Parmi les nombreux défis auxquels est confrontée la République démocratique du Congo, celui de la gouvernance des entreprises publiques demeure sans doute l’un des plus déterminants, mais aussi l’un des moins étudiés. Un nouvel ouvrage publié aux Éditions L’Harmattan propose une analyse approfondie de cette question et ouvre des perspectives inédites pour la réforme de l’État.
Lorsqu’il est question du développement économique de la République démocratique du Congo, les débats portent généralement sur les ressources naturelles, les infrastructures, les investissements étrangers, la stabilité politique ou encore les réformes économiques. Pourtant, un acteur essentiel demeure souvent relégué au second plan : les entreprises publiques.
Présentes dans les secteurs de l’énergie, des transports, des mines, des infrastructures, de l’eau, de la logistique ou encore des services essentiels, elles constituent le bras opérationnel de l’État. Elles transportent les populations, produisent l’électricité, assurent l’approvisionnement en eau, exploitent les ressources stratégiques et participent directement au fonctionnement quotidien de l’économie nationale.
Mais que se passe-t-il lorsque ces entreprises fonctionnent en dessous de leur potentiel ?
La réponse est simple : c’est l’ensemble de l’État qui s’affaiblit.
C’est autour de cette idée forte que s’articule le nouvel ouvrage Entreprises publiques et modernisation de l’État en République démocratique du Congo – Gouvernance et dysfonctionnements institutionnels, diagnostic, enjeux et perspectives de réforme, coécrit par le Professeur Aimé Mbobi, Simon Yomputu, Bonaventure Nzebo et Erika Mbobi, et publié aux Éditions L’Harmattan (Paris). Bien plus qu’un ouvrage consacré aux entreprises publiques, ce livre propose une réflexion approfondie sur les conditions de la modernisation de l’État congolais lui-même..
Voir au-delà des symptômes
Depuis plusieurs décennies, les entreprises publiques congolaises sont régulièrement au centre des critiques. Les changements fréquents de dirigeants, les difficultés financières, les faibles performances, les retards technologiques ou encore les problèmes de gouvernance alimentent régulièrement le débat public.
Les auteurs prennent toutefois le contre-pied de cette lecture classique.
Selon eux, ces difficultés ne constituent pas les véritables problèmes ; elles en sont les conséquences visibles.


Entreprises publiques et modernisation de l’État en
République démocratique du Congo
Gouvernance et dysfonctionnements institutionnels, diagnostic, enjeux et perspectives de réforme
Paru le 2 juillet 2026 aux Éditions
L’Harmattan, Paris
Liseuse : https://liseuse.harmattan.fr/9782336626192
Auteurs : Aimé Mbobi, PhD, MSc, Meng.
Simon Yomputu, MSc, PMP.
Bonaventure Nzebo, MBA, CPA, CMA.
Erika Mbobi, BSc.
Préface de Sele Yalaghuli Présentation académique par Robert N’Kwim Bibi-Bikan
Ministre honoraire des Finances en RDC
Ancien Directeur Général de la DGI
Chercheur Principal à l’Université de Johannesburg
Professeur ordinaire
Révérend Recteur de l’Université Protestante au Congo
- Nature de l’ouvrage
Ouvrage académique de recherche et d’analyse appliquée, à l’interface de l’économie institutionnelle, de
la gouvernance publique et du management des organisations, avec un ancrage dans l’analyse de l’action
publique et les problématiques de développement. - Résumé éditorial de l’ouvrage
En République démocratique du Congo, les entreprises publiques occupent une place stratégique dans
l’organisation de l’économie nationale. Elles interviennent dans des secteurs essentiels tels que les transports,
l’énergie, la logistique, les ressources naturelles et la protection sociale, contribuant à la structuration des
infrastructures et à la mise en œuvre des politiques de développement. Pourtant, leur gouvernance demeure
marquée par des fragilités persistantes : politisation des nominations, instabilité des dirigeants, déficit
d’expertise managériale, faible culture de performance et insuffisance des mécanismes de supervision.
Cet ouvrage propose une analyse systémique de ces dysfonctionnements, en montrant qu’ils relèvent d’un
cadre institutionnel incomplètement modernisé. S’appuyant sur des références théoriques, sur l’étude du
cas congolais et sur plusieurs expériences internationales, il met en évidence les limites du modèle actuel
de gouvernance et en dégage les principaux déterminants institutionnels.
Au-delà du diagnostic, l’ouvrage propose les fondements d’un nouveau modèle de gouvernance des
entreprises publiques en République démocratique du Congo. Il en précise les principes directeurs, les
instruments de réforme, les conditions politiques et institutionnelles de réussite, ainsi qu’une feuille de
route progressive de mise en œuvre. L’ensemble vise à montrer que la réforme des entreprises publiques
constitue l’un des chantiers majeurs de la modernisation de l’État économique congolais.
2 - Argumentaire éditorial
Cet ouvrage part d’un constat central : en République démocratique du Congo, les entreprises publiques
demeurent au cœur de la gouvernance économique, mais leur fonctionnement reste entravé par des fragilités
structurelles qui limitent leur efficacité, leur stabilité et leur contribution au développement national.
L’intérêt scientifique du livre tient d’abord à son approche. Il ne se limite ni à une description
administrative des entreprises publiques, ni à une critique circonstancielle de leurs contre-performances.
Il propose une lecture structurée des mécanismes institutionnels qui expliquent la persistance des
difficultés observées. Il montre ainsi que l’instabilité des dirigeants, la faiblesse du pilotage stratégique,
l’insuffisance de la culture de performance et le retard de la transformation numérique ne constituent pas
des problèmes isolés, mais les manifestations d’un même système de gouvernance inachevé.
L’originalité de l’ouvrage tient également à son articulation entre théorie, analyse empirique et ouverture
comparative. Il mobilise les apports de l’économie institutionnelle, de la théorie de la gouvernance, du
management public et du management stratégique. Il confronte ensuite ces cadres à la réalité congolaise, avant
de tirer des enseignements d’expériences étrangères pertinentes pour penser une réforme réaliste et graduelle.
L’intérêt particulier du manuscrit est enfin renforcé par la nature même de son objet. Les entreprises
publiques africaines, et singulièrement congolaises, restent encore relativement peu étudiées dans une
perspective intégrée combinant économie, institutions, gouvernance, management et transformation
numérique. L’ouvrage vient donc combler un manque, en proposant une analyse de fond, ordonnée,
accessible aux chercheurs comme aux praticiens, et tournée vers les conditions concrètes de la réforme. - Problématique centrale
Pourquoi les entreprises publiques congolaises rencontrent-elles des difficultés persistantes de gouvernance
et de performance alors même qu’elles occupent une place stratégique dans l’économie nationale ?
Cette interrogation conduit à examiner plusieurs dimensions complémentaires : les mécanismes de
nomination des dirigeants, la qualité du leadership managérial, le rôle de l’État actionnaire, l’efficacité
des conseils d’administration, l’existence ou non d’une culture de performance, ainsi que le niveau de
modernisation des outils de gestion et des systèmes d’information. - Hypothèse générale
L’ouvrage défend l’hypothèse selon laquelle les difficultés de performance des entreprises publiques en
République démocratique du Congo résultent moins d’une faiblesse intrinsèque du modèle public que de
dysfonctionnements institutionnels affectant leur gouvernance, leur supervision, leurs mécanismes de
nomination, leurs capacités managériales et leurs instruments de pilotage. - Objectifs de l’ouvrage
L’ouvrage poursuit un double objectif. Le premier est analytique. Il s’agit de comprendre les mécanismes
institutionnels qui fragilisent la gouvernance des entreprises publiques congolaises et limitent leur
contribution au développement économique.
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Le second est prospectif. Il s’agit de proposer les fondements d’un modèle rénové de gouvernance, fondé
sur la clarification du rôle de l’État actionnaire, la professionnalisation des nominations, le renforcement
des conseils d’administration, l’instauration d’une culture de performance et l’intégration des systèmes
numériques dans les pratiques de gestion. - Positionnement scientifique
Cet ouvrage s’inscrit à l’intersection de plusieurs champs disciplinaires et courants théoriques majeurs,
notamment l’économie institutionnelle, la gouvernance publique, le management public, les politiques
publiques, les études africaines, la réforme de l’État, la gouvernance des entreprises publiques, l’économie
politique du développement ainsi que la transformation numérique des organisations publiques.
Il mobilise les apports théoriques de l’institutionnalisme économique et de la théorie des organisations, en
dialogue avec les travaux fondateurs de Douglass North sur les institutions et le changement institutionnel,
de Oliver Williamson sur les coûts de transaction et la gouvernance organisationnelle, ainsi que de Michael
Jensen et William Meckling sur la théorie de l’agence et les mécanismes de contrôle organisationnel.
L’ouvrage dialogue également avec les approches du New Public Management développées notamment
par Christopher Pollitt et Geert Bouckaert, ainsi qu’avec les modèles contemporains de pilotage de la
performance publique inspirés des travaux sur le Balanced Scorecard.
Le livre s’appuie également sur les réflexions relatives à la gouvernance des biens publics, à la régulation
des organisations complexes et à la modernisation administrative, en intégrant les contributions sur la
bureaucratie et la rationalisation administrative, sur la rationalité limitée et la prise de décision
organisationnelle, ainsi que les travaux de Elinor Ostrom sur la gouvernance collective et les mécanismes
institutionnels de gestion des ressources communes.
Sur le plan des politiques de développement et des réformes structurelles, l’ouvrage entre également en
résonance avec les analyses produites par Organisation de coopération et de développement économiques,
Banque mondiale, Fonds monétaire international ainsi que la Commission économique des Nations Unies
pour l’Afrique sur les questions de gouvernance, d’efficacité institutionnelle, de transformation
numérique, de transparence et de modernisation des administrations publiques africaines.
Enfin, l’ouvrage adopte une approche multidisciplinaire articulant économie, management, science politique,
gouvernance numérique et analyse institutionnelle afin d’examiner les dynamiques de réforme des entreprises
publiques dans le contexte spécifique de la République démocratique du Congo et, plus largement, des États
africains confrontés aux défis de modernisation, de performance publique et de gouvernance stratégique. - A qui s’adresse ce livre ?
Cet ouvrage s’adresse en priorité aux universitaires, chercheurs, doctorants et étudiants avancés travaillant
sur l’économie publique, la gouvernance, l’État, le management des organisations et le développement en
Afrique. Il s’adresse également aux décideurs publics, cadres des administrations, responsables
d’entreprises publiques, experts en réforme institutionnelle, praticiens de la gouvernance économique,
consultants et partenaires techniques intéressés par la modernisation de l’État et du portefeuille public.
4 - Apport spécifique de l’ouvrage
L’apport du livre est quadruple. Il propose d’abord une lecture systémique de la crise de gouvernance des
entreprises publiques congolaises, en évitant les approches fragmentées. Il met ensuite en relation des
dimensions souvent traitées séparément : nominations, instabilité des dirigeants, compétences managériales,
supervision, performance, outils numériques et rôle de l’État actionnaire. Il fournit également une base
analytique solide pour penser les réformes dans le contexte congolais, sans céder ni à l’abstraction théorique,
ni au simple commentaire politique. Enfin, il débouche sur une proposition structurée de réforme, articulée
autour d’un nouveau modèle de gouvernance et d’une feuille de route progressive de mise en œuvre. - Sommaire détaillé
Chapitre 1. Introduction générale
Présentation du sujet, importance stratégique des entreprises publiques, problématique, objectifs,
démarche de recherche et réflexion sur la modernisation de l’État.
Chapitre 2. Les entreprises publiques dans l’économie moderne : fondements historiques,
économiques et institutionnels
Analyse des fondements historiques de l’entreprise publique à travers le monde, des justifications
économiques de l’intervention de l’État, des débats sur l’efficacité des entreprises publiques, des
modèles contemporains de gouvernance, des enjeux structurels et défis de gouvernance dans les
économies en développement, ainsi que des réformes des entreprises publiques en Afrique.
Chapitre 3. Évolution historique et réforme du portefeuille de l’État en RDC
Étude de la trajectoire historique des entreprises publiques congolaises, de l’évolution du rôle de
l’État économique, des crises successives, des premières réformes et de la réforme structurelle du
portefeuille de l’État engagée en 2008.
Chapitre 4. Le cadre institutionnel du portefeuille de l’État en RDC
Périmètre et rôle économique du portefeuille public, architecture institutionnelle, cadre juridique, rôle de
l’État actionnaire, diversité sectorielle des entreprises publiques et défis de supervision institutionnelle.
Chapitre 5. Les entreprises publiques dans l’économie congolaise
Analyse sectorielle des principales entreprises publiques dans les transports et les infrastructures,
l’énergie et les services essentiels, les ressources naturelles, ainsi que la régulation économique et
le commerce extérieur. Le chapitre met également en évidence leur poids dans la structure
économique congolaise, leur potentiel de transformation économique et les fragilités de
gouvernance révélées par l’analyse sectorielle.
Chapitre 6. L’instabilité des dirigeants comme symptôme d’une crise institutionnelle
Analyse de la succession inhabituelle des limogeages, de ses effets organisationnels, de son
interprétation institutionnelle et des principaux facteurs convergents expliquant la fragilité du
leadership dans les entreprises publiques.
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Chapitre 7. La politisation des nominations comme problème structurel de gouvernance en RDC
Cadre conceptuel, fondements théoriques et institutionnels, mécanismes contemporains de nomination,
héritage historique de la politisation, effets institutionnels et économiques, et perspectives de réforme.
Chapitre 8. Le déficit d’expertise managériale dans la direction des entreprises publiques en RDC
Analyse du rôle stratégique des compétences managériales, des exigences du management moderne,
des déficits observés dans les entreprises publiques congolaises, de leurs effets sur la performance
et des mécanismes de renforcement des capacités.
Chapitre 9. L’absence d’une culture de performance dans les entreprises publiques en RDC
Étude de la culture de performance comme fondement de la gouvernance, de l’économie des
incitations et de la responsabilité managériale, des expériences internationales, des effets de
l’absence de culture de performance et des mécanismes de son renforcement.
Chapitre 10. Le déficit d’outils modernes de gestion et la transformation numérique des
entreprises publiques en RDC
Analyse du rôle stratégique des systèmes d’information, des enjeux de la transformation numérique,
des effets du retard de digitalisation sur la gouvernance et la performance, ainsi que des stratégies
de mise en œuvre de la modernisation numérique.
Chapitre 11. Vers un nouveau modèle de gouvernance des entreprises publiques en RDC
Définition des principes directeurs d’un modèle rénové de gouvernance, redéfinition du rôle de
l’État actionnaire, renforcement des conseils d’administration, mise en place d’un système intégré
de gouvernance de la performance et intégration de l’informatique et des systèmes numériques dans
la nouvelle architecture de gouvernance.
Chapitre 12. Proposition d’une feuille de route de réforme des entreprises publiques en RDC
Présentation d’une démarche progressive et structurée de réforme, articulée autour de la stabilisation
institutionnelle, de la modernisation des systèmes de gestion, de l’introduction d’une culture de
performance et de la transformation numérique des entreprises publiques.
Chapitre 13. Conditions politiques et institutionnelles de réussite de la réforme
Analyse des conditions de réussite de la réforme, notamment la volonté politique, la stabilité
institutionnelle, les capacités administratives, l’appropriation institutionnelle, l’adhésion des parties
prenantes et la gestion des risques d’échec.
Chapitre 14. Conclusion générale
Synthèse des principaux résultats de l’ouvrage, mise en perspective de ses apports scientifiques et
institutionnels, et réflexion finale sur la réforme des entreprises publiques comme levier de
modernisation de l’État économique congolais.
6 - Notice bio-bibliographique
Cet ouvrage est le fruit d’un travail collectif réunissant des expertises complémentaires issues de
l’enseignement supérieur, de l’ingénierie, de la finance publique, de la gouvernance et du management
des organisations.
Le professeur Aimé Mbobi est ingénieur en télécommunications de l’École des Mines-Télécom Lille
Douai (IMT Nord Europe) et de l’Université de Lille 1, titulaire d’un Mastère spécialisé de l’École des
Mines de Paris et docteur en informatique de l’Université Paris 11-Saclay. Il dispose d’une longue
expérience dans l’enseignement supérieur et la recherche, ainsi que dans l’industrie des technologies de
l’information et des télécommunications, où il a exercé diverses responsabilités dans des environnements
scientifiques et technologiques de haut niveau. Auteur de plusieurs ouvrages et articles scientifiques, son
parcours, à la croisée des systèmes complexes, des infrastructures et des politiques publiques, nourrit une
réflexion approfondie sur les enjeux de gouvernance, de transformation institutionnelle et de
modernisation de l’État.
https://aimembobi.com/dashboard/home
Simon Yomputu, expert-comptable diplômé de HEC Montréal et aussi titulaire d’un Master en gestion
de projet. Fort d’environ trente années d’expérience au sein du gouvernement du Canada, tant au niveau
fédéral que provincial, il a occupé des fonctions clés en contrôle interne, en analyse financière, en audit et
en gestion comptable dans plusieurs ministères. Son parcours lui confère une connaissance approfondie
des mécanismes de gouvernance et de gestion financière des institutions publiques.
Bonaventure Nzebo, titulaire d’un MBA de l’Université du Québec à Montréal et d’un DESS en
comptabilité de management de l’Université du Québec en Outaouais, est un spécialiste de la finance
publique. Il possède une solide expérience au sein du gouvernement du Canada, où il a exercé des
responsabilités stratégiques dans plusieurs ministères. Ses domaines d’expertise couvrent la planification
budgétaire, l’analyse financière et le contrôle de gestion. Il a également enseigné dans l’enseignement
supérieur.
Erika Mbobi est titulaire d’un Honor Bachelor en criminologie et sociologie de l’Université de Toronto.
Elle a une longue expérience et une solide expertise dans l’organisation, la structuration des processus et
la gestion des dynamiques humaines au sein des grandes organisations. Son approche conjugue analyse,
clarté organisationnelle et attention aux dimensions humaines de la transformation institutionnelle.
La complémentarité de ces profils, combinant expertise technique, financière, institutionnelle et
organisationnelle, confère à cet ouvrage une approche à la fois analytique, opérationnelle et ancrée dans
les réalités concrètes de la gouvernance publique
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