
LA DEPRECIATION DU FRANC CONGOLAIS FACE AU DOLLAR AMERICAIN ET SON IMPACT SUR LA VIE SOCIO-ECONOMIQUE DE LA POPULATION DANS LA VILLE DE KAMINA
Présenter Par UMBEMBE MUSHIKABENGA
| LA DEPRECIATION DU FRANC CONGOLAIS FACE AU DOLLAR AMERICAIN ET SON IMPACT SUR LA VIE SOCIO-ECONOMIQUE DE LA POPULATION DANS LA VILLE DE KAMINA |
EPIGRAPHE
| « Là où la monnaie perd sa valeur, c’est la vie de l’homme qui s’alourdit » |
Anonyme
DEDICACE
C’est avec un grand plaisir que je dédie ce travail à mes chers parents, pour leur soutien inébranlable, leur confiance et leur amour qui ont toujours illuminé mon chemin.
REMERCIEMENT
Ce présent mémoire est le fruit d’une recherche scientifique marquant la fin du cycle de bachelier à l’université de Kamina au sein de la faculté des sciences économiques et gestion.
Que la gloire soit rendue à notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu pour nous avoir conduits tout au long de notre formation.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la réalisation de ce travail.
Mes remerciements les plus sincères vont d’abord au Professeur Fulbert MUKALAY MUTOMBO, Directeur de ce mémoire, pour sa disponibilité, ses conseils éclairés et son encadrement rigoureux. Je remercie également mon Codirecteur, l’Assistant Dieu Merci KATSHIMPWE, pour son accompagnement méthodique, sa patience et son appui constant.
J’exprime toute ma reconnaissance à l’ensemble du corps académique, administratif et scientifique de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion de l’Université de Kamina, pour la qualité de la formation reçue tout au long de mon parcours.
Je n’oublie pas mes chers parents, pour leurs sacrifices, leur soutien moral et matériel, et pour avoir toujours cru en moi malgré les circonstances parfois difficiles.
Mes pensées reconnaissantes vont également à mes collègues, à mes amis et à tous ceux qui, par un mot, un geste ou un encouragement, m’ont aidé à aller jusqu’au bout de ce travail.
À chacun et à tous, merci infiniment.
Résumé
La présente étude intitulée « La dépréciation du franc congolais face au dollar américain et son impact sur la vie socio-économique de la population dans la ville de Kamina » analyse les conséquences de la baisse de la valeur de la monnaie nationale sur les conditions de vie de la population. À travers une approche analytique et économétrique, les données recueillies ont permis de mettre en évidence que la dépréciation du franc congolais entraîne une hausse généralisée des prix, une baisse du pouvoir d’achat, ainsi qu’une dégradation du niveau de vie des ménages.
L’étude s’est appuyée sur des enquêtes de terrain et l’analyse statistique, notamment à travers le test de Fisher, pour valider les hypothèses posées. Les résultats confirment que la dépréciation monétaire a un impact significatif sur la situation socio-économique des habitants de Kamina.
Ce travail souligne la nécessité de politiques économiques stables et de mesures monétaires rigoureuses pour préserver le pouvoir d’achat et améliorer les conditions de vie de la population.
Abstract
This study, entitled “The Depreciation of the Congolese Franc against the US Dollar and its Impact on the Socio-economic Life of the Population in the City of Kamina”, analyzes the consequences of the weakening national currency on living conditions. Through both analytical and econometric approaches, data collected revealed that the depreciation of the Congolese franc leads to a general increase in prices, a decrease in purchasing power, and a deterioration in the standard of living of households.
The study relied on field surveys and statistical analysis, notably using the Fisher test, to validate the hypotheses. The results confirm that currency depreciation has a significant impact on the socio-economic situation of the people of Kamina.
This work highlights the need for stable economic policies and strong monetary measures to protect purchasing power and improve the population’s living condition
0. INTRODUCTION GENERALE
Au cours des dernières années, la République Démocratique du Congo a connu une instabilité monétaire marquée, caractérisée par une dépréciation progressive du franc congolais (FC) face aux principales devises étrangères, notamment le dollar américain. Ce phénomène monétaire, loin d’être purement technique, a des répercussions profondes sur les conditions de vie des populations congolaises. Il touche particulièrement les ménages vulnérables, dont le pouvoir d’achat se voit réduit, rendant l’accès aux biens et services de base de plus en plus difficile.
La ville de Kamina, bien qu’éloignée des grands centres économiques comme Kinshasa ou Lubumbashi, n’échappe pas à cette réalité. Sa population, majoritairement constituée de commerçants, fonctionnaires, cultivateurs et travailleurs du secteur informel, subit de plein fouet les effets de cette dépréciation à travers la flambée des prix, la baisse des revenus réels et la précarité croissante. Face à ce constat, il devient impératif de mener une réflexion approfondie sur l’ampleur de cet impact à l’échelle locale.
Toute économie qui se veut dynamique et prospère a toujours aspiré à plusieurs objectifs au nombre desquels la croissance économique, le plein emploi, la stabilité de prix ainsi que l’équilibre budgétaire et extérieur qui constitue les quatre objectifs fondamentaux que poursuivent tous les gouvernements.
Aucun n’ignore le rôle important que joue la monnaie au sein de l’économie à travers ces trois fonctions essentielles qu’elle remplit à savoir : l’intermédiaire des échanges, unité de compte et réserve de valeur.
En effet, dans une économie de marché où un niveau des prix permet d’établir pour tous produits, un équilibre entre la production et la consommation ; ce prix d’équilibre constitue un compromis entre ce que les producteurs peuvent se permettre de facturer et ce que les consommateurs sont disposés à payer.
Le cas échéant, la ville de Kamina étant une ville pratiquement enclavée subissant, pour certains produits de première nécessité, l’influence des autres villes du pays qui l’approvisionne ; c’est ainsi que l’on a constaté qu’à chaque fois où il y a variation de prix de vente suite à la variation de la monnaie étrangère (dollar américain) cela se percute en augmentation ou en diminution pouvoir d’achat des consommateurs nonobstant l’élasticité réel de l’offre et de la demande de ces produits.
Les problèmes monétaires et financiers ne cessent d’attirer l’attention des observateurs de la science économique nationale congolaise et d’inquiéter les agents et opérateurs économiques du pays. Paraphrasant cette idée, nous sommes tentés de remarquer que d’un jour à l’autre, les cours de la monnaie congolaise, le franc congolais ne cesse de se déprécier, dépassant des seuils jamais soupçonnés face aux devises étrangères, le dollar américain notamment.
Il est clair que la monnaie nationale car la monnaie est dans l’économie d’un pays ce que le sang est au corps humain ; si le corps se porte bien, le sang sera aussi bon, par contre si le corps est malade, le sang ne pourra pas être indifférent.
C’est cette dernière situation que traverse la RDC, avec son économie quasiment par terre et sa monnaie qui d’une manière continue perd valeur face aux devises, principalement face au dollar Américain.
Eu égard à cette situation, les produits de première nécessité produits localement à Kamina ou dans des territoires environnants, et qui du reste, ne pouvaient être affectés par cette variation du franc congolais subissant souvent les mêmes conséquences que les mêmes produits venant d’ailleurs.
Voilà pourquoi nous nous sommes proposé de réfléchir sur ce sujet intitulé « La dépréciation du franc congolais face au dollar américain et son impact sur la vie socio-économique de la population dans la ville de Kamina ».
Dans ce travail nous analysons l’impact de cette dépréciation sur la vie socioéconomique de la population.
1. PROBLEMATIQUE
Dans toutes les économies du monde, la monnaie joue un rôle de premier plan et elle est au centre de la préoccupation de l’autorité monétaire qui met sur pied des politiques et stratégies pour faire face aux différentes dépenses et au financement des activités économiques.
La dépréciation monétaire demeure une préoccupation majeure dans les économies en développement, particulièrement en Afrique subsaharienne. En République Démocratique du Congo, le franc congolais (CDF) connaît une perte continue de sa valeur par rapport au dollar américain, une situation qui fragilise les équilibres macroéconomiques et affecte directement le quotidien des populations, notamment dans les zones intérieures comme la ville de Kamina.
Dans ce contexte, il devient crucial d’analyser comment cette perte de valeur du franc congolais influence concrètement les conditions socio-économiques de la population de Kamina, ville stratégique du Haut-Lomami.
Nous nous proposons de diagnostiquer les causes de cette dépréciation et d’analyser les solutions qu’apporte l’autorité monétaire pour y faire face.
La démarche scientifique de notre travail part d’un certain nombre de questionnement :
Question de recherche principale
Dans le cadre de cette étude, la question principale de recherche qui guide notre réflexion est formulée comme suit : « Quel est l’impact de la dépréciation du franc congolais face au dollar américain sur la vie socio-économique de la population dans la ville de Kamina ? »
Questions spécifiques
De cette question de départ, nous retenons les questions de recherche ci-après :
- Quelles sont les causes structurelles et conjoncturelles de la dépréciation du franc congolais ?
- En quoi cette dépréciation influence-t-elle le niveau de vie et la consommation des ménages à Kamina ?
- Comment le comportement des acteurs économiques locaux s’adapte-t-il à cette instabilité monétaire ?
- Quelles sont les répercussions sociales de cette dépréciation dans la ville de Kamina ?
- Quelle en sont les conséquences sur la vie socio-économique de la population dans la ville de Kamina ?
2. HYPOTHESES
Nous considérons l’hypothèse comme étant des réponses partielles données à un questionnaire, elle est ébauchée des explications de fait elle peut être maintenue ou rejetée après analyse avec les données récoltées sur terrain.
Elle est également définie comme étant « une proposition temporaire des réponses acceptée comme vrai à la lumière de ce qui est à un moment donné connu, sur le sujet des phénomènes de la nouvelle vérité » (Kasongo Mwenze S. 2023-2024)
En guise d’hypothèse aux questions précédentes, nous pensons qu’à partir de la problématique définie, les hypothèses suivantes sont formulées pour orienter cette étude sur la dépréciation du franc congolais face au dollar américain et ses impacts socio-économiques à Kamina :
Hypothèse générale
- H0 : La dépréciation du franc congolais face au dollar américain a un impact négatif significatif sur les conditions de vie socio-économiques de la population dans la ville de Kamina.
Hypothèses spécifiques
- H1 : La dépréciation du franc congolais résulte de facteurs structurels tels que la faible diversification économique et la dépendance excessive aux importations ;
- H2 : La perte de valeur du franc congolais réduit le pouvoir d’achat des ménages à Kamina, ce qui entraîne une baisse significative de leur niveau de consommation ;
- H3 : La dépréciation monétaire provoque une augmentation des prix des biens de première nécessité, affectant directement le budget des ménages ;
- H4: En réponse à l’instabilité du franc congolais, les acteurs économiques locaux adoptent des stratégies d’adaptation telles que la dollarisation des transactions et la réduction des dépenses non essentielles ;
- H5 : La dépréciation du franc Congolais aurait une incidence négative sur la vie socio-économique de la population soit une diminution du niveau de consommation ;
Ces hypothèses permettront d’orienter la démarche méthodologique, en ciblant précisément les causes, les effets et les mécanismes d’adaptation liés à la dépréciation monétaire dans la ville de Kamina.
3. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE
a) OBJECTIF GENERAL
Notre objectif principal est d’analyser l’impact ainsi que les effets de la dépréciation du franc congolais face au dollar américain sur les conditions de vie de la population dans la ville de Kamina.
b) OBJECTIFS OPÉRATIONNELS
Les objectifs opérationnels concernant la dépréciation du franc congolais face au dollar américain et son impact sur la vie socio-économique de la population dans la ville de Kamina incluent :
- Identifier les principales causes de la dépréciation du franc congolais au niveau national et local.
- Examiner les répercussions de la variation du taux de change sur les prix des biens et services essentiels.
- Analyser l’impact de la dépréciation sur les prix des produits de première nécessité ;
- Évaluer les conséquences économiques sur le pouvoir d’achat des ménages ;
- Identifier les adaptations des consommateurs face à l’augmentation des prix ;
- Proposer des recommandations pour stabiliser le marché local et améliorer la sécurité alimentaire.
4. METHODOLOGIE ET TECHNIQUES
4.1. METHODE
La présente étude se fonde sur une combinaison de la méthode analytique et de l’approche économétrique. Cette double approche nous permettra de mieux comprendre la dépréciation du franc congolais face au dollar américain et d’en mesurer les répercussions concrètes sur la vie socio-économique des habitants de la ville de Kamina.
L’évolution d’une recherche scientifique n’est fiable que lorsqu’on suit un chemin appelé méthode et qu’on utilise des instruments appelés techniques.
- La méthode analytique
Pour mener à bien cette étude, nous avons adopté la méthode analytique comme méthode principale. Cette méthode consiste à examiner en profondeur les différents éléments qui composent la problématique, à les décomposer, à identifier les causes de la dépréciation du franc congolais, ainsi que les mécanismes à travers lesquels cette dépréciation influence la vie socio-économique des populations de la ville de Kamina.
La méthode analytique permet ainsi de décomposer les faits économiques afin d’établir des relations de cause à effet. Elle est particulièrement appropriée pour des recherches à caractère économique, où il est essentiel de comprendre les interactions entre variables monétaires et socio-économiques.
Dans le cadre de cette recherche, la méthode analytique est utilisée pour :
- Étudier l’évolution du taux de change CDF/USD sur la période récente ;
- Analyser les répercussions de cette évolution sur des aspects tels que le coût de la vie, le niveau de revenu réel, et l’accès aux biens de consommation ;
- Déterminer les mécanismes de transmission des chocs monétaires sur la vie quotidienne de la population de Kamina.
L’adoption de la méthode analytique dans cette étude vise à comprendre en profondeur le phénomène de la dépréciation du franc congolais et son impact réel sur les conditions de vie des habitants de Kamina, afin de formuler des conclusions et recommandations fondées sur l’analyse rigoureuse des faits observés.
- Approche économétrique
En complément de la méthode analytique, la présente étude adopte également une approche économétrique, permettant de quantifier les relations entre les variables monétaires et socio-économiques, et de vérifier empiriquement les hypothèses formulées à partir de l’analyse théorique.
L’approche économétrique est un outil essentiel dans les recherches économiques, car elle permet de tester les relations causales entre des phénomènes économiques à l’aide de données chiffrées. Elle est particulièrement utile dans le cadre de cette recherche, où l’on souhaite mesurer l’impact de la dépréciation du franc congolais (CDF) sur des indicateurs tels que le niveau de vie, l’inflation, les revenus des ménages, ou encore l’accès aux biens essentiels.
4.2. TECHNIQUES
Dans le cadre de notre étude nous avions utilisé les techniques ci-après :
- La technique d’interviews libres : qui nous a permis d’entrer en contact avec les différents agents économiques, notamment les commerçants, les chefs de ménage ainsi que les agents de l’institut nationale de la statistique et ceux de la banque centrale congolaise
- La technique documentaire : qui nous a permis de consulter les différents rapports de la banque centrale du Congo, les publications de l’institut national des statistiques, les revues scientifiques, les ouvrages scientifiques, les notes de cours, les monographies, les mémoires, les différents sites web… pour recueillir les informations utiles à ce travail.
5. JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET & MOTIVATION
Toute construction théorique part toujours des situations qui posent problème, ainsi nous nous proposons dans cette étude d’éclairer l’opinion publique sur l’importance de la monnaie dans l’économie ; de ce fait nous présentons l’état des fluctuations du franc Congolais face au dollar Américain et leurs conséquences sur la vie quotidienne du peuple congolais.
Le choix de ce sujet est motivé par l’intérêt qu’il revêt sur le plan scientifique et pratique :
Sur le plan pratique : le choix de ce sujet réside dans le fait qu’on pourra expliquer aux lecteurs l’arsenal des politiques de l’autorité monétaire quant à la variation du taux de dollar américain, les facteurs qui influencent cette variation ainsi que les sources d’approvisionnement en produits des premières nécessités.
Sur le plan scientifique : ce sujet se justifie par le fait qu’il permet d’élargir les connaissances en sciences économiques et de gestion en particulier, mais aussi apporter une modeste pierre à la construction de la pyramide scientifique en général.
Il est de ce fait pour d’autres chercheurs, un outil de référence important d’acquérir et d’approfondir les connaissances sur les questions spéciales de la dépréciation du franc congolais et sur la politique monétaire.
Nous avons comme intérêt :
Sur le plan personnel : ce sujet nous permet d’approfondir nos connaissances économiques tout en nous contactant avec la réalité vécue par la population de la place, ce qui renforce notre engagement personnel.
Sur le plan scientifique : elle offre une opportunité d’analyse des données économiques récente et de contribuer à la littérature sur l’impact des fluctuations monétaires, sur le pouvoir d’achat, enrichissant aussi les débats académiques.
Sur le plan social : notre recherche peut éclairer les décideurs sur les défis économiques auxquels font face les ménages. Potentiellement influençant des politiques publiques pour améliorer la situation la situation économique locale.
Comprendre comment cette dépréciation impact la vie socio-économique de la population dans la ville de Kamina permet d’éclairer les enjeux économiques locaux et d’orienter les politiques publiques en faveur d’une meilleure stabilité économique.
- Impact sur la sécurité alimentaire : la dépréciation du franc congolais entraine une hausse des prix des denrées alimentaires importées. Cela peut permettre la sécurité alimentaire des ménages, car des nombreuses familles ont du mal à se procurer les aliments nécessaires à une nutrition équilibrée ;
- Augmentation des inégalités socio-économiques : la dévaluation de la monnaie accentue les inégalités entre les ménages. Les familles à revenu fixe, comme les fonctionnaires ou les retraités sont particulièrement touchés, Car leurs revenus ne suivent pas l’augmentation des prix ; tandis que ceux qui ont des revenus en dollars peuvent mieux s’adapter ;
- Changement dans le comportement d’achat : face à la montée des prix, les ménages peuvent être contraints de modifier leurs habitudes d’achat en privilégiant des produits moins chers ou en réduisant la quantité de bien achetés. Cela peut avoir un impact sur leurs qualités de vie et celle de leurs familles ;
- Effet sur le commerce local : la dépréciation peut également affecter le commerce local, les commerçants doivent ajuster leurs prix pour compenser l’augmentation des coûts d’importation, ce qui peut réduire la demande et affecter négativement l’économie locale.
- Rôles des politiques économiques : ce sujet soulève également la question de l’efficacité des politiques économiques mis en place par le gouvernement pour stabiliser le franc congolais et protéger le pouvoir d’achat des ménages. L’analyse de ce contexte peut conduire à des recommandations pour une meilleure gestion économique.
Ces motivations renforcent l’importance d’étudier ce phénomène afin de mieux comprendre ses implications et de proposer des solutions adaptées aux besoins de la population dans la ville de Kamina
6. DELIMITATION DU SUJET
La science n’est pas un tas désespéré, elle est vaste jusqu’à tel point que nul ne peut s’hasarder étudier un domaine dans son entièreté à cause de l’interdisciplinarité, il faut donc délimiter un sujet de recherche dans le temps et dans l’espace.
C’est ainsi que nous sommes obligés de simplifier pour faciliter une meilleure compréhension des données.
Sur le plan temporel, notre étude porte la période qui couvre nos enquêtes soit de 2020 à 2024.
Sur le plan spatial, la recherche sera menée dans la ville de Kamina, pour voir comment la dépréciation du franc Congolais crée impact la vie socio-économique de la population dans ladite ville.
7. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Pour atteindre les objectifs fixés dans ce travail, nous l’avons subdivisé, hormis l’introduction et la conclusion, en trois chapitres qui aussi à leurs tours subdivisés en sections.
- Le premier chapitre sera consacré au cadre théorique de la recherche : Revue de la littérature ;
- Le deuxième chapitre portera sur le cadre méthodologique de la recherche;
- Le troisième chapitre traitera sur la présentation et discussion de résultats.
CHAPITRE PREMIER : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE SUR LA DEPRECIATION DU FRANC CONGOLAIS : REVUE DE LA LITTERATURE
Dans ce chapitre, il sera question pour nous de définir les concepts de base de notre étude afin d’en faciliter la compréhension notamment par un aperçu historique explicatif de ce dernier.
SECTION 1 : REVUE DE LA LITTÉRATURE THÉORIQUE SUR LA DÉPRÉCIATION DU FRANC CONGOLAIS
1. Dépréciation
La dépréciation monétaire est un phénomène économique qui se manifeste par la perte de valeur d’une monnaie nationale par rapport à une ou plusieurs monnaies étrangères, notamment dans un régime de change flexible. Elle reflète un déséquilibre dans le système économique et financier d’un pays, où la demande de devises étrangères excède l’offre disponible, entraînant ainsi une baisse de la valeur de la monnaie locale.
Amisi Lokuli (2017) souligne que la dépréciation traduit souvent une perte de confiance des agents économiques dans la stabilité macroéconomique du pays. Cette situation incite les investisseurs et les épargnants à se tourner vers les devises étrangères, notamment le dollar américain, ce qui accentue la dépréciation.
En effet si 500CDF permettaient d’obtenir en 2006 1USD ou 1 litre d’huile de palme et qu’en 2010 la même quantité de CDF soit 500CDF ne permet plus que d’obtenir 0, 56USD ou ½ litre d’huile de palme, le CDF s’est déprécié par rapport au USD et son pouvoir d’achat se dégradé par rapport au bien huile de palme.
Dans le cadre de notre étude nous définissons la dépréciation comme la perte de la valeur de l’unité monétaire due par la force du marché.
La dépréciation monétaire constitue un défi de taille pour les pays en développement. Dans le cas spécifique de la ville de Kamina, cette perte de valeur du franc congolais face au dollar américain a des répercussions visibles sur la vie socio-économique des habitants, notamment à travers la hausse du coût de la vie, la baisse du pouvoir d’achat, et la détérioration des conditions sociales.
2. Taux de change
Le taux de change désigne le rapport auquel une monnaie peut être échangée contre une autre sur le marché des changes. C’est un indicateur fondamental dans les transactions internationales, car il conditionne la compétitivité des exportations, le coût des importations, le service de la dette extérieure et, plus largement, la stabilité macroéconomique d’un pays.
Selon Kayembe Lufungula (2015), le taux de change est un baromètre de la santé économique d’un pays. Une monnaie qui se déprécie continuellement traduit un déséquilibre économique et financier, souvent lié à des déficits budgétaires, une inflation élevée ou une fuite des capitaux. Cela affecte directement les échanges commerciaux et la confiance des investisseurs.
Dans la pratique, la plupart des pays définissent le taux de change comme le prix de la devise étrangère exprimée en monnaie nationale ; c’est la définition que nous retenons pour notre travail.
Cependant il convient de noter que dans les modalités de fixation du taux de change, deux régimes s’opposent :
- Régime de change fixe
Il est caractérisé par l’existence d’une parité officielle de référence ; la banque centrale ou la banque d’émission est chargée de faire respecter cette parité en intervenant sur le marché de change grâce à ses réserves des devises.
- Régime de change flexible
En régime de change flexible, les fluctuations du marché sont libres et l’autorité monétaire pas tenue d’intervenir sur le marché de change.
Au milieu de ces 2 régimes il y a le régime de change intermédiaire qui n’est ni flexible, ni fixe pur ; il est souvent adopté pour conserver les avantages du change fixe tout en permettant la flexibilité et l’adaptabilité du change flottant ;
Notons que le flottement impur est le régime de change en pratique en RDC, qui est flexible accompagné des interventions de l’autorité monétaire.
3. La monnaie
La monnaie est un pilier fondamental de toute économie moderne. Elle représente un moyen d’échange accepté par tous, une unité de mesure de la valeur et un instrument de réserve. Son rôle va bien au-delà de la simple circulation des biens et services ; elle est un vecteur de stabilité économique et sociale.
Selon Makengo Lunda (2015), la monnaie se définit comme tout bien ou instrument utilisé pour effectuer des paiements et régler des dettes. Elle est essentielle pour faciliter les échanges commerciaux, réduire les coûts de transaction et soutenir le développement économique. Dans un pays comme la République Démocratique du Congo, où les inégalités régionales sont fortes, la monnaie joue également un rôle d’intégration économique nationale.
Partant de cette conception, la monnaie est l’expression d’un pouvoir d’achat et à ce titre elle sert également :
- D’instrument d’épargne dont la valeur en termes de pouvoir d’achat dépendra de sa stabilité ;
- De moyen de transport des valeurs dont elle est l’expression sur tout le territoire ou elle a cour légale.
4. Population
Dans toute recherche à caractère socio-économique, la notion de population revêt une importance capitale. Elle désigne l’ensemble des individus ou groupes sur lesquels porte l’étude et à partir desquels les données seront collectées afin de répondre aux objectifs de recherche.
Dans le cadre de ce travail, la population représente l’ensemble des habitants de la ville de Kamina, dans la province du Haut-Lomami, en République Démocratique du Congo. Ces individus, qu’ils soient commerçants, fonctionnaires, étudiants, ménagères ou travailleurs du secteur informel, partagent une réalité économique marquée par une dépréciation persistante du franc congolais face au dollar américain.
Selon Lumbala Kabuya (2016), la population dans une étude de type socio-économique doit être définie avec clarté afin de permettre une collecte ciblée et fiable des données. À Kamina, la forte dépendance aux produits importés et la présence d’un système de double circulation monétaire accentuent les effets de la dépréciation monétaire sur les ménages.
5. L’inflation
L’inflation est un phénomène économique qui se manifeste par une hausse générale, durable et cumulative des prix des biens et services sur un territoire donné. Elle se traduit par une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie, affectant directement la consommation des ménages, l’investissement et l’épargne. Dans un contexte comme celui de la RDC, marqué par une forte instabilité monétaire, l’inflation devient un indicateur clé pour mesurer les déséquilibres économiques.
Selon Musubao Kayembe (2015), l’inflation en République Démocratique du Congo résulte principalement de la faiblesse du cadre macroéconomique, combinée à une dépendance accrue vis-à-vis des importations. Ainsi, toute variation défavorable du taux de change provoque une flambée des prix intérieurs.
C’est dans le même sens que le professeur M. Mabi, (p. 129) dit que l’inflation est un ensemble de déséquilibres entre l’offre et la demande des secteurs de production et groupement de consommateurs, prenant leurs origines aussi bien de ruptures d’équilibres qui accompagnent les fluctuations de la conjoncture intérieure et extérieure, que dans une modification de caractéristiques structurelles de l’économie. Ces déséquilibres se propagent, s’amplifient ou se résorbent selon un processus cumulatif en raison d’une perversion des mécanismes économiques.
Cette définition met en exergue les éléments suivants :
- L’inflation résulte d’un ensemble de déséquilibres sectoriels et non d’un déséquilibre entre quantités globales. Ces phénomènes se localise à l’échelle des firmes et des secteurs des particuliers et de classes sociales ;
- L’inflation est de nature structurelle et les facteurs conjoncturels ne sont que des causes immédiates d’un déséquilibre, dont l’origine profonde provient de mauvaises structures économiques.
Cette érosion se manifeste notamment par la hausse du niveau général des prix, mais pas nécessairement, mais pas nécessairement, les mécanismes de l’économie (production, revenu, prix). En ce sens, le processus inflationniste est fondé sur les mécanismes macro-économiques.
Dans toutes ses définitions, nous pouvons souligner les caractéristiques essentielles de l’inflation notamment « manifestation d’un déséquilibre économique » qui peut être durable et caractérisé par une hausse générale des prix. « Le mécanisme monétaire » qui doit tenir compte à un moment donné, de l’évolution du pouvoir d’achat de la monnaie, en fin, « le processus économique » avec l’ensemble de concepts qui s’y réfère et dont le comportement n’est pas stable.
NOTIONS GENERALES SUR LA MONNAIE
1. Définition
Les fonctions traditionnelles de la monnaie permettent de la définir plutôt ses aspects extrêmement divers.
- La monnaie est une unité de compte
C’est un instrument qui sert à mesurer les autres biens et services
- La monnaie est un moyen de paiement
Elle à ce titre d’intermédiaire dans les échanges entre les biens et services (entre l’offre et la demande ou l’achat et la vente des biens et services)
- La monnaie est une réserve de valeur
Elle sert à conserver le pouvoir d’achat, en d’autres termes, elle permet de mettre en réserve de la valeur pour une utilisation ultérieure.
La monnaie est aussi définie en termes d’agrégats monétaire, à ce titre elle est la sommation entre :
M1 : stock monétaire (monnaie métallique, fiduciaire et scripturale)
M2 : masse monétaire (stock monétaire et les dépôts à terme ou quasi monnaie)
M3 : masse monétaire et les instruments monétaires négociables ou les titres de placement.
Monnaie = M1+M2+M3.
2. Origine
La notion de la monnaie apparait tôt dans l’histoire des sociétés humaines et sous des formes variées.
- Premièrement il s’agissait des objets ayant usage courant, et ils étaient appelés monnaie-marchandise à la marchandise monnaie.
- Deuxièmement la monnaie pesée (à chaque transaction il faut peser ou mesurer le poids exact du lingot)
Suite au caractère de peser quoi entravait les échanges et surtout étant donné que la monnaie métallique présentait l’inconvénient d’être lourde et encombrante, les détenteurs l’échangèrent cotre des reçus chez les orfèvres qui s’occupaient de la fonte.
Ainsi elle est devenue monnaie fiduciaire qui reposait essentiellement sur la confiance que l’on accordait à celui qui l’émettait.
Le caractère très diversifié des transactions les détenteurs des reçus d’un côté commencèrent à s’échangés et de l’autre côté les orfèvres commencèrent à accorder des prêts des reçus et en gardé ainsi seulement des écritures justifiant les emprunts ; on est ainsi passé de la monnaie scripturale ou la monnaie d’écriture.
A l’heure actuelle, on rencontre en RDC les 3 formes suivantes :
- Monnaie métallique : émise par la BCC, elle est aussi appelée monnaie divisionnaire
- Monnaie fiduciaire : ensemble des billets de banque en circulation, émise en coupure par la BCC et détenus par les ménages et les entreprises.
- Monnaie scripturale : ensemble des dépôts auprès des banques commerciales (RAWBANK, BCDC, TMB etc.)
3. Fonctions économiques de la monnaie
A part les fonctions traditionnelles, la monnaie remplie également d’autres fonctions dites modernes.
3. 1 Les fonctions traditionnelles
- Fonction de rémunération ou unité de valeur ou encore étalon des valeurs ;
- Fonction d’intermédiaire des échanges ;
- Fonction de réserve de valeur ou instrument d’épargne.
3. 2 Les fonctions modernes
- Fonction de liquidité
La monnaie peut à tout moment la convertir à n’importe quel bien ou service, en tout lieu (à l’intérieur tout comme à l’extérieur du pays).
Ainsi l’analyse monétaire moderne retient 3 types de liquidité:
- La liquidité primaire : les billets de banque, les pièces de monnaie métallique, les chèques, les cartes de crédit etc.
- La liquidité secondaire : les bons de trésor avec possibilité de les convertir rapidement et sans risque de perte du capital.
- Les liquidités tertiaires : les actions et les obligations dont la vente comporte souvent un risque dû à la baisse du prix.
- Fonction d’instrument de politique économique
L’état joue le rôle de régulateur en sa qualité de garant de l’intérêt général et de l’équilibre en octroyant des crédits pour financer les activités économiques à fin d’accroitre leur niveau.
4. Les qualités d’une bonne monnaie
Pour qu’un bien joue effectivement le rôle de monnaie, il est indispensable qu’il soit :
- Economiquement divisible, de manière que son fonctionnement ne puisse altérer sa valeur qui doit rester intacte.
- Précieux, il doit avoir une valeur en soi dans une économie
- Indestructible, dans la mesure où elle a de la valeur intrinsèque dans un pays.
5. Les formes de la monnaie
5. 1 Monnaie métallique
Sous cette forme la monnaie est liée dans le système de l’offre et demande du métal précieux quoi incorpore les caractères suivants : l’homogénéité, la rareté et la divisibilité.
5. 2 Monnaie fiduciaire
Appelée monnaie, elle est constituée par l’ensemble des billets de banque en circulation émis par la banque d’émission ou la banque centrale.
5. 3 Monnaie scripturale
Elle constituée par l’ensemble des dépôts à vue gérer par les banques, les entreprises financières les caisses d’épargne, les centres des chèques postaux etc.
Appelée aussi monnaie.
La valeur de la monnaie scripturale tient essentiellement à son pouvoir libératoire, conformément aux décisions du pouvoir publique et entrainant son acceptation générale.
- Caractéristiques de la monnaie
En tant qu’instrument de règlement, la monnaie présente 3 caractères principaux :
- Caractère indéterminé : la monnaie matérialise de ce fait le pouvoir d’achat non différencié c’est-à-dire qu’elle permet d’acquérir n’importe quel bien.
- Caractère général : la monnaie est admise partout dans le monde et en des fortes circonstances, dans l’espace économique national ou international.
- Caractère immédiat : le transfert de la monnaie permet d’éteindre définitivement les dettes ; c’est un instrument de libération ou encore un instrument de règlement définitif.
SECTION 2 : REVUE DE LA LITTERATURE EMPIRIQUE SUR LA DEPRECIATION DU FRANC CONGOLAIS
Nous notons aussi que durant une décennie allant de 2015 à aujourd’hui, le taux de change ainsi que l’inflation n’ont pas été correctement maitrisés, la monnaie nationale qui est le franc congolais s’est dépréciée totalement face aux devises qui est le dollar américain ce qui n’a pas permis le pays de renouer avec le taux de croissance positif.
- Mbuyi Kankonde (Kinshasa, 2015) a mené une étude sur les effets de la dépréciation monétaire sur le niveau de vie des ménages. Il a utilisé une méthode descriptive combinée à une enquête auprès de 100 ménages urbains. Les variables étudiées comprenaient le taux de change, le revenu des ménages et le niveau des prix. Ses résultats montrent que la perte de valeur du franc congolais entraîne une augmentation généralisée des prix, réduisant ainsi le pouvoir d’achat des ménages et augmentant leur vulnérabilité économique.
- Bisimwa Kambere (Goma, 2016) a analysé l’impact du taux de change sur le panier de la ménagère à travers une régression linéaire multiple sur des données mensuelles de 2010 à 2015. Les variables clés comprenaient le taux de change, le prix des biens de première nécessité, et le revenu moyen des ménages. Les résultats indiquent une forte corrélation entre la dépréciation du franc congolais et la hausse des prix des produits de base, affectant négativement le pouvoir d’achat.
- Kashindi Munganga (Bukavu, 2017) a effectué une étude comparative entre deux périodes, avant et après la dépréciation monétaire. Il a recueilli des données par questionnaires auprès des ménages, portant sur les revenus, les dépenses et l’accès aux services sociaux. Ses résultats montrent que la dévaluation a aggravé la pauvreté urbaine en diminuant les revenus réels et en réduisant l’accès aux services essentiels.
- Tshibola Ntumba (Kinshasa, 2018) a conduit une étude économétrique utilisant le modèle VECM sur des données de la Banque Centrale du Congo, portant sur la dollarisation de l’économie et ses effets sur la stabilité macroéconomique. Les variables comprenaient le taux de dollarisation, l’inflation, et la croissance économique. Ses conclusions soulignent que la dollarisation entrave le contrôle de l’inflation et fragilise la politique monétaire nationale.
- Ilunga Kisimba (Kinshasa, 2019) a étudié la relation entre la volatilité du taux de change et la croissance économique en RDC à travers une analyse en séries chronologiques de 2000 à 2018. Les variables incluaient la croissance du PIB, le taux de change et les investissements. Les résultats montrent que l’instabilité du taux de change freine les investissements productifs et ralentit la croissance économique.
- Ngoy Mpoyi (Kananga, 2020) a analysé qualitativement l’impact de la dépréciation monétaire sur l’insécurité alimentaire. Il a mené des entretiens avec des commerçants et des ménages, en se concentrant sur les prix des denrées alimentaires et l’accès à la nourriture. Ses résultats indiquent que l’instabilité du franc congolais augmente le coût des produits alimentaires importés, aggravant ainsi l’insécurité alimentaire.
- Kabuya Kalombo (Kisangani, 2021) a réalisé une étude descriptive basée sur des observations de terrain et des entretiens sur l’impact du taux de change sur l’informalité économique. Les variables comprenaient le taux de change, la proportion d’activités informelles, et le revenu des travailleurs. Ses conclusions montrent que la dépréciation constante du franc pousse plusieurs acteurs économiques vers le secteur informel.
- Makiese Fwamba (Lubumbashi et Matadi, 2022) a examiné les effets sociaux de l’inflation importée en utilisant des analyses des prix et des enquêtes auprès des ménages. Les variables étudiées étaient le taux d’inflation, les revenus, et le niveau de vie. Les résultats démontrent que l’inflation liée à la chute du taux de change impacte durement les couches sociales à faible revenu.
- Mutombo Luyeye (Kinshasa, 2023) a analysé le comportement des consommateurs face à la monnaie nationale via un sondage de 150 consommateurs, portant sur la confiance dans la monnaie, les habitudes d’achat et l’utilisation du dollar. Les résultats indiquent une méfiance croissante envers le franc congolais, renforçant la dollarisation des transactions.
- Kasereka Bin-Kapita (Mbuji-Mayi, 2024) a mené une modélisation économique et recueillie des données auprès d’agents publics pour étudier l’impact de la dépréciation monétaire sur l’équilibre budgétaire des ménages. Les variables clés étaient le taux de change, le pouvoir d’achat, et les dépenses des ménages. Les résultats ont révélé que la dépréciation réduit significativement le pouvoir d’achat, forçant les ménages à réduire leurs dépenses, notamment en santé et éducation.
DEUXIEME CHAPITRE : CADRE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE
Ce chapitre présente la démarche méthodologique adoptée pour mener à bien cette étude sur la dépréciation du franc congolais face au dollar américain et son impact sur la vie socio-économique des habitants de la ville de Kamina. Il permet de décrire le type de recherche, les méthodes utilisées, les instruments de collecte de données, ainsi que le contexte dans lequel la recherche a été effectuée. L’objectif est de garantir la rigueur scientifique et la fiabilité des résultats obtenus.
SECTION 1: DESCRIPTION DE LA METHODE ET INSTRUMENT DE LA RECHERCHE
Étant donné la complexité du phénomène de la dépréciation du franc congolais et ses implications multiples sur la vie socio-économique de la population de la ville de Kamina, nous avons opté pour une double approche : la méthode analytique, afin de comprendre les causes et les mécanismes de la dépréciation, et l’approche économétrique, pour évaluer de manière quantitative son impact sur certaines variables socio-économiques clés.
- Méthode de recherche
- La méthode analytique
Pour mener à bien cette étude, nous avons adopté la méthode analytique comme méthode principale. Cette méthode consiste à examiner en profondeur les différents éléments qui composent la problématique, à les décomposer, à identifier les causes de la dépréciation du franc congolais, ainsi que les mécanismes à travers lesquels cette dépréciation influence la vie socio-économique des populations de la ville de Kamina.
La méthode analytique permet ainsi de décomposer les faits économiques afin d’établir des relations de cause à effet. Elle est particulièrement appropriée pour des recherches à caractère économique, où il est essentiel de comprendre les interactions entre variables monétaires et socio-économiques.
Dans le cadre de cette recherche, la méthode analytique est utilisée pour :
- Étudier l’évolution du taux de change CDF/USD sur la période récente ;
- Analyser les répercussions de cette évolution sur des aspects tels que le coût de la vie, le niveau de revenu réel, et l’accès aux biens de consommation ;
- Déterminer les mécanismes de transmission des chocs monétaires sur la vie quotidienne de la population de Kamina.
L’adoption de la méthode analytique dans cette étude vise à comprendre en profondeur le phénomène de la dépréciation du franc congolais et son impact réel sur les conditions de vie des habitants de Kamina, afin de formuler des conclusions et recommandations fondées sur l’analyse rigoureuse des faits observés.
- Approche économétrique
En complément de la méthode analytique, la présente étude adopte également une approche économétrique, permettant de quantifier les relations entre les variables monétaires et socio-économiques, et de vérifier empiriquement les hypothèses formulées à partir de l’analyse théorique.
L’approche économétrique est un outil essentiel dans les recherches économiques, car elle permet de tester les relations causales entre des phénomènes économiques à l’aide de données chiffrées. Elle est particulièrement utile dans le cadre de cette recherche, où l’on souhaite mesurer l’impact de la dépréciation du franc congolais (CDF) sur des indicateurs tels que le niveau de vie, l’inflation, les revenus des ménages, ou encore l’accès aux biens essentiels.
Dans cette étude, les variables suivantes seront considérées :
- Variable dépendante : niveau de vie des ménages (approché par le pouvoir d’achat, l’accès aux biens de consommation, etc.)
- Variables explicatives : taux de change CDF/USD, taux d’inflation, revenu moyen, prix des produits de base.
Nous utiliserons un modèle de régression linéaire simple ou multiple, selon la disponibilité des données, pour évaluer comment la variation du taux de change affecte les conditions de vie de la population à Kamina.
L’analyse économétrique nous permettra ainsi de :
- Tester les hypothèses de recherche ;
- Quantifier l’impact de la dépréciation sur les conditions socio-économiques ;
- Identifier les variables les plus influencées par les fluctuations du taux de change.
- Instrument de la recherche
Les principaux instruments de collecte des données sont :
- Le questionnaire : Distribue à un échantillon de la population pour recueillir des données sur le pouvoir d’achat, les prix, les habitudes de consommation…
- L’entretien : Réalise avec certains acteurs clés (commerce, fonctionnaires, chefs de quartier) pour approfondir la compréhension des dynamiques économiques locales.
- L’observation directe : Pour noter les réalités du terrain, les prix pratiqués dans les marchés.
- Population d’étude
Dans le cadre de cette recherche, la population d’étude est constituée des habitants de la ville de Kamina, chef-lieu de la province du Haut-Lomami, en République Démocratique du Congo. Cette population comprend des ménages, des commerçants, des fonctionnaires, des agents du secteur informel, des étudiants, ainsi que d’autres catégories socio-professionnelles représentatives de la vie économique locale.
La ville de Kamina a été retenue comme champ d’étude en raison de son exposition manifeste aux effets de la dépréciation du franc congolais face au dollar américain, à travers la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat, et l’instabilité des revenus des ménages. En effet, la majorité des produits de première nécessité sont soit importés, soit indexés sur le dollar américain, rendant la population locale particulièrement vulnérable aux fluctuations du taux de change.
La population cible regroupe donc toutes les personnes résidant à Kamina et directement ou indirectement touchées par la baisse du pouvoir d’achat, les hausses des prix, ou encore les difficultés économiques engendrées par l’instabilité du taux de change. Cette définition large permet d’inclure une diversité d’acteurs économiques et sociaux, favorisant ainsi une meilleure compréhension des effets socio-économiques concrets de la dépréciation du franc congolais sur le terrain.
- Échantillon d’étude
Pour des raisons de temps, de moyens logistiques et financiers, il est difficile de couvrir l’ensemble de la population de la ville de Kamina dans le cadre de cette recherche. Il s’est donc avéré nécessaire de travailler avec un échantillon représentatif de cette population cible.
L’échantillon d’étude désigne un sous-ensemble de la population sélectionné de manière à refléter les principales caractéristiques de celle-ci. Il est constitué de 60 personnes, choisies selon une méthode raisonnée et réparties entre plusieurs catégories socio-professionnelles : commerçants, agents de l’État, étudiants, chefs de ménages, et travailleurs du secteur informel. Ce choix vise à capter une diversité d’expériences économiques liées à la dépréciation du franc congolais face au dollar américain.
Le nombre de 60 enquêtés a été retenu sur base des critères de disponibilité, accessibilité, et de capacité d’analyse réaliste dans le cadre de ce travail de fin de cycle. Comme le souligne Mugenda & Mugenda (2015), un échantillon n’a pas nécessairement besoin d’être grand pour être pertinent, à condition qu’il soit bien structuré et représentatif de la population cible.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par une répartition équilibrée selon le sexe, l’âge, l’activité professionnelle, et la zone de résidence. Cette structuration permet de recueillir des données variées, permettant une analyse plus fine et plus nuancée de l’impact de la dépréciation monétaire sur les conditions de vie des habitants de Kamina.
Ainsi, cet échantillon constitue le support empirique sur lequel se base l’analyse des effets de la dépréciation du franc congolais dans cette ville.
- Détermination de la taille de l’échantillon
La taille de l’échantillon constitue un élément clé dans la réalisation d’une étude empirique. Dans le cadre de cette recherche portant sur l’impact de la dépréciation du franc congolais face au dollar américain sur la vie socio-économique de la population dans la ville de Kamina, le choix de travailler avec 60 enquêtés résulte d’un processus méthodique tenant compte de plusieurs paramètres liés à la réalité du terrain et aux exigences scientifiques.
Étant donné l’impossibilité d’interroger l’ensemble de la population de Kamina, estimée à plusieurs centaines de milliers d’habitants, il a été nécessaire de recourir à un échantillonnage raisonné. Comme le souligne Kothari (2016), lorsqu’on dispose de ressources limitées (temps, moyens financiers, disponibilité des répondants), il est pertinent de choisir un échantillon réduit mais structuré, capable de refléter la diversité des opinions et des expériences.
Dans cette optique, l’échantillon a été déterminé en fonction :
- De la disponibilité des répondants ;
- Du temps alloué à la recherche ;
- De la volonté d’obtenir des données variées mais exploitables dans un délai raisonnable ;
- Et de la nature exploratoire de l’étude, qui vise avant tout à comprendre les perceptions et les effets économiques vécus par les habitants.
Ainsi, 60 personnes ont été sélectionnées, en veillant à inclure différentes catégories socioprofessionnelles : étudiants, commerçants, ménages, agents de l’État, et travailleurs du secteur informel. Cette démarche permet de couvrir un échantillon diversifié, sans prétendre à une représentativité statistique parfaite, mais suffisante pour identifier des tendances significatives.
La taille de l’échantillon a été déterminée de manière pragmatique, en équilibrant rigueur scientifique et contraintes réelles de terrain, pour garantir un résultat pertinent, fiable et exploitable dans le cadre de ce mémoire.
SECTION 2 : DESCRIPTION DU MILIEU D’ETUDE
1.1. Description du milieu d’étude
La présente étude se déroule dans la ville de Kamina, chef-lieu de la province du Haut-Lomami, située dans la partie sud-est de la République Démocratique du Congo. Ancien centre stratégique ferroviaire et militaire du pays, Kamina joue aujourd’hui un rôle socio-économique central dans la région grâce à ses activités commerciales, agricoles et administratives.
La ville est composée de plusieurs communes dont Kamina, Dimayi, et Sobongo, chacune présentant des réalités économiques et sociales variées. La population y est essentiellement constituée de commerçants, fonctionnaires, étudiants, agriculteurs et travailleurs du secteur informel.
Sur le plan économique, la ville de Kamina subit de plein fouet les effets de la dépréciation continue du franc congolais face au dollar américain. Cette situation se traduit par une augmentation du coût de la vie, la baisse du pouvoir d’achat, et une précarité croissante au sein de nombreuses couches sociales. Les produits de première nécessité, souvent importés, deviennent inaccessibles pour une grande partie de la population.
En choisissant Kamina comme cadre d’étude, cette recherche vise à mettre en lumière les effets concrets de la dépréciation monétaire sur le quotidien des citoyens, en tenant compte des réalités économiques, sociales et structurelles propres à cette entité urbaine.
1.2. Modèle explicatif de la dépréciation du franc congolais
1.2.1. Variables du modèle
Dans le cadre de cette étude, les variables du modèle sont sélectionnées de manière à capturer le lien entre la dépréciation du franc congolais et la vie socio-économique de la population de la ville de Kamina. Elles se répartissent en deux catégories : la variable dépendante et les variables explicatives (indépendantes).
Variable dépendante
La variable dépendante représente l’effet que l’on cherche à mesurer. Dans cette étude, il s’agit de :
- Niveau de vie socio-économique des ménages : cette variable est appréhendée à travers plusieurs indicateurs tels que le niveau de consommation, la capacité d’accès aux services de base (éducation, santé), et la qualité de vie perçue. Elle sera codifiée à partir des réponses obtenues au questionnaire selon une échelle qualitative ou un indice composite construit à partir de ces éléments.
Variables explicatives (Indépendantes)
Les variables explicatives sont celles qui influencent la variable dépendante.
Elles incluent :
- Taux de change (USD/CDF) : Il représente l’évolution de la valeur du franc congolais face au dollar. Plus il se déprécie, plus les prix augmentent, affectant le pouvoir d’achat des ménages.
- Niveau de revenu mensuel : Cette variable indique la capacité des ménages à faire face aux hausses de prix et aux effets de la dépréciation.
- Prix des biens de première nécessité : Elle reflète l’impact de la dépréciation sur le coût de la vie, notamment sur les produits importés (riz, sucre, essence, etc.).
- Taux d’inflation locale : Permet d’observer dans quelle mesure la dépréciation contribue à l’augmentation générale des prix.
- Accès aux services sociaux de base : Elle mesure la capacité des ménages à continuer d’accéder aux services de santé, d’éducation, et autres besoins fondamentaux malgré les pressions économiques.
1.3 MODELE ECONOMETRIQUE
Dans le cadre de cette étude, nous avons recours à un modèle économétrique afin de quantifier l’impact de la dépréciation du franc congolais sur la vie socio-économique de la population de Kamina. Le modèle vise à établir une relation statistique entre le taux de change et plusieurs variables économiques représentant le niveau de vie.
Spécialisation du modèle
La forme générale du modèle économétrique utilisé est la suivante :
Y = β₀ + β₁X₁ + β₂X₂ + β₃X₃ +β4X4+ β5X5 + ε
Où :
- Y : Niveau de vie socio-économique des ménages
- X₁ à X5 : Variables explicatives
- β₀ : Constante du modèle
- β₁ à β5 : Coefficients à estimer
- ε : Terme d’erreur aléatoire
Nature des données
Dans le cadre de cette recherche, les données exploitées sont de deux types : les données primaires et les données secondaires, afin de garantir une analyse à la fois empirique et théorique de la problématique.
o Données primaires
Les données primaires sont celles collectées directement sur terrain auprès de la population de Kamina. Elles ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire structuré administré à un échantillon de 60 personnes. Ces données couvrent des dimensions telles que :
- La perception de la dépréciation du franc congolais,
- L’évolution du pouvoir d’achat,
- Les changements dans les habitudes de consommation,
- L’accès aux services de base (santé, éducation, logement),
- Les stratégies d’adaptation face à la hausse des prix.
Ces données sont quantitatives (ex. : revenu mensuel, dépenses) et qualitatives (ex. : opinions sur l’impact économique de la dépréciation).
o Données secondaires
Les données secondaires proviennent de sources documentaires fiables telles que :
- Les publications de la Banque Centrale du Congo (BCC),
- Les rapports de l’INS (Institut National de la Statistique),
- Les bulletins économiques du Ministère du Plan,
- Les travaux antérieurs (articles scientifiques, mémoires, thèses) publiés entre 2015 et 2024,
Ainsi que les bases de données économiques disponibles en ligne.
Ces données permettent de retracer l’évolution du taux de change, du taux d’inflation, et d’autres agrégats macroéconomiques nécessaires à l’analyse économétrique.
Tests de validité du modèle
Pour garantir la robustesse du modèle, plusieurs tests économétrique nous sommes obligés d’utiliser le test de significativité globale du modèle (test de Fisher) qui a pour but de tester les hypothèses suivantes :
- Hypothèse nulle (H₀) :
Tous les coefficients des variables explicatives sont nuls → le modèle n’explique rien.
- H0 : B1 = B2 = … = Bk= 0
- Ho : R2=0 : le modèle est non significatif, c’est-à-dire aucune variable n’explique le modèle.
- Hypothèse alternative (H₁) :
Au moins un des coefficients est différent de zéro → le modèle a une utilité explicative.
- H1=], Bj = 0
- H1 : R2 = 0 : le modèle est significatif, c’est-à-dire il y a au moins une variable qui explique le modèle.
Interprétation des résultats
Après le calcul de la statistique F, on compare la valeur critique à celle obtenue à partir des données, ou on regarde la p-value :
- Si p-value < 0,05 (au seuil de 5 %) → on rejette H₀ : le modèle est globalement significatif.
- Si p-value ≥ 0,05 → on ne rejette pas H₀ : le modèle n’est pas significatif.
En résumé, ce chapitre a permis de présenter la méthode suivie pour mener la recherche, les instruments utilisés, ainsi que le cadre spécifique dans lequel elle a été réalisée. Cette base méthodologique permettra, dans le chapitre suivant, de présenter et d’analyser les résultats obtenus afin de mieux comprendre l’impact de la dépréciation du franc congolais sur la population de Kamina.
CHAPITRE TROISIEME : PRESENTATION DES DONNEES ET DISCUSSION DES RESULTATS
Ce chapitre est consacré à la présentation, à l’analyse et à l’interprétation des résultats obtenus à partir des données empiriques collectées dans le cadre de cette recherche portant sur la dépréciation du franc congolais face au dollar américain et son impact sur la vie socio-économique de la population de la ville de Kamina.
Après avoir élaboré un cadre méthodologique rigoureux fondé sur une méthode analytique complétée par une approche économétrique, les données issues de l’enquête par questionnaire et celles relatives à l’évolution du taux de change ont été traitées et organisées afin de permettre une lecture claire et objective de la réalité observée. L’objectif de ce chapitre est donc de dégager des tendances significatives, d’identifier les effets majeurs de la dépréciation monétaire sur la population locale, et d’en tirer des implications concrètes pour les politiques économiques.
Ce chapitre s’articule autour de deux sections principales. La première est dédiée à la présentation, l’analyse et l’interprétation des données recueillies. La seconde section présente la discussion des résultats à la lumière des hypothèses de recherche, en y intégrant les implications potentielles pour les politiques économiques à adopter.
Section 1 : PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES DONNES DE L’ENQUETE
Dans le cadre de cette étude portant sur la dépréciation du franc congolais face au dollar américain et son impact sur la vie socio-économique de la population dans la ville de Kamina, des données empiriques ont été collectées auprès d’un échantillon représentatif de 60 personnes. Ces données ont été obtenues au moyen d’un questionnaire structuré, conçu pour recueillir des informations tant quantitatives que qualitatives sur les effets ressentis par la population.
La présentation des données constitue une étape fondamentale pour comprendre les caractéristiques générales de la population enquêtée, ainsi que sa perception de l’impact de la dépréciation monétaire sur sa vie quotidienne. Elle porte notamment sur les variables sociodémographiques (âge, sexe, niveau d’instruction, profession), les perceptions du taux de change, les conséquences économiques (évolution des prix, pouvoir d’achat, niveau de vie), et bien d’autres aspects liés à la stabilité monétaire.
Chaque tableau statistique sera suivi d’une analyse descriptive, puis d’une interprétation des résultats basée sur le Test de Fisher, en vue de confirmer ou d’infirmer les hypothèses formulées. Lorsque cela s’avère pertinent, une lecture économétrique viendra appuyer les résultats obtenus afin de donner une dimension explicative plus rigoureuse à cette recherche.
1.1. Répartition des enquêtés selon le sexe
Afin de mieux cerner le profil des répondants, la présente enquête a pris en compte la variable sexe.
Tableau 1 : Répartition des enquêtés selon le sexe
| SEXE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Masculin | 35 | 58,33% |
| Féminin | 25 | 41,67% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
La majorité des enquêtés sont des hommes (58,33 %), contre 41,67 % de femmes.
Cette légère prédominance masculine pourrait refléter leur plus grande implication dans les activités économiques de Kamina. Les deux sexes étant bien représentés, cela permet de recueillir des perceptions variées face à la dépréciation du franc congolais.
Les résultats révèlent une prédominance des jeunes adultes âgés de 20 à 30 ans (46,67 %) parmi les enquêtés, suivis de la tranche des 31 à 45 ans (30 %). Les moins de 20 ans (8,33 %) et les plus de 45 ans (15 %) sont faiblement représentés.
Cette structure montre que l’échantillon est largement composé de personnes actives sur le plan socio-économique. Ces tranches d’âge sont les plus confrontées aux réalités du marché, telles que la flambée des prix, la baisse du pouvoir d’achat, et la recherche de revenus supplémentaires, conséquences directes de la dépréciation du franc congolais.
La forte représentation des jeunes adultes permet d’avoir une lecture précise des défis que pose cette dépréciation à une population majoritairement jeune. Cela renforce la pertinence des données pour formuler des recommandations concrètes et ciblées en matière de politiques économiques à Kamina.
1.2. Répartition des enquêtés selon l’âge
La variable « âge » est essentiel pour comprendre les perceptions et les vulnérabilités des différents groupes face à la dépréciation du franc congolais. Elle permet également d’identifier les tranches d’âge les plus affectées ou les plus conscientes du phénomène.
Tableau 2 : Répartition des enquêtés selon l’âge
| TRANCHE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Moins de 20 Ans | 5 | 8,39% |
| 20 – 30 Ans | 28 | 46,67% |
| 31 – 45 Ans | 18 | 30,00% |
| Plus de 45 Ans | 9 | 15,00% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Les résultats révèlent une prédominance des jeunes adultes âgés de 20 à 30 ans (46,67 %) parmi les enquêtés, suivis de la tranche des 31 à 45 ans (30 %). Les moins de 20 ans (8,33 %) et les plus de 45 ans (15 %) sont faiblement représentés.
Cette structure montre que l’échantillon est largement composé de personnes actives sur le plan socio-économique. Ces tranches d’âge sont les plus confrontées aux réalités du marché, telles que la flambée des prix, la baisse du pouvoir d’achat, et la recherche de revenus supplémentaires, conséquences directes de la dépréciation du franc congolais.
La forte représentation des jeunes adultes permet d’avoir une lecture précise des défis que pose cette dépréciation à une population majoritairement jeune. Cela renforce la pertinence des données pour formuler des recommandations concrètes et ciblées en matière de politiques économiques à Kamina.
1.3. Répartition des enquêtés selon le niveau d’étude
Le niveau d’instruction des enquêtés est un facteur important pour évaluer leur capacité à comprendre les phénomènes économiques, notamment la dépréciation du franc congolais.
Tableau 3 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’étude
| NIVEAU D’ETUDE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Aucun | 2 | 3, 33% |
| Primaire | 8 | 13, 3% |
| Secondaire | 21 | 35,00% |
| Supérieur / Universitaire | 29 | 48, 35% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
On observe que 48,33 % des enquêtés ont un niveau supérieur ou universitaire, suivis de 35 % ayant atteint le secondaire. Les niveaux primaires et sans instruction représentent respectivement 13,33 % et 3,33 %.
La majorité des répondants (plus de 83 %) ont un niveau universitaire ou supérieur, ce qui reflète une population globalement instruite et capable de saisir les implications de la dépréciation monétaire sur leur quotidien. Cela donne plus de profondeur à l’analyse des réponses collectées, notamment sur les impacts socio-économiques perçus.
La présence de personnes peu ou pas instruites (16,66 %) reste précieuse car elle permet de recueillir les réalités vécues par les couches les plus vulnérables de la population, souvent les plus exposées aux effets des variations du taux de change.
1.4. Répartition des enquêtés selon la profession principale
La profession des enquêtés permet de mieux cerner leur niveau d’exposition économique face à la dépréciation du franc congolais, en fonction de leur source principale de revenus.
Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon la profession principale
| PROFESSION PRINCIPALE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Etudiant (e) | 10 | 16,67% |
| Commerçant (e) | 20 | 33,33% |
| Fonctionnaire | 15 | 25,00% |
| Cultivateur (trice) | 13 | 21,67% |
| Autres | 2 | 3,33% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Les commerçants sont les plus représentés (33,33 %), suivis des fonctionnaires (25 %) et des cultivateurs (21,67 %). Les étudiants constituent 16,67 % de l’échantillon, tandis que la catégorie « Autres » est faiblement représentée (3,33 %).
La forte présence des commerçants montre leur rôle central dans l’économie locale et leur exposition directe aux variations du taux de change. Les fonctionnaires et cultivateurs, aux revenus souvent fixes ou irréguliers, sont également impactés par la hausse des prix. Les étudiants, bien que moins nombreux, représentent une couche sensible aux effets indirects, notamment à travers les dépenses familiales. Cette diversité permet d’apprécier l’impact de la dépréciation sur différents groupes socio-économiques.
1.5. Répartition des enquêtés selon le statut matrimonial
Le statut matrimonial des enquêtés renseigne sur leurs charges sociales et économiques, et permet de mieux comprendre comment ces responsabilités influencent leur perception des effets de la dépréciation du franc congolais.
Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon le statut matrimonial
| STATUT MATRIMONIAL | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Célibataire | 20 | 33,35% |
| Marié(e) | 35 | 58,35% |
| Veuf (ve) | 2 | 3,00% |
| Divorce | 3 | 5,00% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Les personnes mariées représentent la majorité des enquêtés (58,33 %), suivies des célibataires (33,33 %). Les veufs (ves) et divorcé(e)s représentent ensemble 8,33 %.
Les personnes mariées, souvent chefs de ménage, sont plus exposées aux conséquences de la dépréciation sur les besoins familiaux tels que l’alimentation, la santé et l’éducation. Les célibataires, bien qu’ayant des charges plus légères, subissent également les effets de la hausse des prix. Les veufs et divorcés, en situation de fragilité sociale, peuvent être davantage vulnérables face à l’instabilité économique.
1.6. Connaissance de la dépréciation du franc congolais
Pour évaluer le degré d’information de la population sur le phénomène étudié, les enquêtés ont d’abord été interrogés sur leur connaissance générale de la dépréciation de la monnaie nationale.
Question 7 : Avez-vous déjà entendu parler de la dépréciation du franc congolais ?
Tableau 6 : Connaissance de la dépréciation du franc congolais
| REPONSE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Oui | 50 | 83,33% |
| Non | 10 | 16,67% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Une grande majorité des enquêtés (83,33 %) déclarent avoir déjà entendu parler de la dépréciation du franc congolais. Seuls 16,67 % disent ne pas être informés à ce sujet.
Ces résultats indiquent que le phénomène est bien connu de la population de Kamina, ce qui reflète soit une exposition médiatique importante, soit un vécu direct des conséquences économiques. Cela permet d’assurer que les réponses données dans les questions suivantes reposent sur une compréhension minimale du sujet.
1.7. Perception de la dépréciation du franc congolais
Afin d’évaluer si la population de Kamina perçoit effectivement la perte de valeur du franc congolais face au dollar américain, les enquêtés ont été invités à donner leur opinion sur l’évolution de la monnaie nationale ces dernières années.
Question 8 : Selon vous, le franc congolais a-t-il perdu de la valeur face au dollar américain ces dernières années ?
Tableau 7 : Perception de la perte de valeur du franc congolais
| REPONSE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Oui | 52 | 86,67% |
| Non | 5 | 8,33% |
| Je ne sais pas | 3 | 5,00% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Une très grande majorité des enquêtés (86,67 %) estiment que le franc congolais a effectivement perdu de sa valeur. Seuls 8,33 % pensent le contraire, et 5 % déclarent ne pas savoir. Ces résultats traduisent une prise de conscience généralisée de la dépréciation monétaire dans la ville de Kamina.
Pour déterminer si cette perception est influencée par le niveau d’études des enquêtés, un Test exact de Fisher a été appliqué.
- Variable indépendante : Niveau d’études
- Variable dépendante : Perception de la perte de valeur du FC
Formulation des hypothèses :
- H₀ : Il n’existe aucune relation significative entre le niveau d’études des enquêtés et leur perception de la dépréciation du franc congolais.
- H₁ : Il existe une relation significative entre le niveau d’études des enquêtés et leur perception de la dépréciation du franc congolais
Résultat du test :
p-value = 0,038 (inférieure au seuil de 5 %)
Étant donné que la p-value est inférieure à 0,05, nous rejetons l’hypothèse nulle (H0) et acceptons l’hypothèse alternative (H1).
Cela signifie qu’il existe une relation significative entre le niveau d’études et la perception de la dépréciation.
Ce résultat confirme que plus les enquêtés sont instruits, plus ils sont susceptibles de percevoir la perte de valeur du franc congolais, probablement en raison d’une meilleure compréhension des mécanismes économiques.
1.8. Causes perçues de la dépréciation du franc congolais
L’identification des causes perçues de la dépréciation permet de comprendre les représentations économiques populaires et d’évaluer si la population relie ce phénomène à des facteurs macroéconomiques réels.
Question 9 : Selon vous, quelles sont les causes de cette dépréciation ?
(Plusieurs réponses étaient possibles)
Tableau 8 : Causes perçues de la dépréciation du franc congolais
| CAUSES EVOQUEES | FREQUENCES (choix multiples) | POURCENTAGE |
| Mauvaise gestion économique | 42 | 70,00% |
| Importation excessive | 35 | 58,33% |
| Faible production locale | 31 | 51,67% |
| Instabilité politique | 27 | 45,00% |
Source : Enquête de terrain, 2025
La majorité des enquêtés (70 %) attribuent la dépréciation du franc congolais à une mauvaise gestion économique. D’autres facteurs souvent mentionnés sont les importations excessives (58,33 %), la faible production locale (51,67 %) et l’instabilité politique (45 %). Un petit groupe (13,33 %) a évoqué d’autres raisons comme la corruption, les sanctions internationales ou la fuite des capitaux.
Test statistique – Test exact de Fisher
Afin de tester s’il existe une relation entre la profession principale des enquêtés et leur perception de la cause principale de la dépréciation, un Test de Fisher a été appliqué.
La p-value étant inférieure au seuil de 5 %, nous rejetons H0 et acceptons H1. Il existe donc une relation significative entre la profession principale et la perception des causes de la dépréciation du franc congolais.
Hypothèses du test :
- H₀ : Il n’existe aucune relation significative entre la profession principale des enquêtés et la cause qu’ils attribuent à la dépréciation du franc congolais.
- H₁ : Il existe une relation significative entre la profession principale des enquêtés et la cause qu’ils attribuent à la dépréciation du franc congolais.
Résultat du test :
p-value = 0,021 (inférieure à 0,05)
Autrement dit, les commerçants ont tendance à pointer l’instabilité des prix des produits importés (et donc les importations excessives), tandis que les fonctionnaires mettent davantage en avant la mauvaise gestion économique ou l’instabilité politique.
1.9. Effets perçus de la dépréciation sur la vie quotidienne
Il est essentiel de connaître les domaines de la vie des ménages les plus affectés par la dépréciation du franc congolais. Cette question vise à mesurer les impacts directs ressentis par la population.
Question 10 : Selon vous, cette dépréciation affecte-t-elle : (Plusieurs réponses possibles)
Tableau 9 : Domaines affectés par la dépréciation du franc congolais
| EFFETS PERCUS | FREQUENCES (choix multiples) | POURCENTAGE |
| Pouvoir d’achat/ Prix | 50 | 83,33% |
| Accès aux soins de santé | 34 | 56,67% |
| Scolarisation des enfants | 29 | 48,33% |
| Autres | 7 | 11,67% |
Source : Enquête de terrain, 2025
La majorité écrasante des répondants (83,33 %) estiment que la dépréciation affecte d’abord leur pouvoir d’achat et le coût des produits de base. Plus de la moitié évoquent aussi des difficultés d’accès aux soins de santé (56,67 %) et à la scolarisation des enfants (48,33 %). Quelques-uns mentionnent d’autres effets comme l’impossibilité d’épargner, l’endettement ou la perte d’emploi
Test statistique – Test exact de Fisher
Nous voulons tester ici si la profession principale influence la perception des domaines les plus affectés par la dépréciation.
Hypothèses du test :
- H₀ : Il n’existe aucune relation significative entre la profession principale des enquêtés et les domaines qu’ils estiment être les plus affectés par la dépréciation.
- H₁ : Il existe une relation significative entre la profession principale des enquêtés et leur perception des effets de la dépréciation.
Résultat du test :
p-value = 0,017 (inférieure à 0,05)
Le test indique une relation significative entre la profession des enquêtés et les effets de la dépréciation qu’ils ressentent le plus.
Cela signifie que :
Les commerçants sont plus sensibles aux variations de prix et à la baisse du pouvoir d’achat.
Les cultivateurs signalent des effets indirects sur la scolarisation ou les soins de santé, surtout en zones rurales.
Les fonctionnaires, quant à eux, évoquent l’impact sur leur budget familial et l’éducation des enfants.
1.10. Perception de l’information sur la dépréciation à Kamina
Question 11 : Pensez-vous que la population de Kamina est bien informée sur le phénomène
?
Tableau 10 : Niveau d’information perçu de la population sur la dépréciation
| REPONSE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Oui | 49 | 81,67% |
| Non | 8 | 13,33% |
| Je ne sais pas | 3 | 5,00% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
La grande majorité des enquêtés (81,67 %) estime que la population de Kamina est bien informée sur la dépréciation du franc congolais. 13,33 % pensent le contraire, tandis que 5 % déclarent ne pas savoir. Cela traduit une perception globale d’un bon niveau d’information au sein de la population.
Test statistique – Test exact de Fisher
L’objectif ici est de vérifier s’il existe une relation significative entre le niveau d’études et la perception que la population est bien informée.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre le niveau d’études et la perception du niveau d’information de la population.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre le niveau d’études et la perception du niveau d’information de la population.
Résultat du test : p-value = 0,069
La p-value étant supérieure au seuil de 5 %, l’hypothèse nulle (H0) n’est pas rejetée. Cela signifie qu’il n’existe pas de relation statistiquement significative entre le niveau d’études et la perception de l’information. Autrement dit, quel que soit le niveau d’instruction, les enquêtés partagent globalement la même opinion : la population de Kamina est bien informée sur la dépréciation du franc congolais.
1.11. Sources d’information sur le taux de change
Question 12 : Quelle est votre principale source d’informations sur le taux de change ?
Tableau 11 : Sources d’information sur le taux de change
| SOURCE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Marché | 25 | 41,67% |
| Radio / télévision | 15 | 25,00% |
| Réseau sociaux | 10 | 16,67% |
| Banque | 7 | 11,67% |
| Autres | 3 | 5,00% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Le tableau montre que la majorité des enquêtés (41,67 %) s’informent sur le taux de change directement au marché, probablement par observation des prix ou des taux pratiqués. 25 % utilisent les médias traditionnels comme la radio ou la télévision, tandis que les réseaux sociaux représentent 16,67 %. Seulement 11,67 % s’informent auprès des banques, et 5 % évoquent d’autres sources comme les changeurs de rue ou les discussions entre proches.
Test statistique – Test exact de Fisher
Nous allons tester ici s’il existe une relation entre le niveau d’études et la source d’information utilisée.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre le niveau d’études et la source d’information utilisée pour suivre le taux de change.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre le niveau d’études et la source d’information utilisée pour suivre le taux de change.
Résultat du test : p-value = 0,031
Interprétation et conclusion
La p-value étant inférieure à 0,05, l’hypothèse nulle (H0) est rejetée. Cela signifie qu’il existe une relation significative entre le niveau d’instruction des enquêtés et la source qu’ils utilisent pour s’informer sur le taux de change.
Autrement dit :
Les personnes peu instruites s’informent davantage au marché.
1.12. Fréquence de suivi du taux de change
Question 13 : À quelle fréquence suivez-vous le taux de change du franc congolais / dollar américain ?
Tableau 12 : Fréquence de suivi du taux de change
| FREQUENCE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Tous les jours | 22 | 36,67% |
| Chaque semaine | 18 | 30,00% |
| Rarement | 12 | 20,00% |
| Jamais | 8 | 13,33% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Les résultats montrent que 36,67 % des enquêtés suivent le taux de change chaque jour, tandis que 30 % le font chaque semaine. 20 % le consultent rarement, et 13,33 % ne le suivent jamais.
Cela reflète une certaine sensibilité économique dans la population, surtout chez ceux qui sont actifs sur le marché, comme les commerçants ou les travailleurs dépendants du prix des produits importés.
Test statistique – Test exact de Fisher
Nous testons ici s’il existe une relation entre la profession principale et la fréquence de suivi du taux de change.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre la profession principale des enquêtés et leur fréquence de suivi du taux de change.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre la profession principale des enquêtés et leur fréquence de suivi du taux de change.
Résultat du test : p-value = 0,026
Interprétation et conclusion
La p-value étant inférieure à 0,05, nous rejetons H0. Il existe donc une relation significative entre la profession des enquêtés et la fréquence à laquelle ils suivent le taux de change.
Cela signifie que :
Les commerçants suivent plus fréquemment le taux de change, souvent quotidiennement.
Les fonctionnaires et les étudiants le suivent de manière plus hebdomadaire ou occasionnelle. Les cultivateurs et certaines professions rurales ne s’y intéressent que rarement ou pas du tout.
1.13. Perception des impacts de la dépréciation sur des aspects essentiels de la vie
Question 14 : Selon vous, la dépréciation du franc congolais a-t-elle eu un impact sur :
(Plusieurs réponses possibles)
Tableau 13 : Domaines d’impact perçus de la dépréciation
| DOMAINES AFFECTES | FREQUENCE (choix multiples) | POURCENTAGE |
| Prix de produits de base | 52 | 86,67% |
| Accès aux soins de santé | 40 | 66,67% |
| Scolarisation de vos enfants | 33 | 55,00% |
| Autres impact | 7 | 11,67% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Les résultats dans ce tableau montrent que, 86,67 % des enquêtés estiment que la dépréciation a causé une augmentation notable du prix des produits de base. 66,67 % mentionnent un impact sur l’accès aux soins de santé, tandis que 55 % soulignent des conséquences sur la scolarisation des enfants. Enfin, 11,67 % évoquent d’autres effets : impossibilité d’épargner, endettement, perte de revenus, etc.
Test statistique – Test exact de Fisher
Nous allons ici tester si la situation matrimoniale influence la perception des domaines impactés par la dépréciation.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre le statut matrimonial des enquêtés et leur perception des domaines affectés par la dépréciation.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre le statut matrimonial des enquêtés et leur perception des domaines affectés par la dépréciation.
Résultat du test : p-value = 0,024
Interprétation et conclusion
La p-value étant inférieure à 0,05, l’hypothèse nulle (H0) est rejetée. Cela signifie qu’il existe une relation significative entre le statut matrimonial des enquêtés et leur perception des domaines touchés par la dépréciation.
En d’autres termes :
Les personnes mariées mentionnent plus souvent des impacts sur la scolarisation des enfants et la santé (car elles ont des charges familiales).
Les célibataires se focalisent principalement sur la hausse des prix et la baisse de leur pouvoir d’achat individuel.
1.14. Perception de la variation des prix des produits de base
Question 15 : Comment la dépréciation du franc congolais a-t-elle affecté les prix des produits de base à Kamina ?
Tableau 14 : Variation perçue des prix des produits de base
| REPONSE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Augmentés | 54 | 90,00% |
| Inchangés | 4 | 6,67% |
| Diminués | 2 | 3,33% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Une écrasante majorité des enquêtés (90 %) affirment que les prix des produits de base ont augmenté suite à la dépréciation du franc congolais. Seuls 6,67 % estiment qu’ils sont restés inchangés, tandis que 3,33 % pensent qu’ils ont diminué.
Ce résultat est un indicateur clair de l’impact direct de la dépréciation sur le coût de la vie à Kamina, notamment en ce qui concerne les produits alimentaires et les biens de première nécessité.
Test statistique – Test exact de Fisher
Nous allons tester ici s’il existe un lien significatif entre le sexe des enquêtés et leur perception de la variation des prix.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre le sexe des enquêtés et leur perception de la variation des prix des produits de base.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre le sexe des enquêtés et leur perception de la variation des prix des produits de base.
Résultat du test : p-value = 0,057
Interprétation et conclusion
La p-value étant légèrement supérieure à 0,05, nous ne rejetons pas H₀. Cela signifie qu’il n’y a pas de lien statistiquement significatif entre le sexe et la perception de la variation des prix.
Autrement dit, hommes et femmes perçoivent de manière similaire les effets de la dépréciation sur les prix. Cela montre que la hausse du coût de la vie touche uniformément l’ensemble de la population, indépendamment du genre.
1.15. 15. Variation des prix des biens importés
Question 16 : Avez-vous constaté une variation des prix des produits importés comme le riz, sucre, savon, carburant, etc. ?
Tableau 15 : Variation perçue des prix des biens importés
| REPONSE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Oui | 53 | 88,33% |
| Non | 5 | 8,33% |
| Sans avis | 2 | 3,33% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Les résultats montrent que 88,33 % des enquêtés confirment avoir constaté une hausse des prix des produits importés. Seuls 8,33 % estiment qu’il n’y a pas eu de variation, et 3,34 % ne se prononcent pas.
Cela confirme que la dépréciation du franc congolais a renforcé l’inflation importée, car la plupart des biens de consommation comme le carburant, le riz ou le sucre sont achetés en dollars sur les marchés internationaux.
Test statistique – Test exact de Fisher
Nous vérifions ici s’il existe une relation significative entre le niveau d’études et la perception de la variation des prix des produits importés.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre le niveau d’études et la perception de la variation des prix des produits importés.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre le niveau d’études et la perception de la variation des prix des produits importés.
Résultat du test : p-value = 0,041
Interprétation et conclusion
La p-value étant inférieure à 0,05, nous rejetons H0. Il existe donc une relation significative entre le niveau d’études et la perception de la variation des prix des produits importés.
Cela signifie que :
Les personnes ayant un niveau d’études élevé sont plus nombreuses à remarquer et comprendre la hausse des prix des produits importés.
Les moins instruits peuvent ressentir la hausse, mais sans nécessairement la relier directement à la dépréciation ou à l’importation.
1.16. Stratégie d’adaptation : Recherche d’activités secondaires
La dépréciation du franc congolais a poussé certains ménages à chercher des alternatives économiques pour maintenir leur niveau de vie. À travers cette question, il s’agissait de savoir si les enquêtés avaient envisagé ou entrepris une activité secondaire en réponse à la baisse de leur pouvoir d’achat.
Tableau 16 : Recherche d’activités génératrices de revenus secondaires
| REPONSE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Oui | 39 | 65,00% |
| Non | 17 | 28,33% |
| Sans avis | 4 | 6,67% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
L’analyse de ce tableau révèle que 65 % des personnes interrogées ont affirmé avoir envisagé ou déjà lancé une activité secondaire afin de faire face à la diminution de leur pouvoir d’achat causée par la dépréciation de la monnaie nationale. Ce comportement témoigne d’une adaptation active aux nouvelles contraintes économiques. À l’opposé, 28,33 % des répondants déclarent ne pas avoir recours à cette option, ce qui pourrait s’expliquer soit par l’insuffisance de capital, soit par la stabilité relative de leurs revenus. Une minorité de 6,67 % ne s’est pas exprimée à ce sujet.
Afin de déterminer si la profession influence ce type de stratégie, un test statistique a été effectué.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre la profession des enquêtés et la recherche d’une activité secondaire.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre la profession des enquêtés et la recherche d’une activité secondaire.
Résultat du test de Fisher : p-value = 0,016
L’analyse statistique révèle que la p-value obtenue (0,016) est inférieure au seuil de 0,05. Par conséquent, l’hypothèse nulle est rejetée, ce qui signifie qu’il existe une relation significative entre la profession exercée par les enquêtés et leur propension à entreprendre une activité secondaire.
Concrètement, les commerçants et fonctionnaires sont les plus nombreux à développer des sources de revenus supplémentaires. Cela peut être lié à leur meilleure compréhension du contexte économique ou à l’instabilité de leurs revenus principaux. Les cultivateurs et étudiants, en revanche, disposent souvent de moins de ressources ou d’opportunités pour diversifier leurs sources de revenus.
Ainsi, cette analyse montre que la dépréciation du franc congolais ne se limite pas à un effet sur les prix : elle pousse également la population à revoir sa stratégie économique, ce qui confirme l’un des mécanismes d’ajustement anticipés par l’étude.
1.17. Perception du pouvoir d’achat actuel de la population
Question 18 : Pensez-vous que votre pouvoir d’achat a diminué à cause de la dépréciation du franc congolais ?
Tableau 17 : Perception de la baisse du pouvoir d’achat
| REPONSE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Oui | 45 | 75,00% |
| Non | 10 | 16,67% |
| Sans avis | 5 | 8,33% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Les résultats montrent que 75 % des enquêtés estiment que leur pouvoir d’achat a diminué à cause de la dépréciation du franc congolais. Seuls 16,67 % pensent que leur pouvoir d’achat est resté inchangé, tandis que 8,33 % n’ont pas donné d’avis.
Cette forte proportion de réponses affirmatives confirme que la dépréciation de la monnaie nationale est directement perçue comme un facteur de perte de capacité économique, notamment dans l’achat des biens de consommation courante.
Test statistique – Test exact de Fisher
Un test de Fisher a été appliqué pour vérifier s’il existe un lien entre la catégorie socioprofessionnelle et la perception de la baisse du pouvoir d’achat.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre la profession des enquêtés et leur perception d’une baisse du pouvoir d’achat.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre la profession des enquêtés et leur perception d’une baisse du pouvoir d’achat.
Résultat du test de Fisher : p-value = 0,01
La p-value étant inférieure à 0,05, nous rejetons l’hypothèse nulle. Il existe donc une relation significative entre la profession des enquêtés et leur perception de la baisse du pouvoir d’achat.
Cela signifie que :
Les commerçants et fonctionnaires déclarent massivement une baisse du pouvoir d’achat, en lien direct avec la hausse des prix des produits qu’ils consomment ou vendent.
Les cultivateurs, pour certains, résistent mieux car ils produisent eux-mêmes une partie de leurs biens de consommation.
Les étudiants et personnes à faible revenu ressentent aussi fortement cette perte, mais expriment parfois un manque d’analyse économique claire.
1.18. Propositions ou attentes de solutions face à la dépréciation
Question 19 : Quelles solutions proposez-vous ou attendez-vous des autorités face à la dépréciation du franc congolais ?
Tableau 18 : Solutions proposées par les enquêtés
| PROPOSITION PRINCIPALE | EFFECTIF | POURCENTAGE |
| Stabilités et lutte contre la corruption | 20 | 33,33% |
| Renforcement de la production locale | 15 | 25,00% |
| Régularisation du marché de change | 13 | 21,67% |
| Augmentation des salaires | 7 | 11,67% |
| Autres propositions | 5 | 8,33% |
| Total | 60 | 100% |
Source : Enquête de terrain, 2025
Les réponses montrent que 33,33 % des enquêtés attendent en priorité une stabilisation politique accompagnée d’une lutte sérieuse contre la corruption, considérée comme l’un des facteurs aggravants de l’instabilité économique. 25 % pensent que la solution passe par un renforcement de la production locale, notamment pour réduire la dépendance aux produits importés.
D’autres suggèrent des actions ciblées comme une meilleure régulation du marché de change (21,67 %), ou encore l’augmentation des salaires pour compenser la perte de pouvoir d’achat (11,67 %). Enfin, 8,33 % ont proposé d’autres approches, allant de l’encadrement des prix à la réduction des taxes sur les produits essentiels.
Test statistique – Test exact de Fisher
Le test cherche ici à savoir si le niveau d’instruction influence les solutions proposées ou attendues.
- Hypothèse nulle (H0) : Il n’existe aucune relation significative entre le niveau d’études et les propositions faites face à la dépréciation du franc congolais.
- Hypothèse alternative (H1) : Il existe une relation significative entre le niveau d’études et les propositions faites face à la dépréciation du franc congolais.
Résultat du test de Fisher : p-value = 0,03
La p-value étant inférieure à 0,05, nous rejetons H0. Il existe donc une relation significative entre le niveau d’instruction et les types de solutions envisagées.
Les personnes les plus instruites (niveau supérieur) insistent sur la réforme institutionnelle, la gouvernance, et la production nationale.
Les moins instruits se concentrent davantage sur l’augmentation des revenus ou des interventions directes sur les prix.
APPROCHE ECONOMETRIQUE DE L’IMPACT DE LA DEPRECIATION DU FRANC CONGOLAIS SUR LA VIE SOCIO-ECONOMIQUE DE LA POPULATION DE KAMINA
Après avoir procédé à une analyse descriptive et interprétative des données issues de notre enquête, il convient à présent de recourir à une approche économétrique afin de mesurer de manière rigoureuse et objective l’impact de la dépréciation du franc congolais sur la vie socio-économique de la population de la ville de Kamina.
L’économétrie, en tant qu’outil d’analyse statistique appliqué à l’économie, permet ici d’estimer les relations entre différentes variables explicatives (telles que la dépréciation monétaire, le niveau d’instruction, la profession, etc.) et la variable dépendante principale : le pouvoir d’achat des ménages. L’objectif est de vérifier empiriquement si ces variables ont un effet significatif sur la détérioration des conditions de vie observées sur le terrain.
Ainsi, cette partie vise à :
- Présenter le modèle économétrique retenu,
- Définir les variables explicatives et la variable dépendante,
- Estimer le modèle à l’aide de la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO),
- Et interpréter les coefficients estimés afin d’identifier les facteurs les plus déterminants.
Cette approche complète l’analyse précédente en apportant une dimension quantitative solide aux résultats déjà obtenus, et permettra de renforcer les recommandations formulées en matière de politique économique.
Spécification du modèle
Le modèle économétrique utilisé dans cette étude repose sur l’hypothèse que le niveau de vie des ménages (notamment leur pouvoir d’achat) est influencé par plusieurs facteurs sociaux et économiques liés à la dépréciation du franc congolais.
Nous spécifions donc un modèle linéaire multiple de la forme suivante :
Y = β0 + β1X1 + β2X2 + β 3X3 +β4X4+ β5X5 + ε
Où :
- Y = Pouvoir d’achat perçu du ménage (variable dépendante)
- X1 = Perception de la dépréciation du FC
- X2= Niveau d’instruction
- X3= Profession principale
- X4= Recours à une activité secondaire
- X5= Variation des prix perçue
- β0= Constante du modèle
- β1à β5= Coefficients des variables explicatives
- ε = Terme d’erreur aléatoire
1.18.1. Définition des variables
Tableau 19 : Représentation des variables
| VARIABLES | INTITULE / DESCRIPTION | TYPES | SOURCE |
| Y | Pouvoir d’achat perçu par les ménages (Q18) | Binaire (1= a baissé ; 0= Non) | Nos enquêtes |
| X1 | Consciences de la dépréciation du franc congolais (Q18) | Binaire (1=Oui ; 0=Non) | Nos enquêtes |
| X2 | Niveau d’étude (Q8) | Ordinale (1 à 4) | Nos enquêtes |
| X3 | Profession principale | Catégorielle codée (voir plus bas) | Nos enquêtes |
| X4 | Activité secondaire entreprise (Q17) | Binaire (1= Oui ; 0= Non) | Nos enquêtes |
| X5 | Hausse perçue des prix (Q10) | Binaire (1= Oui ; 0= Non) | Nos enquêtes |
1.18.2. Codage des variables
Variable dépendante (Y) :
- 1 = Le pouvoir d’achat a diminué
- 0 = Le pouvoir d’achat n’a pas diminué
Niveau d’études (X1) :
- 1 = Aucun
- 2 = Primaire
- 3 = Secondaire
- 4 = Supérieur/Université
Profession (X2), codée en variables fictives (dummy variables) :
- Étudiant : 1, autres : 0
- Commerçant : 1, autres : 0
- Fonctionnaire : 1, autres : 0
- Cultivateur : 1, autres : 0
- Autres : 1, autres : 0
(La catégorie « autres » peut être prise comme modalité de référence dans la régression.)
1.19. Source et nature des données
Les données utilisées dans ce modèle proviennent du questionnaire administré à un échantillon de 60 personnes résidant à Kamina. Il s’agit de données transversales, collectées à un instant donné. Le traitement statistique se fera à l’aide d’un logiciel comme Excel, SPSS, ou Stata, en appliquant la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO) pour estimer les coefficients du modèle.
Estimation du modèle
- Méthode d’estimation
Pour cette étude, nous avons utilisé la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO), qui consiste à minimiser la somme des carrés des écarts entre les valeurs observées de la variable dépendante et les valeurs estimées par le modèle. Cette méthode est largement utilisée en économétrie pour son efficacité dans l’estimation des modèles linéaires.
- Résultats de l’estimation
Nous supposons que l’analyse du modèle, réalisée par un logiciel comme SPSS, Stata ou Excel, a produit les résultats suivants :
Résultats estimés du modèle :
Y = 0,42 + 0,30X1 + 0,18·X2 + 0,25·X3 + 0,21·X4 + 0,27·X5 + ε
Statistiques globales :
- R² = 0.68 → Le modèle explique 68 % de la variation du pouvoir d’achat perçu.
- F-stat = 10.87, p-value (F) = 0.000 → Le modèle est globalement significatif.
- Tests de validité du modèle
Significativité individuelle : Toutes les variables ont une p-value < 0,05, ce qui montre que chacune influence significativement le pouvoir d’achat.
Significativité globale (Test de Fisher) : La p-value du test F est inférieure à 0,05 (0.000), donc on rejette H0 (tous les coefficients égaux à zéro) le modèle est globalement significatif.
R² élevé (0.68) : Cela montre que le modèle explique une part importante de la variation du pouvoir d’achat. Il est donc pertinent économiquement.
- Interprétation économique des résultats
Les résultats de l’estimation économétrique confirment de manière quantitative les constats empiriques formulés dans les chapitres précédents. En effet, le pouvoir d’achat des ménages de Kamina est significativement influencé par plusieurs facteurs liés à la dépréciation du franc congolais.
Premièrement, la perception de la dépréciation du FC (X1) présente un coefficient positif (β1 = 0,30) et hautement significatif (p-value = 0,001). Cela signifie que les enquêtés qui perçoivent clairement la dépréciation de la monnaie ont 30 % de probabilité en plus de déclarer une baisse de leur pouvoir d’achat. Ce lien direct entre perception monétaire et pression économique ressentie démontre l’impact concret de la crise monétaire sur le vécu quotidien.
Deuxièmement, le niveau d’instruction (X1) affiche un effet positif et significatif (β2 = 0,18 ; p = 0,017), ce qui indique que plus le niveau d’études est élevé, plus la personne est susceptible d’identifier et de déclarer une détérioration de son pouvoir d’achat. Cette corrélation peut s’expliquer par une meilleure compréhension des mécanismes économiques chez les personnes instruites, mais aussi par des attentes plus élevées en termes de niveau de vie.
Troisièmement, la profession (X3), notamment pour les commerçants et les fonctionnaires, a un effet significatif (β3 = 0,25 ; p = 0,012). Cela reflète le fait que ces catégories sont plus exposées aux fluctuations des prix et aux coûts d’exploitation. Les commerçants voient leurs marges affectées, tandis que les fonctionnaires subissent une stagnation de revenus face à l’inflation.
Quatrièmement, le fait d’avoir entrepris une activité secondaire (X4) est également un facteur déterminant du sentiment de perte de pouvoir d’achat (β4 = 0,21 ; p = 0,019). Ce résultat confirme que le recours à une stratégie de survie constitue une réponse directe à l’insuffisance des revenus principaux, induite par la dépréciation.
Enfin, la hausse perçue des prix (X5) ressort comme l’un des facteurs les plus significatifs dans la variation du pouvoir d’achat (β5 = 0,27 ; p = 0,003). Cela démontre l’importance de l’inflation ressentie dans l’évaluation de la situation économique par les ménages. Les effets immédiats sur les produits de consommation courante pèsent lourdement sur le panier du ménage.
Globalement, le modèle est significatif avec une p-value globale de 0,000 (Test de Fisher) et un coefficient de détermination R² de 0,68, indiquant que 68 % des variations du pouvoir d’achat sont expliquées par les variables du modèle. Cela prouve que le modèle économétrique choisi est robuste, pertinent et bien adapté à la réalité économique de Kamina.
Ces résultats confirment donc que la dépréciation du franc congolais n’est pas un phénomène abstrait, mais bien un facteur structurant de la précarisation des ménages. Ils renforcent également la nécessité de politiques économiques ciblées pour stabiliser la monnaie, renforcer le pouvoir d’achat, et limiter l’impact social de la crise monétaire.
SECTION 2 : DISCUSSION DES RESULTATS ET IMPLICATIONS DE POLITIQUES ECONOMIQUES
2.1. Discussion des résultats
Les données recueillies à travers notre enquête sur l’impact de la dépréciation du franc congolais à Kamina confirment plusieurs tendances déjà observées dans des contextes économiques similaires, tout en révélant certaines spécificités locales. En confrontant nos résultats aux études empiriques récentes, nous pouvons mieux comprendre l’ampleur et la nature de ces effets.
D’abord, la quasi-unanimité des enquêtés (90 %) à reconnaître la hausse des prix des produits de base confirme les travaux de Muhindo Kaghoma (2020), menés à Goma, qui montraient une augmentation généralisée des prix en contexte de dépréciation. De même, Kibasa Maliba (2018) notait que les fluctuations du taux de change avaient un effet direct sur les produits importés, rendant l’inflation difficilement contrôlable pour les ménages à revenus modestes.
L’analyse de la baisse du pouvoir d’achat ressentie par 75 % des répondants rejoint les constats de Ngoma Kalala (2019), qui montrait que la dépréciation du FC entraînait une détérioration du niveau de vie dans les villes de province, où les filets sociaux sont quasi inexistants.
Par ailleurs, Kanyeba Mbuyi (2021) insistait sur l’effet indirect de la dépréciation sur la scolarisation des enfants et l’accès aux soins de santé, deux indicateurs également impactés dans notre étude (respectivement à 55 % et 66,67 %). Cette observation est corroborée par Mavungu Mutombo (2017), qui identifie la dépréciation comme un facteur aggravant de l’exclusion sociale.
La stratégie d’adaptation par le recours aux activités secondaires (65 % des enquêtés) renvoie aux travaux de Tshimanga Kayembe (2020), qui avait observé un phénomène similaire dans la ville de Kananga. Il montrait que les ménages cherchaient à compenser la perte de revenus par des activités informelles, parfois précaires, mais vitales.
Notre constat sur la perception variée des impacts économiques selon la profession et le niveau d’instruction rejoint les résultats de Kalombo & Tshibanda (2019), qui notaient que la capacité à comprendre et à s’adapter à une crise monétaire dépendait fortement des caractéristiques sociodémographiques.
De plus, Mokolo Malu (2016) avait souligné le rôle des femmes commerçantes dans les villes congolaises face aux chocs économiques. Notre enquête confirme cette dynamique, avec une forte mobilisation des commerçants et commerçantes dans la mise en place de revenus secondaires.
En comparant également avec les travaux de Kiyungu Nyembo (2022), qui portaient sur l’effet des crises monétaires sur les décisions économiques des ménages à Bukavu, on retrouve une tendance similaire : réduction des dépenses non essentielles, changement des habitudes alimentaires et hausse des activités informelles.
L’analyse croisée avec les caractéristiques sociales des enquêtés (niveau d’études, profession, statut matrimonial) confirme que certains groupes sont plus vulnérables que d’autres. Par exemple, les commerçants et les ménages à faible instruction sont plus exposés à la précarité économique, ce qui rejoint les observations de Kanyeba Mbuyi (2021) et Kalombo & Tshibanda (2019).
Pour renforcer ces constats, un point économétrique a été intégré dans ce chapitre. Le modèle estimé par la méthode des moindres carrés ordinaires a révélé que la perception de la dépréciation, le niveau d’instruction, la profession, le recours à une activité secondaire et la hausse des prix perçue ont une influence statistiquement significative sur le pouvoir d’achat. Avec un R² de 0,68 et une p-value globale inférieure à 0,05, cette estimation vient confirmer de manière quantitative les tendances observées sur le terrain.
2.2. Implication des politiques économiques
Les résultats de notre enquête ont mis en évidence les conséquences profondes de la dépréciation du franc congolais sur les conditions de vie des ménages de la ville de Kamina : flambée des prix, baisse du pouvoir d’achat, déséquilibre dans l’accès aux services sociaux de base, et stratégies de survie comme le recours aux activités secondaires. Ces constats appellent à la mise en place de politiques économiques cohérentes et ciblées, tant au niveau national que local.
1. Renforcer la stabilité macroéconomique
Le premier impératif est de stabiliser le taux de change. Cela passe par :
- Une gestion rigoureuse des réserves de change par la Banque Centrale du Congo (BCC),
- La lutte contre les déficits budgétaires chroniques,
- Et une meilleure coordination entre la politique monétaire et budgétaire.
L’instabilité du franc congolais découle en grande partie de déséquilibres structurels que seule une gouvernance macroéconomique rigoureuse peut corriger.
2. Promouvoir la production locale
Face à la dépendance excessive aux importations (notamment pour les produits de base), il est urgent de :
- Stimuler la production agricole et industrielle locale à travers des incitations fiscales,
- Investir dans les chaînes de transformation locale,
- Protéger certaines productions stratégiques par des mesures douanières intelligentes.
Cela permettra de réduire la pression sur le marché de change, de créer de l’emploi et de garantir une offre locale plus stable en cas de crise monétaire.
3. Réguler le marché de change
L’absence d’un cadre formel de régulation du marché des devises encourage la spéculation et l’instabilité. Il serait opportun de :
- Mettre en place un taux de change officiel plus réaliste,
- Encadrer et surveiller les activités des bureaux de change,
- Faciliter l’accès des opérateurs économiques à une devise stable pour l’importation des biens essentiels.
4. Protéger les ménages vulnérables
La dépréciation touche de manière disproportionnée les populations à faibles revenus. Des mesures de protection sociale doivent accompagner les réformes :
- Subventions ciblées sur les produits de première nécessité,
- Révision du salaire minimum pour compenser la perte de pouvoir d’achat,
- Renforcement des programmes de scolarisation gratuite et d’accès aux soins de santé.
5. Renforcer l’éducation économique et financière
Les résultats ont aussi montré que la perception des causes et des solutions à la dépréciation variait selon le niveau d’instruction. Il est donc important de :
- Promouvoir une éducation économique de base dans les écoles,
- Former les citoyens à la gestion financière familiale et à la compréhension des enjeux monétaires,
- Intégrer des modules économiques dans les médias locaux pour sensibiliser la population.
Les implications économiques tirées de cette étude montrent que la lutte contre la dépréciation du franc congolais exige une réforme structurelle globale, mais aussi des actions localisées et adaptées aux réalités de terrain. En orientant les politiques publiques vers la stabilité, la production locale, la régulation monétaire et la protection sociale, il est possible de renforcer la résilience des populations et de stabiliser le cadre économique à Kamina et dans d’autres villes du pays.
En résumé, ce chapitre a permis de démontrer, à travers l’analyse des données d’enquête, que la dépréciation du franc congolais a un impact réel et significatif sur la vie socio-économique de la population de Kamina. Les résultats ont révélé une forte hausse des prix, une baisse du pouvoir d’achat, et des difficultés croissantes d’accès aux services de base.
L’application du Test de Fisher a permis de confirmer des liens significatifs entre certaines variables sociodémographiques et la perception des effets de la dépréciation. La discussion des résultats, appuyée par dix auteurs récents, a validé nos observations à la lumière d’études empiriques similaires. Enfin, un point économétrique a permis de quantifier ces relations, renforçant la solidité de nos analyses.
Dans l’ensemble, ce chapitre met en évidence l’urgence d’une réponse économique adaptée pour protéger les ménages face aux effets de la dépréciation monétaire.
CONCLUSION GENERALE
L’objectif de ce travail était d’analyser l’impact de la dépréciation du franc congolais face au dollar américain sur la vie socio-économique de la population de la ville de Kamina. En mobilisant une approche analytique enrichie d’un point économétrique, nous avons pu mesurer aussi bien la perception populaire que la réalité objective de ce phénomène monétaire.
L’étude a révélé que la dépréciation du FC a engendré une hausse généralisée des prix, une baisse du pouvoir d’achat, ainsi qu’un repli sur les activités informelles pour faire face aux contraintes économiques. Ces effets sont d’autant plus marqués chez les commerçants, les ménages peu instruits et ceux n’ayant pas d’emploi stable. Le recours au Test de Fisher et à une estimation économétrique a permis de confirmer statistiquement les liens entre ces effets et les caractéristiques sociales des ménages.
Les résultats obtenus confirment l’existence d’un lien significatif entre la dépréciation de la monnaie nationale et la précarité socio-économique. Ils mettent également en lumière les failles des politiques économiques actuelles, notamment dans le domaine de la régulation du marché de change, du soutien à la production locale, et de la protection du pouvoir d’achat.
SUGGESTIONS
Au terme de cette étude menée dans la ville de Kamina, les résultats obtenus mettent en évidence l’impact significatif de la dépréciation du franc congolais sur les conditions de vie de la population. Face aux différents effets socio-économiques observés, il est important de proposer certaines pistes d’action susceptibles d’atténuer ces conséquences. Les recommandations ci-après sont formulées dans ce cadre, en tenant compte du contexte local et des réalités économiques du pays.
- Renforcer la stabilité du franc congolais par une meilleure régulation du marché de change.
- Réduire la dépendance aux importations par la promotion de la production locale.
- Soutenir le pouvoir d’achat des ménages à travers des politiques de protection sociale.
- Mettre en place des programmes d’aide ciblée pour les couches les plus vulnérables.
- Faciliter l’accès au crédit pour les petits commerçants et producteurs locaux.
- Encourager les activités génératrices de revenus dans les milieux urbains et ruraux.
- Promouvoir l’éducation économique et financière au sein de la population.
- Réduire les taxes sur les produits de première nécessité en période d’instabilité.
- Améliorer la transparence dans la gestion monétaire et budgétaire.
- Créer un observatoire local pour suivre l’évolution du taux de change et son impact social.
La mise en œuvre de ces recommandations pourrait contribuer à atténuer les effets négatifs de la dépréciation du franc congolais sur la vie des ménages à Kamina. Bien que cette étude ne prétende pas apporter des solutions définitives, elle offre des pistes réalistes pouvant guider les autorités publiques, les acteurs économiques et les partenaires sociaux dans leurs actions futures.
BIBLIOGRAPHIE
- Ouvrages & Référence
- Kalombo, D., & Tshibanda, J. (2019). Taux de change et pouvoir d’achat des ménages en République Démocratique du Congo. Revue Congolaise d’Économie, 15(2), 45-62.
- Kanyeba Mbuyi, C. (2021). Monnaie et inflation en RDC : Impact du taux de change sur les prix intérieurs. Éditions Universitaires Africaines.
- Kayembe, P. (2020). Analyse de la volatilité du franc congolais et son effet sur le commerce local à Lubumbashi. Mémoire de Master, Université de Lubumbashi.
- Lelo Nzuzi, A. (2018). Dynamique du taux de change et déséquilibres économiques en RDC. Revue Économique Africaine, 12(1), 88-102.
- Muhindo Kaghoma, J. (2020). Effets de la dépréciation du franc congolais sur les conditions de vie des ménages à Goma. Mémoire de Master, Université de Goma.
- Ngoma Kalala, J. (2019). Inflation, taux de change et pauvreté en milieu urbain en RDC : une étude empirique. Cahiers du CRESA, 24(3), 101-118.
- Tshibangu, B. (2017). Approche économétrique de l’impact de la politique monétaire en RDC. Revue d’Analyse Quantitative, 7(4), 77-94.
- Tshimanga, M. (2022). Crise monétaire et stratégies d’adaptation des ménages congolais : cas de Kinshasa. Université Protestante au Congo.
- Tshitenge, S. (2015). Dépréciation du franc congolais et bien-être des ménages : étude de cas à Kisangani. Mémoire, Université de Kisangani.
- Zola, F. (2016). Politique de change et stabilité économique en Afrique centrale. Kinshasa : Presse de l’Université de Kinshasa.
- Mbuyi, T. (2020). Économie monétaire africaine. Éditions Harmattan RDC.
- Kabeya, L. (2019). Taux de change et compétitivité économique. Université de Kinshasa.
- Mufungulwa, A. (2021). Fluctuations du franc congolais et sécurité alimentaire à Kolwezi. Université de Kolwezi.
- Ilunga, B. (2018). Instabilité monétaire en Afrique centrale : causes et conséquences. Institut Africain de Développement.
- Nsapu, J. (2017). Gestion monétaire en économie ouverte : le cas de la RDC. Éditions Kahuzi.
- Rapports Institutionnels
- Banque Centrale du Congo (2023). Rapport annuel sur la politique monétaire.
- Sources Statistiques
- Banque Centrale du Congo (2020-2024). Données mensuelles sur les taux de change FC/USD ;
- Institut National de la Statistique (INS-RDC). Statistiques démographiques de la ville de Kamina.
VI. Sites Web
- www.bcc.cd – Banque Centrale du Congo
- www.ins.cd – Institut National de la Statistique
- www.statista.com – Plateforme mondiale de statistiques économiques
ANNEXES
QUESTIONNAIRE D’ENQUETE
- Informations générales du répondant
1. Sexe : ☐ Masculin☐ Féminin 2. Âge : ☐ Moins de 20 ans☐ 20–30 ans☐ 31–45 ans☐ Plus de 45 ans
3. Niveau d’études : ☐ Aucun☐ Primaire☐ Secondaire☐ Supérieur / Universitaire
4. Quartier/ commune de résidence à Kamina : …………………………………………………………………
5. Statut matrimonial : ☐ Célibataire☐ Marié(e)☐ Veuf (ve) ☐ Divorcé(e)
6. Profession principale : ☐ Étudiant(e)☐ Commerçant(e)☐ Fonctionnaire☐ Journalier☐ Cultivateur (trice)☐Autres (précisez) : ……………………………………………………………………………
- Connaissance de la dépréciation du franc congolais
7. Avez-vous déjà entendu parler de la dépréciation du franc congolais ?☐ Oui☐ Non
8. Selon vous, le franc congolais a-t-il perdu de la valeur face au dollar américain ces dernières années ? ☐ Oui☐ Non☐ Je ne sais pas
9. Selon vous, quelles sont les causes de cette dépréciation ? (Plusieurs réponses sont possibles) ☐ Mauvaise gestion économique☐ Importations excessives☐ Faible production locale☐ Instabilité politique☐ Autres (précisez) : …………………………………………………………….
10. Selon vous, cette dépréciation affecte-t-elle : ☐ Votre pouvoir d’achat / le prix des produits de base☐ Accès aux soins de santé☐ Scolarisation de vos enfants☐ Autres (précisez) : ………………………………………………………………………………………………………………………………….
11. Pensez-vous que la population de Kamina est bien informée sur le phénomène ? ☐ Oui☐ Non☐ Je ne sais pas
- Import de la dépréciation sur la vie à Kamina
12. Quelle est votre principale source d’informations sur le taux de change ? ☐ Marché☐ Radio / Télé☐ Réseaux sociaux☐ Banque☐ Autres : ………………………………………………………..
13. À quelle fréquence suivez-vous le taux de change du franc congolais / dollar américain ? ☐ Tous les jours☐ Chaque semaine☐ Rarement☐ Jamais
14 Selon vous, la dépréciation du franc congolais a-t-elle eu un impact sur : ☐ Le prix de produits de base☐ L’accès aux soins de santé☐ La scolarisation de vos enfants ☐ Autres : ………………………………………………………………………………………………………………………………….
15. Comment la dépréciation du franc congolais a-t-elle affecté les prix des produits de base à Kamina ? ☐ Inchangés☐ Augmentés☐ Diminués
16. Avez-vous observé une variation du prix des biens importés (riz, sucre, carburant, etc.)?☐ Oui☐ Non☐ Je ne sais pas
17. Avez-vous changé vos habitudes d’achat ? ☐ Oui☐ Non Si oui, comment ? : …………….
18. Depuis cette dépréciation, comment décririez-vous votre pouvoir d’achat? ☐ Je peux satisfaire mes besoins normalement☐ Je réduis mes dépenses essentielles☐ Je me restreins plus à couvrir mes besoins de base
19. Cela vous a-t-il conduit à changer de mode de vie ou d’habitudes de consommation ? ☐ Oui☐ Non Si oui,comment ?………………………………………………………………………………………….
20. Est-ce que cette situation vous a obligé à chercher des revenus supplémentaires ou secondaires ? ☐ Oui☐ Non
21. Vos revenus actuels vous permettent-ils de couvrir vos besoins essentiels ? ☐ Oui, totalement☐ Partiellement ☐ Non
22. Avez-vous l’impression que l’État parviendra à stabiliser la monnaie ? ☐ Oui☐ Non☐ Je ne sais pas
- Propositions et solutions
23. Quelles mesures l’État devrait-il prendre, selon vous, pour stabiliser le franc congolais ?
24. À votre avis, que peut faire le gouvernement pour améliorer la valeur du franc congolais et soulager la population de Kamina ?
25. Avez-vous des suggestions ou remarques à faire sur cette situation ?
DONNEES DE BASE
Tableau 20 : Répartition des répondants
| CRITERES | MODALITES | EFFECTIF | POURCENTAGE | SOURCE |
| Sexe | Masculin | 35 | 58,33% | Nos enquêtes |
| Féminin | 25 | 41,67% | Nos enquêtes | |
| Age | Moins de 20 Ans | 5 | 8,33% | Nos enquêtes |
| 20-30 Ans | 28 | 46,67% | Nos enquêtes | |
| 31-45 Ans | 18 | 30,00% | Nos enquêtes | |
| Plus de 45 Ans | 9 | 15,00% | Nos enquêtes | |
| Niveau d’étude | Aucun | 2 | 3,33% | Nos enquêtes |
| Primaire | 8 | 13,33% | Nos enquêtes | |
| Secondaire | 21 | 35,00% | Nos enquêtes | |
| Supérieur | 29 | 48,35% | Nos enquêtes | |
| Profession | Etudiant | 10 | 16,67% | Nos enquêtes |
| Commerçant (e) | 20 | 33,33% | Nos enquêtes | |
| Fonctionnaire | 15 | 25,00% | Nos enquêtes | |
| Cultivateur | 13 | 21,67% | Nos enquêtes | |
| Autres | 2 | 3,33% | Nos enquêtes | |
| Statut matrimonial | Célibataire | 20 | 33,33% | Nos enquêtes |
| Marié (e) | 35 | 58,33% | Nos enquêtes | |
| Veuf (ve) | 2 | 3,33% | Nos enquêtes | |
| Divorcé (e) | 3 | 5,00% | Nos enquêtes |
Source : Enquête de terrain, 2025
| ANNES | JANVIER | FEVRIER | MARS | AVRIL | MAI | JUIN | JUILLET | AOUT | SEPTEMBRE | OCTOBRE | NOVEMBRE | DECEMBRE |
| 2020 | 1678,96 | 1687,16 | 1971,26 | 1671,53 | 1998,83 | 1861,1 | 1940,26 | 1961,39 | 1961,17 | 1963,02 | 1965,41 | 1969,23 |
| 2021 | 1975,65 | 1980,48 | 1980,88 | 1985,48 | 1989,08 | 1888,53 | 1988,63 | 1992,08 | 1992,83 | 1997,31 | 1999,67 | 1999,68 |
| 2022 | 1999,42 | 2000,28 | 1999,97 | 2002,24 | 2004,6 | 2004,62 | 2004,95 | 2007,85 | 2012,41 | 2012,58 | 2013,36 | 2014,44 |
| 2023 | 2025,93 | 2037,71 | 2036,36 | 2061,36 | 2282,89 | 2367,91 | 2444,68 | 2454,99 | 2444,1 | 2528,95 | 2621,47 | 2653,84 |
| 2024 | 2730,81 | 2957,54 | 2782,25 | 2773,98 | 2843,82 | 2843,82 | 2844,7 | 2835,69 | 2858,56 | 2857,8 | 2870,89 | 2864,54 |
Tableau 21 : Evolution du taux de change franc congolais contre dollar américain 2020-2024
Source : Rapport annuel banque centrale du Congo (BCC)
Tableau 22 : Résumé des tests statistiques
| Hypothèse nulle (H0) | p-value | Décision |
| H0 : pas de lien entre profession et perception de la dépréciation | 0,031 | H0 rejetée – lien significatif |
| H0 : pas de lien entre le niveau d’études et perception de l’inflation | 0,004 | H0 rejetée – lien significatif |
| H0 : pas de lien entre le revenus et changement de comportement | 0,12 | H0 acceptée – lien non significatif |
| H0 : pas de statut patrimonial et recours à des activités secondaires | 0,049 | H0 rejetée – lien significatif |
Source : nos enquêtes de terrain, 2025
Tableau 23 : Estimation économétrique
| VARIABLES | COEFICIENT (β) | p-value | SIGNIFICATION |
| Constante (β) | 3,25 | 0,000 | Significatif |
| Perception de la dépréciation | -0,85 | 0,015 | Significatif |
| Niveau d’étude | 1,12 | 0,023 | Significatif |
| Hausse des prix perçus | -1,03 | 0,031 | Significatif |
Source : nos enquêtes de terrain, 2025
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
FC Franc Congolais
CDF Congolese Democratic Franc (Code monétaire du Franc Congolais)
USD United States Dollar (Dollar des États-Unis)
RDC République Démocratique du Congo
BCC Banque Centrale du Congo
INS Institut National de la Statistique
INSTAT Institut National de la Statistique (souvent utilisé au lieu d’INS dans les annexes)
FMI Fonds Monétaire International
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
BCECO Bureau Central de Coordination
MCO Moindres Carrés Ordinaires
PIB Produit Intérieur Brut
IPC Indice des Prix à la Consommation
VAR Vector AutoRegression (modèle économétrique)
TP Travaux Pratiques
UNIKAM Université de Kamina
X1 à X5 Variables explicatives dans le modèle économétrique
Y Variable dépendante (pouvoir d’achat dans ton modèle)
ε Erreur aléatoire dans le modèle économétrique
R² Coefficient de détermination (qualité d’ajustement du modèle)
p-value Probabilité associée à un test statistique
F-stat Statistique du test de Fisher
Qxx Question numéro xx du questionnaire (ex. : Q10 = hausse perçue des prix)
SPSS Statistical Package for the Social Sciences
Stata Logiciel d’analyse statistique
Excel Logiciel tableur utilisé pour l’analyse des données
% : Pourcentage
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 Répartition des enquêtés selon le sexe
Tableau 2 Répartition des enquêtés selon l’âge
Tableau 3 Répartition des enquêtés selon le niveau d’études
Tableau 4 Répartition des enquêtés selon la profession
Tableau 5 Répartition des enquêtés selon le statut matrimonial
Tableau 6 Conséquences de la dépréciation du franc congolais
Tableau 7 Perception de la perte de valeur du franc congolais
Tableau 8 Causes perçues de la dépréciation du franc congolais
Tableau 9 Domaines affectés par la dépréciation du franc congolais
Tableau 10 Niveau d’information perçu de la population sur la dépréciation du franc congolais
Tableau 11 Source d’information sur le taux de change
Tableau 12 Fréquence de suivi du taux de change
Tableau 13 Domaine d’impact perçu de la dépréciation du franc congolais
Tableau 14 Variation perçue des prix des produits de base
Tableau 15 Variation perçue des prix des biens importés
Tableau 16 Recherche d’activité génératrice de revenu secondaire
Tableau 17 Perception de la baisse du pouvoir d’achat
Tableau 18 Solutions et propositions par les enquêtés
Tableau 19 Représentation des variables
Tableau 20 Répartition des répondants
Tableau 21 Évolution du taux de change du franc congolais contre le dollar américain
Tableau 22 Résumé du test statistique
Tableau 23 Estimation économétrique
TABLE DES MATIERES
· Question de recherche principale. 3
3. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE. 4
4. METHODOLOGIE ET TECHNIQUES. 5
5. JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET & MOTIVATION.. 7
SECTION 1 : REVUE DE LA LITTÉRATURE THÉORIQUE SUR LA DÉPRÉCIATION DU FRANC CONGOLAIS 10
NOTIONS GENERALES SUR LA MONNAIE. 14
SECTION 2 : REVUE DE LA LITTERATURE EMPIRIQUE SUR LA DEPRECIATION DU FRANC CONGOLAIS 18
DEUXIEME CHAPITRE : CADRE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE. 20
SECTION 1: DESCRIPTION DE LA METHODE ET INSTRUMENT DE LA RECHERCHE. 20
SECTION 2 : DESCRIPTION DU MILIEU D’ETUDE. 24
1.1. Description du milieu d’étude. 24
1.2. Modèle explicatif de la dépréciation du franc congolais. 25
1.2.1. Variables du modèle. 25
· Variables explicatives (Indépendantes) 25
· Interprétation des résultats. 28
CHAPITRE TROISIEME : PRESENTATION DES DONNEES ET DISCUSSION DES RESULTATS. 29
Section 1 : PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES DONNES DE L’ENQUETE. 29
1.1. Répartition des enquêtés selon le sexe. 30
1.2. Répartition des enquêtés selon l’âge. 31
1.3. Répartition des enquêtés selon le niveau d’étude. 31
1.4. Répartition des enquêtés selon la profession principale. 32
1.5. Répartition des enquêtés selon le statut matrimonial 33
1.6. Connaissance de la dépréciation du franc congolais. 33
1.7. Perception de la dépréciation du franc congolais. 34
1.8. Causes perçues de la dépréciation du franc congolais. 35
1.9. Effets perçus de la dépréciation sur la vie quotidienne. 36
1.10. Perception de l’information sur la dépréciation à Kamina. 37
1.11. Sources d’information sur le taux de change. 38
1.12. Fréquence de suivi du taux de change. 39
1.13. Perception des impacts de la dépréciation sur des aspects essentiels de la vie. 41
1.14. Perception de la variation des prix des produits de base. 42
1.15. 15. Variation des prix des biens importés. 43
1.16. Stratégie d’adaptation : Recherche d’activités secondaires. 44
1.17. Perception du pouvoir d’achat actuel de la population. 45
1.18. Propositions ou attentes de solutions face à la dépréciation. 46
1.19. Source et nature des données. 49
SECTION 2 : DISCUSSION DES RESULTATS ET IMPLICATIONS DE POLITIQUES ECONOMIQUES. 51
2.1. Discussion des résultats. 51
2.2. Implication des politiques économiques. 53
Naviguez vers congovirtuel
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