
| RÉSUMÉ La fréquence des accouchements prématurés a été de 12,47 %. La plupart des patientes concernées étaient âgées de 19 -34 ans (46,84 %), avec la parité et Gestité ≥ 3 (45,95%), vivant en couple(64.86%), avec des activités journalières ne générant pas de revenus (62,16 %) et ressortissant généralement dans la commune annexe (40,54 %). Les facteurs de risque des accouchements prématurés identifiés dans cette étude étaient l’age maternel < 19 ans (OR=10,77[3,57-32,34 ]), une vie de la mère non en couple (OR=13,79 ; [4,72-40,32]), le non suivi des consultations prénatales (OR=6,81 ; [3,77-12,31]), la rupture prématurée des membranes (OR=5,21 ; [2,44-11,12]) et l’accouchement gémellaire (OR=7,15; [2,65-19,32]). |
1. INTRODUCTION
L’accouchement prématuré (AP) se réfère à toute naissance qui se produit entre 28 semaine d’aménorrhée (SA) et 36 SA + 6 jours. Son incidence varie entre de 5% à 15% (Elvira et al., 2013). Selon l’OMS, environ 15 millions de bébés naissent prématurément chaque année dont plus d’un million de décès sont enregistrés. La prématurité est la principale cause de décès chez les nouveau-nés (au cours des quatre premières semaines de vie) et la deuxième cause majeure de décès après la pneumonie, chez les enfants de moins de 5 ans (Avodo, 2021)
On estime à 15 millions le nombre de bébés prématurés chaque année au travers le monde soit un taux de prématurité de 11,1 % avec plus 75% des décès. Sa fréquence, variable suivant le lieu et l’époque, dépend surtout de la prévention et du traitement de la menace d’accouchement prématuré (Osman NB, 2022).
INTRODUCTION(2)
Les pays européens, ce taux varie entre 5% et 8 %. En France 6,2% ; en Allemagne et ô en Angleterre 7,6%. En Afrique, les rapports de l’OMS, rapportent 18,5% au Malawi, 16,7% aux Comores ; 16,6% au Zimbabwe
; 16,5% en Guinée Equatoriale ; 16,4% au
Mozambique et 16,3% au Gabon ; 12,9% en Zambie ;
9,6% au Rwanda et 18,1% au Congo Brazza( OMS,
2020). Au mali, les statistiques nationales ont montré
pour la population globale, une fréquence de 4,1% de
naissance de petits poids. Garba a fait une étude portant
sur les aspects obstétricaux de la prématurité à l’hôpital national du point G (HPG) et a enregistré 26,8% de décès néonataux dus aux causes classiques de l’accouchement prématuré( Garba, 2021).
En République Démocratique du Congo, le taux est comme dans la plupart de pays en voie de développement élevé 16,7%. La littérature demeure pauvre dans notre milieu, nonobstant les travaux de Munkana, Mayele à Lubumbashi et de Kindiaka à Kinshasa qui avaient trouvé respectivement 11,07%, 5,9 et 6,4 ( Mayele et al, 2020).
| Les naissances prématurées (NP) sont responsables de 75 % de la mortalité néonatale, 50% de la déficience neurologique à long terme chez les enfants. L’incidence de la prématurité a augmenté au cours des dernières années. Plusieurs facteurs y ont contribué (Farhin et al., 2014). Selon la littérature, les grandes causes de la prématurité sont : les causes fœtales : la souffrance fœtale, les grossesses multiples, le placenta prævia ; les causes utérines : anomalies de l’utérus et du col incompétent; causes maternelles: la pré-éclampsie ; les maladies chroniques ; les infections (Elvira et al., 2020; OMS, 2012). On retrouve d’autres causes telles que : la rupture prématurée des membranes (RPM), le poly- hydramnios (Elvira et al., 2020). Malgré la connaissance de ses multiples causes, une grande partie de son étiologie reste inexpliqué. Cette étude vise à déterminer les facteurs associés à l’accouchement prématuré pouvant mieux expliquer sa survenue. La question principale de la présente étude est celle d’identifier les facteurs de risque de l’accouchement prématuré à l’Hôpital Public de Référence Tertiaire Jason Sendwe. OBJECTIF Général L’objectif général de cette étude est d’étudier les facteurs de risque de l’accouchement prématuré en vue de contribuer à la diminution des morbi -mortalités y associées à la maternité de l’HPTR/Jason Sendwe . Spécifiques Déterminer la fréquence d’l’accouchement prématuré à l’HPT/Jason sendwe ; Décrire les caractéristiques sociodémographiques et cliniques des mères concernées ; Identifier les facteurs de risque de l’accouchement prématuré. | 3. Méthodologie Nous avons mené une étude analytique cas témoins menée à la maternité de l’HTPR/Jason Sendwe durant la période allant du 01/janvier 2024 au 31 décembre 2024 soit une année d’étude. Notre échantillon exhaustif a été constitué des accouchement prématurés (22 et 36 SA) survenus au cours de la période d’étude et retenus comme le cas. Un groupe de témoins a été constitué par un échantillon aléatoire de femmes ayant accouché à terme (>37SA) pendant la même période, selon un rapport 1 cas pour 1 témoin. Les cas ont été dénombré à 111. Les données ont été analysées à l’aide d’ EPI-info version 7.2.6. Les associations entre les variables explicatives et l’accouchement prématuré ont été évaluées à l’aide de Odds ratio comme tests statistiques avec un seuil de signification de p <0,05. |
4. RÉSULTATS
3.1. Fréquence des accouchements prématurés
Dans l’intention de déterminer la fréquence et facteurs associés à
l’accouchement prématuré, nous avons mené une étude rétrospective à la maternité de l’Hôpital Public Tertiaire de Référence Jason Sendwe de Lubumbashi durant la période allant du 01/janvier au 31 décembre 2024. Pendant cette période, 890 dossiers médicaux ont été analysés avec 111 cas d’accouchements prématurés colligés, donnant une fréquence de 12,47%.
Figure 1. Fréquence des accouchements prématurés à la maternité de l’HPT
3.2.1. Caractéristiques sociodémographiques
Tableau I. Répartition des cas selon l’âge des patientes
| Tranche d’âge | Effectifs | Pourcentage |
| < 19 ans | 28 | 25,04 |
| 19-34 ans | 52 | 46.84 |
| ≥ 35 ans | 31 | 27,03 |
| Total | 111 | 100,00 |
La tranche d’âge comprise entre 19-34 ans a été plus représentée avec 46.84% des cas d’accouchements prématurés.
Tableau II. Répartition des cas selon la Profession
| Activités journalières | Effectifs | Pourcentage |
| Ne générant pas les recettes | 69 | 62,16 |
| Générant les recettes | 42 | 37,83 |
| Total | 111 | 100,00 |
Les femmes pratiquant les activités ne générant pas des recettes ont été plus concernées avec 62,16% des cas.
Tableau III. Répartition des cas selon l’État civil
| État-civil | Effectifs | Pourcentage |
| Vivant en couple(Marié) | 73 | 64.86 |
| Vivant seul (célibataire, Divorcé, veuf) | 38 | 34.23 |
| Total | 111 | 100,00 |
La majorité des femmes étaient en couple soit 64.86% des cas.
Tableau IV. Répartition des cas selon le mode d’admission
| Mode d’admission | Effectifs | Pourcentage |
| Venue d’elle-même | 69 | 62,16 |
| Évacuée/Référée | 42 | 37,83 |
| Total | 111 | 100,00 |
Il se dégage du tableau ci-haut que concernant le mode d’admission, dans 62,16%, il s’agissait des admissions spontanées.
3.2.2. Caractéristiques obstétricales patientes
Tableau V. Répartition des cas selon la Gestité et parité
| Gestité | Effectifs (n=111) | Pourcentage |
| 1 | 22 | 19,81 |
| 2 | 38 | 34.23 |
| ≥ 3 | 51 | 45,95 |
| Parité 1 | 22 | 19,81 |
| 2 | 38 | 34.23 |
| ≥ 3 | 51 | 45,95 |
Les femmes de parité et Gestité ≥ 3 ont été plus nombreuses avec 45,95% des cas.
Tableau VI. Répartition des cas selon les antécédents d’ avortement
| Antécédent d’avortement | Effectifs | Pourcentage |
| Non | 100 | 90,09 |
| Oui | 11 | 9,90 |
Total 111 100,00
Il se dégage de ce tableau que 9,90% des patientes avec accouchement prématuré avaient un antécédent d’avortement.
Tableau VII. Répartition des cas selon le suivi de la CPN
| CPN | Effectifs | Pourcentage |
| Suivies | 36 | 32,43 |
| Non suivies | 75 | 67.56 |
| Total | 111 | 100,00 |
Ce tableau montre que 67.56% des patientes n’ont pas été suivies en consultation prénatale
Tableau VIII. Répartition des cas selon l’âge de la grossesse
| Age de la grossesse | Effectifs | Pourcentage |
| < 28SA | 40 | 36.04 |
| 28-32 SA | 43 | 38,07 |
| > 32SA | 28 | 24.32 |
Total 111 100,00
L’accouchement prématuré était généralement survenu à l’âge de la grossesse compris entre 28-32 SA et 6 jours
Tableau IX. Répartition des cas selon l’état de la Poche des eaux à l’admission
| Poche des eaux | Effectifs | Pourcentage |
| Non rompue | 73 | 65.77 |
| Rompue | 38 | 33.33 |
Total 111 100,00
Lors de l’admission, la poche des eaux était non rompue dans 65.77 des cas contre 33.33% rompue.
Tableau X. Répartition des cas selon le type d’accouchement
| Type d’accouchement | Effectifs | Pourcentage |
| Mono fœtale | 83 | 73.87 |
| Gémellaire | 28 | 25.23 |
Total 111 100,00
Parmi les cas d’accouchements prématurés, la grossesse gémellaire représentait 25,23%.
Tableau XI. Répartition des cas selon l’état de membrane à l’admission
| RPM | Effectifs | Pourcentage |
| Non | 73 | 72.97 |
| Oui | 38 | 26.13 |
Total 111 100,00
Lors de l’admission, les membranes étaient rompues dans 26.13% des cas
3.2.3. Caractéristiques des prématurés
Tableau XII. Répartition des cas selon le type de prématurité
| Type de prématurité | Effectifs | Pourcentage |
| Sévère | 40 | 36.04 |
| Modéré | 43 | 38,07 |
| Légère | 28 | 24.32 |
Total 111 100,00
La prématurité modérée prédominait avec 38,07% des cas.
Tableau XIII. Répartition des cas selon le poids de naissance
| Poids de naissance | Effectifs | Pourcentage |
| 1501-2000g | 57 | 41,00 |
| 2001-2400g | 38 | 27,33 |
| 1000-1500g | 13 | 9,35 |
| < 1000g | 40 | 28,77 |
Total 139 100,00
Les nouveau-nés prématurés avaient un poids généralement compris entre 1501-2000g soit 41,00% des cas
Tableau XIV. Répartition des cas selon l’Issue néonatal précoce
| Issue des prématurés | Effectifs | Pourcentage |
| Vivant | 121 | 87,05 |
| Décédé | 18 | 12,94 |
Total 139 100,00
La mortalité a été enregistré dans 9,58% des cas
3.3. ANALYSE BIVARIEE Tableau XV. Relation entre l’âge maternel et la survenue de l’accouchement prématuré
| Age de la mère | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | p |
| <19 ans | 28 | 4 | 32 | 10,77[3,57-32,34] | 0,001 |
| 19-34 ans | 52 | 80 | 132 | – | – |
| ≥35 ans | 31 | 27 | 58 | 1,77[0,95-3,30] | 0,072 |
| Total | 111 | 111 | 222 |
Les patientes de moins de 19 ans étaient plus exposées à accoucher prématurément (OR =10,77[3,57-32,34], p=0,00) comparativement à leurs homologues âgées de 19 à 34 ans.
Tableau XVI. Relation entre État-civil et la survenue de l’accouchement prématuré
| État-civil | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | p<0,05 |
| Vivant en couple(Marié) | 73 | 106 | 181 | ||
| Vivant seul(célibataire, divorcée, Veuve) | 38 | 5 | 41 | 13,79[4,72-40,32] | 0,0001 |
| Total | 111 | 111 | 222 |
Les femmes vivant seules (Célibataires, divorcées, veuves) présentaient un risque plus élevé d’accouchement prématuré comparées à celles vivant en couple (mariées) OR : 13,79 [4,7240,32]).
Tableau XVII. Relation entre les activités réalisées et la survenue de l’accouchement prématuré
| Activités réalisées | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | p<0,05 |
| Ne générant pas les recettes | 69 | 60 | 129 | 1,39 [0,81-2,38] | 0.22 |
| Générant les recettes | 42 | 51 | 93 | ||
| Total | 111 | 111 | 222 |
Ce tableau montre l’absence d’association significative entre le type d’activité exercée (avec ou sans revenus) et le risque d’accouchement prématuré (OR=0,72 [0,81-2,38]).
Tableau XVIII. Relation entre le mode d’admission et l’accouchement prématuré
| Mode d’admission | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | p<0,05 |
| Venue d’elle-même | 69 | 81 | 150 | 0, 60[0,32-1,02] | 0,05 |
| Évacuée/Référée | 42 | 30 | 72 |
Total 111 111 222
Il se dégage de ce tableau qu’aucune association statistiquement significative n’a été observée entre le mode d’admission et l’accouchement prématuré
Tableau XIX. Relation entre le suivi de la CPN et l’accouchement prématuré
| CPN | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | P |
| Suivie | 36 | 85 | 160 | ||
| Non suivie | 75 | 26 | 62 | 6,81[3,77-12,31] | 0,0001 |
| Total | 111 | 111 | 222 |
Ce tableau montre que les patientes n’ayant suivi les CPN étaient exposées à l’accouchement prématuré comparativement à celles ayant fréquenté le service prénatal au cours de leur grossesse(OR=6,81[3,77-12,31]).
Tableau XX. Rélatation entre la parité, gestité et l’accouchement prématuré
| Gestité | Cas(n=111) | Témoins(n=111) | Total | OR/IC 95% | p |
| 1 | 22 | 18 | 40 | 0,80[0,36-1,79] | 0,59 |
| 2 | 38 | 25 | 63 | 1 | |
| ≥ 3 | 51 | 67 | 118 | 0,50[0,27-0,93] | 0,02 |
Il n’existe pas d’association significatif entre la Gestité et l’accouchement prématuré
OR=0,80[0,36-1,79], P=0,59
Tableau XXI. Relation entre les antécédents d’avortement et l’accouchement prématuré
| Antécédent d’avortement | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | p |
| Oui | 38 | 30 | 68 | 1,41[0,79-2,49] | 0,244 |
| Non | 73 | 81 | 154 | ||
| Total | 111 | 111 | 222 |
Les résultats de ce tableau montrent que l’antécédent d’avortement n’était pas associé à la survenue de l’accouchement prématuré dans notre étude.
Tableau XXII. Relation entre la rupture de la poche des eaux à l’admission et l’accouchement prématuré
| Poche des eaux | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | p |
| Non rompue | 73 | 78 | 48 | 0,79[0,45-1,39] | 0,41 |
| Rompue | 38 | 33 | 173 | ||
| Total | 111 | 111 | 222 |
Aucune association significative n’a été observé entre l’état de la poche des eaux à l’admission et la survenue de l’accouchement prématuré.
Tableau XXIII. Relation entre RPM et l’accouchement prématuré
| RPM | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | p |
| Oui | 38 | 10 | 48 | 5,21 [2,44-11,12] | 0,0001 |
| Non | 73 | 101 | 173 | ||
| Total | 111 | 111 | 222 |
Les patientes ayant eu une rupture prématurée des membranes avaient environ 5 fois plus de risque d’accoucher prématurément par rapport à celle n’ayant pas présenté une RPM, et cette association est statistiquement significative (0R=5,21 [2,44-11,12]
Tableau XXIV. Relation entre le type d’accouchement et la survenue de l’accouchement prématuré
| Type d’accouchement | Cas | Témoins | Total | OR/IC 95% | p<0,05 |
| Mono-fœtale | 83 | 106 | 189 | ||
| Gémellaire | 28 | 5 | 33 | 7,15[2,65-19,32] | 0,00001 |
Total 111 111 222
Il existe une association statistiquement significative entre la grossesse gémellaire et l’accouchement prématuré. La grossesse gémellaire apparait comme un facteur de risque important d’accouchement prématuré (OR=7,15, p=0,0001).
5. DISCUSSION
5.1. Fréquence
La fréquence de l’accouchement prématuré
observée dans notre série était de 12,47 %. Ce taux
est conforme à la moyenne mondiale estimée par
l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à 11,1 %. Il est cependant supérieur à celui retrouvé dans certaines études réalisées au niveau national et régional, notamment ceux de Mayele à
Lubumbashi (5,9 %), de Kindiaka à Kinshasa (6,4
%) et des Cliniques Universitaires de Lubumbashi (4,19 %). En revanche, notre fréquence reste inférieure à celle rapportée à Bukavu (26,45 %) et
au Congo-Brazzaville (18,1 %)(OMS, 2020).
Cette disparité peut s’expliquer par des différences dans les méthodologies, les populations étudiées,
les niveaux de soins obstétricaux disponibles ainsi
que l’accessibilité aux consultations prénatales.
Dans notre milieu, plusieurs facteurs contextuels
tels que la précarité socio-économique, les infections mal prises en charge et le retard dans le recours aux soins contribuent probablement à cette fréquence relativement élevée.
Âge maternel
La tranche d’âge la plus représentée parmi les
femmes ayant accouché prématurément était celle
de 19 à 34 ans (46,84 %) traditionnellement considérée comme âge de procréation optimal. Les patientes de moins de 19 ans étaient plus exposées à accoucher prématurément (OR =10,77[3,57- 32,34], p=0,00) comparativement à leurs homologues âgées de 19 à 34 ans. Certaines études Certaines études comme celle réalisée à Bukavu avaient mis en évidence une association entre l’âge maternel avancé (>35 ans) et la prématurité. Il est donc probable que dans notre contexte, des facteurs sociaux et environnementaux aient une influence plus déterminante que l’âge biologique seul dans la survenue de l’accouchement prématuré. Comme présenté dans notre étude, la prédominance aux âge mineur s’explique par l’immaturité de l’appareil reproducteur et le vieillissement des tissus utérins et placentaires chez les femmes âgées.
Statut socio-économique
Dans notre étude, la plupart des femmes étaient en couple soit 64.86% des cas. Lors de la comparaison avec les témoins, nous avons constaté que les femmes vivant seules (Célibataires, divorcées, veuves) présentaient un risque plus élevé d’accouchement comparées à celles vivant en couple (mariées) (OR : 13,79 [4,72-40,32]). Le fait de vivre en couple facilite le partage de tâche, alors que vivre seul augmente le surcharge de travail ce qui accroit la fatigue physique et le risque des complications obstétricales. Les résultats de notre étude rejoignent ceux rapportés par Garba au Mali, qui avait également mis en évidence une association significative entre le statut matrimonial et l’accouchement prématuré (Garba, 2021).
Il se dégage de notre étude que concernant le mode d’admission, dans 62,16%, il s’agissait des admissions
spontanées. Lors de la comparaison avec les témoins,
nous avons trouvé que le mode d’admission n’était pas
associé à la survenue de l’accouchement prématuré. Mayele en RDC avait observé un risque accru d’accouchement prématuré chez les femmes évacuées ou référées confirmant q ue ce mode d’admission constituait un facteur de risque ( Mayele, 2020). Cette situation s’expliquerait par le fait que les patientes référées le sont souvent en raison de pathologies comme l’HTA, infection, saignement, souffrance fœtale ou encore le
retard dans la prise en charge.
Le non -suivi prénatal constitue l’un des résultats les plus significatifs de notre étude. En effet, 67,56 % des femmes n’avaient effectué aucune consultation prénatale. Ainsi,
le suivi en consultation prénatale (CPN) est apparue
comme un facteur majeur contre la survenue
d’accouchement prématurés. Les patientes n’ayant suivi uchement prématuré les CPN étaient exposées à l’acco comparativement à celles ayant fréquenté le service prénatal au cours de leur grossesse (OR=6,81[3,7712,31]). Ce lien est fortement soutenu par les directives de l’OMS qui recommandent au moins huit consultations prénatales pour détecter précocement les facteurs de risque obstétricaux. Les données issues de la littérature
internationale souligne que le suivi prénatal permet non
seulement de dépister précocement le facteurs des risques
obstétricaux, mais aussi de sensibiliser les femmes sur les
signes de menace d’accouchement prématuré, améliorant ainsi leur recours opportun aux soins (OMS,2016).
Les antécédents d’avortement (9,90 %) et de césarienne (7,02 %) étaient peu fréquents dans notre série. Toutefois, la littérature suggère que ces antécédents peuvent fragiliser la structure utérine et cervicale, facilitant ainsi la survenue d’un accouchement prématuré, notamment par l’apparition de béance cervicale ou de rupture prématurée des membranes (Ananth CV, 2023).
La RPM a été retrouvée dans 26,13 % des cas et son lien avec la prématurité est statistiquement très significatif (0R=5,21 [2,44-11,12]). Ce constat est conforme aux données de l’OMS
(2020) et à d’autres auteurs, qui rapportent que la perte de la barrière amniotique favorise une infection ascendante et l’apparition de contractions utérines menant à accouchement prématuré (Kawaya N, 2019).
La grossesse gémellaire, identifiée dans 25,23 % des cas, s’est révélée être un facteur de risque indépendant et statistiquement significatif (OR7,15 ; p = 0,0001). Ce résultat est conforme à ceux de la littérature qui rapportent une prévalence élevée de la prématurité chez les grossesses multiples, en raison d’une distension utérine excessive et d’un risque accru de RPM (Kawaya N, 2019).
La majorité des prématurés étaient modérément prématurés ( 38,07%), avec un poids de naissance compris entre 1501 g et 2000 g (41,00%). La survie néonatale était globalement satisfaisante (87,05%), bien qu’un taux de mortalité non négligeable ait été enregistré ( 12,94 %). Ce taux reste inférieur à celui rapporté au Mali (26,8 % selon Garba, 2021),
probablement grâce à une meilleure prise en charge
néonatale dans notre structure.
CONCLUSION
Notre étude montre que l’accouchement prématuré est fréquente et est influencé par certains facteurs évitables. Il apparait donc essentiel de renforcer la surveillance prénatale, de promouvoir le dépistage systématique des infections, d’améliorer l’éducation des femmes
enceintes et de renforcer les capacités de prise en charge
néonatales
RÉFÉRENCE
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