement et le maintien de relations internationales harmonieuses entre les nations, malgré les changements profonds engendrés par le numérique. Etant donné que les relations entre les Etats reposent sur des intérêts, les diplomates continueront à jouer un rôle central et essentiel sur la scène internationale, favorisant ainsi la paix, la stabilité et le développement.

 

  1. Les axes rouges représentent les opportunités, les défis et les enjeux découlant de la révolution numérique, qui nécessitent une adaptation et une exploitation par les diplomates (acteurs diplomatiques) dans un environnement numérique en perpétuelle mutation.

 

  1. L’anneau rouge qui relie les différentes fonctions diplomatiques représente l’indissociabilité, l’interdépendance et la complémentarité de ces fonctions. Malgré les profonds changements auxquelles elles sont confrontées, les fonctions diplomatiques prises séparément ne définissent pas un métier spécifique. C’est leur combinaison et la présence constante de ces cinq dimensions qui confèrent une spécificité totale au travail diplomatique.

§2. L’évolution des compétences et des qualités requises pour être un diplomate efficace dans ce nouvel environnement

L’évolution des compétences requises pour être diplomate a suivi les

transformations géopolitiques, économiques et sociales mondiales. Les attentes envers les diplomates ont évolué en fonction des nouvelles réalités internationales et des enjeux auxquels sont confrontés les États.

Tout d’abord, la communication interculturelle est devenue une

compétence essentielle pour les diplomates. Dans un monde de plus en plus interconnecté, les diplomates sont amenés à travailler avec des acteurs de différentes nationalités, cultures et langues. Comprendre et s’adapter à ces contextes culturels variés est non seulement important pour établir de bonnes relations, mais aussi pour éviter les malentendus et les frictions diplomatiques. Les diplomates doivent être capables de communiquer de manière efficace et respectueuse avec des personnes d’horizons divers[100].

Ensuite, le travail en équipe est devenu une compétence cruciale. Les

enjeux mondiaux sont complexes et exigent souvent une approche multilatérale. Il est devenu essentiel pour les diplomates de construire des coalitions et des partenariats avec d’autres États et acteurs internationaux pour atteindre des objectifs communs. Le travail en équipe suppose la capacité de collaborer avec d’autres diplomates, mais aussi de travailler avec des représentants d’OI, de la société civile et du secteur privé.

L’évolution des compétences en matière de négociation et de médiation

est également notable. Les diplomates sont souvent confrontés à des situations de conflit où il est nécessaire de trouver des solutions pacifiques et équilibrées. Les compétences en négociation sont donc essentielles pour parvenir à des accords acceptables pour toutes les parties. De plus en plus, on attend également des diplomates qu’ils soient capables de jouer un rôle de médiateur et de facilitateur des dialogues entre les parties en conflit.

Enfin, la dimension de la promotion dans le métier de diplomate a

considérablement changé. Avec l’avènement de la diplomatie numérique, la promotion occupe désormais une place centrale dans les responsabilités du diplomate. Il peut utiliser des stratégies pour évaluer les potentiels de son Etat en fonction des besoins et des attentes des autres Etats. Cette approche lui permet d’identifier les domaines d’investissement et de coopération internationale qui stimuleront la création d’emplois et apporteront divers avantages aux citoyens.

Le diplomate joue un rôle actif de promotion des opportunités

économiques, commerciales et d’investissement offertes par son Etat. Il peut participer à des salons et des expositions internationales, organiser des rencontres d’affaires et des missions commerciales, et établir des partenariats avec des entreprises étrangères. En outre, il utilise les outils de communication numérique pour mettre en valeur les atouts de son Etat et attirer l’attention des investisseurs étrangers.

Cependant, il est important pour le diplomate de trouver un équilibre entre

la promotion de son Etat et le respect des intérêts et des attentes des autres Etats. Une approche trop agressive ou centrée uniquement sur les avantages économiques peut être perçue comme un manque de respect ou une intrusion indésirable. Le diplomate doit donc être sensible aux cultures et aux contextes locaux, et adapter sa stratégie de marketing en conséquence.

§3. Rôle élargi de la diplomatie dans les relations internationales

La diplomatie numérique a élargi le rôle des diplomates en renforçant la

diplomatie multilatérale, en les impliquant davantage dans les enjeux mondiaux et en leur permettant de promouvoir le soft power et la culture diplomatique.

  1. A) Renforcement de la diplomatie multilatérale et des coalitions diplomatiques

La diplomatie numérique permet aux diplomates de communiquer et de

coordonner plus efficacement avec leurs homologues du monde entier. Les visioconférences, les plateformes de collaboration en ligne et les outils de messagerie instantanée facilitent la coopération et la prise de décisions collectives. Cela renforce la diplomatie multilatérale en encourageant la coopération entre les pays et en facilitant la résolution de problèmes mondiaux communs.Les diplomates peuvent désormais utiliser ces outils pour organiser des réunions virtuelles, partager des documents et discuter de questions d’intérêt commun. En faisant ainsi, ils renforcent les mécanismes multilatéraux existants, comme les OI, et créent de nouvelles coalitions diplomatiques centrées sur des enjeux spécifiques, tels que le changement climatique ou la cybersécurité. Cette approche multilatérale renforce la légitimité et l’efficacité de la diplomatie en permettant une plus grande participation et une représentation plus équilibrée des différentes voix dans les négociations internationales

B) Implication accrue dans les enjeux mondiaux

La diplomatie numérique a ouvert de nouvelles possibilités pour les

diplomates de suivre de près les développements mondiaux et d’analyser les tendances émergentes. Grâce à l’accès à une multitude de données et d’informations en ligne, les diplomates peuvent partager leurs points de vue sur des questions internationales et établir des relations directes avec les citoyens et les acteurs non étatiques. De plus, ils peuvent anticiper les défis futurs et formuler des politiques éclairées pour y faire face. En dialoguant avec un public plus large, les diplomates peuvent influencer les débats internationaux et promouvoir les positions de leur pays. Cela leur donne une plateforme plus large pour faire avancer les intérêts nationaux et participer à la résolution de problèmes mondiaux. Par exemple, les diplomates peuvent surveiller les médias sociaux pour détecter les signaux précoces de tensions politiques ou de crises humanitaires, leur permettant ainsi de prendre des mesures préventives ou d’intervenir rapidement pour résoudre les problèmes.

C)Promotion du soft power et de la culture diplomatique

La diplomatie numérique offre aux diplomates une plateforme pour

promouvoir le soft power de leur Etat et sa culture diplomatique. Grâce aux médias sociaux et aux plateformes numériques, ils peuvent diffuser des messages et des idées, renforcer l’image de leur pays à l’étranger et promouvoir sa culture, sa musique, son histoire, sa langue et ses valeurs. De plus, ils peuvent organiser des expositions virtuelles, des concerts en ligne et des projections de films afin mettre en valeur la richesse culturelle de leur Etat. Cela contribue à renforcer les liens culturels entre les Etats et à favoriser la compréhension mutuelle. La diplomatie numérique permet également aux diplomates d’organiser des événements virtuels tels que des conférences et des débats, offrant ainsi des opportunités de dialogue interculturel et de promotion de la diversité. Par exemple, de nombreux Etats ont créé des ambassades virtuelles et des programmes d’échanges culturels en ligne pour promouvoir leur patrimoine culturel et susciter l’intérêt pour leur Etat[101].

SECTION 2. IMPLICATIONS POUR LES INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES

§1. Adaptation des structures organisationnelles

A.L’importance de l’agilité et de la flexibilité dans les structures organisationnelles des institutions diplomatiques

Les institutions diplomatiques traditionnelles sont souvent caractérisées

par des structures hiérarchiques et des processus bureaucratiques qui peuvent être lents à s’adapter aux changements rapides du monde numérique. Pour rester pertinents et efficaces, ces institutions doivent être prêtes à adopter une approche plus agile et flexible.

Cela implique de repenser les processus de prise de décision, de simplifier

les procédures administratives et de favoriser une culture de l’innovation. Les diplomates doivent être encouragés à être plus réactifs et à explorer de nouvelles méthodes de travail qui intègrent les technologies numériques. L’agilité permet également de mieux répondre aux crises et aux situations d’urgence, en facilitant la communication et la coordination entre les diplomates et les acteurs internationaux.

a) S’adapter à l’ère du numérique

La diplomatie numérique exige une adaptation rapide aux nouvelles

technologies et aux modes de communication en ligne. Les diplomates doivent être en mesure de saisir les opportunités offertes par la diplomatie numérique, tout en faisant face aux défis qu’elle peut présenter. Cela nécessite une structure organisationnelle agile et flexible, capable de s’adapter aux changements technologiques rapides et à l’évolution des attentes des acteurs numériques.

b) Efficacité et rapidité de la prise de décision

La diplomatie numérique permet une prise de décision plus rapide et plus

efficace. Les diplomates peuvent consulter instantanément des informations pertinentes sur Internet, échanger des idées avec leurs homologues via des plateformes en ligne et prendre des décisions plus éclairées.

c) Engagement avec les citoyens

Les diplomates doivent désormais engager les citoyens et les acteurs non-

étatiques au niveau numérique. Cela nécessite d’adopter une approche plus transparente et inclusive, en utilisant les médias sociaux et les outils en ligne pour interagir avec le public et recueillir des informations, notamment dans les domaines de la diplomatie publique et de la diplomatie culturelle.

B.La nécessité de créer des départements spécialisés dans le domaine de la diplomatie numérique au sein des institutions diplomatiques

La diplomatie numérique est un domaine en évolution constante qui

nécessite des compétences et des connaissances spécialisées. Les institutions diplomatiques doivent donc créer des départements dédiés à la diplomatie numérique, dotés de ressources adéquates en termes de personnel qualifié et de technologies.

Ces départements peuvent se concentrer sur des domaines spécifiques tels

que la cybersécurité, la diplomatie publique en ligne, la gestion des données et la protection de la vie privée, la lutte contre la désinformation, ainsi que la promotion des relations internationales par le biais de la technologie. Ils peuvent également jouer un rôle clé dans le développement de stratégies numériques, la coordination des initiatives numériques au sein de l’institution et la représentation de l’institution dans les forums internationaux sur la diplomatie numérique.

La création de départements spécialisés garantit que les enjeux liés à la

diplomatie numérique sont pris en compte de manière transversale dans les politiques et les actions diplomatiques. Cela permet également de renforcer les compétences numériques des diplomates et de favoriser une approche coordonnée et cohérente de la diplomatie numérique.

a)Expertise technique

La diplomatie numérique exige une expertise technique et une

compréhension approfondie des TIC. Il est important de créer des départements spécialisés avec des diplomates formés dans les domaines de la technologie, de la cybersécurité et de la gestion des données. Ces experts seront en mesure d’élaborer des politiques et des stratégies numériques adaptées aux besoins de l’institution diplomatique.

b)Surveillance du paysage numérique

Les départements spécialisés dans la diplomatie numérique doivent être

responsables de la surveillance du paysage numérique et de l’identification des opportunités, des menaces et des tendances émergentes. Ils doivent être en mesure de suivre les développements technologiques, les stratégies en ligne des autres Etats et acteurs internationaux, ainsi que les évolutions de la perception et de l’utilisation des médias sociaux.

c)Promotion de l’image de l’Etat

Les départements spécialisés dans la diplomatie numérique doivent être

chargés de promouvoir l’image de l’Etat à travers les canaux numériques. Ils peuvent créer et gérer des comptes de médias sociaux officiels, développer du contenu numérique attrayant et gérer les relations en ligne avec les médias et les influenceurs. Ils doivent également être en mesure de mesurer l’impact et l’efficacité de ces activités de promotion en ligne.

d)Gestion des crises numériques

Les crises numériques, telles que les cyberattaques ou les campagnes de

désinformation, sont devenus une préoccupation majeure pour les institutions diplomatiques. Les départements spécialisés dans la diplomatie numérique doivent être prêts à faire face à ces situations en planifiant et en mettant en œuvre des mesures de prévention et de réponse appropriées. Ils doivent également collaborer avec d’autres services de sécurité et de renseignement pour faire face aux menaces numériques.

§2. Réflexion sur les défis et les opportunités pour les ministères des Affaires étrangères dans la mise en place de stratégies de diplomatie numérique

Les ministères des Affaires étrangères du monde entier sont confrontés à

de nombreux défis et opportunités dans la mise en place de stratégies de diplomatie numérique. Cette approche, qui consiste à utiliser les outils et les plateformes numériques pour promouvoir les intérêts nationaux et mener des actions diplomatiques, est devenue incontournable à l’ère de la mondialisation et de la digitalisation. Voici une réflexion approfondie sur les défis et les opportunités les plus importants.

  1. Défis

a.Compétences techniques

L’un des principaux défis de la mise en œuvre de la diplomatie numérique

réside dans le développement des compétences techniques au sein des ministères des Affaires étrangères. Les diplomates doivent être formés pour comprendre et utiliser efficacement les outils numériques tels que les réseaux sociaux, la visioconférence et les plateformes de communication en ligne. De plus, ils doivent être familiarisés avec les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle, l’analyse des données, la blockchain et la réalité virtuelle. Il est essentiel qu’ils puissent naviguer dans un paysage numérique en constante évolution tout en comprenant les enjeux liés à la vie privée, à la sécurité des données et aux nouvelles formes de communication en ligne. Tout cela nécessite des investissements considérables en termes de formation et de développement des compétences numériques.

b.Gestion de l’information

La gestion de l’information revêt une importance cruciale pour les

ministères des Affaires étrangères. Dans le cadre de la diplomatie numérique, il est nécessaire de traiter une quantité considérable d’informations de manière efficace. Les ministères des Affaires étrangères doivent être en mesure de collecter, d’analyser et de diffuser rapidement et efficacement des informations provenant de diverses sources telles que les médias sociaux, les blogs et les sites d’actualités. Cela requiert des compétences en veille stratégique, en analyse des données et en gestion de l’information afin de garantir l’exactitude et la fiabilité des informations transmises.

c.Protection des données et cybersécurité

Avec l’augmentation de l’utilisation d’outils numériques dans les activités

diplomatiques, la protection des données et la cybersécurité deviennent des préoccupations majeures. Les ministères des Affaires étrangères doivent mettre en place des politiques et des mesures de protection des données robustes pour garantir la confidentialité et l’intégrité des informations sensibles. Ils doivent également se protéger contre les cyberattaques potentielles et les tentatives de piratage. Cela implique la mise en œuvre de protocoles de sécurité avancés, la formation des diplomates à la cybersécurité et la collaboration avec d’autres Etats pour lutter contre les menaces cybernétiques transnationales[102].

d.Gestion de l’image et de la réputation

La gestion de l’image et de la réputation revêt une importance primordiale

dans le monde numérique. La diplomatie numérique permet une diffusion rapide d’informations positives, mais peut également amplifier les erreurs et les controverses. Les ministères des Affaires étrangères doivent être préparés à gérer leur image et leur réputation en ligne, en adoptant des mesures proactives pour contrer les informations erronées, les attaques en ligne et les campagnes de désinformation. Cela implique une surveillance constante des discussions en ligne, une réactivité rapide face aux problèmes et une communication claire et transparente avec le public. En outre, il est essentiel de renforcer les compétences en communication stratégique, en relations publiques et en gestion de crise, tout en ayant une compréhension approfondie des médias sociaux et de leur influence sur l’opinion publique.

e.Fracture numérique

La fracture numérique est un défi majeur dans la mise en place de

stratégies de diplomatie numérique. Dans de nombreux Etats, l’accès à Internet et aux technologies de l’information reste limité, ce qui peut créer des inégalités dans la participation et l’accès à l’information. Les ministères des Affaires étrangères doivent travailler avec d’autres acteurs, tels que les OI et les entreprises technologiques, pour promouvoir l’inclusion numérique et réduire l’écart entre les Etats développés et les Etats en développement[103].

  1. Opportunités

a)Rayonnement international et diplomatie publique

La diplomatie numérique ouvre de nouvelles opportunités aux ministères

des Affaires étrangères pour élargir leur influence et toucher un public mondial. Elle leur permet de communiquer directement avec les citoyens nationaux et étrangers, en contournant les médias traditionnels et les canaux diplomatiques classiques. Cela leur offre la possibilité de transmettre leur message sans filtre et d’établir un dialogue direct avec les citoyens du pays et les étrangers. De plus, ils peuvent utiliser les plateformes numériques pour diffuser des informations culturelles, éducatives et touristiques sur leur

Etat, afin de promouvoir leur image et d’attirer des visiteurs et des investisseurs étrangers. Cela favorise les échanges culturels, économiques et scientifiques avec d’autres Etats. Par exemple, ils peuvent utiliser les médias sociaux pour publier des déclarations officielles, répondre aux questions des citoyens étrangers et diffuser des informations en temps réel lors de crises ou d’événements internationaux.

Cette communication directe présente des avantages en termes de rapidité,

d’efficacité et de réactivité. Elle permet également aux ministères des Affaires étrangères de contourner les médias traditionnels qui pourraient être influencés par des biais ou des intérêts particuliers. Cependant, cela peut également poser des défis, car ils doivent être prêts à gérer les réactions et les commentaires négatifs, tout en maintenant une image positive en ligne.

 

 

b)Coopération internationale renforcée

La diplomatie numérique facilite la coopération internationale en rendant

les échanges entre les différents acteurs internationaux plus rapides et plus efficaces. Les ministères des Affaires étrangères peuvent utiliser les outils numériques pour établir des partenariats, coordonner leurs efforts et résoudre les problèmes mondiaux de manière collaborative. Les plateformes en ligne, les logiciels de collaboration et les outils de visualisation des données permettent de partager des informations, de mener des négociations et de coordonner des actions à l’échelle mondiale de manière plus efficace et efficiente. Les plateformes en ligne facilitent également les échanges d’informations, de connaissances, de bonnes pratiques et de ressources, favorisant ainsi la coopération, la résolution de problèmes communs, la promotion de la diplomatie multilatérale et le renforcement des institutions internationales.

Les diplomates peuvent utiliser les outils numériques pour organiser des

réunions virtuelles, partager des documents et des informations, ainsi que collaborer sur des projets internationaux. Cela réduit les barrières géographiques et temporelles, permettant une collaboration plus rapide et plus efficace. Par exemple, les ministères des Affaires étrangères peuvent travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme, résoudre des conflits régionaux ou promouvoir le commerce international.

En renforçant la collaboration internationale, la diplomatie numérique

contribue également à la stabilité, à la sécurité et à la prospérité mondiales. Elle favorise la compréhension mutuelle entre les Etats et encourage la résolution pacifique des conflits.

c)Participation citoyenne accrue

La diplomatie numérique favorise une participation citoyenne accrue en

permettant aux individus de s’engager activement dans le processus diplomatique. Les ministères des Affaires étrangères peuvent utiliser les médias sociaux et les plateformes de participation en ligne pour recueillir des idées, des opinions et des suggestions du public, renforçant ainsi la légitimité et la transparence de leurs actions.

Les citoyens peuvent contribuer à la politique étrangère en partageant leurs

expériences, leurs connaissances et leurs perspectives sur des questions internationales. Les ministères des Affaires étrangères peuvent également organiser des consultations en ligne, des sondages et des débats pour impliquer activement les citoyens dans le processus de prise de décision. Cela permet de mieux comprendre les besoins et les préoccupations de la population et de prendre des décisions plus éclairées et plus inclusives.

Cependant, il est important de noter que la participation citoyenne accrue

peut également présenter des défis tels que la gestion des informations sensibles et la garantie de la représentativité des opinions recueillies en ligne.

d)Veille et analyse

La diplomatie numérique offre aux ministères des Affaires étrangères

l’opportunité de surveiller et d’analyser les discussions en ligne, les tendances et les opinions publiques. Cela permet de mieux comprendre les préoccupations et les attentes du public, d’anticiper les crises potentielles et de façonner des politiques étrangères plus efficaces. Les outils d’analyse des médias sociaux permettent également de mesurer l’impact des actions diplomatiques et d’évaluer la perception du pays à l’étranger.

e)Diplomatie culturelle

La diplomatie numérique offre aux ministères des Affaires étrangères de

nouvelles opportunités de promouvoir la diversité culturelle et de renforcer les relations interculturelles. Les plateformes en ligne permettent de partager des contenus culturels, artistiques et éducatifs, d’organiser des événements virtuels et de favoriser les échanges entre les artistes, les éducateurs et les experts. Cela renforce les liens culturels entre les pays et contribue au dialogue interculturel.

§3. Collaboration entre institutions diplomatiques et acteurs non-étatiques

La collaboration entre les institutions diplomatiques et les acteurs non-

étatiques est fondamentale dans la diplomatie actuelle. L’évolution des affaires internationales et l’ampleur des défis mondiaux nécessitent une approche plus inclusive et collaborative.

Tout d’abord, les acteurs non-étatiques tels que les OI, les ONG et les

entreprises sont souvent dotés d’une expertise spécialisée et d’une connaissance approfondie des problèmes mondiaux. Ils travaillent depuis longtemps sur des questions telles que les Droits de l’Homme, l’environnement, la santé et l’éducation, et ont développé une compréhension approfondie des implications et des dimensions de ces problématiques. Leurs expériences et connaissances peuvent grandement bénéficier aux institutions diplomatiques qui cherchent à résoudre ces problèmes lors de négociations internationales. Les acteurs non-étatiques peuvent apporter une perspective unique et fournir des conseils précieux pour élaborer des politiques et prendre des décisions éclairées.

De plus, ces acteurs non-étatiques jouent souvent un rôle essentiel dans la

mise en œuvre des accords internationaux. Les institutions diplomatiques peuvent conclure des accords et négocier des traités, mais elles peuvent manquer de ressources et de capacités pour les mettre en pratique. Les OI, les ONG et les entreprises ont souvent une expérience pratique sur le terrain et peuvent apporter une expertise opérationnelle pour traduire les engagements internationaux en actions concrètes. Par exemple, dans le domaine de l’environnement, de nombreuses ONG et entreprises se sont engagées à réduire leurs émissions de CO2 ou à promouvoir les énergies renouvelables, contribuant ainsi à la mise en œuvre des objectifs fixés par l’Accord de Paris sur le climat[104].

En outre, les problèmes mondiaux sont souvent transversaux et nécessitent

une approche multidisciplinaire. Ils ne peuvent être résolus uniquement par les gouvernements et les institutions diplomatiques. Les acteurs non-étatiques, avec leurs différentes perspectives et expertises, peuvent contribuer à la recherche de solutions innovantes et complémentaires. Par exemple, lors de la lutte contre les pandémies, les experts de la santé des OI, les ONG engagées dans les soins médicaux et la recherche pharmaceutique, ainsi que les entreprises impliquées dans la production de vaccins peuvent tous jouer un rôle crucial dans la réponse efficace à une crise de santé mondiale[105].

La collaboration entre les institutions diplomatiques et les acteurs non-

étatiques peut également renforcer la légitimité et la représentativité des décisions prises. En incluant une diversité d’acteurs dans les processus de décision, les résultats peuvent refléter les préoccupations et les intérêts d’un éventail plus large de parties prenantes. Cela contribue à accroître la confiance et l’engagement des différentes parties, et facilite l’adoption de politiques et d’accords plus efficaces.

Cependant, il est important de reconnaître que la collaboration entre les

institutions diplomatiques et les acteurs non-étatiques peut également présenter des défis. Il peut parfois être difficile de coordonner efficacement les efforts et les intérêts de différents acteurs, et de s’assurer que toutes les parties prenantes sont effectivement représentées. De plus, certains acteurs non-étatiques peuvent avoir des intérêts particuliers ou être influencés par des agendas politiques ou financiers, ce qui peut affecter la prise de décision.

Malgré ces défis, la collaboration entre les institutions diplomatiques et les

acteurs non-étatiques est essentielle pour faire face aux défis mondiaux complexes d’aujourd’hui. En travaillant main dans la main, ils peuvent compléter et renforcer les efforts mutuels, et ainsi contribuer à une diplomatie plus inclusive, efficace et durable.

Cette collaboration peut se concrétiser de plusieurs manières. Tout

d’abord, les institutions diplomatiques peuvent créer des mécanismes formels pour dialoguer et coopérer avec les acteurs non-étatiques. Cela peut se faire à travers des réunions régulières, des consultations formelles, des partenariats et des forums de discussion. Les institutions diplomatiques peuvent également inclure les acteurs nonétatiques dans les délégations lors de négociations internationales importantes, ce qui leur permettrait de contribuer directement aux discussions et aux décisions.

En outre, les gouvernements peuvent faciliter la participation des acteurs

non-étatiques en fournissant un soutien financier, technique et logistique. Cela peut inclure des subventions, des ressources matérielles, une assistance technique et un accès aux informations nécessaires pour leur permettre de contribuer efficacement aux processus diplomatiques. Les gouvernements peuvent également promouvoir la transparence et l’inclusion en rendant les processus décisionnels plus accessibles et en facilitant la participation de la société civile dans les débats et les consultations.

Les acteurs non-étatiques peuvent également jouer un rôle actif en

renforçant leurs relations avec les institutions diplomatiques. Ils peuvent s’organiser en réseaux, en coalitions et en alliances pour partager des informations, coordonner leurs efforts et faire pression en faveur de politiques communes. Ils peuvent également fournir des analyses, des recherches et des recommandations aux institutions diplomatiques pour les aider dans leur prise de décision.

En fin de compte, une collaboration solide entre les institutions

diplomatiques et les acteurs non-étatiques peut permettre une meilleure prise en compte des préoccupations et des intérêts de toutes les parties en jeu. Elle peut également contribuer à la mise en œuvre efficace des politiques et des accords internationaux, et favoriser un sentiment de propriété et de responsabilité partagées dans la résolution des problèmes mondiaux.

SECTION 3. PERSPECTIVES DU METIER DE DIPLOMATE

§1. Rôle incontournable du diplomate sur le terrain et au-delà des frontières nationales

Comme nous ne cessons de répéter, le métier de diplomate a connu une

évolution significative pour s’adapter au monde en constante évolution. Autrefois associé à une figure aristocratique, la diplomatie actuelle se caractérise par son ouverture à la société et sa capacité d’écoute.

Dans son livre « Guerilla Diplomacy », Daryl COPELAND dépeint le

diplomate sur le terrain, qui privilégie l’interaction avec la population de l’Etat où il se trouve plutôt que les rencontres en ambassade ou dans des clubs sélects. Selon COPELAND, les rencontres diplomatiques se déroulent désormais dans des lieux publics, imprégnés d’une hybridation culturelle. Que ce soit dans un marché local, sur la blogosphère, dans les rues animées d’une ville ou même dans des zones de conflit, ces lieux sont devenus des espaces privilégiés pour les échanges diplomatiques[106]. Cette approche repose sur une véritable immersion culturelle et un contact direct avec la réalité du terrain.

Cette conception avancée par COPELAND nous offre un aperçu du rôle

du diplomate à l’ère de la diplomatie numérique. Il est important de souligner que le numérique représente plus une menace qu’une opportunité pour la profession diplomatique, car ses impacts limitent les pratiques classiques. Le diplomate doit maintenant être un homme de terrain, en contact direct avec les citoyens nationaux et étrangers, plutôt qu’être un bureaucrate. Comme nous l’avons souligné précédemment, les fonctions diplomatiques classiques perdent de leur importance avec l’utilisation des outils de communications numériques en diplomatie. Cela nous amène à penser que la profession diplomatique pourrait disparaitre si des solutions ne sont pas trouvées. Par conséquent, pour préserver cette profession, il est essentiel que les diplomates embrassent et s’adaptent à de nouvelles responsabilités.

Tout d’abord, la promotion, qui n’était pas auparavant une fonction

principale du diplomate, est devenue essentielle avec l’avènement de la diplomatie numérique. Les avancées technologiques ont ouvert de nouvelles opportunités pour la diplomatie, permettant aux diplomates de promouvoir plus efficacement et à une plus grande échelle les potentialités de leur Etat. La diplomatie numérique offre également la possibilité de construire des ponts entre les nations, de faciliter les échanges et de promouvoir la compréhension mutuelle.

Dans ce contexte, l’Etat dévient une marque. Tout comme pour une

marque commerciale, à l’ère de la diplomatie numérique, les Etats doivent adopter le « Nation branding » (marketing national), qui consiste à façonner stratégiquement l’image de marque et la réputation d’un Etat sur la scène internationale. Les diplomates de l’ère de la diplomatie numérique doivent désormais chercher à promouvoir l’image, la réputation et les valeurs de leur Etat auprès d’un public international, en utilisant des stratégies de communication et de marketing pour créer une image positive et attrayante.

Il s’agit de mettre en valeur les atouts économiques, culturels et touristiques de l’Etat afin de le positionner comme un acteur attractif et compétitif sur la scène internationale. Cette approche peut attirer les investissements, stimuler le tourisme et favoriser le développement économique. On parle alors d’image de marque Pays/nationale, également appelée marketing national ou marketing pays qui s’articule en trois étapes distinctes : (1) définir, (2) communiquer et (3) gérer et évaluer la réputation de l’Etat.

En promouvant des aspects spécifiques et perçus comme positifs de la

production nationale, des traditions et de l’histoire, le Nation branding permet de créer une image homogène, cohérente et solide d’un Etat. Si ces efforts sont dispersés, l’image nationale peut apparaître confuse et produire des effets contraires à ceux escomptés. Cependant, une stratégie coordonnée peut permettre de promouvoir positivement l’image de l’Etat. C’est pourquoi de plus en plus des Etats recrutent des consultants pour définir une stratégie visant à avoir une image cohérente à l’international et à occuper une place qui, bien que basée sur des caractéristiques culturelles ou commerciales, leur donne une voix dans la politique mondiale[107][108]. Ainsi, si les diplomates adoptent le Nation branding, ils pourront affirmer leur importance dans l’ère de la diplomatie numérique.

Cependant, il convient de souligner que la figure classique du diplomate

n’a pas complétement disparu, mais elle s’est estompée. Cette évolution peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment les processus de recrutement et de promotion qui mettent désormais l’accent sur l’adaptabilité. Les diplomates sont de plus en plus appelés à traiter des questions commerciales, consulaires et de développement tout au long de leur carrière, ce qui exige une polyvalence accrue. Parallèlement, ils bénéficient également d’une plus grande autonomie dans leur travail. Par conséquent, la perception du métier a évolué au fil de sa professionnalisation. L’image du diplomate mondain et oisif est désormais incompatible avec cette nouvelle approche axée sur le travail de terrain et l’engagement concret[109].

§2. Adaptation des formations et des compétences diplomatiques aux nouvelles réalités

La nécessité d’adapter les formations et les compétences diplomatiques

aux nouvelles réalités internationales est cruciale dans un monde en constante évolution. Les diplomaties doivent être en mesure d’anticiper les évolutions et de s’adapter rapidement aux changements pour rester efficaces et pertinents dans leur travail.

En effet, les nouvelles technologies et l’importance croissante des médias

sociaux et de la diplomatie numérique ont transformé radicalement la manière dont les informations circulent et les relations sont entretenues. Les formations diplomatiques doivent donc intégrer des compétences numériques et médiatiques afin d’enseigner aux diplomates comment utiliser ces outils pour promouvoir leurs intérêts, communiquer efficacement avec les autres acteurs internationaux et défendre leurs positions dans un environnement en ligne.

En outre, les enjeux mondiaux ont évolué et se sont complexifiés,

notamment en ce qui concerne les questions environnementales, les migrations, le terrorisme, la cybersécurité, etc. Les diplomates doivent donc avoir une compréhension approfondie de ces enjeux et être en mesure de s’adapter rapidement aux changements pour élaborer des politiques et des stratégies appropriées. Les formations diplomatiques doivent donc inclure des connaissances actualisées sur ces problématiques et encourager le développement de compétences d’analyse et de résolution de problèmes.

Par ailleurs, la diplomatie multilatérale est devenue de plus en plus

importante dans la résolution des problèmes mondiaux. Les diplomaties doivent être capables de travailler efficacement en collaboration avec d’autres Etats, OI et acteurs non-étatiques. Les formations diplomatiques doivent donc encourager le développement de compétences de négociation, de diplomatie multilatérale et de travail d’équipe, afin de permettre aux diplomates de coopérer de manière efficace et productive pour parvenir à des solutions mutuellement acceptables.

Enfin, la nécessité d’adaptation des formations diplomatiques aux

nouvelles réalités s’étend également à la promotion de la diversité et de l’inclusion. Les diplomaties doivent refléter la diversité de la société dans laquelle elles opèrent et être en mesure de comprendre les différents contextes culturels et sociétaux. Les formations diplomatiques doivent donc inclure des modules sur la sensibilisation interculturelle, la communication interculturelle et la gestion de la diversité, afin de permettre aux diplomates de s’adapter aux différentes réalités et de promouvoir une diplomatie inclusive et respectueuse.

§3. Importance des compétences humaines dans un monde de plus en plus connecté

Dans un monde de plus en plus connecté, où les informations circulent

rapidement et où les réseaux sociaux sont devenus des plateformes incontournables pour la pratique de la diplomatie, il est facile de penser que les compétences techniques et digitales sont les seules compétences nécessaires pour être un diplomate efficace. Cependant, les compétences humaines continuent d’être essentielles pour le succès d’un diplomate.

Tout d’abord, la diplomatie demeure avant tout une affaire de personnes

et de relations interpersonnelles. Les diplomates doivent être capables de comprendre les cultures, les motivations, les valeurs et les intérêts des autres Etats et acteurs internationaux. Cette capacité est essentielle pour établir des relations de confiance et de coopération. Les compétences en communication interculturelle, la capacité d’écoute active et l’empathie sont donc des atouts précieux pour un diplomate.

En outre, la diplomatie implique souvent la négociation et la résolution

des conflits. Les compétences de négociation, de persuasion et de médiation sont nécessaires pour parvenir à des solutions mutuellement acceptables. Ces compétences requièrent un haut degré d’intelligence émotionnelle, qui comprend la gestion des émotions, la capacité à comprendre et à gérer les émotions des autres, ainsi que la capacité à maintenir la rationalité et la confiance pendant les négociations.

Dans un monde de désinformation et de fake-news, la capacité à analyser

et à évaluer les informations est cruciale pour un diplomate. Alors que les outils numériques permettent un accès rapide à une quantité énorme d’informations, il est important de savoir discerner les faits des opinions, les sources fiables des sources douteuses. La pensée critique, la capacité à évaluer la crédibilité des informations et à rechercher des sources fiables sont des compétences indispensables dans ce contexte.

Enfin, la diplomatie numérique a également rendu les diplomaties plus

exposées aux attaques cybernétiques et aux atteintes à la vie privée. Les diplomates doivent donc avoir une bonne compréhension de la sécurité numérique afin de protéger leurs communications, leurs données et celles de leur Etat. La connaissance des protocoles de sécurité, la sensibilisation aux risques et la capacité à prendre des mesures préventives sont des compétences essentielles pour un diplomate dans ce contexte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CONCLUSION

Nous sommes ravis de conclure notre travail approfondi, mené avec

rigueur et passion, pour comprendre l’influence et la redéfinition du rôle et des compétences des diplomates dans un contexte de digitalisation croissante des relations internationales. Nous proposons également des solutions pour maintenir la pertinence du métier de diplomate dans l’ère de la diplomatie numérique.

L’impact des technologies numériques sur le métier de diplomate a été le

point de départ de notre réflexion. Ces dernières années, le numérique est devenu le principal instrument utilisé par les diplomates et les acteurs internationaux dans le domaine de la diplomatie. Les outils et les pratiques diplomatiques classiques, tels que les rencontres en personne, les parchemins, les fax et les télégrammes, ainsi que les fonctions diplomatiques définies par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, ont été profondément modifiés par l’ère numérique.

Nous sommes partis du principe que l’essor des technologies numériques

a profondément modifié la manière dont les diplomates interagissent, communiquent et négocient avec leurs homologues et les autres acteurs internationaux. Cette évolution a créé à la fois des défis et de nouvelles opportunités pour ces acteurs.

Parmi les principaux défis liés à cette évolution vers l’utilisation croissante

des technologies numériques dans les pratiques diplomatiques, on trouve la nécessité de garantir la sécurité des communications et des données, la protection de la vie privée, la gestion des fake-news, des deepfakes et de la désinformation, ainsi que la lutte contre la cybercriminalité. Les diplomates doivent également être conscients des risques associés à une dépendance excessive aux outils numériques et à la fragmentation des canaux de communication[110].

En ce qui concerne les opportunités, cette évolution offre aux diplomates

la possibilité d’atteindre un public plus large et diversifié, de faciliter la coopération internationale et le partage d’informations, ainsi que d’améliorer l’efficacité et la rapidité des échanges. Les technologies numériques peuvent également faciliter la résolution des conflits, la diplomatie préventive et la promotion des Droits de l’Homme à travers le monde121.

Pour mener notre étude de manière optimale, nous avons utilisé les

méthodes historique et fonctionnelle, en nous appuyant sur des techniques telles que l’observation documentaire et l’observation directe. La méthode historique consistait à collecter des données historiques sur la diplomatie numérique et l’évolution du métier de diplomate au fil du temps, tandis que la recherche fonctionnelle nous a permis d’analyser les fonctions et les rôles actuels des diplomates à l’ère de la diplomatie numérique. Par ailleurs, la technique documentaire impliquait la consultation d’une variété de sources, telles que des articles de recherche, des rapports et des ouvrages, tandis que l’observation directe nous a permis de recueillir des données du monde réel en observant des actions et rencontres diplomatiques dans le système international.

L’opérationnalisation de ces méthodes et techniques de recherche a nécessité une planification minutieuse, la collecte et l’analyse des données, ainsi que l’interprétation des résultats obtenus.

Ainsi, notre étude a révélé que, les avancées technologiques continuent de

transformer le paysage de la diplomatie, impactant significativement les fonctions diplomatiques et conduisant à la disparition de certaines d’entre elles. Les réseaux sociaux, les courriels et les plateformes de visioconférence ont désormais remplacé les outils traditionnels comme les parchemins, les fax et les télégrammes.

Les médias sociaux et la télévision diffusant en temps réel les événements

ont rendu l’information diplomatique plus accessible et moins secrète, brouillant les frontières entre les politiques étrangère et intérieure. La diplomatie publique en ligne prend de plus en plus d’importance, permettant aux Etats de communiquer et dialoguer directement avec un large éventail d’acteurs internationaux, officiels et non officiels, sans passer nécessairement par les diplomates, favorisant ainsi une meilleure compréhension des différentes parties prenantes tout en promouvant leurs intérêts de manière transparente.

Dans l’ère de la diplomatie numérique, les distinctions entre les

représentations permanentes et ad-hoc s’estompent, laissant place à des représentations ad-hoc ou itinérantes. Les plateformes de visioconférence et les canaux de communication numériques ont réduit la nécessité d’avoir une représentation permanente, permettant aux Etats ou aux OI de réduire leurs charges en utilisant des diplomates ad-hoc ou itinérants pour des missions spécifiques. Les technologies numériques ont également diminué la nécessité de déplacements fréquents pour les négociations, facilitant la négociation à distance, l’échange de documents et la coordination des positions en ligne. Cette évolution a non seulement transformé le processus de négociation, mais a également favorisé une participation plus large et diversifiée des acteurs, y compris des acteurs non-étatiques, aux discussions diplomatiques. Les Etats peuvent désormais réunir plus facilement des experts pour des négociations en ligne, sans avoir à organiser des déplacements physiques avec le même nombre de participants en ligne pour mener des négociations en présentiel.

Dans ce contexte, il est observé que le métier de diplomate est en péril. Les gouvernements peuvent désormais communiquer directement avec d’autres gouvernements sans forcément passer par leur accréditaire dans l’Etat hôte, ce qui rend obsolètes les fonctions diplomatiques classiques et en crée de nouvelles dans l’ère numérique. Il est crucial de revoir le rôle, les fonctions et les responsabilités des diplomates pour les adapter aux nouvelles réalités internationales.

Pour sauvegarder le métier de diplomate, il est devenu essentiel de

considérer la promotion comme une fonction diplomatique majeure dans l’ère de la diplomatie numérique. Les progrès technologiques offrent de nombreuses opportunités pour promouvoir de manière plus efficace et à grande échelle les atouts d’un Etat. Les diplomates doivent désormais se tourner vers le « Nation branding », une pratique visant à façonner l’image et la réputation d’un Etat sur la scène internationale, de la même manière qu’une entreprise commercialise sa marque. Cela implique de mettre en avant les aspects positifs de l’Etat tels que sa culture, son histoire, son économie, son tourisme, ses valeurs et ses institutions pour attirer l’investissement, le tourisme et améliorer sa réputation globale. L’objectif est de renforcer l’identité nationale et de susciter un intérêt positif envers l’Etat à l’échelle mondiale.

De plus, il est impératif d’adapter les formations des diplomates et les

compétences traditionnelles aux nouvelles réalités internationales. Ces formations doivent inclure des notions de compétences numériques et médiatiques, une compréhension des enjeux mondiaux et la capacité de s’adapter promptement aux évolutions actuelles dans le monde.

En dépit des changements induits par le numérique dans le domaine de la

diplomatie, il est crucial de souligner que celle-ci demeure avant tout une question de relations interpersonnelles et de confiance mutuelle. Ainsi, les compétences traditionnelles et humaines des diplomates, telles que la capacité de négociation, la maîtrise des langues étrangères, la connaissance des cultures étrangères, l’empathie et la créativité, conservent leur importance primordiale et continueront de jouer un rôle central dans la pratique diplomatique.

L’évolution du rôle du diplomate est indéniable, mais cela ne signifie en

aucun cas qu’il est obsolète. Au contraire, dans un contexte de relations internationales en perpétuelle évolution et de montée en puissance de la diplomatie multilatérale, l’analyse experte et la stratégie acquises au fil du temps et grâce à une formation spécialisée sont plus indispensables que jamais.

Contrairement aux agences de presse ou aux médias qui diffusent

instantanément des informations brutes à l’échelle mondiale, le diplomate a la capacité d’apporter un éclairage unique en replaçant ces données dans leur contexte et en offrant l’interprétation du gouvernement de l’Etat où il est en poste. En effet, il est difficile de connaître réellement l’influence d’un interlocuteur au sein de son gouvernement ou les contraintes politiques auxquelles il fait face au parlement. C’est là que l’expertise du diplomate entre en jeu, en utilisant sa connaissance approfondie de la situation politique, sociale, économique et culturelle de son Etat d’accueil pour servir les intérêts de son Etat d’origine.

Cette expertise ne s’acquiert pas en regardant les informations à la

télévision, en échangeant des e-mails avec des collègues éloignés ou en multipliant les déplacements rapides. Comme l’a souligné Louise Fréchette, ancienne Vice-secrétaire générale de l’ONU, « comprendre le fonctionnement d’un Etat et savoir mettre à profit cette compréhension dans l’intérêt de son pays résulte d’un engagement professionnel pour la discipline des relations internationales. Cet esprit d’ouverture s’accompagne de la volonté d’aller passer plusieurs années de sa vie active loin de chez soi, à découvrir les us et coutumes de sociétés étrangères. Les diplomates ne sauraient rivaliser avec les experts dans les domaines techniques, mais ils sont sans pareil pour définir une stratégie et identifier les tactiques à suivre dans la poursuite des objectifs de leur pays[111] ». La diplomatie ne s’apprend pas en un jour[112].

L’avenir du métier de diplomate réside donc dans une combinaison

équilibrée de compétences technologiques et d’aptitudes interpersonnelles. Les diplomates doivent être en mesure de travailler efficacement avec les acteurs internationaux en utilisant les nouvelles technologies tout en cultivant leurs compétences humaines. Ainsi, ils pourront relever les défis de la diplomatie numérique et maintenir la pertinence de leur métier dans un monde en constante évolution.

 

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

  1. Documents officiels

 

  1. Code du numérique de la RDC.
  2. Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel de 2014.
  3. Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.
  4. Convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires.
  5. Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités.
  6. Mémorandum d’Entente (MoU) entre l’ONU et l’UA sur la coopération dans les domaines de la paix et de la sécurité, signé en 2010.
  7. Rapport d’activité 2020 de l’ARCEP-Tome 3 : l’état d’internet en France, 2020.
  8. Rapport du 4ème trimestre 2020 de l’ARPTC.
  9. Résolution de l’Union Africaine AUC/Ex.CI/584 (XVII) du 30 janvier 2012 intitulé

« Promotion de l’accès universel à l’Internet en Afrique à l’ère du numérique ».

 

  1. Ouvrages

 

  1. BAKHOUNINE, S., Histoire de la diplomatie, Paris, éd. Politique, économique et sociales, Librairie de Médécis, 1953.
  2. BELY, L., L’art de la paix en Europe : Naissance de la diplomatie moderne XVIème et XVIIIème siècles, Paris, éd. PUF, 2007.
  3. BRUNO, A., Les méthodes des sciences sociales, Paris, éd. Montchrestien, 1979.
  4. CHAMBON, A., Mais que font donc ces diplomates entre deux cocktails ?, Paris, éd. Pedone, 1983.
  5. DE BEAUPOIL COMTE DE SAINT-AULAIRE, A.-F., Confession d’un vieux diplomate, Paris, éd. Flammarion, 1953.
  6. DELCORDE, R., Le métier de diplomate, Bruxelles, éd. Académie Royale, 2018.
  7. DELCORDE, R., Manuel de la négociation diplomatique internationale, Bruxelles, éd. Bruylant, 2023.
  8. DELNOY, P., Eléments de Méthodologie juridique. 1. Méthodologie de l’interprétation juridique 2. Méthodologie de l’application du droit, Bruxelles, 2ème éd. De Boeck & Larcier s.a., 2006.
  9. DREYFUS, S., droit des relations internationales, Paris, 4ème éd. CUJAS, 1999.
  10. FLETCHER, T., The Naked Diplomacy, Londres, éd. HarperCollins, 2016.
  11. J.W., Méthode de recherche en sciences sociales, New-York, éd. MC Grawhill book, 1952.
  12. GRAWITZ, M., Méthodes des sciences sociales, Paris, 4ème éd. Dalloz, 1974.
  13. GRAWITZ, M., Méthodes des sciences sociales, Paris, 5ème éd. Dalloz, Paris, 1979.
  14. GRAWITZ M., Lexique des sciences sociales, Paris, 8ème éd. Dalloz, 2004.
  15. JAULIN, R., La civilisation politique et pratique de l’ethnicité, Bruxelles, éd. Complexe, 1974.
  16. JOLY, M., Introduction à l’analyse de l’image, Paris, 3ème éd. Armand Colin, 2015.
  17. KISSINGER, H., Le chemin de la paix, Bruxelles, éd. Dembel, 1972.
  18. LABANA L., et TSHINANGA NGELU, Initiation à la recherche scientifique : Les éléments de base, Kinshasa, éd. SIRIUS, 2018.
  19. MORFAUX, L-M., et LEFRANC, J., Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Paris, éd. Armand Collin, 2007.
  20. MULUMBATI, N., Manuel de Sociologie générale, Lubumbashi, éd. Africa, 1980.
  21. PAQUIN, S., Économie politique internationale. Mondialisation et gouvernance globale, Paris, 3ème éd. Montchrestien, 2021.
  22. SHOMBA, K., S., Méthodologie de la recherche scientifique, Kinshasa, éd. M.E.S., 2006.

 

  • Articles de Revues et Journaux

 

  1. AMARA, M., S., « effets de la révolution digitale sur la diplomatie du 21ème siècle », in GAAN, Alger, 2020, 24p.
  2. BRAVO, M., « diplomatie numérique », 06 novembre 2022. In Think Tank « Digital diplomacy ». Consulté          le         20        octobre            2023 : https://diplomacydigital.blogspot.com/?m=1.
  3. CARRANZAN R., « Qu’est-ce que la diplomatie numérique », in CEMERI. Consulté le 18 octobre 2023 : https://cemeri.org/fr/enciclopdia/equeesdiplomaciadigitalfv
  4. DE LA PORTE, X., « Toute petite histoire de la diplomatie numérique », in France culture, 6 novembre 2013. Consulté en ligne le 27 octobre 2023, sur :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cequinousarrivesurlatoile/toutepetitehistoiredeladiplomatienumerique9851417.

  1. DELCORDE, R., « L’art d’être diplomate : persuasion, éloquence, connaissance etsurtout-patience ! », in The Conversation, Consulté le 15 octobre 2023 : https://theconversation.com/lartdetrediplomatepersuasioneloquenceconnaissanceetsurtoutpatience171717.
  2. DURETZ, M., « Dilemme numérique », in Le Monde, 14 janvier 2024. Consulté le 06 novembre 2023 : https://www.lemonde.fr/economie/article/2014/01/14/dilemmehtml
  3. ETHERIDGE, E., « How « soft power » got smart », in New York Times, 14 janvier 2009. Consulté le 27 octobre 2023   : https://archive.nytimes.com/2009/01/14/howsoftpowergotsmart/
  4. FLETCHER, T., « How Casper Klynge is reiventing diplomacy as the first techambassador », in Journal The National, 7 mai 2018. Consulté le 02 novembre 2023 : https://www.thenationalnews.com/uae/howcasperklyngeisreinventingdiplomacyastheworldsfirsttechambassador726935
  5. FISCHER, N., « Observation directe et ethnographique », in LIEPP, Fiche méthodologique, N°7, 2023, 132p. consulté le 22 décembre 2023 : https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/evaluationpolpub/chapter/observati ondirecteetethnographie/
  6. GAGNIERE, T., « Google, Amazon, Facebook, Apple : la diplomatie est morte, vive la « techplomatie » ! », in Classe Internationale, 3 février 2017. Consulté le 25 octobre 2023, sur : https://classecom/2017/02/03/gafadanemarkambassadeurdigital/
  7. GASKA, P., « Quels sont les 60 réseaux sociaux les plus populaires en France et dans le Monde ? », in Leptidigital, Paris, 3 mars 2023. Consulté le 27 octobre 2023 : https://www.leptidiial.fr/reseauxsociaux/listereseauxsociauxt14846/.
  8. GBADAMASSI, F., « Internet : Access Now, gardien des Droits numériques », in

Franceinfo,      28       avril      2017.       Consulté      le      11      octobre       2023 :

https://www.francetvinfo.fr/monde/internetaccessnowgardiendesdroitsnumeriques_3058273.html.

  1. GOMART, T., « L’explosion du numérique dans les relations internationales », in Revue des Deux mondes, 1er mars 2014,
  2. GOMART, T., « La relation bilatérale, un genre de l’histoire des relations internationales », in Matériaux pour l’histoire de notre temps, vol. 65, n°1, 2002, 87p.
  3. JOVA, P., « Des hackers russes accusés d’avoir piraté le réseau du Comité national démocrate », in Le Figaro, 15 juin 2016. Consulté le 12 octobre 2023 : https://www.lefigaro.fr/international/2016/06/14/0100320160614ARTFIG00354deshackersrussesaccusesdavoirpiratelereseauducomitenationalphp & https://www.lenouvelliste.ch/monde/etatsunislepartidemocratepiratepardeshackersrusses545614.
  4. « Le ministère d’Etat aux Affaires étrangères des Maldives Abdulla Shahid montre l’ambassade de son pays dans Second Life le 22 mai 2007 à Genève », in La Presse,

23          mai          2007.          Consulté          le          27          octobre           2023 :

https://www.lapresse.ca/affaires/techno/internet/200705/23/0111091lesmaldivessimplantentdanssecondlife.php.

  1. MAHLER, T., « L’incroyable alphabétisation du monde : Aujourd’hui, 86% de la population mondiale est alphabétisée, mais beaucoup ignorent ce progrès. Alors, c’était vraiment mieux avant ? », in Le Point, 10 septembre 2019. Consulté le 02 novembre 2023 : https://www.google.com/amp/s/amp.lepoint.fr/2334818.
  2. MANOR, I., « The Digitalization of Diplomacy-Toward Clarification of a Fractured terminology », in Oxford digital diplomacy group, août 2017. Consulté le 27 octobre 2023 : https://www.qeh.ox.ac.uk.
  3. NORMAND, G., « Facebook renforce sa lutte contre la désinformation », in La

Tribune,      19      décembre      2016.      Consulté      le      11      octobre      2023 :

https://www.latribune.fr/technosmedias/facebookrenforcesaluttecontreladesinformation625502.html.

  1. OLUBUKOLA, S. A., « Foreign policy in an era of digital diplomacy in Cogent Social Sciences », in Cagent social Science, Ibanda, 1er mars 2017, 23p.
  2. PAQUIN, S., « Bouchard, Durkheim et la méthode comparative positive », in Politique et Sociétés, Volume 30, N° 1, 2011. Consulté le 17 octobre 2023 : https://doi.org/10.7202/1006059ar.
  3. WALLIM, M., « Analog vs. Digital in the Diplomatic Word », in American Security Project, 17 mai 2012. Consulté le 27 octobre 2023 :

https://www.americansecurityproject.org/analogvsdigitalinthediplomaticworld/.

 

  1. Notes de cours et Travaux scientifiques

 

  1. Mahatma TAZI K., TIEN-A-BE, « Nouveaux Etats en Relations Internationales », notes de cours, L2 R.I/UNIKIN, 2022-2023.
  2. MARLOES, P., « La communication interculturelle et l’expatriation professionnelle dans le monde diplomatique : les défis et les facteurs de réussite », Mémoire de master, Université d’Utrecht, Utrecht, 2011.
  3. NGILA MOKE, « Techniques de négociation », notes de cours, L2 R.I/UNIKIN, 2022-2023.
  4. TSHILUMBAYI, J., C., « Droit diplomatique et consulaire », notes de cours, G3 R.I/UNIKIN, 2020-2021.

 

 

  1. Webographie

 

  1. https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/06/06/unambassadeurdanslasiliconvalleypourconserverdupouvoiralereduhtml. Consulté le 25 octobre 2023
  2. https://www?amnesty.org/fr/digitaldiplomacy/humanrightsindigitalword/. Consulté le 17 août 2023.
  3. https://www.amnesty.org/fr/latest/pressrelease/2019/11/googlefacebooksurveillanceprivacy/. Consulté le 17 août 2023.
  4. https://www.banquemondiale.org/fr/results/2013/04/05/supportingnewtechnologiesandentrepreneursinfoDevnetworkofbusinesssupportcenters. Consulté le 30 août 2023.
  5. https://www.investindrc.cd/fr/Faitsetchiffres. Consulté le 18 août 2023.
  6. https://www.realinstitutoelcano.org/blog/soberaniadigital/. Consulté le 20 octobre 2023.
  7. https://en.m.wikipedia.org/wiki/Arturo_Sarukh%C3%A1n#cite_note10. Consulté 20 octobre 2023.
  8. https://www.google.com/amps/s/www.cbc.ca/amp/1.826062/. Consulté le 21 octobre 2023.
  9. https://datareportal.com/reports/digital2020democraticrepublicofthecongo. Consulté le 21 octobre 2023.
  10. https://economycom/11040544diplomacy. Consulté le 25 octobre 2023.
  11. https://www.huyghe.fr/actu_296.htm. Consulté le 24 octobre 2023.
  12. https://vm.ee/en/news/estoniaopensembassyvirtualwoeldsecondlife. Consulté le 24 décembre 2023.
  13. https://www.letemps.ch/monde/2017/01/31/danemarkvanommerpremierambassadeurnumeriquemonde. Consulté 24 décembre 2023.
  14. https://www.oecd.org/fr/digitaldiplomacy/cybersecurity/. Consulté 04 janvier 2024.
  15. https://www.radiookapi.net/2019/09/08/actualite/securite/enrdcletauxdalphabetisationestde773statistiquesde Consulté 22 décembre 2023.
  16. https://cd.usembassy.gov/fr/educationculturefr/fulbrightvisitingscholarprogram/. Consulté 18 décembre 2023.
  17. https://www.britishcouncil.org/. Consulté 18 décembre 2023.
  18. https://igf.africa/. Consulté 19 décembre 2023.
  19. https://digitalco/en/ouractions/. Consulté 24 novembre 2023.
  20. https://www.itu.int/fr/ITUD/Conferences/Pages/default.aspx. Consulté          23 décembre 2023.
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  23. https://fr.statista.com/statistiques/509227/menagefrancaisaccesinternet/. Consulté le 15 octobre 2023 :

 

  1. Dictionnaires

 

  1. Le Larousse 2008, Paris, éd. Brodard-coulommiers, 2007.
  2. Le Larousse, dictionnaire de poche 21, rue Montparnasse 78283, Paris codex, 2009.
  3. Robert encyclopédique, tome II, Paris, éd. Seuil, 1971.

TABLE DES MATIERES

 

EPIGRAPHE………………………………………………………………………………………………………………. i

DEDICACE……………………………………………………………………………………………………………….. ii

REMERCIEMENTS…………………………………………………………………………………………………… iii

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS………………………………………………………………….. iv

INTRODUCTION………………………………………………………………………………………………………. 1

  1. PROBLEMATIQUE…………………………………………………………………………………………….. 1
  2. HYPOTHESES………………………………………………………………………………………………….. 3

III.  METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE………………………………………………………….. 4

  1. Méthodes de recherche……………………………………………………………………………………… 5
  2. Techniques de recherche…………………………………………………………………………………… 7
  3. DELIMITATION DE L’ETUDE………………………………………………………………………… 8
  4. Délimitation spatiale………………………………………………………………………………………… 8
  5. Délimitation temporelle…………………………………………………………………………………….. 8
  6. CHOIX ET INTERET DU SUJET……………………………………………………………………….. 9
  7. Choix du sujet………………………………………………………………………………………………….. 9
  8. Intérêt du sujet……………………………………………………………………………………………….. 10
  9. DIFFICULTES RENCONTREES……………………………………………………………………… 10

VII. PLAN SOMMAIRE DE L’ETUDE…………………………………………………………………… 11

CHAPITRE I. LES GENERALITES…………………………………………………………………………… 12

SECTION 1. DEFINITIONS DES CONCEPTS CLES………………………………………………. 12

SECTION 2. BREF APERÇU DE L’HISTOIRE DIPLOMATIQUE…………………………… 18

SECTION 3. ÉMERGENCE DE LA DIPLOMATIE NUMERIQUE…………………………… 25

CHAPITRE 2. LE MÉTIER DE DIPLOMATE…………………………………………………………….. 49

SECTION 1. ÉVOLUTION DU MÉTIER DE DIPLOMATE : DE LA DIPLOMATIE TRADITIONNELLE À LA DIPLOMATIE POSTMODERNE…………………………………… 49

SECTION 2. DEFIS RENCONTRES PAR LES DIPLOMATES DANS L’EVOLUTION DE LEUR METIER………………………………………………………………………………………………………………. 61

SECTION 3. OPPORTUNITES OFFERTES PAR LA DIPLOMATIE NUMERIQUE DANS LE METIER DE DIPLOMATE………………………………………………………………………………………………….. 66

CHAPITRE 3. IMPACTS DE LA DIPLOMATIE NUMERIQUE SUR LE ROLE ET LES COMPETENCES DU METIER DE DIPLOMATE…………………………………………………………………………………. 71

SECTION 1.  REDEFINITION DES RESPONSABILITES ET ADAPTATION DES FONCTIONS TRADITIONNELLES……………………………………………………………………………………………. 71

SECTION 2. IMPLICATIONS POUR LES INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES……….. 79

SECTION 3. PERSPECTIVES DU METIER DE DIPLOMATE………………………………… 87

CONCLUSION…………………………………………………………………………………………………………. 92

BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………………………………………………….. 96

TABLE DES MATIERES………………………………………………………………………………………… 100

 

 

[1] BARAQUIN, N., et LAFFITTE, J., Dictionnaire des philosophes, Paris, Armand colin, 3ème éd., 2007.

[2] LABANA, L., et TSHINANGA, N., Initiation à la recherche scientifique : Les éléments de base, Kinshasa, éd. SIRIUS, 2018, p.38.

[3] MULUMBATI, N., Manuel de Sociologie générale, Lubumbashi, éd. Africa, 1980, p.34.

[4] AMARA, S., « effets de la révolution digitale sur la diplomatie du 21ème siècle », Alger, in GAAN, 2020, Pp.1-24.

[5] SHOMBA K., S., Méthodologie de la recherche scientifique, Kinshasa, éd. M.E.S., 2006, p.53. 6 Dictionnaire de poche 21, Le Larousse, Paris codex, rue Montparnasse 78283, 2009, p.404.

[6] GRAWITZ, M., Méthodes des sciences sociales, Paris, 4ème éd. Dalloz, 1974, p. 27.

[7] DELNOY, P., Eléments de Méthodologie juridique. 1. Méthodologie de l’interprétation juridique 2. Méthodologie de l’application du droit, Bruxelles, 2ème éd. De Boeck & Larcier s.a., 2006, p.23.

[8] MORFAUX, L-M., et LEFRANC, J., Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Paris, éd. Armand Collin, 2007, p.343.

[9] JOLY, M., Introduction à l’analyse de l’image, Paris, 3ème éd. Armand Colin, 2015, p.48.

[10] Dictionnaire alphabétique et analogique, Petit Robert, version électronique 2.0.

[11] MULUMBATI, N., Introduction à la science politique, Collection Savoir et Connaître, Kinshasa-Lubumbashi, éd. Africa, 1977, p.32.

[12] ROCHER, G., Introduction à la sociologie générale. L’organisation sociale, Paris, Vol. 2, éd. H.M.H., 1968, p.164. 14 MERTON, R.K., Eléments de méthode sociologique, Paris, éd. Plon, 1953, Pp.95-138.

[13] GOOD, J.W., Méthode de recherche en sciences sociales, New York, éd. MC Grawhill book, 1952, p.5.

[14] GRAWITZ, M., Méthodes des sciences sociales, Paris, 4ème éd. Dalloz, 1979, p.571.

[15] QUIVY, R., Manuel de Recherche en Sciences Sociales, Paris, Nouvelle éd. Dunod, 1995, p.164.

[16] FISCHER, N., « Observation directe et ethnographique », in LIEPP Fiche méthodologique, N°7, mai 2023.

Consulté            en             ligne             le             11             octobre            2023            sur :

https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/evaluationpolpub/chapter/observationdirecteetethnographie/  19 FLETCHER, T., The Naked Diplomacy, Londres, éd. HarperCollins, 2016, p.78.

[17] PAQUIN, S., Économie politique internationale. Mondialisation et gouvernance globale, Paris, 3ème éd. Montchrestien, 2021, p. 32.

[18] Dictionnaire, Larousse 2008, Paris, éd. Brodard-coulommiers, 2007, p.324.

[19] Dictionnaire encyclopédique, Le Robert, tome II, Paris, éd. Seuil, 1971, p. 232. 23 KISSINGER, H., Le chemin de la paix, Bruxelles, éd. Dembel, 1972, p.409.

[20] RAIMOND, J.-B., ancien ministre des Affaires étrangères de la France, Table-ronde sur la diplomatie parlementaire concept émergent, Paris, 2001.

[21] DURETZ, M., « Dilemme numérique », in Le Monde, 14 janvier 2024. Consulté en ligne le 06 novembre 2023, sur : https://www.lemonde.fr/economie/article/2014/01/14/dilemmenumerique_4347680_3234.html.

[22] BRAVO, M., « diplomatie numérique », in Think Tank ‘’Digital diplomacy’’, 06 novembre 2022. Consulté en ligne le 20 octobre 2023 sur : https://diplomacydigital.blogspot.com/?m=1.

[23] OLUBUKOLA, S., A., « Foreign policy in an era of digital diplomacy in Cogent Social Sciences », in Cagent social Science, Ibanda, 1er mars 2017, Pp.2-13.

[24] GOMART, T., « L’explosion du numérique dans les relations internationales », in Revue des Deux mondes, 1er mars 2014, Pp.7-38.

[25] Nomination par le Danemark d’un Tech-Ambasseur. Consulté en ligne le 25 octobre 2023, sur :

https://www.letemps.ch/monde/2017/01/31/danemarkvanommerpremierambassadeurnumeriquemonde  

[26] GAGNIERE, T., « Google, Amazon, Facebook, Apple : la diplomatie est morte, vive la « techplomatie ! », in Classe Internationale, 3 février 2017. Consulté en ligne le 25 octobre 2023, sur : https://classeinternationale.com/2017/02/03/gafadanemarkambassadeurdigital/. Voir aussi UNTERSINGER, M., « Un ambassadeur dans la Silicon Valley pour conserver du pouvoir à l’ère du numérique », in Le Monde, 6 juin 2018. Consulté en ligne le 25 octobre 2023, sur : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/06/06/unambassadeurdanslasiliconvalleypourconserverdupouvoiraleredunumerique_5310352_4408996.html

[27] CARRANZAN R., « Qu’est-ce que la diplomatie numérique », in CEMERI. Consulté le 25 octobre 2023, sur :

https://cemeri.org/fr/enciclopdia/equeesdiplomaciadigitalfv.

[28] FLETCHER, T., « How Casper Klynge is reiventing diplomacy as the first tech-ambassador », in Journal The National, 7 mai 2018. Consulté en ligne le 27 octobre 2023, sur : https://www.thenationalnews.com/uae/howcasperklyngeisreinventingdiplomacyastheworldsfirsttechambassador1.726935.

[29] ETHERIDGE, E., « How soft power got smart », in New York Times, 14 janvier 2009. Consulté en ligne le 27 octobre 2023, sur : https://archive.nytimes.com/2009/01/14/howsoftpowergotsmart/

[30] TOUTS, C., « Smart power diplomacy for foreign policy », in CBC News, 13 janvier 2009. Consulté en ligne le

[31] octobre 2023, sur : https://www.google.com/amps/s/www.cbc.ca/amp/1.826062/

[32] REY, A., « Dictionnaire culturel en langue française », Le Robert, III, Paris, 2005, Pp.595, 597-599.

[33] DELCORDE, R., Le métier de diplomate, Bruxelles, éd. Académie Royale, 2018. p.16.

[34] In Oriane, consulté en ligne sur le 28 août 2023, sur : https://www.oriane.info/meter/diplomate/540

[35] DELCORDE, R., op.cit. p.18. 39 RAIMOND, J.-B., op.cit.

[36] ROOSENS, C., « Une diplomatie en évolution », in Studia Diplomatica, Vol. LXII, 2009, Numéro spécial. Consulté en ligne le 14 novembre 2023, sur : http://www.jstor.org/stable/44838951.

[37] Diplomatie bilatérale

[38] Diplomatie de puissance

[39] Approche du « donnant-donnant ».

[40] Traités conclus en 1648 entre l’empereur Ferdinand III, la France, la Suède et leurs alliés respectifs pour mettre fin à la guerre de Trente Ans.

[41] Dictionnaire Larousse, Encyclopédie divers, « traités de Westphalie ». Consulté en ligne 14 novembre 2023, sur : https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/trait%C3%A9s_de_Westphalie/149773.

[42] ROUET, G., Diplomatie plurielle : acteurs et enjeux, Paris, éd. L’Harmattan, 2018, Pp.24-32. 47 DELCORDE, R., La diplomatie d’hier à demain, Bruxelles, éd. Mardaga, 2021, p.16.

[43] CARRON DE LA CARRIERE, G., « Les acteurs privés dans la diplomatie », in Revue Les cahiers Sirice – Cairn, 2009, Pp.41-58. Consulté en ligne le 16 décembre 2023, sur : https://www.cairn.info/revuelescahiersirice20091page41.htm.

[44] BONNEFOUS, M., « Politique et diplomatie – Pour une diplomatie postmoderne », in Revue Défense Nationale, n°528 février 1992, Pp.91-97. 50 Idem.

[45] CARRON DE LA CARRIERE, G., op.cit. Pp.47-58.

[46] CARRON DE LA CARRIERE, G., op.cit. Pp.51-58.

[47] FLETCHER, T., op.cit., p83.

[48] DE LA PORTE, X., « Toute petite histoire de la diplomatie numérique », in France culture, 6 novembre 2013. Consulté en ligne le 27 octobre 2023, sur : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cequinousarrivesurlatoile/toutepetitehistoiredeladiplomatienumerique9851417

[49] GASKA, P., « Quels sont les 60 réseaux sociaux les plus populaires en France et dans le Monde ? », in Leptidigital, Paris, 3 mars 2023. Consulté le 27 octobre 2023 sur : https://www.leptidiial.fr/reseauxsociaux/listereseauxsociauxt14846/

[50] « Le ministère d’Etat aux Affaires étrangères des Maldives Abdulla Shahid montre l’ambassade de son pays dans Second Life le 22 mai 2007 à Genève », in La Presse, publié le 23 mai 2007. Consulté le 27 octobre 2023 en ligne, sur : https://www.lapresse.ca/affaires/techno/internet/200705/23/0111091lesmaldivessimplantentdanssecondlife.php

[51] In   La        Presse,           consulté          en        ligne    le         09        août     2023    en        ligne,   sur : https://www.lapresse.ca/affaires/techno/internet/200705/30/0111009lasuedeouvresonambassadesursecondlife.php

[52] Ministère des Affaires étrangères de l’Estonie, « L’Estonie ouvre une ambassade dans le monde virtuel Second Life », publié le 04 décembre 2007. Consulté le 10 août 2023, sur : https://vm.ee/en/news/estoniaopensembassyvirtualwoeldsecondlife

[53] SARUKHAN, A., a occupé le poste d’ambassadeur du Mexique aux Etats-Unis d’Amérique de 2007 à 2013. L’ambassadeur du Mexique premier sur Twitter au sein du corps diplomatique de Washington. Consulté en ligne le 10 septembre 2023 en sur : https://en.m.wikipedia.org/wiki/Arturo_Sarukh%C3%A1n#cite_note10

[54] (1) Les Etats-Unis : le Département d’Etat américain a commencé à utiliser les réseaux sociaux dès 2007. L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad a également été pionnière en ouvrant un compte Twitter en 2009. (2) France : le ministère des Affaires étrangères français a créé son compte Twitter en 2009. (3) Royaume-Uni : le ministère des Affaires étrangères britannique a rejoint Twitter en 2008. (4) Allemagne : le ministère fédéral des Affaires étrangères a créé son compte Twitter en 2009. (5) Canada : le ministère des Affaires étrangères du Canada a rejoint Twitter en 2009.

[55] WALLIM, M., « Analog vs. Digital in the Diplomatic Word », in American Security Project, 17 mai 2012. Consulté en ligne le 27 octobre 2023, sur : https://www.americansecurityproject.org/analogvsdigitalinthediplomaticworld/

[56] MANOR, I., « The Digitalization of Diplomacy-Toward Clarification of a Fractured terminology », in Oxford digital diplomacy group, août 2017. Consulté en ligne le 27 octobre 2023, sur : https://www.qeh.ox.ac.uk

[57] ORTEGA, A., « Soberania digital », 29 mai 2018. Consulté en ligne le 27 octobre 2023, sur : https://www.realinstitutoelcano.org/blog/soberaniadigital/

[58] COOLSAET, R., « La redéfinition de la diplomatie », in Revue Studia Diplomatica, n°1/2, 1999, Pp.44-121. Consulté en ligne le 16 novembre 2023, sur : https://www.jstor.org/stable/44838104.

[59] DELCORDE, R., Diplomatie et politique étrangère à l’heure de la mondialisation, 1er éd. Académie royale de Belgique, Bruxelles, 2019, Pp.11-17.

[60] Université Catholique de Louvain, « La diplomatie à l’ère de la mondialisation », Bruxelles, 2018. Consulté en ligne le 16 novembre 2023, sur : https://uclouvain.be/fr/decouvrir/evenements/ladiplomatiealeredelamondialisation.html.

[61] HOCKING, B., cité par BALZACQ, CHARILLON et RAMEL, Manuel de diplomatie, Chapitre 5 : De la communication à la diplomatie publique et digitale, Paris, éd. Presses de SciencesPo, 2018, Pp.96-99. 68 BADIE, B., et DEVIN, G., Le multilatéralisme, Paris, éd. La Découverte, 2006, p.238.

[62] GOMART, T., « De la diplomatie numérique », in Revue des Deux mondes, Janvier 2013, Pp.131-141. 70 Idem.

[63] UIT, « Engagée à connecter le monde : Réunions et conférences importantes de l’UIT-D ». Consulté en ligne le 11 octobre 2023. https://www.itu.int/fr/ITUD/Conferences/Pages/default.aspx.

[64] L’ONU a créé un Groupe de travail sur la gouvernance de l’internet pour promouvoir la coopération multipartite et faciliter le dialogue entre les acteurs étatiques et non-étatiques.

[65] L’UE a introduit un Règlement général sur la protection des données (RGPD) pour renforcer la protection des données personnelles des individus.

[66] Amnesty International, « Les géants de la surveillance : Le modèle économique de Facebook et Google menace les Droits humains », publié le 20 novembre 2019. Consulté en ligne le 11 octobre 2023 sur : https://www.amnesty.org/fr/latest/pressrelease/2019/11/googlefacebooksurveillanceprivacy/.

[67] GBADAMASSI, F., « Internet : Access Now, gardien des Droits numériques », in Franceinfo, publié le 28 avril 2017. Consulté en ligne le 11 octobre 2023 sur : https://www.francetvinfo.fr/monde/internetaccessnowgardiendesdroitsnumeriques_3058273.html.

[68] NORMAND, G., « Facebook renforce sa lutte contre la désinformation », in La Tribune, publié le 19 décembre 2016. Consulté en ligne le 11 octobre 2023 sur : https://www.latribune.fr/technosmedias/facebookrenforcesaluttecontreladesinformation625502.html.

[69] GOMART, T., op.cit. Pp.134-141.

[70] BADEL, L., « Pratiques diplomatiques européennes et mondialisations contemporaines », in Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe, mis en ligne le 23 juin 2020. Consulté en ligne le 23 novembre 2023, sur : https://ehne.fr/fr/node/14223

[71] « Diplomatie numérique et stratégies d’influence politique », Appel à contribution, in Calenda, mis en ligne le 20 juin 2023. Consulté le 23 novembre 2023, sur : https://calenda.org/1080690.

[72] DOUZET, F., « La géopolitique pour comprendre le cyberespace », in Hérodote, vol. 152-153, N°1-2, 2014, Pp.311.

[73] BONAFE-SCHMITT et DUCASS, A., « La médiation internationale : des initiatives francophones », in Revue Lettre des Médiations, N°10, 2021, Pp.7-13.

[74] « Les réseaux sociaux, nouveaux terrains d’influence de la diplomatie », mis en ligne le 20 février 2013, consulté en ligne le 23 novembre 2023, sur : https://information.tv5monde.com/international/lesreseauxsociauxterrainsdinfluencedeladiplomatie3668.

[75] BENABDELHAK K., « La digitalisation, levier de simplification des procédures au sein de l’administration publique marocaine », in Revue Internationale du Chercheur, Volume 3, N° 4, 2022, Pp.114-115.

[76] NANGNIGUI, D., KAMARA, ASSANO, D., et BEPI POUT, C., Les techniques de l’information et de la communication (TIC) en Afrique : défis et enjeux, Québec, éd. Les Presses de l’Université Laval, 2006, p.233.

[77] JOVA, P., « Des hackers russes accusés d’avoir piraté le réseau du Comité national démocrate », in le Figaro, mis en ligne le 15 juin 2016. Consulté le 12 octobre 2023 sur : https://www.lefigaro.fr/international/2016/06/14/0100320160614ARTFIG00354deshackersrussesaccusesdavoirpiratelereseauducomitenationaldemocrate.php & https://www.lenouvelliste.ch/monde/etatsunislepartidemocratepiratepardeshackersrusses545614.

[78] UIT, « 2,9 milliards de personnes ne sont toujours pas connectées », Communiqué de presse du 30 novembre 2021. Consulté en ligne le 12 octobre 2023 sur : https://www.itu.int/fr/mediacentre/Pages/PR20211129

FactsFigures.aspx          et         sur       le         site      de        la         banque           mondiale : https://data.worldbanqk.org/indicator/IT.NET.USER.ZS?locations=ZG.

[79] DASQUE, I., « Diplomates et diplomatie », in Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe, le 22 juin 2020. Consulté le 23 novembre 2023, sur : https://ehne.fr/fr/node/12257.

[80] Dictionnaire Larousse 2008, op.cit., p.349.

[81] CAVARE, L., Droit international public positif, Tomme II, Les relations juridiques internationales. Les compétences respectives des Etats, Paris, éd. Pedone, 1951, p.427.

[82] SALMON, J., Dictionnaire de droit international public, Bruxelles, éd. Bruylant, 2001, p.901.

[83] GUILIEN, R., et VINCENT, J., Lexique des termes juridiques, Paris, 19ème éd., Dalloz, 2012, p.272.

[84] BASDEVANT J., Dictionnaire de terminologie du droit international public, Paris, éd. Sirey, 1960, pp.484-487. 93 GUILIEN, R., et VINCENT, J., op.cit., p. 312.

[85] PIQUET, C., « Cinq questions pour comprendre l’immunité diplomatique », In Le Figaro, 05 juin 2014. Consulté le 23 novembre 2023, sur : https://www.lefigaro.fr/actualitefrance/2014/06/05/0101620140605ARTFIG00323cinqquestionspourcomprendrelimmunitediplomatique.php.

[86] DELCORDE, R., Manuel de la négociation diplomatique internationale, Bruxelles, éd. Bruylant, 2023, p.16. 96 Idem.

[87] DELCORDE, R., op.cit., p.21.

[88] PAQUIN S., Paradiplomatie et relations internationales. Théorie de stratégies internationales des régions, Bruxelles, éd. PIE-Peter Lang, 2004, p.139.

[89] SOLDATOS P., An Explanatory Framework for the Study of Federated States as Foreign-Policy Actors, in Michelmann, H. J. et SOLDATOS, P., « Federalism and International Relations. The Role of Subnational Units », in Oxford Press, 1990, Pp.34-36.

[90] PAQUIN S., Paradiplomatie, dans BALZACQ T., et RAMEL F., (dirs.) Manuel de diplomatie, Paris, éd. Presses de Sciences Po., 2018, p.59.

[91] PAQUIN S., Paradiplomatie et relations internationales, Bruxelles, éd. Les Presses interuniversitaires européennes Peter-Lang, 2004, p.189.

[92] « Gérer l’information à l’ère du numérique », 29 mars 2023. Consulté le 23 novembre 2023, sur :

https://www.funmooc.fr/fr/actualites/gererlinformationaleredunumerique/

[93] ISAAC H., CAMPOY E., et KALIKA M., « Surcharge informationnelle, urgence et TIC : l’effet temporel des technologies de l’information », in Revue Management et Avenir, N° 13, 2007, Pp.149-168.

[94] DE REBOUL, G., « Fake news et diplomatie : de nouvelles relations entre les Etats », in Les Yeux du Monde, 21 janvier 2018. Consulté en ligne le 23 novembre 2023, sur : https://lesyeuxdumonde.fr/actualitesanalysees/33043fakenewsdiplomatiedenouvellesrelationsentreetats.

[95] « Infrastructure critique : cybersécurité et protection des données gouvernementales », in LogPoint, 06 octobre 2022. Consulté en ligne le 23 novembre 2023, sur : https://logpoint.com/fr/blog/infranstructurecritiquecybersecuriteetprotectiondesdonneesgouvernementales/

[96] LEQUESNE, C., La puissance par l’image : Les Etats et leur diplomatie publique, Paris, éd. Presses de Sciences Po, 2021, Pp.109-113.  107 Idem.

[97] LEQUESNE, C., op.cit., Pp.109-113.

[98] BALZACQ, T., CHARILLON, F., et RAMEL, F., op.cit., Pp.119-123.

[99] « Diplomatie         publique          et         numérique »,   consulté          en        ligne    le         23     novembre        2023,   sur : https://www.exteriores.gob.es/fr/PoliticaExterior/Paginas/DiplomaciaPublicaDigital.aspx.

[100] MARLOES PLOMP, « La communication interculturelle et l’expatriation professionnelle dans le monde diplomatique : les défis et les facteurs de réussite », Mémoire de master, Université d’Utrecht, Utrecht, 2011, Pp.7-10.

[101] DELCORDE, R., op.cit., Pp.73-87.

[102] BOUEDY, G.-S., « La cyberdiplomatie ou diplomatie numérique ? – Partie 1 », 04 août 2020. Consulté le 23 novembre 2023, sur : https://ciberobs.com/2020/08/04/lacyberdiplomatieoudiplomatienumeriquepartie1/

[103] « Fracture numérique », in Revue Le Monde Diplomatique, consulté en ligne le 23 novembre 2023, sur :

https://www.mondediplomatique.fr/cartes/l_atlas_histoire/a60541.

[104] « Les acteurs non-étatiques au chevet de l’action climatique », consulté en ligne le 23 novembre 2023, sur :

https://www.iddri.org/fr/publicationsetevenements/billetdeblog/lesacteursnonetatiquesauchevetdelactionclimatique

[105] GUILBAUD, A., cité par BALZACQ, CHARILLON et RAMEL, Manuel de diplomatie, Chapitre 12 : La diplomatie des acteurs non étatiques, Paris, éd. Presses de SciencesPo, 2018, Pp.213-226.

[106] COPELAND, D., Guerrilla Diplomacy : Rethinking International Relations, Boulder Colorado, éd. Lynne Rienner publishers, 2009, p.39.

[107] HUET J.-M., « Le Nation Branding, levier d’internationalisation des entreprises », in LesEchos, 28 janvier 2019. consulté le 23 novembre 2023, sur : https://www.lesechos.fr/ideesdebats/cercle/opinionlenationbrandinglevierdinternationalisationdesentreprises

[108] #:~:text=Le%20%22Nation%20Branding%22%2C%20expression,entreprises%20fran%C3%A7aises% 20%C3%A0%20l’international.

[109] DELCORDE, R., « Le métier de diplomate aujourd’hui », in The Conversation, 31 mai 2022. Consulté le 23 novembre 2023, sur : https://theconversation.com/lemetierdediplomateaujourdhui184114

[110] DELCORDE, R., op.cit., Pp.161-170. 121 Idem.

[111] FRECHETTE, L., Le métier de diplomate se réduit-il à peau de chagrin ?, in Le Temps, consulté en ligne le 14 février 2024, sur : https://www.letemps.ch.opinions.metierdiplomatesereduitilpeauchagrin.

[112] CHATAIGNER, J.M., De quelques réflexions sur le métier diplomatique au XXIème siècle. Conférence-débat organisé à Kinshasa, le samedi 27 août 2022, au ministère congolais des Affaires étrangères.

MEMOIRE Licence – Diplomatie numérique (Aaron MUKALENGI MALENGA)