Déterminants de l’automédication à Kamina, RD Congo
‘Determinants of self-medication in Kamina, RD Congo’
Par : BANZA MITONGA Paulson, KYONYI WA BANZE Shukurani, PATIENT WA ILUNGA
Cadet, NDAY NGOY Yaire, KASONGO WA DIMINWA Cédric, KABULA LAMINE Jean-Luc
Déterminants de l’automédication à Kamina, RD Congo
‘Determinants
of self-medication in Kamina, RD Congo’
![]()
Par : BANZA MITONGA Paulson, KYONYI WA BANZE Shukurani, PATIENT WA ILUNGA
Cadet, NDAY NGOY Yaire, KASONGO WA DIMINWA Cédric, KABULA LAMINE Jean-Luc
RESUME
La présente étude est analytique
transversale prospective. Elle est menée sur 423 chefs
de ménage issus d’un échantillonnage à plusieurs degrés. Les données recueillies ont été analysées à l’aide du logiciel IBM SPSS (Statistical Package for Social Sciences) version 23.0. Les analyses statistiques descriptives et analytiques ont été réalisées successivement. Le test de chi 2 d’indépendance a été
utilisé pour cerner la dépendance entre l’utilisation des
services de santé et les variables indépendantes. Le
seuil de signification utilisé était p<0,05. L’odds ratio et son intervalle de confiance à 95% ont été également calculés pour mesurer l’association enp tre les variables aléatoires.
A l’issue de nos investigations sur les déterminants de l’automédication dans la ville de
Kamina, nous avons trouvé un taux de l’automédication de 74,2% pour 423 enquêtés. Les déterminants retenus étaient : le faible niveau d’instruction (ORa=3,304 ;
IC95%=[1,832-5,96]); le manque des moyens
financiers (ORa=3,432; IC95%= [1,984-5,93]), la
confiance dans les médicaments en vente libre ( ORa=3,613; IC95%= [2,150-6,072]) ainsi que la perception face à l’automédication (ORa=2,083; I C95%= [1,227-3,636]).
En somme, l’automédication est une pratique courante dans la ville de Kamina et fait courir à la population des risques et méfaits de santé.
Mots clés: déterminants, automé dication SUMMARY
This study is a prospective crosssectional
analytical study. It was conducted on 423
heads of households selected through
multi-stage sampling. The data
collected were analyzed using IBM SPP
23.0 (Statistical Package for Social Sciences).
Descriptive and analytical statistical analyses
were performed successively. The chisquare test of independence was used to
test the dependence between the use of
health services and the independent
variables. The significance level used
was p<0,05. The Odds ratio and its 95% confidence
interval were also calculated to measure the
association between the random variables.
At the end our investigations into the determinants of self-medication in
the city of Kamina, we found a
self-médication rate of 74.2% among 423
surveyed individuals. The retained determinants
were: low level of education
(ORa=3,304; IC95%=[1,832-5,96]);
lack of
financial means (ORa=3,432; IC95%=
[1,9845,93]); confidence in over-the-counter medications
(ORa=3,613; IC95%= [2,150-6,072]); as well as perception towards self-medication
(ORa=2,083; IC95%= [1,227-3,636]).
In summary, self-medication is a common practice in the city of Kamina
and exposes the population to health
risks and harms.
Keywords: determinants,
self-medication.
INTRODUCTION
L’automédication consiste à faire, devant la perception d’un trouble de santé, un auto diagnostic et à se traiter sans un avis médical.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
« l’automédication est le traitement de certaines maladies par les patients grâce à des médicaments autorisés, accessibles mais sans ordonnance » (1).
D’après cette même organisation,
80% de la population mondiale recourt aux plantes pour l es besoins de santé et les conséquences en résultant sont de plus en plus amères (1).
Aux Etats-Unis, l’automédication
est très prévalue : 52,6% des adultes et 41,6% des
enfants en sont concernés (2).
Par ailleurs, les études menées dans
les milieux universitaires à Hong Kong (3), au
Pakistan (4) et au Brésil (5) avaient révélé des
prévalences d’automédication respectivement de
82,3%, 76% et 86,4%.
De même pour une étude réalisée en
France auprès des parents, le recours intempestif à l’automédication représentait 50% ( 6).
En Afrique, une étude menée sur
764 malades atteints de l’infection sexuellement transmissible (IST) à Kumasi (Ghana ) a montré que 74,5% de ces patients avaient pratiqué l’automédication avant d’aller à l’hôpital ( 7).
On peut noter la situation à Cotonou (8), au Togo (9) et à Accra (10) où l’automédication représentait respectivement 66,5%, 67,0% et 69,8%.
En République Démocratique Congo, la prévalence de l’automédication a été estimée à 49% en 2011, sur l’ensemble de la population (11), à 5,6% chez des patients reçus aux urgences médicales des Cliniques Universitaires de Kinshasa en 2011 (12), à 57% à Goma en 2013 (13) et à 61,3% chez les femmes enceintes de Bukavu (14).
Toujours en République
Démocratique du Congo, selon Valentin B., Henry M., Salvius B. et al., 78,8 % des répondants reconnaissaient que l’automédication peut conduire à un échec thérapeutique et que des erreurs de dose, un traitement inadapté, des effets secondaires et des erreurs diagnostiques sont plausibles (15).
Dans la Ville de Kamina, selon l’étude de SEYA André sur 104 sujets qui avaient recouru à l’automédication, 86,5% avaient utilisé les produits modernes contre 13,5% qui avaient fait recours aux produits traditionnels. Ainsi, les déterminants de l’automédication étaient le faible niveau d’instruction «Aucun/primaire » (ORa=21,632 [3,387-138,163]; paj=0,001); la mauvaise appréciation sur la qualité des soins administrés à la formation sanitaire
(ORa=2,156 [1,173-3,963]; paj=0,013) et le faible niveau socioéconomique (ORa=29,518 [12,743-
97,631] ; paj=0,000) (16).
Cette même étude renchérit que, l’automédication exposait 12,390 fois à l’intoxication médicamenteuse (16).
Dans la même lancée, notre étude soulève la préoccupation suivante : quels sont les déterminants de l’automédication dans la ville de Kamina spécifiquement au sein des aires de santé Lupandilo, quartier 14, Maendeleo et RVA (Régie des Voies Aériennes) ?
Cela étant, nous partons des hypothèses que voici : L’automédication serait statistiquement associée au faible niveau d’instruction, au niveau économique et social, à l’inaccessibilité financière aux soins, à la gravité de la maladie et à l’état du patient.
L’étude a pour objectif principal
d’identifier les facteurs influençant l’automédication afin de contribuer à l’amélioration du bien-être de la communauté de Kamina. De manière spécifique, elle vise à déterminer la prévalence de l’automédication dans la contrée d’étude; décrire les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés et identifier les déterminants de l’automédication dans la zone de santé de Kamina.
Du point de vue temporel, l’étude a été conduite de janvier à septembre 2025. Et dans l’espace l’étude a été menée en République Démocratique du Congo, province du Haut-Lomami, zone de santé de Kamina.
I. MATERIELS ET METHODE
1.1.Présentation du cadre d’étude L’étude a été conduite en République Démocratique du Congo, province du Haut-Lomami, zone de santé Kamina; dans les aires de santé Lupandilo, quartier 14, Maendeleo et RVA (Régie des Voies Aériennes).
1.2.Type d’études
Nous avons mené une étude analytique transversale dans une enquête prospective sur les déterminants de l’automédication dans la ville de Kamina.
1.3.Population d’étude, critères d’inclusion et d’exclusion
La population d’étude est constituée des ménages de 4 aires de santé de la ville de Kamina déjà citées ci-haut.
1.4.Echantillonnage
Nous avons utilisé un échantillonnage à plusieurs degrés. Au premier degré nous avons sélectionné 4 aires au moyen d’un échantillonnage aléatoire simple et au second degré, un échantillon systématique a été utilisé pour la sélection des unités. Pour calculer la taille de l’échantillon, la formule suivante a été utilisée :
– n: Taille de l’échantillon
– Zα : coefficient de confiance pour un degré de confiance de 95% (0,05), ce coefficient
est égal à 1,96
– P : 50% (0,5)
– Q=1-p (0,5)
– d : est le degré de précision voulu qui vaut en général 5% (0,05).
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Ainsi, nous avons pris une marge de non -réponse estimée à 10% de la taille pour avoir une taille d’échantillon de 423 ménages.
1.5.Gestion et traitement des données
Les données ont été analysées à
l’aide du logiciel SPSS (Statistical Package for
Social Sciences) version 23.0. Les analyses
statistiques descriptives et analytiques ont été
réalisées successivement. Le test de chi 2
d’indépendance a été utilisé pour comprendre la
dépendance entre l’utilisation des services de santé
et les variables indépendantes. Le seuil de
signification utilisé était p<0,05. L’odds ratio et son
intervalle de confiance à 95% ont été également
calculés pour mesurer l’association entre les variables aléatoires.
II. PRESENTATION DES RESULTATS
II.1. ANALYSES UNIVARIEES
Tableau I. Répartition des cas selon la pratique de l’automédication, les symptômes, médicaments pris
|
Pratique de l’automédication |
Pourcentage n=423 |
Fréquence |
|
Oui |
314 |
74,2 |
|
Non |
109 |
25,8 |
|
Symptômes et cliniques ayant conduit à l’automédication |
Pourcentage n=314 |
Fréquence |
|
Maux de tête |
199 |
47,0 |
|
Douleurs musculaires ou articulaires |
159 |
37,6 |
|
Fièvre |
129 |
30,5 |
|
Allergies |
119 |
28,1 |
|
Problèmes digestifs (ex : constipation, nausées) |
82 |
19,4 |
|
Médicaments pris sans ordonnance |
|
|
|
Analgésiques (par exemple, paracétamol, ibuprofène) |
265 |
62,6 |
|
Antibiotiques |
185 |
43,7 |
|
Médicaments contre les allergies (antihistaminiques) |
137 |
32,4 |
|
Médicaments pour les troubles digestifs (antiacides, laxatifs) |
97 |
22,9 |
|
Plantes médicinales ou remèdes naturels |
20 |
4,7 |
Parmi ceux ayant pratiqué l’automédication, les maux de tête prédominent avec 47% contre les problèmes digestifs pour 10,4% des cas. 62,6% avaient pris des analgésiques contre les plantes médicinales par 4,7%.
Tableau II. Répartition des cas selon l’aire de santé et la tranche d’âge
|
Structure |
Pourcentage n=423 |
Fréquence |
|
Aire de santé Lupandilo |
62 |
13,79 |
|
Aire de santé MAENDELEO |
120 |
28,4 |
|
Aire de santé RVA |
121 |
28,6 |
|
Aire de santé Quartier 14 |
120 |
28,4 |
|
Sexe |
n=423 |
Fréquence |
|
Féminin |
204 |
48,2 |
|
Masculin |
219 |
51,8 |
|
Niveau d’étude |
|
|
|
Non instruit |
143 |
33,8 |
|
Instruit |
280 |
66,2 |
|
Revenus mensuels |
|
|
|
Moins de 100$ |
329 |
77,8 |
|
100$ et plus |
94 |
22,2 |
|
Situation professionnelle |
|
|
|
Sans profession rémunératoire |
246 |
58,2 |
|
Avec profession rémunératoire |
177 |
41,8 |
La lecture de ce tableau indique une prédominance masculine avec 51,8%, les répondants représentent 66,2%, 77,8% des cas gagnaient moins de 100$ le mois et quant à la situation professionnelle, 58,2% des répondants sont sans profession rémunératoire.
Tableau III. Répartition des cas selon le fait de se renseigner sur les produits, manque de temps de consulter les professionnels avant usage et automédication par manque
d’argent de consultation
|
Avoir cherché des informations sur un médicament avant de l’utiliser |
Pourcentage n=423 |
Fréquence |
|
Non |
225 |
53,2 |
|
Oui |
198 |
46,8 |
|
Manque de temps pour consulter un médecin |
|
|
|
Oui |
95 |
22,5 |
|
Non |
328 |
77,5 |
|
Avoir pratiqué l’automédication suite au manque d’argent de consultation |
|
|
|
Oui |
234 |
55,3 |
|
Non |
189 |
44,7 |
Les résultats de ce tableau illustrent que 53,2% des cas n’avaient pas cherché les renseignements avant usage des produits, 77,5% manquaient le temps de consulter un médecin et enfin, 55,3% avaient pratiqué l’automédication par manque des finances.
Tableau IV. Répartition des cas selon la crainte de l’hôpital, avoir confiance en produits en vente libre, croire en l’efficacité de l’automédication et vivre une mauvaise expérience
|
Avoir confiance dans les médicaments en vente libre |
Pourcentage n=423 |
Fréquence |
|
Oui |
289 |
68,3 |
|
Non |
134 |
31,7 |
|
Avoir confiance dans les établissements sanitaires |
|
|
|
Oui |
275 |
65,0 |
|
Non |
148 |
35,0 |
|
Avoir l’impression que l’automédication est tout aussi efficace que consulter un médecin |
|
|
|
Oui |
71 |
16,8 |
|
Non |
352 |
83,2 |
|
Avoir vécu une mauvaise expérience liée à l’automédication |
|
|
|
Oui |
182 |
43,0 |
|
Non |
241 |
57,0 |
Ce tableau montre que 87,2% ne craignent pas les soins, 68,3% ont confiance en médicaments en vente libre à l’opposé de 31,7% n’ayant pas confiance en ces derniers et enfin, 83,2% ne trouvent pas l’automédication efficace au détriment d’un médecin tandis que 16,8% trouvent mieux l’automédication.
II.2. ANALYSES MULTIVARIEES Tableau V. Relation entre la pratique de l’automédication et le sexe, le niveau d’étude, les revenus mensuels et la situation professionnelle
|
Paramètres étudiés |
Pratique de l’automédication OUI NON |
|
|
|
|
Sexe Féminin |
n=314 |
n=109 |
OR [IC95%] |
P |
|
166 |
38 |
2,096 [1,334-3,293] |
0,00 |
|
|
Masculin |
148 |
71 |
|
|
|
Niveau d’éducation Non instruit |
122 |
21 |
61,16[8,18-457,33] |
0,00 |
|
Instruit |
192 |
88 |
|
|
|
Revenus mensuels du tuteur Moins de 100$ |
261 |
68 |
5,85[1,12-30,48] |
0,00 |
|
100$ et plus Situation professionnelle |
53
|
41
|
|
|
|
Sans profession rémunératoire |
203 |
43 |
2,80 [1,79-4,395] |
0,00 |
|
Avec profession rémunératoire |
111 |
66 |
|
|
La tableau ci-haut renseigne que les ménages sous gouverne des femmes étaient 2,096 [1,334-
3,293], p=0,001 fois plus susceptibles que ceux par les hommes, le sans niveau d’instruction, OR=61,16[8,18-457,33], p=0,00 ; les ménages gagnants moins de 100$ le mois couraient 5,85[1,12-30,48], p=0,00 fois le risque de pratiquer l’automédication que ceux gagnant plus et enfin, une association existe entre la pratique de l’automédication et le manque d’une profession rémunératoire, OR=2,80 [1,79-4,395], p=0,00.
Tableau VI. Relation entre la pratique de l’automédication et la connaissance des méfaits des antibiotiques, le manque de moyens, la confiance dans les produits en vente libre
|
Paramètres étudiés |
Pratique de l’automédication OUI NON |
|
|
|
|
Usage d’antibiotiques peut contribuer à la résistance aux médicaments Oui |
n=314 |
n=109 |
OR [IC95%] |
P |
|
170 |
59 |
|
|
|
|
Non |
144 |
50 |
1,00 [,64-1,549] |
1,00 |
|
Manque d’argent pour se rendre à l’hôpital Oui |
204 |
30 |
|
|
|
Non |
110 |
79 |
4,884 [3,02-7,893] |
0,00 |
|
Avoir confiance aux médicaments en vente libre Oui |
239 |
50 |
|
|
|
Non |
75 |
59 |
3,76 [2,38-5,94] |
0,00 |
Il découle de ce tableau une association statistiquement significative entre la pratique d’une automédication et le manque d’argent, OR=4,884 [3,02-7,893], p=0,00 ainsi que le fait de ne pas avoir confiance aux médicaments modernes, OR=3,76 [2,38-5,94], p=0,00.
Tableau VII. Régression logistique dur les déterminants de la pratique de l’automédication
|
Facteurs associés à l’automédication |
B |
P |
ORa |
[IC 95,0%] |
|
Niveau d’instruction |
1,195 |
,000 |
3,304 |
[1,832-5,96] |
|
Manque des moyens financiers |
1,233 |
,000 |
3,432 |
[1,984-5,93] |
|
Avoir confiance en médicaments en vente libre |
1,285 |
,000 |
3,613 |
[2,150-6,072] |
Constante -3,944 ,000 ,019
![]()
Source : Elaboré par nous-mêmes sur base des données recueillies de l’enquête-ménage.
L’examen des résultats de ce tableau renseigne que les facteurs qui influencent principalement l’automédication après ajustement sont : le faible niveau d’instruction (ORa=3,304 ; IC95%=[1,832-5,96]) ; le manque des moyens financiers (ORa=3,432; IC95%= [1,984-5,93]) ainsi qu’avoir confiance en médicaments en vente libre (ORa=3,613; IC95%= [2,150-6,072]).
Les valeurs de l’aire sous la courbe (AUC) de cette figure montrent une capacité à prédire la pratique de l’automédication des ménages des aires de santé sous-examen de l’ordre de 75%
(AUC entre 70 et 80,0%)

Figure I. Courbe ROC des facteurs associés à la pratique de l’automédication
III. DISCUSSION DES RESULTATS
Au terme de nos enquêtes, nous avons trouvé un taux de la pratique de l’automédication de
74,2% pour 423 enquêtés alors que 25,8% des cas
n’avaient jamais pratiqué l’automédication. Ce
résultat corrobore avec l’estimation de
l’Organisation Mondiale de la Santé selon laquelle
80% de la population recourent à la médecine
traditionnelle pour satisfaire leurs besoins en soins
de santé primaire (2).
Par rapport aux symptômes ayant
amené les ménages à la pratique de
l’automédication, les maux de tête occupent la
première place avec 47% des cas, les douleurs des
articulations et musculaires pour 37,6% des
répondants, la fièvre pour 30,5% des cas, les
allergies représentent 28,1%. De façon analogue à
nos résultats, l’étude de Kadia Ouaré T., révèle que
le symptôme le plus fréquent est la fièvre avec 26,5% ; la malaria (82,4%), les maux de tête (65,5%) en constituaient les trois premières causes (17).
S’agissant des médicaments
consommés sans prescription médicale, les
analgésiques (par exemple, paracétamol,
ibuprofène) viennent en tête avec 62,6% des cas, les
antibiotiques représentent 43,7%. A ce sujet
Valentin B., Henry M., Salvius B. affirment dans
leur étude que l’amoxicilline était plus utilisée
(98,2 %) (15).
A propos du niveau d’instruction,
66,2% des cas étaient instruits alors que 33,8%
étaient sans aucun niveau d’étude. Et les analyses
ont montré que les ménages gérés par un chef sans niveau d’instruction, couraient 1,16[8,18-457,33], p=0,00 fois les risque de pratiquer l’automédication.
Pour SEYA André, les répondants sans niveaux sont susceptibles de pratiquer l’automédication ORa=21,632 [3,387-138,163] ; paj=0,001) (16).
CONCLUSION
Au terme de nos enquêtes, nous avons trouvé un taux de la pratique de l’automédication de 74,2%. Les facteurs retenus sont le faible niveau d’instruction; le manque des moyens financiers, la confiance dans les médicaments en vente libre.
L’automédication est une pratique à risque mais nous avons constaté qu’elle est courante dans la communauté de Kamina. Pour y remédier, nous suggérons qui suit :
ü Au gouvernement et aux autorités sanitaires, de renforcer la politique de régulation de la vente des médicaments, en formant les points de vente non autorisés, et en sanctionnant sévèrement tout pharmacien qui vend des produits pour lesquels il n’y a pas d’ordonnance médicale ;
ü Aux pharmaciens et autres vendeurs agrées, d’exiger, avant toute délivrance des médicaments, l’ordonnance dûment établie par un professionnel de la santé habilité.
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BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
![]()
Paulson BANZA MITONGA, Département de Management des Organisation de santé, Institut Supérieur des Techniques Médicales, Kamina, RD. Congo
Paulson BANZA MITONGA, Expert en santé publique, Gestionnaire des Institutions de santé, ISTM/Kamina.

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