réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique dans la ville de Kinshasa. Cas de FENAPHACO

                         REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
ARCHIDIOCESE DE KINSHASA
INSTITUT FACULTAIRE DE DEVELOPPEMENT
FACULTE DES SCIENCES ET TEHNIQUES DE DEVELOPPEMENT

BP.1800 KIN VII
AV. SAI0 N° 2317
KINSHASA/KASA-VUBU

    REINSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE DES 

PERSONNES VIVANT EN SITUATION DE HANDICAP

PHYSIQUE A KINSHASA

    « Cas de l’ASBL Fédération Nationale des Associations des  
    Personnes Handicapées du Congo (FENAPHACO) » 

NGWE NKUNKU Danny

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention de grade de Licencié en Sciences et Techniques de Développement

        Option : Gestion et Administration des Projets « GAP » 

Directeur : Prof. Dr. OTSHUDI MPOYI

Novembre 2021

Epigraphe

« Tout homme sur terre est d’une manière ou d’une autre handicapé ».

ZAMENGA BATUKEZANGA

Dédicace

A toutes les personnes vivant en situation de handicap victimes de discrimination et d’exclusion sociale.

Remerciements

Au terme de ce travail qui marque la fin de notre cycle de licence en Sciences et Techniques de Développement, Il nous est d’un agréable devoir d’exprimer notre profonde gratitude et sincères remerciements aux autorités académiques de l’Institut Facultaire de Développement, « IFAD » en sigle, aux professeurs, Chefs de Travaux et
Assistants qui ont contribué à notre formation.

Nous pensons au Professeur Docteur OTSHUDI MPOYI Antoine qui a dirigé ce travail, et le Rapporteur Chef de Travaux KONGA WANGUWA Désiré qui, malgré leurs multiples occupations, ont accepté de nous guider en toute responsabilité et rigueur scientifique pour sa réalisation.
Nous ne pouvons manquer à cet effet d’exalter l’Asbl Evangile Actif auprès des Personnes Vulnérables, EVAPEV en sigle, par le truchement sa Présidente KAMWENI Fanny qui ne cesse de nous soutenir et faciliter la tâche dans l’atteinte de notre objectif en lien avec nos études.
Nos remerciements vont également à l’endroit de l’équipe administrative et éducative de l’asbl EVAPEV (MAVINGA Charles, KAWONDA Ritha, YEDDY, CIMANGA Fleurbo, DINGO Tresor, MATU) pour vos soutiens morales, matériels et psychologiques.

Qu’il nous soit permis d’adresser notre gratitude :

 Aux membres du jury pour avoir accepté d’évaluer ce travail malgré leurs multiples occupations ;
 A notre chère mère MAYALA NTA-MASIALA Elisabeth, pour tout le soutien apporté durant nos dures et longues années de tutorat ;

 A nos frères et sœurs : NGWE Gérard, NGWE Claude, NGWE Anselme, NGWE Jeanne, NGWE Wanschy, NGWE Olivier, EYOMI Nene, NGWE Patience, NGWE Alain, NGWE Patricia pour tant des sacrifices et des encouragements soutenus durant nos années d’études à l’IFAD ;

 A nos beaux-frères et belles sœurs : Stéphanie BŒUF, MAKELA Evelyne, MOMBELE Max, TAMUKWO Judith, Adeline MBALA, MAKOSO Léopoldine, MASUDI Gabriel ;

 A Madame PHOLA TEDIKA Clarisse pour nous avoir encouragés moralement à la réussite de ce travail ;

 A l’équipe Administrative et éducative de l’asbl PECS : LUYEYE Godefroid, WASAKUMUNUA Bertin, MAGEMA Laurent, VESE PINZI Carlin, LAU MBUNGU Monica, LIKIA BISALA Guelord, MPIE Mireille, MAYASI Andre, BASUNGA Ripaul et MATONDO Angélique pour vos soutiens morales, matériels et psychologiques ;

 A toute la grande famille NGWE-ENGO : NGWE Guyguyna, Nathan NGWE MOWENI, MAMBELA Meir Rocher, MOMBELE Rebecca, NGWE Berni, NGWE Jérémie, MAYALA Emmanuela, NGWE Samuel pour vos encouragements de près ou de loin à l’aboutissement de notre étude ;

 A Messieurs LUMBOMBO NGANGA Edo, KUMA Alois, MUANTOTE Nico, KABONGO Jacques pour vos assistances dans la réalisation de ce travail ;

 A la Famille BILA : BILA Christevie, BILA Ketia, BILA Obed et BILA Merveille, pour nous avoir encouragés moralement à la réussite de nos études académiques ;

 A Mesdames Fanny BOFEKI, IKOLI Sarah et BILA BAZEBISALA Ruth pour leurs encouragements et motivations à la réussite de nos études ;

 A nos camarades de classe avec qui, nous avons passé deux longues années pleines d’émotions, de partages et d’apprentissages. Ce parcours commun que nous devons au destin, nous a aidés à grandir ensemble et bien sûr à nous transformer mutuellement.

Que tous ceux qui ont de près ou de loin, matériellement, financièrement ou moralement, contribué à la réalisation de ce mémoire et qui n’ont pas été cités trouvent ici, l’expression de nos sincères remerciements.
NGWE NKUNKU Danny

Sigles et Abréviations
AGR : Activité Génératrice de Revenu
BIT : Bureau International du Travail
CDE : Convention relative aux Droits de l’Enfant
CIDIH : Classification Internationale des Déficiences, des Incapacités et des Handicaps

CIF         : Classification Internationale du Fonctionnement,  
                            du handicap et de la Santé 
COVID-19    : Corona Virus Desease 2019 

DISPE : Direction des Interventions Sociales pour la Protection de l’Enfant

Ed.         : Edition  

ENF         : Education Non Formelle 

FENAPHACO   : Fédération Nationale des Associations des Personnes vivant  
                             avec Handicap du Congo 

FNPSS
: Fond National pour la Promotion de la Securité Sociale
HI
: Handicap International
IFAD
: Institut Facultaire de Développement
IST : Infection Sexuellement Transmissible
IDMRS : Identification, Documentation, Médiation, Réunification, Suivi
JO : Journal Officiel
MINAS : Ministère des Affaires Sociales
OIT : Organisation International du Travail
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONG : Organisation Non Gouvernementale
Op.cit. : Opere citato
OPH : Organisation des Personnes Handicapées
PIB : Produit Intérieur Brut
PPH : Processus de Production du Handicap
PVSH : Personne Vivant en Situation de Handicap
VIH : Virus Immuno Humain
RDC : République Démocratique du Congo

Liste des tableaux

Tableau 1: Les modeles conceptuels du handicap : modele medical et modele social …………………………………………….. …………………………………… …34 Tableau 2 : Repartition des enquetes selon l’age et le sexe … …………………76
Tableau 3 : Repartition selon le sexe et la situation matrimoniale des
enquete…………………………………………………………………………76
Tableau 4 : Repartition des enquetes selon le niveau d’instruction et le
sexe……………………………………………………………………….……77
Tableau 5 : Repartition des enquetes selon le sexe et le statut d’occupation
parcellaire …………………………………………………………………………………………… .77 Tableau 6 : Repartition selon le sexe et le type de handicap ………………………. 78
Tableau 7 : Echéancier des activités ……………………………………………………….. 94
Tableau 8 : Gantt des activites ……………………………………………………………….. 95
Tableau 9 : Besoin en ressources humaines ……………………………………………… 96
Tableau 10 : Besoin en salaire ………………………………………………………………… 96
Tableau 11 : Besoin en frais generaux …………………………………………………….. 97
Tableau 12 : Besoin en equipement de bureau ………………………………………….. 97
Tableau 13 : Besoin en formation et sensibilisation ………………………………….. 97
Tableau 14 : Materiels et fournitures de bureau………………………………………… 98
Tableau 15 : Achat des materiaux de construction et terrain ………………………. 99
Tableau 16 : Salaire de la main d’œuvre contractuelle……………………………… 100
Tableau 17 : Besoin en evaluation ………………………………………………………… 100
Tableau 18 : Budget recapitulatif ………………………………………………………….. 101
Tableau 19 : Tableau des parties prenantes …………………………………………….. 105
Tableau 20 : Tableau des strategies……………………………………………………….. 112
Tableau 21 : Cadre logique ………………………………………………………………….. 113
Tableau 22 : Matrice SWOT (FFOM) …………………………………………………… 115
Tableau 23 : Plan de tresorerie ……………………………………………………………… 118
Tableau 24 : Gantt financier …………………………………………………………………. 119

Liste des graphiques

Graphique 1 : Origine du handicap 78
Graphique 2 : Répartition selon les causes de handicap 79
Graphique 3 : Soins assignés au handicap 79
Graphique 4 : Discrimination dans le milieu de vie ordinaire 80
Graphique 5 : Milieu de vie discriminatoire 80
Graphique 6 : Difficulté liée au handicap 81
Graphique 7 : Opinion sur la formation professionnelle suivie 82
Graphique 8 : Filières de formations suivies 82
Graphique 9 : Formation professionnelle à renforcer 83
Graphique 10 : Travail post formation professionnelle 83
Graphique 11 : Raison de la non obtention du travail post formation 84
Graphique 12 : Activités rémunératrices exercées 84
Graphique 13 : Type d’activités rémunératrices 85
Graphique 14 : Durée de l’activité 85
Graphique 15 : Pratique des activités face aux attentes 86
Graphique 16 : Amélioration de conditions de vie 86

Liste des figures

Figure 1 : Concept du handicap revisité …………………………………………………… 25 Figure 2 : Classification internationale des déficiences, des incapacités et des
handicaps …………………………………………………………………………………………….. 25 Figure 3: Processus de production du handicap ………………………………………… 29 Figure 4 : Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de
la Santé ……………………………………………………………………………………………….. 31
Figure 5 : Schéma d’appui à la Réinsertion socioprofessionnelle ……………….. 44
Figure 6 : Les trois piliers de l’auto-emploi ……………………………………………… 50 Figure 7 : Schéma sur les étapes de la réinsertion socioprofessionnelle volet
auto-emploi et emploi salarié …………………………………………………………………. 51 Figure 8 : Organigramme de FENAPHACO ……………………………………………. 56
Figure 9 : Ordinogramme des parties prenantes………………………………104
Figure 10 : Arbre à problème…………………………………………………109
Figure 11 : Arbre à objectifs………………………………………………….110
Figure 12 : Arbre des stratégies …………………………………………………………….. 111
Figure 13 : Diagramme de Venn …………………………………………………………… 116
Figure 14 : Triangle de Projet ………………………………………………………………. 120
Figure 15 : Triangle de gestion …………………………………………………………….. 120 Figure 16 : Organigramme …………………………………………………………………… 121

Liste des images

Image 1 : Vue de l’ampleur de la mendicité de certains PVSH sur la voie
publique de la ville de Kinshasa…………………….……………………….…67
Image 2 : Vue des PSVH dans la lutte de survie par la des petites
activités………………………………………………………………………68

  1. INTRODUCTION

0.1. Problématique

Le monde fait actuellement face à une crise sanitaire sans commune mesure que l’on pourrait qualifier de guerre contre un invisible. Apparue en Chine, en décembre 2019, dans la ville de Wuhan, province de Hubei (58 millions d’habitants), une flambée épidémique à coronavirus (Covid-19), se répand à grande vitesse dans le monde.

De par sa vitesse de propagation, son ampleur en termes de personnes infectées, son caractère meurtrier et ses conséquences sur l’économie et le bienêtre social, le coronavirus (Covid-19) constitue une véritable préoccupation sanitaire pour la communauté internationale et pour les gouvernements des pays.
Le 30 janvier 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré la Covid-19comme une urgence sanitaire de portée internationale, et depuis le 11 mars 2020, il l’a relevé au rang de pandémie mondiale . Pour ce faire, une analyse conséquente de la situation actuelle et future s’avère nécessaire pour orienter les choix et actions des décideurs politiques et partenaires au développement.

De toute évidence, le choc de la Covid-19 a provoqué en RDC une forte récession en 2020, avec des conséquences lourdes sur le revenu et le pouvoir d’achat des ménages, l’emploi, les inégalités sociales et la soutenabilité financière des petites moyennes entreprises et industries, ainsi que de petites unités de production informelle .

Cette situation de crise sanitaire mondiale, elle n’a épargné guère la population kinoise en générale et les personnes vivant en situation de handicap en particulier à tel point qu’elles se sont retrouvées dans la précarité sans nom, étant donné que la plupart ne vivent que des petites activités génératrices de revenus. En abordant sur la situation de handicap, elle fait partie de la condition humaine dont pratiquement tout le monde, à un moment ou l’autre de la vie, aura une déficience temporaire ou permanente et ceux qui parviendront à un âge avancé connaîtront des difficultés fonctionnelles croissantes.
Le handicap est complexe et les interventions pour en surmonter les inconvénients sont multiples et générales, variant avec le contexte. On estime que plus d’un milliard de personnes vivent avec un handicap, sous une forme ou une autre, soit environ 15% de la population mondiale , qui date des années 1970 et évoquait une proportion aux alentours de 10%. Dans le monde, environ 785 millions (15,6%) de personnes âgées de 15 ans et plus vivent avec un handicap, tandis que les estimations de la charge mondiale de morbidité avancent un chiffre aux alentours de 975 millions (19,4%).

L’enquête sur la santé dans le monde estime que 110 millions de personnes (2,2%) ont de très grandes difficultés fonctionnelles, tandis que les estimations de la charge mondiale de morbidité parlent de 190 millions de personnes (3,8%) ayant un « handicap sévère » équivalant à des déficiences provoquées par des problèmes de santé comme la quadriplégie, la dépression sévère ou la cécité. Pour la charge mondiale de morbidité, on mesure aussi le handicap chez les enfants (014 ans), et on estime qu’il concerne 95 millions d’enfants (5,1%), dont 13 millions (0,7%) ayant un « handicap sévère ».

Le nombre des personnes vivant en situation de handicap est en augmentation. Cela est dû au fait que les populations vieillissent (les personnes âgées ont un risque plus élevé de handicap) et à l’augmentation mondiale des problèmes de santé chroniques associés à un handicap, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou les maladies mentales. On estime que les maladies chroniques sont à l’origine de 66,5 % de l’ensemble des années vécues avec une incapacité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les plus touchés par le handicap sont les femmes, les personnes âgées et les pauvres. Les enfants de ménages défavorisés, les enfants des peuples autochtones ou des minorités ethniques sont eux aussi beaucoup plus exposés au risque de handicap. Les femmes et les filles handicapées sont souvent buttées à une « double discrimination » alliant violence sexiste, mauvais traitements et marginalisation. De ce fait, les femmes handicapées sont souvent plus défavorisées que les hommes handicapés. Les autochtones, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, les réfugiés, les migrants et les détenus handicapés ont eux aussi difficilement accès aux services .
Dans les sociétés traditionnelles africaines, l’infirme, l’aveugle, le sourd doivent vivre d’aumône car, ils sont considérés comme porteurs de pêchés. Ces personnes étaient marginalisées et vouées à tous les démons. Elles dépendaient de la charité publique pour leur survie. Le handicap était considéré comme une fatalité. Le comble c’est que les personnes handicapées et leurs familles y croyaient fortement et s’y confinaient .

La crise socio-politico-économique que traverse la R.D.Congo a renforcé la misère de la population congolaise, en général, et kinoise, en particulier, au point où manger à Kinshasa est devenu une grande équation à résoudre par la population en proie à l’insécurité alimentaire en quantité et en qualité.

Cette situation de crise dans la ville de Kinshasa, requiert une attention particulière en urgence de la part des autorités provinciales, au regard de la gravité des problèmes qui s’y posent . Elle se pose en termes d’accès aux services sociaux de base, notamment : l’eau potable, le logement décent, l’électricité, l’éducation, la santé, l’assainissement, l’approvisionnement en produits alimentaires de première nécessité. Avec environ 10 millions d’habitants constitue une exception à cause des pillages de 1991 et 1993, qui ont poussé beaucoup d’entreprises à fermer.

Cette situation, accentuée par le manque d’une politique d’emploi cohérente, a envoyé de nombreuses personnes au chômage. En outre, l’exode rural et de l’explosion démographique, ainsi que de nombreux conflits qui ont déversé Kinshasa l’ont gonflé par des millions de personnes accentuant davantage les rangs des chômeurs. Pour pallier à cet état de chose, de plus en plus de personnes trouvent refuge dans l’économie informelle, environ 75% de la population vit avec moins d’un dollar américain par Jour. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’une économie dépourvue de sécurité, d’expansion, de bénéfices et du futur sans aucune forme de protection, ils s’efforcent de survivre.

Les personnes vivant en situation de handicap en République Démocratique du Congo rencontrent dans leur existence quotidienne, beaucoup de problèmes liés au non-respect de leurs droits humains fondamentaux et à la nature spécifique de leur handicap. Ces problèmes ont trait entre autres aux préjugés et attitudes négatives de la société, à l’accessibilité, à leur représentation sociale et politique, à la législation générale qui n’intègre pas suffisamment la spécificité du handicap.

Malgré la lutte opiniâtre que mènent les personnes handicapées depuis plusieurs décennies, en RDC, ces dernières se heurtent à certaines pratiques et des faits qui sont très révoltants parce que tout simplement inhumains.

Estimées à plus ou moins 13 millions de personnes, les personnes handicapées représentent environ 18% de la population de la République Démocratique du Congo et devront désormais être prises en compte dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques de la vie nationale .

Malgré le manque des données objectives sur l’ampleur/profil du problème sur toute l’étendue de la République, les conséquences/effets négatifs du handicap et de la pauvreté sont observables chez la personne vivant avec handicap et dans nos communautés. En fait, en dépit de la volonté politique, des efforts fournis et conjugués aussi bien par l’État Congolais, par les organisations nationales et internationales en vue d’améliorer la prise en charge des personnes vivant en situation de handicap, il existe encore des faiblesses observées, des obstacles dressés et des défis à relever sur plusieurs plans .

A travers toutes les communes de la ville de Kinshasa, l’on observe la présence des personnes vivant avec un handicap. Abandonnées à elles-mêmes et sans encadrement, nombre d’entre elles se livrent à la mendicité dans les rues, tandis que d’autres exercent de petites activités lucratives. Dans un pays pauvre et sous-développé où il n’y a pas de mécanismes appropriés de prise en charge effective des personnes handicapées, la majorité de celles-ci mène une vie précaire.

Le constat que l’on fait aujourd’hui par rapport aux efforts déjà fournis tant par les ONG que par l’État congolais en matière d’insertion des personnes vivant en situation de handicap est fort mitigé, car, nombreuses sont ces personnes en situation de handicap, qui, après avoir suivi des formations qui les rendent aptes à exercer un métier, vivent aujourd’hui dans une situation précaire.

Parmi celles-ci, le cas des handicapés moteurs de Kinshasa ne laisse indifférent personne. Elles éprouvent toujours des difficultés à s’insérer socialement et professionnellement et se livrent à la mendicité ou toujours à la charge de leurs familles malgré leur rééducation et leur aptitude à exercer un métier.

Face à cette situation, nous nous posons la question de savoir si dans cette frange catégorie de la population, les personnes vivant en situation de handicap physique que nous rencontrons dans la ville de Kinshasa, ont-elles le sentiment d’être exclus de notre société ? Participent-elles à la vie sociale et économique en vue de faire face à la politique de la main tendue ? La réinsertion socioprofessionnelle à travers la formation professionnelle et l’emploi (autoemploi) est-elle une réponse adéquate pour leur développement intégral et intégrant ?

Tout au long de notre étude, nous essayerons de répondre à ces questions susmentionnées, qui nous permettront au final de pouvoir apporter des éléments de réponse à la problématique soulevée.

0.2. Hypothèses de l’étude

Au regard des questions soulevées dans notre problématique, nous pensons que:
 Les personnes vivant en situation de handicap physique seraient encore victimes de la discrimination et d’exclusion sociale qui dépendraient de la perception négative liée au handicap par les membres de la société;

 Toutes les actions qu’elles mèneraient dans le cadre de leurs activités lucratives ne résultent pas du hasard, elles agissent, non seulement pour acquérir une meilleure image d’elles-mêmes, et aussi pour assurer leur participation à une émancipation à la vie sociale et économique en vue de faire face à la politique de la main tendue ;

 La formation professionnelle et l’emploi (auto-emploi) seraient une réponse à la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique pour leur développement intégral et intégrant.

0.3. Objectifs de l’étude

0.3.1. Objectif global

L’objectif général est d’étudier sur la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique dans la ville de Kinshasa.

0.3.2. Objectifs spécifiques

Ils sont formulés comme suit :

 Faire un état des lieux sur la situation des personnes vivant en situation de handicap dans la ville de Kinshasa en RD. Congo;

 Identifier les différents éléments qui font rempart à la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique à Kinshasa ;

 Examiner si les activités réalisées par la FENAPHACO en faveur des personnes vivant en situation de handicap physique parviennent à résoudre leurs problèmes ;

 Apporter un éclairage sur les différentes stratégies mises en place aussi bien par les individus que par les institutions en vue de permettre à ces personnes stigmatisées de retrouver un statut, une identité, une reconnaissance, une existence sociale.

0.4. Revue de la littérature

Tout travail de recherche peut être situé dans ou par rapport à des courants de pensées qui le précèdent ou l’influencent. Ainsi, « une investigation d’envergure débute par la lecture de la littérature spécialisée tant sur les conditions théoriques du thème retenu, que sur les recherches menées antérieurement ».

Cela traduit l’intérêt de l’état de la question et bien qu’il y ait très peu d’écrits sur le plan national en rapport avec le thème choisi, nous avons néanmoins fondé la revue sur quelques travaux effectués ailleurs, sur des rapports de recherches et d’activités, sur des revues et documents de certains organismes internationaux et sur quelques thèses et articles. Ces écrits, tout en dénonçant le drame de l’exclusion des personnes vivant en situation de handicap physique dans les sociétés des pays en voie de développement en particulier, clament la nécessité de l’instauration d’un cadre juridique pour leur protection.

Ils mettent aussi l’accent sur le rôle de la rééducation et de la formation professionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique et proposent des approches de solutions pour réduire leur marginalisation en matière de réinsertion sociale et professionnelle.

Pour STIKER Henri-Jacques , abordé le sujet de handicap passe par une anthropologie historique et l’inspiration foucaldienne revendiquée qui permet de décrire l’évolution des représentations et du traitement des personnes infirmes en
Occident, de l’Antiquité à nos jours, sans qu’il s’agisse d’une simple histoire du handicap.

Dans un premier temps, l’auteur ramasse et synthétise ce qu’il considère comme les quatre grandes théories sociologiques et/ou anthropologiques existantes pour penser le handicap : une théorie « dans le sillage de l’école de Chicago, autour de la stigmatisation » ; la théorie de la liminalité, développée en particulier ; la théorie culturaliste, enracinée dans le multiculturalisme américain ; enfin la théorie de l’oppression. Ces théories lui semblent insuffisantes pour comprendre « pourquoi nous sommes si peu avancés dans la réduction des situations de handicap et pourquoi les personnes qui les vivent sont toujours dans la précarité, voire en souffrance.

Parmi les études menées à l’étranger, nous citons celle réalisée par MBELE
Jean Didier sur la représentation des situations de handicaps au CongoBrazzaville : une approche psychologique et socio-culturelle dans laquelle il affirme que les concepts de « représentation » et de « handicap » sont à la fois complexes et difficiles à circonscrire ; car ils sont polysémiques et étudiés par plusieurs champs disciplinaires tels que la philosophie, le droit, la biologie, l’économie, la sociologie, l’anthropologie et la psychologie.

Évoquer le problème du handicap et de sa représentation sociale, c’est poser d’emblée la question du regard porté sur la déficience et surtout sur la personne porteuse de cette déficience. Le concept de « représentation » en rapport avec les handicaps est abordé ici, suivant deux approches : psycho-cognitive et psychosociale.

Sa recherche porte donc sur les représentations du handicap, élaborées par différents entourages des personnes handicapées (parents, amis et professionnels) et par des personnes non directement concernées par le handicap, ni impliquées dans des interactions directes avec les personnes handicapées. Cette distinction binaire ne fait pas oublier la place centrale qu’occupe la personne handicapée ellemême dans le processus d’analyse.

Il s’agit de mettre à jour la place spécifique qu’offre de fait la société congolaise à la personne handicapée, en référence au handicap physique, à la déficience sensorielle ou mentale, tout en prenant en compte la situation de son insertion professionnelle et les considérations socioculturelles traditionnelles qui ont toujours caractérisé cette société. Les données de cette étude ont été récoltées au Congo-Brazzaville, suite aux observations et enquêtes, par questionnaires et par entretiens, menées à Brazzaville.

Au Congo, il n’y a pas une représentation du handicap, il existe des représentations qui varient en fonction des types de handicaps, de l’expérience des acteurs sociaux, des relations ou non avec les personnes en situations de handicap. Le handicap physique ou moteur occupe une position centrale par rapport aux autres types de handicaps. Le handicap physique est donc l’élément le plus symbolique et le plus handicapant de la condition handicapée.
Cette centralité du handicap physique s’explique par le taux élevé des handicapés moteurs à Brazzaville, où les deux tiers des handicapés le sont au niveau des membres inférieurs.

La réalité des relations avec les personnes handicapées ne constitue pas le référent unique dans les élaborations subjectives des représentations des personnes concernées par le handicap ; celles-ci étant soumises à d’autres facteurs d’ordre personnel, social et culturel.

Enfin, on note une survalorisation des attitudes et des capacités des personnes handicapées par elles-mêmes qui s’expliqueraient par un fort sentiment d’estime de soi, ou par une bonne connaissance de leurs propres capacités, marquée par un mécanisme de défense pour s’auto-affirmer.

En conclusion, un ensemble de propositions en vue d’aider et d’améliorer l’accompagnement des personnes handicapées est présentée avec détails sur les plans de : l’information, la formation, la législation, la santé, l’emploi, l’économie, la culture, le sport et les loisirs.

Dans leur étude sur le Handicap et Développement : un enjeu socioéconomico-éthique, MVUEZOLO Ignace et KINKANI Frédéric-Adelbert affirment que « le handicap n’est pas perçu positivement en RDC. Ce qui est frappant, c’est le fait qu’il constitue ici un motif d’éloignement, d’enfermement et d’intolérance en la personne vivant avec un handicap, on ne voit pas fondamentalement un homme, mais un sous-homme.

D’où la déshumanisation, le non-respect de la différence, l’atteinte à l’autonomie et à l’exclusion dont elle est victime ». Il ressort clairement de ces écrits que les personnes vivant avec un handicap en RDC souffrent de rejet et d’exclusion. Dans ce contexte de mépris et d’injustice à l’encontre de cette catégorie sociale, l’on voit émerger une prise de conscience, particulièrement chez les femmes handicapées, qui, sur base de leur situation désastreuse, se décident de la changer en prenant diverses initiatives, notamment en créant des associations qu’elles dénomment réseaux sociaux qui leur servent de point d’encrage pour leur socialisation et intégration au sein de la société.

Un constat qu’ils affirment qu’« aujourd’hui, Kinshasa compte des réseaux importants qui reflètent d’une part le passé, des initiatives personnelles et d’autre part, des associations de personnes handicapées.

Ces dernières s’inscrivent dans des réseaux sociaux de ville ainsi que dans des liens transnationaux ayant une grande influence dans leurs vies ». Certes, les perceptions du handicap varient selon les familles, les ethnies et les tribus. Mais, dans l’ensemble de la RDC, la personne vivant avec un handicap est appréhendée comme une personne qui, victime d’une déficience motrice, sensorielle, mentale ou sociale, se trouve dans l’impossibilité de jouir pleinement de son être.

L’état physique, mental, psychologique ou social anormal dans lequel elle vit est souvent source de crainte et d’angoisse pour les familles. Sont considérées personnes vivant en situation de handicap, les personnes dont le système locomoteur est affecté totalement ou partiellement par une maladie physique ou une cause accidentelle, les débiles mentaux, les aveugles, les sourds-muets et les handicapés sociaux. S’agissant des mécanismes et stratégies de survie, il convient de relever que la conjoncture socio-économique dramatique de la RDC a poussé la personne vivant avec un handicap à se prendre en charge grâce notamment aux activités informelles.

Ainsi, le trafic intense sur le fleuve Congo entre Kinshasa et Brazzaville, l’esprit coopératif qui se traduit par des actions entreprises en groupe ou en association dans le but de produire collectivement, la débrouillardise avec le petit commerce à la maison, au marché ou dans la rue, permettent d’améliorer la qualité de vie de la personne vivant en situation de handicap et de lui procurer un statut social privilégié. Cela fait qu’aujourd’hui, beaucoup de familles et de ménages vivent, entre autres, essentiellement des apports multiformes provenant de ces
personnes.

Dans une étude de synthèse réalisée par MOIZAN Gilbert avec le Conseil Supérieur de l’Éducation du QUEBEC concernant les conséquences psychologiques du chômage, l’auteur du document estime que le fait d’avoir un emploi confère le droit d’apporter sa participation au fonctionnement d’une organisation dans un cadre institutionnel en adhérent aux règles et en assumant les contraintes.

En retour, les membres bénéficient d’un mode de vie qui leur permet d’acquérir une expérience et de construire leur identité. Les activités réalisées dans le cadre du travail procurent généralement une satisfaction mais aussi un revenu.

Travailler et recevoir une rémunération, c’est être rétribué pour le rôle que l’on joue et pour la contribution que l’on apporte à la collectivité. Le travail constitue le moteur principal de l’action. C’est aussi la base de la reconnaissance sociale et la rémunération est un moyen de surmonter certaines difficultés sociales. Par ailleurs, disposer d’un revenu, c’est d’abord être capable de subvenir à ses besoins de base tout en disposant aussi d’un niveau de ressources qui permet d’assurer son indépendance et de poursuivre des projets personnels de diverses natures.

Être en emploi, c’est un moyen pour se réaliser, pour entrer en relation avec d’autres personnes, pour être actif; c’est donc une façon de répondre à un ensemble de besoins primaires, personnels et psycho-sociaux. Lorsqu’il y a perte d’emploi, il y a un effet direct sur le niveau de revenu, mais il y a aussi des répercussions profondes sur l’individu, la famille et la collectivité.

La perte d’un emploi est une expérience qui peut s’avérer particulièrement difficile. Perdre son emploi signifie perdre sa source de revenus, et donc compromettre une certaine vision de l’avenir, mais selon ce qu’on trouvait à son travail, cela peut aussi signifier une perte de statut social et d’estime de soi, de son identité.

L’apparition d’un handicap ou la perte d’un emploi constituent un choc violent. Dans tous les cas la personne touchée refuse d’y croire. Se développe ensuite un sentiment de colère, puis survient l’abattement, la tristesse, la désillusion, le découragement. La peur, l’inquiétude font leur apparition et provoquent divers effets tels que insomnies, perte d’appétit, agressivité etc., l’individu vient alors marchander.

Il est prêt à accepter toute sorte de propositions afin d’éviter de subir tant d’humiliation. Ensuite viendra le moment de l’acceptation qui va lui permettre d’analyser avec plus de lucidité sa situation, ses forces, ses faiblesses. Il procèdera enfin aux réajustements qui s’imposent pour retrouver un niveau de performance acceptable en vue de s’orienter vers une nouvelle voie. Ces étapes consistent en la création d’une nouvelle image de soi, intégrant les déficiences.

Pour CASTRA Denis , « le flou de la notion d’insertion tient en partie au fait qu’elle désigne autant un processus que son résultat final ». A ce titre, cet auteur différencie le « processus » comme un passage, une transition d’un état à un autre c’est-à-dire de la fin du système scolaire et visant toutes les possibilités d’accès ou de retour à la vie professionnelle (insertion des jeunes, des handicapés, réinsertion des chômeurs de longue durée, des prisonniers, ou des malades mentaux).

Le « résultat final », évoqué désigne une participation « normale » à la vie de la cité, et tout particulièrement au plan des rôles économiques (production et consommation) et sociaux, voire médicosociaux (habitat, santé, citoyenneté).
Pour cet auteur « la notion d’insertion appartient donc avant tout à une catégorie du débat social et politique, qui reste sémantiquement floue mais qu’on peut, par contre, situer historiquement, voire géographiquement, puisqu’elle semble être en grande partie une spécificité hexagonale ».

Il est vrai que toutes ces études n’examinent pas directement des questions spécifiques ou propres aux personnes vivant en situation de handicap. Néanmoins, les auteurs exploitent et partagent avec nous une même problématique. En effet, nous nous préoccupons tous de l’amélioration, de la qualité de vie des femmes et des hommes ceinturés, ou mieux, minés par la pauvreté, par le phénomène de précarité sociale et économique.

A ce titre, si les études sus-évoqués ont axées les analyses et les réflexions sur les personnes dites valides et celles en situation de handicap, nous avons, quant à nous, choisi de fixer notre regard et de porter notre attention sur ce que l’organisation des personnes handicapées dite Fédération Nationale des Associations des Personnes vivant avec Handicap du Congo (FENAPHACO) dans la ville de Kinshasa, apporte à ces dernières dans le domaine de la réinsertion professionnelle et de la participation à la vie sociale en termes d’acquisition de compétences et d’aptitudes, individuellement et collectivement.

0.5. Choix et intérêt du sujet

0.5.1. Le choix du sujet
Il a été motivé par l’observation liée à l’extrême croissance de la misère des personnes vivant en situation de handicap physique, ceci à divers points de la vie comme sur le plan social, sur le plan économique, sur le plan sanitaire, etc.

Chose rendant la vie difficile, ce qui inquiète plus leurs problèmes passent sous silence, une mobilisation des autorités et de leurs communautés respective est presque invisible. Ce qui leurs amènent à un degré de dépendance très prononcé, comme nous ne cessons de l’observer sur les rues, que ces personnes mendient le long des journées pour leurs survie.

0.5.2. Intérêt du sujet
L’intérêt de ce sujet s’articule sur trois points essentiels en l’occurrence :
 Scientifique : ce présent travail sera une contribution à la connaissance scientifique dans la considération de la problématique de la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique ;

 Communautaire : ce sujet revêt un intérêt considérable au sein de la communauté car, bien des jugements des valeurs qui font régresser les personnes vivant avec handicap physique sortent dans la communauté.
Ainsi, le présent travail pourra être le vecteur d’une incitation à un changement des comportements en vue d’un développement intégral et intégrant ;

 Académique : ce travail pourra être l’outil d’orientation de tout chercheur qui voudra bien approfondir les recherches sur les questions de réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique.

0.6. Méthodes et techniques
0.6.1. Méthode exploitée
Selon DUFF Robert , les méthodes sont des ensembles des procédés ou des moyens qui contribuent à obtenir des résultats dans un domaine donné. Elles aident à produire de la connaissance ou à formaliser l’action.

L’auteur précise que la signification du concept « Méthode » peut être saisie dans deux sens : au sens étymologique, les méthodes sont des soutiens et des guides pour le cheminement que prennent les raisonnements humains. Tandis qu’au sens courant, la notion de méthode désigne à la fois un dispositif formel (usage d’outils ou procédures), un processus contingent (une adaptation aux circonstances) et une qualité de l’esprit (une capacité d’ordre ou de logique).

BOKONGO J.M., souligne qu’une méthode scientifique est une voie pour construire l’ordre des phénomènes, une démarche de l’esprit ou le chercheur invente les hypothèses découlant des faits observés.
Relativement à notre étude, nous avons utilisé la méthode analytique, descriptive et d’enquête.
 Méthode analytique
Cette méthode est définit comme une analyse systématique des toutes les informations récoltées.
Elle nous a permis d’analyser de nombreuses données qui ont été recueillies grâce au questionnaire et aux entretiens avec les personnes vivant en situation de handicap physique. C’est à partir de cet échange que nous sommes parvenus à tirer des renseignements nécessaires en vue d’approfondir nos connaissances.
 Méthode descriptive
Nous a permis de décrire notre milieu d’étude et les personnes vivant en situation de handicap.

 Méthode d’Enquête

Elle a pour outil, le questionnaire d’enquête composée des questions fermées destinées à recueillir des informations standardisées et quantifiables sur une population donnée. Cette méthode nous a permis de collecter les informations auprès de nos enquêtés sur base d’un questionnaire préétabli.

0.6.2. Techniques utilisées

En ce qui concerne notre étude, les techniques qui ont servi pour collecter les données relatives à notre sujet d’étude sont :

 Technique d’observation directe : d’autres considèrent l’observation comme une méthode, mais dans ce travail nous l’utilisons comme technique pour collecter les données de terrain ;

 Technique documentaire : elle nous a servi plus dans la recherche empirique, par elle nous avons consulté un grand nombre des documentations consistantes relatives à la réinsertion socioprofessionnelle, au travail de mémoire, de revue, etc. ;

 Technique d’enquête par questionnaire : elle nous a permis d’administrer un questionnaire d’enquête auprès de la population concernée par notre travail en vue de récolter leurs réponses, avis et considérations en la matière.

0.7. Délimitation du sujet

Notre recherche se délimite dans l’espace et dans le temps.
 Dans l’espace : elle s’intéresse à l’ensemble des personnes vivant en situation de handicap physique dans la ville de Kinshasa en général ; néanmoins, pour raison de faisabilité, seules les personnes vivant en situation de handicap physique regroupées au sein de la Fédération Nationale des Associations des Personnes Handicapées du Congo au sein de laquelle nos enquêtes se sont déroulées ;

 Dans le temps : notre travail couvre la période allant de janvier 2019 à septembre 2021 période marquant le changement de la vie politique en République démocratique du Congo et aussi pour nous permettre de recueillir les informations immédiates et adéquates.

0.8. Subdivision du travail

Hormis l’introduction et la conclusion, ce travail comprend quatre chapitres :
 Le chapitre premier traite du cadre conceptuel et théorique dont il est question de procéder à la clarification conceptuelle, pour permettre à nos lecteurs d’avoir la même compréhension des concepts utilisés ;

 Le chapitre deuxième aborde sur la présentation du milieu d’étude qui nous a servi d’investigation, ainsi que sur l’état des lieux de la situation des personnes vivant en situation de handicap physique à kinshasa ;

 Le chapitre troisième se penche sur la présentation et la discussion des résultats d’enquête effectué sur terrain ;

 Le chapitre quatrième est centré sur le dossier projet de développement.

CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE

I.1. DEFINITION DES QUELQUES CONCEPTS DE BASE
I.1.1. Développement

C’est la totalité des actions entreprises pour orienter une société vers la réalisation d’un ensemble ordonné des conditions de vie collective et individuelle, jugés désirables par rapport à certaines valeurs

I.1.2. Développement durable

Le développement durable a été introduit par la commission mondiale sur l’environnement et le développement en 1987. Il définit le développement durable comme étant « un développement » qui couvre les besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à assurer leurs propres besoins .

Le développement durable vise à concilier trois éléments notamment : l’écologie, l’économie et le social. Nous devons gérer de façon optimale nos ressources actuelles, financières et humaines, adopté des politiques gouvernementales appropriées .

I.1.3. Discrimination

Aux termes de la Convention Internationale relative aux Droits des Personnes Handicapées23en son article 2, on entend par « discrimination fondée sur le handicap » toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le handicap qui a pour objet ou pour effet de compromettre ou réduire à néant la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice, sur la base de l’égalité avec les autres, de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel, civil et autres. Les personnes en situation de handicap physique devraient avoir accès aux mêmes services que les autres citoyens.
Il en résulte que leurs besoins doivent être pris en considération dès les premières étapes du processus de planification, notamment les décisions concernant la conception des lieux publics comme les restaurants, cinémas, théâtres, écoles, universités, centres commerciaux, parcs, musées ou autres stades.
Ne pas assurer l’accès de ces dernières à ces services est une violation des droits fondamentaux de la personne humaine.

I.1.4. Emploi

Est une activité professionnelle rémunérée en raison de l’exercice d’un travail. Un emploi est qualifié de formel dès lors qu’il fait l’objet d’une relation claire, écrite ou non, formalisée ou non par un contrat de travail entre employeur et employé .

Dans ce domaine de l’emploi, le secteur informel peut être décrit comme l’ensemble des activités effectuées en dehors des structures officielles qui régissent les impôts, les règlements de travail et les régimes de sécurité sociale. L’économie informelle comprend un large éventail d’activités, d’entreprises et de travailleurs. Elle inclut des situations et relations de travail diverses, allant de l’activité professionnelle non salariée dans des entreprises non enregistrées à des emplois rémunérés sans sécurité sociale .

I.1.5. Exclusion

D’après le petit Larousse , le terme exclusion vient de l’action d’exclure qui veut dire « mettre dehors, renvoyer quelqu’un d’une société », elle correspond à la perte ou à un défaut d’un endroit où il avait précédemment sa place ou encore en le privant de certains droits.

I.1.6. Handicap
Toute limitation d’activité ou restriction de participer à la vie en société subit dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions : physique, sensorielle, mentale, cognitive ou psychique, d’un polyhandicapé ou d’un trouble de santé invalidant, le handicapées est une notion relative, qui recouvre une situation évolutive et des réalités différentes. Ce terme s’est substitué à ceux d’infirme, d’invalide, d’inadapté, considérer comme négatif et stigmatisant .

L’OMS quant à lui stipule que c’est une incapacité, une limitation des actes de la vie quotidienne et une participation restreinte à la vie sociale .

I.1.7. Handicap physique

Selon DALLAP Serge et BENEDICT , le handicap physique, d’une manière simple, est le fait de présenter une déformation d’une ou de plusieurs membres du corps soit à la conséquence d’une maladie, soit du fait d’une malformation congénitale, héréditaire ou non, se répercutant sur le corps, soit du fait d’un accident de circulation ou de l’environnement.

Selon OLERON , le handicapé physique est toute personne présentant une déficience d’une gravite suffisante pour entraver ou rendre difficile le déroulement normal de la vie quotidienne, et pour les enfants, une progression normale de la scolarité.

I.1.8. Insertion

D’après le Petit Robert , le terme insertion vient du verbe « insérer » qui réfère à la question de la place, vouloir s’insérer revient ainsi à une quête de place. Un désir de trouver sa place dans un ensemble, se situer. Trouver sa place dans un milieu : s’y intégrer, s’y introduire. L’insertion réfère ainsi à une manière de s’intégrer dans un groupe.

GUYENNOT Claudel définit l’insertion comme « un processus multidimensionnel (économique et social, singulier et collectif) qui a pour but d’accompagner l’individu à retrouver sa place au sein de la sphère professionnelle et/ou sociale ». Une telle définition insiste sur l’importance de rétablir des liens perdus ou rompus entre une personne et son groupe d’appartenance, qu’il soit social ou économique. Le rétablissement de ces liens nécessite parfois l’intervention d’un tiers.

I.1.9. Personne handicapée

Par personne handicapée on entend : « des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ».
I.1.10. Réinsertion

La réinsertion est le processus par lequel une personne retrouve une place dans sa société qui l’a rejeté au préalable et/ou d’où elle serait auto-exclue. Cette réinsertion lui permet de jouer un rôle actif et rétablir les liens essentiels à son développement. C’est la dernière étape de la résilience qui permet à la personne de se rendre compte qu’elle peut se prendre en charge et qu’elle peut aller de l’avant, qu’elle a un espoir . Dans le même ordre d’idée, la réinsertion est le fait d’insérer quelqu’un à nouveau dans la société, dans la vie professionnelle, dans une communauté et dans un groupe. Synonymes : réadaptation, réhabilitation et réintégration.

I.1.11. Socioprofessionnel

Ensemble d’individus ayant en commun des caractéristiques professionnelles et sociales. Elle regroupe tous les individus dont le métier, l’activité économique, la qualification, la position hiérarchique et le statut (public ou privé) sont similaire. Il désigne également le processus permettant l’intégration d’une personne au sein du système socio-économique par l’appropriation des normes et règles de ce système35.

I.1.12. Travail

Est l’ensemble des activités humaines coordonnées, en vue de produire ou de contribuer à produire ce qui est utile .
Le travail productif , au sens de rémunérateur, s’entend comme susceptible de subvenir aux besoins du travailleur et à ceux de sa famille. La nature des revenus des personnes est variable : d’origine salariale ou non, tirée d’une activité formelle ou informelle. Elle est dépendante des sources de travail rémunéré qui dans l’absolu sont multiples (peu importe la source d’emploi licite, pourvu que le travail fourni soit décent et respecte les droits de l’homme et du travail).

I.2. CADRE THEORIQUE SUR LE HANDICAP ET LA REINSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE

I.2.1. Notions sur le Handicap
I.2.1.1. Qu’est-ce que le handicap ?

Donner une définition du handicap sur laquelle tout le monde s’accorde semble impossible. Et s’il est bien un pari difficile, c’est de parler de handicap en théorie, autour de concepts, de terminologie, à des personnes handicapées, à leurs proches, aux professionnels qui quotidiennement les accompagnent.

En son sens général, le « handicap » se définit comme un désavantage, une infériorité. Il singularise le sujet par rapport à lui-même, mais il dépend aussi de son environnement.

L’importance des « situations de handicap » dans les sociétés actuelles apparaît de plus en plus considérable, compte tenu du poids psychologique, médical et socio-politique de ces situations sur la vie quotidienne des humains.

I.2.1.2. Origine (étymologique) et évolution du mot « handicap »

Handicap est un mot anglais qui tient son premier sens de la compétition interne de jeu. C’est une contraction de trois mots de la langue anglaise : « hand in cap » (ce qui signifie : la main dans le chapeau ou la casquette).

L’usage du terme handicap est passé progressivement du jeu de hasard aux courses hippiques puis au golf. C’est au 16e siècle, en Grande-Bretagne, qu’on le rencontre pour la première fois .
Il sert à désigner un jeu de hasard dans lequel, les partenaires se disputent des objets personnels dont le prix est fixé par un arbitre qui est chargé d’égaliser les chances, les mises étant placées dans un chapeau.

En 1754, le mot est appliqué à la compétition entre deux chevaux, puis en 1786 à des courses de plus de deux chevaux.

Ce terme de jeu, selon le Dictionnaire Petit Robert, est repris en termes d’égalisation des chances dans les courses de chevaux, servant à désigner une épreuve où la règle du jeu, compensant les avantages et les désavantages, assure l’égalité de chance.

Selon HAMONET Claude le mot est mentionné en France dans le supplément du « Littré » édité en 1877 et dans l’édition de 1935 du « Dictionnaire de l’Académie » avec le sens des courses à handicaps que les spécialistes définissent comme « une course ouverte à des chevaux dont les chances de vaincre, naturellement inégales, sont, en principe, égalisées par l’obligation faite aux meilleures de porter un poids plus grand ».

D’autres domaines de la compétition sportive ont adopté le terme « handicap » pour classer les joueurs selon leurs performances, le cyclisme transitoirement, puis le golf.

De la limitation des performances des meilleurs chevaux le terme est passé au fil de l’histoire, sans une explication précise, à la limitation des capacités humaines. Il n’est pas facile de dater la période de l’extension du sens du mot « handicap » à celui de conséquences d’une limitation des capacités humaines, physiques ou mentales. Il semble que cette évolution tardive soit postérieure à

  1. L’évolution de ces termes ne traduit pas seulement l’image du handicap, plus ou moins négative, mais également les différentes voies de connaissance du handicap ainsi que l’organisation sociale des réponses qui sont proposées : infirme, boiteux ou bossu sont des mots stigmates (désignant l’apparence la plus grossière de la personne), chronique ou incurable s’attachent au caractère durable et le plus souvent définitif des atteintes, impotent, incapable ou personne à mobilité réduite désignent non plus la personne mais ses (im)possibilités, mutilé ou paralysé l’origine médicale du handicap, inadapté enfin caractérise la place de la personne dans le corps social.

La caractéristique commune de presque toutes ces terminologies est de décrire la personne par un seul de ses aspects, le plus souvent ses manques : un polio, une infirme, un handicapé… A une époque, à Lourdes, on désignait les personnes en fauteuil roulant par le terme « mécaniques » Enfin, ce catalogue morbide ne serait pas complet s’il n’était suivi d’une catégorisation en bonne et due forme : infirme physique, handicapé mental, sensoriel ou moteur, etc.

Regroupements prenant naissance à la fois autour de préoccupations et d’accompagnements spécifiques et du fait de l’évolution de la connaissance des affections invalidantes.

C’est un peu la synthèse modernisée de ces différentes approches (causes du handicap, atteintes corporelles, incapacités, conséquences sociales) qu’avait tenté de réaliser la classification internationale des handicaps (CIH), parue en 1980 après un travail de plusieurs années au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le handicap n’est pas :

 Une maladie ; 
 Contagieux ; 
 Héréditaire tout le temps ;   Une malédiction. 

Le handicap peut toucher tout le monde à un moment de sa vie.

I.2.1.3. Conceptualisation du handicap

Différents modèles conceptuels ont été proposés pour décrire les conséquences de la santé et du contexte de vie sur le développement des personnes. Il en est découlé une variété de termes pouvant créer une certaine confusion; tantôt différents termes décrivent une même idée, tantôt un même terme désigne des concepts différents. Le fait que les mêmes termes anglais ne sont pas toujours traduits de la même façon contribue à la diversité terminologique.

Cette section vise à mettre en contexte les différents termes en fournissant un aperçu de modèles conceptuels parmi les plus susceptibles d’être utilisés au Québec et les plus courants dans la littérature internationale.

Un concept est une représentation mentale d’une réalité, une entité abstraite. Un modèle conceptuel décrit les relations qui unissent ces entités. Les cadres conceptuels sont utilisés en recherche comme base à l’élaboration d’hypothèses qui seront ensuite testées.

Par exemple, si on conceptualise les limitations fonctionnelles comme un déterminant du handicap (voir le modèle de Nagi ci-dessous), on testera dans une population le fait que les personnes ayant une limitation fonctionnelle auront une probabilité plus élevée d’être en situation de handicap.

I.2.1.4. Évolution historique

Nagi fut l’un des premiers à proposer un modèle conceptuel dès 1965, qu’il a révisé en 1976 et 1991. Dans les années 1970, Wood a proposé un cadre conceptuel qui a donné lieu à la première classification de l’OMS en 1981.

Pour Nagi, les limitations fonctionnelles sont des contraintes dans l’exercice de tâches associées à l’interaction de la personne avec son environnement physique alors que le handicap fait référence à la performance de rôles sociaux mais aussi de tâches qui leur sont spécifiques. Il y aurait donc un léger chevauchement entre les concepts de limitation fonctionnelle et de handicap, notamment parce que certaines interactions avec l’environnement physique peuvent en partie être conditionnées par le contexte socioculturel.

Nagi précise par ailleurs que la forme et la sévérité du handicap dépendent aussi, en plus de la déficience ou de la limitation fonctionnelle, de la perception et de la réaction de l’individu et de ses proches ainsi que des caractéristiques de l’environnement (présence ou absence de barrières physiques ou socioculturelles).

Figure 1 : Concept du handicap revisité

Source: Nagi, S., 1991

I.2.2. La Classification internationale des déficiences, des incapacités et des
handicaps (CIDIH)

La CIDIH décrit une séquence avec trois dimensions subséquentes à la maladie ou au trouble, soit la déficience, l’incapacité et le handicap (handicap), qui peuvent être associées, dans l’ordre, aux niveaux de l’organe, de la personne et de l’être social.

La déficience, qui provient d’un trouble ou d’une maladie, fait référence à une perte ou à une anomalie de nature psychologique, physiologique ou anatomique qui affecte une structure ou une fonction organique.

L’incapacité représente la restriction ou la perte d’habileté dans l’exécution d’activités jugées normales pour un être humain, souvent fondamentales dans la vie quotidienne. Enfin, le concept de handicap renvoie quant à lui aux conséquences sociales de la déficience ou de l’incapacité, c’est-à-dire à la difficulté d’une personne à remplir un rôle considéré normal à l’égard de son sexe, de son âge et de facteurs socioculturels du milieu dans lequel elle évolue.

Figure 2 : Classification internationale des déficiences, des incapacités et des handicaps

La CIDIH a pour objectif, entre autres, de venir compléter la Classification Internationale des maladies et pour objet de clarifier la notion de handicap en distinguant trois dimensions :

 La déficience en tant que notion permettant d'identifier les altérations du corps, aux plans organique et fonctionnel ; 

 L'incapacité liée aux conséquences des déficiences en terme d'activité fonctionnelle ; 

 Le désavantage, résultant des conditions défavorables dans lesquelles peut se trouver un individu, du fait de sa déficience ou de son incapacité, dans son environnement et au regard des normes sociales en vigueur. 

Ces trois notions de la CIDIH : déficience, incapacité et désavantage, ont permis, en déplaçant la reconnaissance du désavantage social du seul diagnostic lésionnel (la déficience) vers l’évaluation fonctionnelle (l’incapacité), puis en étendant la notion de désavantage social à l’analyse des rôles sociaux, de passer d’une vision du handicap considérée comme irréversible à une conception plus ouverte.

La CIDIH apporte ainsi un éclairage nouveau, permettant d’affirmer que le handicap n’est pas un monolithe, tout en définissant les trois niveaux de conséquence des maladies :

La déficience. « Dans le domaine de la santé, la déficience correspond à toute perte de substance ou altération d’une fonction ou d’une structure psychologique, physiologique ou anatomique ».

Ce champ de la déficience se situe au niveau de l’organisme, des organes d’un individu. C’est une anomalie, une malformation, une insuffisance ou une perte d’un organe, d’un groupe d’organes ou d’une fonction spécifique de ceux-ci. Elle peut être congénitale ou acquise, permanente ou temporaire. Il s’agit en quelque sorte des dysfonctionnements organiques ou psychiques que constate la personne atteinte ou son environnement, des signes qui amènent l’un ou l’autre à considérer que l’état de santé n’est pas pleinement satisfaisant, que le corps ou l’esprit n’assument pas la totalité des fonctions habituellement réalisées.

Le domaine de la déficience se voit ainsi subdivisé en neuf grandes catégories :

    Déficiences intellectuelles ; 
    Autres déficiences du psychisme ; 
    Déficiences du langage et de la parole ;  
    Déficiences auditives ; 
    Déficiences de l'appareil oculaire ;  
    Déficiences des autres organes ; 
    Déficiences du squelette et de l'appareil de soutien ;  
    Déficiences esthétiques ; 
    Déficiences des fonctions générales, sensitives ou autres. 

L’incapacité. « Dans le domaine de la santé, une incapacité correspond à toute réduction (résultant d’une déficience), partielle ou totale, de la capacité d’accomplir une activité d’une façon, ou dans des limites considérées comme normales pour un être humain « .

Le champ de l’incapacité se situe au niveau de l’individu dans son intégrité. L’incapacité résultant de la déficience, se manifeste dans la réalité des activités et comportements quotidiens de la vie par un excès ou une diminution de certaines fonctions de l’individu.

Elle peut être permanente ou temporaire, réversible ou non, progressive ou régressive. Il s’agit principalement des gênes ou impossibilités auxquelles la personne va se heurter pour la réalisation des actes de la vie quotidienne.
Le domaine de l’incapacité se subdivise également en neuf catégories :

 Les incapacités concernant les comportements ;
 Les incapacités concernant la communication ;
 Les incapacités concernant les soins corporels ;
 Les incapacités concernant la locomotion ;
 Les incapacités concernant l’utilisation du corps dans certaines tâches ;
 Les maladresses ;
 Incapacités révélées par certaines situations ;  Les incapacités concernant les aptitudes particulières ;  Autres restrictions d’activités.

Le désavantage. « Dans le domaine de la santé, le désavantage social d’un individu est le préjudice qui résulte de sa déficience ou de son incapacité et qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle considéré comme normal compte tenu de l’image, du sexe et des facteurs socioculturels. »

Le désavantage est ici, le domaine du handicap et se situe au niveau de la société, c’est l’interaction entre l’individu et l’environnement. Il est une entrave au plein épanouissement d’un être humain dans son milieu de vie. Son existence et son importance dépendent des facteurs sociaux, culturels et écologiques tels que : l’âge, le sexe, le rôle social, les croyances religieuses, l’environnement… Il correspond aux répercussions négatives que la personne atteinte de déficiences ou incapacités peut connaître dans la réalisation des rôles sociaux les plus fréquents.

I.2.3. Le Processus de Production du Handicap (PPH)

Le PPH est parfois appelé le « modèle québécois » dans la littérature internationale. Il est maintenant promu comme référent auprès des organismes publics québécois et sert de base pour la définition des concepts sous-jacents à la récente politique québécoise « À part entière ».

Les facteurs de risque sont des éléments individuels ou environnementaux pouvant affecter l’intégrité ou le développement des individus, tels des maladies ou des traumatismes (p. ex. génétique, alimentation, type d’emploi).

Leur influence s’exerce sur l’ensemble des facteurs personnels, c’est-à-dire des atteintes des systèmes organiques (p. ex. maladies) mais aussi des caractéristiques socioculturelles (statut socioéconomique, origine ethnique), démographiques (âge, sexe) et physiques.

On considère donc que les déterminants individuels ne se limitent pas aux pathologies et déficiences. Les systèmes organiques sont les composantes du corps humain et ils sont décrits sur un continuum allant de l’intégrité (fonction inaltérée) à la déficience (atteinte anatomique, histologique ou physiologique d’un système organique).

Une déficience ne résulte pas uniquement d’une pathologie active mais peut être le fait d’une pathologie aigüe ou chronique, ou encore d’une atteinte permanente (p. ex. perte d’un organe).

Les aptitudes reflètent les possibilités « pour une personne d’accomplir une activité physique ou mentale » sans égard au contexte de vie réel mais plutôt en référence à un contexte standardisé comme celui des protocoles d’évaluation en réadaptation. Les aptitudes sont décrites sur un continuum allant de la capacité à l’incapacité.

Les facteurs environnementaux sont les aspects sociaux ou physiques du contexte de vie des individus et ils sont décrits en termes d’obstacles ou de facilitateurs. La réalisation d’habitudes de vie constitue l’issue du PPH et elle est déterminée par l’interaction entre les facteurs personnels et environnementaux.

Les habitudes de vie font référence aux activités courantes et aux rôles qu’occupent les personnes dans leur contexte de vie sociale. Leur réalisation est décrite sur une échelle allant de la participation sociale à la situation de handicap. Il s’agit d’ailleurs là d’une contribution importante du PPH : il n’existe pas de handicap en tant que caractéristique de la personne mais, plutôt, une situation de handicap peut découler de l’interaction entre les caractéristiques de cette personne et le contexte dans lequel elle évolue.

Figure 3: Processus de production du handicap

Source : Fougeyrollas et collab., 1998
I.2.4. La Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de
la santé (CIF)

Le 22 mai 2001, la 54ème Assemblée Mondiale de la Santé a adopté la « Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé » et son acronyme : CIF .

Elle succède à la « Classification Internationale des Handicaps :
déficiences-incapacités-désavantages » parue en 1980 et connue sous l’acronyme CIH.

Le schéma de la CIF prend la forme d’une relation linéaire bidirectionnelle qui relie les fonctions organiques et structures anatomiques, les activités et la participation. Ces trois composantes peuvent subir l’influence d’un problème de santé en même temps que d’être influencés par les facteurs environnementaux et les facteurs personnels.

Les fonctions organiques et structures anatomiques font référence aux fonctions physiques et mentales des divers systèmes de l’organisme de même qu’aux différentes parties du corps.

La déficience est un problème d’une fonction organique ou d’une structure anatomique : elle décrit un écart entre l’état biomédical observé et celui auquel l’on peut s’attendre « normalement ».

Les activités sont des tâches ou des actions réalisées en tant qu’individus alors que la participation décrit le fonctionnement des personnes en tant qu’êtres sociaux. Les activités et la participation font l’objet d’une classification à partir d’une liste unique et sont décrites en terme de capacité (c-à-d. l’aptitude qu’a un individu à effectuer une tâche ou à mener une action dans un environnement « normalisé », soit en l’absence des influences de son contexte de vie réel), ou encore en terme de performance (c.-à-d. ce qu’un individu fait dans son cadre de vie réel).

Les limitations d’activités font référence à une difficulté dans l’exécution d’une tâche ou d’une action alors que les restrictions de participation décrivent des contraintes rencontrées par les individus dans les situations de vie réelle.

Figure 4 : Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé

A) Les concepts de fonctionnement et de handicap :

Comme le montre le diagramme de la CIF , le handicap et le fonctionnement sont vus comme le résultat des interactions entre des problèmes de santé (maladies, troubles et traumatismes) et les facteurs contextuels.

Parmi les « facteurs contextuels », on trouve des « facteurs environnementaux » externes (par exemple les attitudes sociales, les caractéristiques architecturales, les structures sociales et légales, ainsi que le climat, la végétation, le sol, etc.), et des « facteurs personnels » internes, notamment le sexe, l’âge, le mode d’adaptation, l’origine sociale, le niveau d’études, la profession, l’expérience passée et présente, la personnalité et d’autres facteurs qui agissent sur la manière dont la personne vit son handicap.

Le diagramme délimite les trois niveaux de fonctionnement humain que la CIF classe comme suit :

le fonctionnement au niveau du corps ou des parties du corps ;

le fonctionnement au niveau de la personne dans son ensemble ; le fonctionnement de la personne dans son contexte social.

Le handicap implique donc le dysfonctionnement à l’un ou plusieurs de ces niveaux : les déficiences, les limitations d’activité et les restrictions de participation.

B) Les codes qualificatifs

La CIF pallie aussi à une carence de la CIH, en ajoutant à la liste des domaines, des codes qualificatifs qui permettent à l’utilisateur de coder les informations essentielles sur le handicap et la santé. Ceux-ci enregistrent la présence de la gravité d’un problème dans le fonctionnement au niveau du corps, de la personne et de la société.

Pour les classifications des fonctions organiques et des structures anatomiques, le premier code qualificatif indique la présence d’une déficience et, sur une échelle de cinq points, le degré de déficience d’une fonction ou d’une structure (aucune déficience, déficience moyenne, modérée, sévère et totale).

Pour la liste des domaines de l’Activité et de la Participation, il y a deux codes qualificatifs importants :

Le code qualificatif de Performance qui décrit ce qu’une personne fait dans son cadre de vie habituel ;

Le code qualificatif de Capacité qui décrit l’aptitude d’une personne à effectuer une tâche ou une action. Ce code qualificatif indique le niveau de fonctionnement probable le plus élevé qu’une personne peut atteindre dans un domaine donné et à un moment donné.

En résumé, la CIF est un outil scientifique international qui a permis de passer du modèle purement médical à un modèle biopsychosocial du fonctionnement et du handicap. C’est un instrument précieux pour les recherches sur le handicap dans toutes ses dimensions : déficiences au niveau de l’organisme et des parties du corps, limitations de l’activité au niveau de la personne, restrictions de la participation au niveau sociétal.

La CIF fournit non seulement un modèle conceptuel permettant d’identifier les besoins des personnes handicapées en soin et en réadaptation, mais aussi d’identifier et de mesurer l’impact de l’environnement physique et social sur les désavantages qu’elles rencontrent dans leur vie quotidienne. Elle est destinée à être utilisée aussi bien par les personnes handicapées, que par des professionnels pour évaluer les services de soins des pathologies chroniques et des handicaps.

C) Limites de la CIF

Bien des critiques sont formulées par les spécialistes du handicap à l’encontre de la nouvelle Classification Internationale des Handicaps.

Sur un plan global, la CIF n’a diminué ni en volume, ni en complexité au vu de l’étendue des chapitres et de leurs différents niveaux. Le fait que cette classification ait été insuffisamment testée avant d’être agréée atténue assez lourdement ses possibilités d’utilisation comme outil très fiable de description des situations de handicap et il reste encore beaucoup à faire pour la rendre opératoire.

Bien d’autres critiques portent sur l’ambiguïté de certains concepts et contenus des items ou bien sur les définitions des principaux concepts organisateurs, fortement marquées par la volonté de positiver, l’approche du handicap, voire concédées au politiquement correct, au détriment d’une nécessaire objectivité.

Les règles de cordages restent à définir, de même que la distinction entre les catégories d’activités et de participation. De plus, on peut s’interroger légitimement sur la réelle capacité de cette classification à s’adapter aux objectifs multiples auxquelles elle est censée répondre.

La critique relative à l’ethnocentrisme de la première classification reste en vigueur pour un outil officiellement destiné à être international. Même si les exemples donnés à l’appui de nombreuses définitions témoignent d’un louable souci de prise en compte de la diversité des contextes socioculturels à travers le monde, il n’en est pas moins que la sélection des items eux-mêmes atteste grandement des modes d’analyse et des valeurs en vigueur dans les pays développés occidentaux.

A l’instar de certains pays développés qui utilisent la CIF et son modèle du handicap dans leur législation et leur politique sociale, il serait souhaitable qu’elle devienne, malgré ses limites, la norme mondiale pour la modélisation des données sur le handicap et des politiques sociales et que bien d’autres pays dans le monde en tiennent compte.

Tableau 01: les modèles conceptuels du handicap : Modèle médical et modèle social

Modèles

Modèle individuel (médical)

Modèle social (socio-environnemental)

Biomédical
Fonctionnel
Environnemental
Droits de l’Homme

Traitement
Guérison par moyens techniques
Rééducation réadaptation services spécialisés
Adaptations,
Accessibilisation, Services de
soutien

Règles politiques et sociales communes (droits
fondamentaux)

Prévention Dépistage génétique ou biologique,
élimination
Prise en charge précoce ; prévention secondaire des aggravations Éliminations des barrières sociales (économiques, physique, etc.) Reconnaissance de la responsabilité sociale
Responsabilité sociale Eliminer ou guérir Qualité, confort, autonomie, compensation Elimination des obstacles physiques, culturels Réduire les inégalités, droit à pleine citoyenneté

Source : RAVAUD J.-F., 1999
 Le modèle individuel est également appelé modèle médical, parce qu’il tient surtout compte des déterminants médicaux individuels (pathologies, déficiences, incapacités). Il conçoit le handicap comme le problème d’un individu donné (« c’est lui qui est handicapé »), caractérisé par une anomalie (déviation par rapport à une norme). La conséquence en est la conception de solutions s’adressant à cet individu qu’on va « rééduquer », « réadapter » à une société dont il s’écarte, dont il dévie.
 Le modèle social (ou socio-environnemental) appréhende, à l’inverse, la question du handicap comme étant d’abord liée à la structure sociale : le handicap est moins perçu comme une anomalie (d’un individu) que comme une différence (diversité) à intégrer dans un ensemble ; ce modèle insiste sur les causes socio-environnementales (barrières architecturales, préjugés sociaux, règles officielles…) des situations vécues par un membre différent de la communauté.

Aussi les solutions pratiques préconisées visent-elles moins l’individu que la structure sociale en agissant à un niveau collectif, notamment public, sur l’organisation matérielle, sociale, tant que culturelle ou législative.

On peut résumer cette opposition en disant que, dans le modèle individuel, on va tenter d’adapter l’individu à la société, tandis que, dans le modèle social, on va tenter d’adapter la société à la diversité des individus qui la compose.

2.1.5. Types de handicaps

Il existe différentes typologies du handicap en fonction de la définition retenue. Celle présentée ci-dessous est la typologie la plus fréquemment utilisée :

a) Les handicaps physiques   

 Les handicaps moteurs : perte de la capacité du corps ou d'une partie du corps à se mouvoir (paralysies, amputations, infirmités motrices, myopathies, accident vasculaire cérébral, etc.) ; 

 Les handicaps sensoriels : surdité, cécité, daltonisme etc. ; 

 Les maladies invalidantes ou chroniques (maladies respiratoires, digestives, parasitaires ou infectieuses) : diabète, épilepsie, cardiopathie, mucoviscidose, sida, cancer etc. 

b) Les handicaps mentaux

 Les déficiences intellectuelles : Limitation significative, persistante et durable des capacités intellectuelles d'une personne par rapport aux personnes du même âge. Elles se mesurent à partir de tests (Quotient Intellectuel ; 

 Les déficiences psychiques : troubles relationnels, de communication et du comportement (autisme, schizophrénie, troubles obsessionnels compulsifs etc.). 

c) Les handicaps multiples :

Il existe des combinaisons fréquentes de handicaps :
Le polyhandicap : association de déficiences motrices et intellectuelles sévères associées éventuellement à d’autres déficiences, et entraînant une restriction extrême de l’autonomie (souvent liées à des malformations et des maladies affectant le fœtus et l’embryon) ;
Le pluri-handicap : association de plusieurs déficiences ayant approximativement le même degré de gravité ;
Le sur-handicap : aggravation d’un handicap existant du fait des problèmes relationnels qu’il provoque.

I.3. Notions sur la réinsertion socioprofessionnelle
I.3.1. Définition de la réinsertion

La réinsertion correspond à une action visant à retraduire un individu dans son ancien milieu familial, social et professionnel. C’est notamment le cas des anciens malades mentaux dont les troubles psychiques ont nécessité une exclusion plus au moins longue de leur milieu de vie habituel. Leur réinsertion socioprofessionnelle sera le résultat de la réussite quand elle est possible de leur réadaptation.

I.3.2. différentes formes de la réinsertion

Parmi les différentes formes de la réinsertion nous pouvons retenir ce qui suit :
La réinsertion sociale ;
La réinsertion familiale ;
La réinsertion économique ; La réinsertion scolaire ;
La réinsertion professionnelle.

a) La réinsertion sociale

C’est le processus par lequel une personne vivant en situation de handicap physique retrouve une place dans sa société qui l’a rejeté au préalable et/ou d’où il serait auto-exclu. Cette réinsertion lui permet de jouer un rôle actif et de rétablir des liens essentiels à son développement. C’est la dernière étape de la résilience qui permet à la personne de se rendre compte qu’elle peut se prendre en charge et qu’elle peut aller de l’avant, qu’elle a un espoir.

b) La réinsertion familiale

La famille est le cadre idéal où chaque personne doit acquérir les vertus de la vie pour un épanouissement considérable ; la réinsertion familiale vise non seulement à donner une nouvelle chance aux personnes vivant en situation de handicap physique de rétablir les rapports harmonieux, de retrouver une vie normale dans leurs familles mais aussi d’éviter d’être rejetés par ces dernières.

Cette réinsertion est facilitée par le processus IDMRS grâce au travail d’accompagnement psychosocial des intervenants sociaux.

Le processus IDMRS :
Identification : des familles et les PVSH sur base des données fournies par l’enfant et des recherches à effectuer sur terrain ;
Documentation : la recherche de tous les documents officiels attestant l’appartenance à la famille ainsi que toutes les informations sur la vie des PVSH;
Médiation : réconciliation des protagonistes ; Réunification : des PVSH avec les familles ;
Suivi : périodique, sensibilisation communautaire.
c) La réinsertion économique

C’est un processus par lequel le PVSH bénéficie d’un accompagnement et d’un soutien afin qu’il puisse avoir accès à une activité économique « AGR ».

d) La réinsertion scolaire

C’est un programme qui a pour objectif de permettre à un enfant vivant en situation de handicap physique de :

  • Réintégrer l’école après une absence suite à une maladie, etc. ;
  • Réintégrer l’école, le programme de rattrapage scolaire, alphabétisation après une longue absence ;
  • D’intégrer le système éducatif formel ou informel pour la première fois. L’objectif final est de permettre à l’enfant de retrouver un environnement rassurant, stable avec une routine, de se socialiser avec des enfants de son âge et d’atteindre une certaine normalité et une résilience.

I.3.3. Principes directeurs de la réinsertion scolaire.

I.3.3.1. Le droit à l’éducation

En suivant la Loi portant Protection de l’Enfant du 10 janvier 2009 dans son article 38 qui stipule que « tout enfant a droit à l’éducation. Les parents ont l’obligation d’envoyer leurs enfants à l’école sans aucune discrimination.

L’État garantie le droit de l’enfant à l’éducation en rendant obligatoire et gratuit l’enseignement primaire public. Il organise les différentes formes d’enseignement secondaire et professionnel.

Il intègre l’enseignement des droits humains, en particulier des droits et devoirs de l’enfant, ainsi que l’initiation à la vie à tous les niveaux du système éducatif ». L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé… Et la CDE de renchérir que les États parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation. En temps d’urgence, de transition ou moment de la paix, l’éducation, y compris l’enseignement de type scolaire et la formation, doit être considérée comme un processus permettant aux êtres humains et aux sociétés de réaliser leur plein potentiel.

Elle revêt une importance critique pour ce qui est de promouvoir un développement durable et d’améliorer la capacité des individus de s’attaquer aux problèmes économiques, sociale, d’environnement et de développement. L’éducation de type scolaire ou non, est indispensable pour modifier les attitudes de façon que les populations aient la capacité d’évaluer les problèmes de développement durable et s’y attaquer.

L’éducation formelle est celle qui offre des possibilités d’apprentissage dans un système d’écoles, de facultés, d’université et d’autres institutions d’éducation. Elle commence entre les âges de 5 et 7 ans et continue jusqu’à 20 ans et plus. L’Éducation Non-Formelle (ENF) concerne le rattrapage scolaire, alphabétisation des jeunes et des adultes, l’apprentissage professionnel et l’éducation permanente des adultes.

I.3.3.2. Quelques principes de base

a) La réinsertion scolaire doit permettre à chaque enfant et jeune en situation de handicap de trouver une réponse adaptée à ses besoins, ses spécificités et ses limites. Pour cela, on s’attachera à multiplier et diversifier les opportunités d’éducation que la communauté peut offrir tant sur le plan formel et non-formel que dans le domaine informel, faire en sorte d’aménager un environnement éducatif qui accueille au lieu d’exclure.

b) Veiller à ce que les enfants ou jeunes en situation de handicap soient réinsérés dans les systèmes scolaires capables de leur offrir une éducation de qualité, afin d’optimaliser les chances et la réussite de la réinsertion socioéconomique.

c) Pour ce qui est des enfants, tenir compte de leur intérêt supérieur et impliquer les intéressés et les orienter pour faire des choix adaptés.

d) Lier les apprentissages scolaires à la solution des problèmes du milieu environnant.

e) Promouvoir la reconnaissance et le respect de l’autre, la cohabitation pacifique des différences, la citoyenneté démocratique active, toutes choses favorables à la paix et à l’intégration nationale ; éduquer aux valeurs et aux comportements de respect et de protection de l’environnement.

f) Adapter les filières à la demande sociale et aux besoins de l’économie notamment en accordant plus de place au développement de référentiels de compétences articulées à des études du marché du travail pour mieux faciliter la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes en situation de handicap.

I.3.4. La réinsertion professionnelle

C’est un système mis en place au profit d’un individu dans le but de lui enseigner ou apprendre méthodiquement un métier en vertu duquel l’employeur s’engage par contrat à employer un jeune travailleur et à lui enseigner ou à lui faire apprendre méthodiquement un métier pendant une période préalablement fixée, au cours de laquelle l’apprenti est tenu de travailler au service dudit employeur. C’est aussi tous les modes de formation permettant d’acquérir ou développer des connaissances techniques et professionnelles, que cette formation soit donnée à l’école, dans un centre professionnelle ou sur le lieu de travail.

Dans cette réinsertion, l’enseignement de récupération appelé le rattrapage scolaire en République Démocratique du Congo est un système de repêchage, c’est-à-dire une récupération socio-éducative des enfants et jeunes rejetés, marginalisés ou abandonnés et analphabètes dont certains ont trouvés la rue comme leur asile et d’autres voués à des travaux de survie.

Cette réinsertion vient résoudre un sérieux problème de cette catégorie d’enfants, jeunes, hommes et femmes en situation de handicap nécessitant des mesures spéciales de protection .

I.3.5. Les facteurs favorisant la réinsertion socioprofessionnelle

Un seul facteur ne peut favoriser à lui seul la réinsertion des personnes vivant en situation de handicap physique. Il faut le concours de plusieurs facteurs favorables (perceptibles au niveau de l’intéressé, de la famille, de la communauté et du pays en général) qui, peuvent se transformer en facteurs défavorables si les intervenants n’en tiennent pas compte ou n’encouragent pas leur mise en commun ou la synergie des facteurs favorables peuvent être regroupées :

 Au niveau des jeunes, hommes et femmes vivant en situation de handicap physique :

 L’acquisition d’un métier permettant à la fois autonomie, reconnaissance et génération de revenus ; 

 Des prés requis scolaires qui facilitent l’adaptation à la formation pour n’importe quelle filière de réinsertion. Pour les enfants, ces prés requis scolaires facilitent la réinscription dans une école et une remise à niveau plus rapide ; 
 Un meilleur niveau scolaire qui facilite l’apprentissage d’un métier et qui améliore les chances de trouver du travail ; 

La volonté et la participation à sa réinsertion ;

 L’absence de la stigmatisation. Le fait de maintenir une confidentialité sur la situation leur permet de ne pas être considérés à priori comme pouvant poser des problèmes ; 

 Soutien et acceptation de la famille. 

 Au niveau de la famille pour ce qui est des enfants vivant en situation de handicap :

 Accessibilité de la famille et disponibilité d’un membre de famille à s’enrôler dans l’activité de réinsertion ; 

 Conditions de vie de la famille conditionnant ses capacités à subvenir aux besoins élémentaires de l’enfant ; 

 Absence de discrimination au sein de la famille. Lorsque les enfants se sentent considérés comme les autres enfants dans la famille, la réinsertion a plus de chance d’être durable. 

 Au niveau de la communauté/État, milieu de vie, Églises, écoles, centres de rattrapage et d’apprentissage

Diversité des métiers offerts en apprentissage donne l’opportunité de choisir le métier adapté à la réalité économique du lieu et du moment ;

Apprentissage lié à une possibilité de gain immédiat et simultané permet aux jeunes de générer des revenus, lorsque l’apprentissage est couplé à une possibilité de gain, il facilite la réinsertion ;

Les opportunités de réinsertion et les formations y afférentes doivent être adaptées à la réalité économique locale ;

La connaissance des réalités locales de la part des intervenants, la faculté à parler la langue des bénéficiaires, à connaitre leur milieu, à trouver des solutions dans ce milieu, à user de réseaux locaux s’avère très efficace pour soutenir leur réinsertion ;

Les actions des leaders spirituels, des confessions religieuses et des réseaux communautaires jouent un rôle important dans la société congolaise et peuvent influencer et jouer un rôle d’accompagnateur pour la réinsertion ;

Accompagnement et facilitation des services de l’état ; l’état peut faciliter à de nombreuses occasions les actions mises en œuvre, en exonérant les organisations des charges sociales, en octroyant des dérogations, en mettant simplement en application les politiques nationales telles que la création de centre de promotion sociale, l’existence des services pour les indigents, l’octroi d’un certificat de réinsertion permettant des exonérations, la présence d’intervenants sociaux, etc.

Implication des autorités dans les politiques et les réseaux. Lorsque les autorités politico -administratives prennent des décisions en faveur des projets de réinsertion des personnes vulnérables, cela offre un environnement propice à la réinsertion ;

Le travail en synergie et en coopération entre les diverses organisations. Les partenariats permettent non seulement de mettre en commun des moyens, mais aussi des acteurs d’avoir des approches communes, coordonner leurs actions, d’assurer un suivi cohérent aux jeunes afin de multiplier leurs chances d’être crédibles et efficaces.

 Pour les jeunes vivant en situation de handicap physique spécifiquement

Capacité /flexibilité à accepter les jeunes, dépassant l’âge scolaire limite de rentrer à l’école, de récupérer un niveau scolaire permettant de faciliter leur réinsertion ;

Existence d’écoles adaptées, centres de rattrapage et centre d’éducation non-formelle.

Dans de nombreux cas, pour que les jeunes puissent se remettre à niveau et apprendre, il faut que les conditions leur soient adaptées. Les centres de promotion sociale leur permettent d’apprendre un métier de manière efficace, des centres de rattrapage permettent à ceux qui ne peuvent intégrer l’école de récupérer un niveau scolaire. La réinsertion peut être momentanée dans une institution. Elle peut être aussi familiale au sein des communautés de base.

Quelle que soit sa forme et son genre, le gouvernant, les Organisations Non Gouvernementales (ONG), églises, société civile, autres acteurs et operateurs de la société formeront un engrainage qui favoriserait la réussite de la réinsertion des jeunes en situation de handicap physique.

44

Figure 5 : Schéma d’appui à la Réinsertion socioprofessionnelle

Source : Ministère de la Santé (RDC), Protocole National de la Réinsertion Socio-économique et scolaire des survivants de violences
Sexuelles, Mars 2012

I.3.6. Les étapes de la réinsertion socioprofessionnelle

Quelle que soit la filière de réinsertion, la formation professionnelle est un passage presque obligé pour réussir la réinsertion socioprofessionnelle, elle est essentiellement un moyen, voir un outil pouvant aider à mieux réussir la réinsertion socioprofessionnelle. Ainsi, les étapes ci-après sont conseillés/excepté pour le cas des jeunes vivant en situation de handicap ayant un niveau d’étude requis pour trouver directement emploi rémunéré :

I.3.6.1. Identification des compétences et orientation

La première implique qu’on ait, soit une vocation pour un métier donné, soit une idée, même vagué, d’une activité rentable quelconque. Cette étape correspond à la phase d’orientation professionnelle au cours de laquelle, il est absolument nécessaire d’identifier, les pré-acquis de la personne à réinsérer, tout en utilisant les techniques bien précises. On peut, à cette occasion, utilise la technique des entretiens individuels sur la vocation des candidats à la réinsertion, on organiser des visites des ateliers, des centres de formation ou d’activités et entreprises en cours de promotion afin d’identifier le choix définitif des filières.

I.3.6.2. Identification du projet individuel

Le projet personnalisé permet d’interroger la notion du sujet, et de son devenir en vue de favoriser le bien être du jeune accompagné. Il s’agit de l’élaboration d’une démarche d’accompagnement évolutive et personnalisée permise par l’observation, la définition des besoins, des potentialités, attentes et des demandes. Cette approche suppose d’envisager le jeune, mais aussi sa famille avec un devenir et des compétences qu’il possible de mobiliser. Le projet s’appuie sur une dynamique et une méthodologie visant à informer, à expliquer, à écouter, à proposer et à rechercher l’adhésion des jeunes et de leurs familles. De manière générale, le projet personnalisé permet :

 Prendre en compter de l’individualité de la personne pour mieux répondre à ces besoins ;
 D’envisager la personne dans un devenir ;
 D’élaborer des hypothèses d’accompagnement de son histoire, de ses désirs et ses potentialités ;
 De mobiliser l’ensemble des professionnels autour des objectifs concrets ainsi que d’harmoniser les pratiques ;
 De ne pas figé l’intervention et les modes d’accompagnements le projet se veut modifiable, réagistable et réinterrogeable dans le temps.

Cette étape consiste à partir des idées identifiées à faire acquérir aux personnes, les compétences, les habilités et les qualifications professionnelles nécessaires à la transformation de ces idées en projet concrets. C’est à ce niveau qu’il s’agira de définir la modalité pédagogique la plus appropriée selon les options et les prés acquis, pour l’acquisition de ces compétences. Il peut agir d’une formation sur site (en matière d’agriculture par exemple), d’une formation en entreprise ou dans un centre de formation professionnelle (la boulangerie pour les boulangers, par exemple) ou d’un apprentissage en atelier (coupe et couture, esthétique, menuiserie etc.).

Il peut soit s’agir de l’alphabétisation, l’éducation à la vie, à la citoyenneté, hygiène, le développement de l’esprit entreprenariat et des compétences commerciale, l’initiation à la tenue d’une comptabilité simple au sein d’une micro entreprise ou AGR.

I.3.6.3. Réalisation des projets

Cette étape aidera à accompagner les personnes à réinsérer dans la mise en œuvre effective de leurs projets d’entreprises qui peuvent être de services ou de production. Il peut s’agir de l’accompagnement dans l’installation physique et administrative de l’AGR et/ou de la micro entreprise, de l’information sur les ressources, les opportunités et les services disponibles, des relations, de l’appui technique, des kits de réinsertion réalistes et non standards à tous les métiers, filières ou AGR, fonds de commerce, mécanismes de fond de crédit et ou fond de garantie, ainsi que l’assurance santé.

Par rapport aux aptitudes professionnelles intrinsèques des enfants, il faudrait approcher le monde approché le monde académique et en particulier les psychologues et autres intervenants sociaux pour les tests appropriés avant de procéder à l’organisation de l’alphabétisation et du rattrapage scolaire afin d’obtenir des notions minimales leurs permettant de mener à bien une activité économique ou professionnelle.

La finalité de cette étape est d’aider les bénéficiaires à devenir des entrepreneurs réussis c’est-à-dire, tout au moins à réussir à mettre en œuvre leurs projets, soit à titre individuel, soit collectivement au travers des coopératives de production, de distribution, voire de consommation et de les accompagner pendant un certain temps pour la réussite de leur projet.

I.3.7. Types de formation et durée
 Formation professionnelle et sa durée

Deux considérations sont à prendre en compte : la partie de formation théorique et la partie pratique. La partie théorique où l’apprenant doit assimiler les notions principes ou théories générales sur l’activité, les connaissances sous divers aspects de la vie dont les IST et VIH SIDA et la partie pratique l’apprenant concilie les théories apprises à la pratique. Quant à la durée de celle- ci, elle dépend du type d’activités et des objectifs visent dans ladite réinsertion.
 Formation de base

Le personne à réinsérer doit apprendre des notions de calcul de base, apprendre à lire et écrire et exprimer.
 Éducation aux compétences de vie courante

Acquisitions des connaissances sur divers aspects de la vie (le VIH /sida, hygiène, santé, santé de la reproduction, savoir vivre…)

 Formation en entrepreneuriat

Acquisition des notions de gestions, épargne, les principes élémentaires de la micro finance, tout le cadre de formations utiles et accessibles selon le niveau et le domaine d’intervention.

I.3.8. Accompagnement des PVSH à la réinsertion socioprofessionnelle

L’accompagnement est un processus qui contribue à l’autonomisation des PVSH dans la réalisation de leur projet de réinsertion, renforçant ainsi leur autodétermination. Cet accompagnement pouvait comporter plusieurs aspects et a consisté à mettre en œuvre différents types d’actions. Il a été effectué dans les principaux domaines d’intervention suivants :
 Sur le plan sanitaire

L’accompagnement a essentiellement rempli une fonction de repérage de troubles existant (notamment sur le plan de la dépendance aux drogues licites ou illicites, et sur le plan de conduite déviante ou comportement autodestructeurs), et une fonction de conseil et d’orientation (notamment en matière de prévention et d’accès aux soins).

Les PVSH qui expriment leurs besoins ou demandes concernant leur état de santé sont orientés vers leur médecin traitant ou vers les structures existant les mieux adaptées à leur situation (centres de planification familiale, polycliniques, dentistes…).

Les principaux thèmes abordés dans ce cadre sont la consommation de drogue ou l’auto médicament, l’information sur la contraception et la prévention des maladies sexuellement transmissibles .
Dans certains cas, les entretiens de suivi sont permis d’aborder les domaines des représentations de santé, l’image du corps, de la perception de l’exercice physique ou de l’alimentation.

 Sur le plan professionnel
L’accompagnement a consisté à proposer des informations et des conseils en matière d’orientation scolaire et professionnelle, une aide dans la réorientation vers une formation ou dans la recherche d’emploi, et un suivi des démarches effectuées. Le développement et le soutien de la motivation ont impliqué un travail sur la définition des besoins, aptitudes et attentes de la personne, à mettre en relation avec les réalités positives et négatives du marché de l’emploi.
Cet aspect de l’accompagnement doit se réaliser en collaboration avec les organismes d’aide à la réinsertion sociale des PVSH hors formation et les offices d’orientation scolaire et professionnelle.

I.3.9. Stratégie de la réinsertion socioprofessionnelle par l’auto-emploi

Pour gagner sa vie, seules deux options sont possibles : être salarié ou être son propre patron. Dans la plupart des pays en développement, les opportunités d’accès à l’emploi sont limitées en raison d’un environnement économique difficile : fort taux de chômage pouvant atteindre jusqu’à 70% , prédominance de l’économie informelle face à l’économie formelle, etc. Lorsqu’ils essaient d’obtenir un emploi salarié, les demandeurs d’emploi handicapés rencontrent couramment un certain nombre d’obstacles :
 Méconnaissance de leurs droits, manque d’opportunités d’emploi, préjugés et discrimination par les employeurs, souvent en raison de leur méconnaissance des capacités et du potentiel des travailleurs handicapés ;
 Manque d’information sur les possibilités d’emploi ;
 Manque d’accessibilité physique ou de communication au travail ;
 Absence dans certains pays de politiques et d’une législation favorisant l’emploi des personnes handicapées.
Ces obstacles pourront être levés grâce à des campagnes de sensibilisation destinées à faire changer le regard sur les travailleurs handicapés.

Parallèlement, la seule alternative au travail salarié est de créer son propre emploi . Les personnes handicapées n’échappent pas à cette tendance et cherchent aujourd’hui à devenir leur propre patron pour gagner leur vie.
Toutefois, même s’il s’agit de l’option la plus évidente pour gagner sa vie, ce n’est pas forcément un choix délibéré. L’auto-emploi représente un défi considérable et impose des exigences différentes par rapport à l’emploi salarié.

Trois éléments essentiels sont indispensables pour le développement d’une stratégie d’auto-emploi :
 Une forte identité et confiance en soi (niveau d’initiative, détermination, ténacité, etc.) ;
 Des compétences / savoir-faire (compétences techniques, compétences entrepreneuriales relation avec les clients, sens des affaires, etc.) ;  Des ressources financières accessibles et adaptées.

Ces trois éléments sont d’égale importance. Si l’un de ces piliers est manquant, la stratégie d’auto-emploi ne fonctionnera pas.

Figure 6 : Les trois piliers de l’auto-emploi

Source : BIT, 1999

Les actions de la réinsertion socioprofessionnelle de visent à favoriser l’accès des personnes vivant en situation de handicap à un travail décent rémunéré. Deux options sont possibles : l’auto-emploi ou l’emploi salarié.

Le travail décent rémunéré a trois fonctions principales, toutes dépendantes du contexte culturel59:
La plus évidente est la fonction économique, puisqu’elle permet de subvenir, au moins partiellement, aux besoins de base de la personne et de sa famille ;
La fonction sociale, plus cachée, permet à la personne qui travaille de se sentir reconnue par la société, sa communauté, son entourage familial. La contribution à la production de biens ou de services crée en effet un lien entre la personne et la société ;
La fonction psychologique, à travers les valeurs que véhicule le travail, permet au travailleur d’améliorer l’image qu’il a de lui-même. Cette fonction est dépendante de l’individu, de l’intérêt personnel qu’il porte au travail, et de la reconnaissance de l’organisation ou la communauté à laquelle il appartient.

Figure 7 : Schéma sur les étapes de la réinsertion socioprofessionnelle volet auto-emploi et emploi salarié

CHAPITRE II : PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE

II.1. PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE

Il s’agit de la Fédération Nationale des Associations des Personnes vivant avec Handicap du Congo (FENAPHACO) qui nous a servi du champ de nos investigations.

II.1.1. Historique

La Fédération Nationale des Associations des Personnes vivant avec Handicap du Congo (FENAPHACO) est une plate-forme et un réseau des Associations des Organisations congolaises travaillant pour la défense, la promotion et la protection des droits des personnes vivant avec handicap et elle est aussi une organisation non gouvernementale de Défense des droits de l’Homme de droit congolais crée en 2003 à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo.

II.1.2. Statut juridique

La FENAPHACO est reconnue comme personnalité juridique par le Ministère de la Justice et Garde des sceaux en 2012. Elle est membre de l’Organisation Mondiale des Personnes Handicapées de la Fédération Internationale pour la Protection des Droits des Personnes vivant avec Handicap des pays Francophones, de la Conférence Internationale des Associations des Personnes vivant avec Handicap des Pays Membres de la SADC et de la CEEAC, de la Panafricaine des Personnes Handicapées et de l’Organisation Européenne des Associations des Personnes Handicapées .
II.1.3. Objectifs de la FENAPHACO
 Les objectifs généraux47

 Rechercher et assurer le bien-être de la personne vivant avec handicap physique et mental ;
 Défendre, former, informer et renforcer les capacités des personnes vivant avec handicap physique et mental ;

 Donner, élever le pouvoir économique des personnes vivant
handicap physique et mental ;
 Accompagner et servir les personnes vivant avec handicap physique et mental ;

 Accompagner et servir les personnes vivant avec handicap physique et mental.

 Les objectifs spécifiques

 Défendre les droits des personnes vivant avec handicap physique et mental qui sont oubliés en République Démocratique du Congo en particulier, en Afrique en général et qui n’attirent pas l’attention internationale ;

 Agir par le biais de nos projets qui se trouvent dans sept provinces de la RDC et dans 10 villes de la RDC qui se concentrent pour l’éducation, la santé, le travail, le travail pastoral, les formations, les activités génératrices de revenus et d’autres services qui sont offertes pour les personnes vivant avec handicap physique et mental ;

 Prendre en charge les personnes vivant avec handicap physique et mental pour les frais des scolarités et académiques ;

 Renforcer les capacités des personnes vivant avec handicap physique et mental (renouvellement du niveau intellectuel et social de cette catégorie d’hommes), du fait que la personne vivant avec handicap physique et mental est souvent l’objet de discrimination et stigmatisation dans la société congolaise et africaine ;

 Insérer, réinsérer et valoriser les personnes vivant avec handicap et mental dans la vie communautaire ;
 Réunir les différentes associations et organisations des personnes vivant avec handicap physique et mental de toute la RDC.

II.1.4. Domaines d’intervention

Les domaines d’interventions sont les suivants :

  • L’éducation;
  • La prise en charge des PVSH; – Le développement à la base ;
  • Les droits de l’homme;
  • L’agriculture, la pêche et l’élevage ;
  • L’Habitat ;
  • L’environnement ;
  • Les infrastructures; – La culture et arts.

II.1.5. Les Organes de la FENAPHACO

La FENAPHACO comporte six organes :

  • L’Assemblée Générale ;
  • Les Collèges des Fondateurs ;
  • La Coordination Nationale élue pour un mandat de 5 ans par l’A.G.,
  • Le Secrétariat national (il est nommé par le Coordonnateur National) ; – Le Conseil d’administration élu pour un mandat de deux ans par l’A.G. les membres fondateurs et les ambassadeurs Congolais des personnes
    Handicapées sont d’office membres du conseil d’administration ;
  • Les bureaux de représentants provinciaux (ils sont nommés par le Coordonnateur National). Assemblée Générale(A.G)

L’Assemblée Générale est l’organe suprême de la FENAPHACO qui oriente les actions à mener sur terrain, qui élit et démet les membres du Conseil d’Administration et autre, qui approuve le bilan de chaque exercice tout en insistant sur les observations et recommandations des audits, et qui adopte les budgets de la FENAPHACO.

Elle se réunit deux fois l’an, en session ordinaire, et toutes les fois que les circonstances l’exigent, en session extraordinaire.

 Conseil d’administration(C.A.) 

Le Conseil d’administration est l’organe de conception et l’orientation des décisions de l’Assemblée Générale. Composé d’un président, un vice-président, une secrétaire Générale et son adjoint, une trésorerie et son adjointe ainsi que d’un collège des conseillers, il réunit une fois le mois, en réunion, ordinaire et autant de fois que les circonstances l’exigent, en réunion extraordinaire.

Il désigne un Coordonnateur National comme acteur principal devant mettre en musique, sur terrain, des activités de la FENAPHACO. Celui-ci crée différentes structures auxquelles il affecte, par décision, des personnes capables de les animer afin d’atteindre les objectifs de la FENAPHACO.

 Coordinateur National (C.N.) 

Le Coordinateur National est l’organe d’exécution des décisions et recommandations de l’Assemblée Générale ainsi que les instructions du conseil d’administration.

Il est animé par un Coordonnateur National qui est aidé, pour cela, par des structures qu’il crée telles que :

  • Les Directeurs Nationaux : exécutent des tâches spécifiques, selon les domaines de leur désignation, pour permettre à la Coordination
    Nationale de la FENAPHACO de lui faire atteindre ses objectifs ;
  • Les départements : coordonnent certains groupes spécifiques personnes vivant avec handicap, tels que les femmes, les jeunes, etc. en vue de permettre à la coordination nationale de la FENAPHACO de lui faire atteindre ses objectifs ;
  • Les conseillers : ils sont désignés par le Coordonnateur National pour un domaine bien précis, lui prodiguent des conseils à ce sujet précis en vue de l’accomplissement de cet objectif par la FENAPHACO ;
  • L’Assistance sociale du coordonnateur national : il est désigné par le Coordonnateur National, il s’occupe de la réception des visiteurs et de son Assistance Sociale particulière ;
  • L’INAFOPEHAC (Institut National de Formation et d’Orientation des Personnes Vivant avec Handicap du Congo) : s’occupe de la formation et de l’orientation des personnes vivant avec handicap dans tous les domaines de la vie en rapport avec les objectifs de la FENAPHACO et les différents projets élaborés qui sont financés par certains partenaires pour cette fin.

Organigramme48

Source : FENAPHACO, 2021

II.2. ÉTAT DES LIEUX SUR LA SITUATION DES PERSONNES VIVANT EN SITUATION DE HANDICAP A KINSHASA

II.2.1. Contexte général

La République Démocratique du Congo est le plus vaste Pays de l’Afrique centrale d’une superficie de : 2.345.409 km² avec une population estimée à 77 millions d’habitants et regorge la deuxième forêt dense du monde et d’immenses richesses et potentialités du sol et du sous-sol mais dont la population croupit encore dans la misère et l’extrême pauvreté.
Selon le préambule de la loin°13/024 du 7 juillet 2013 l’adhésion de la RD. Congo à la Convention Internationale relative aux Droits des Personnes handicapées et à son Protocole Facultatif, les personnes handicapées représentent plus ou moins 9,1millions de personnes en 2013, soit environ 13% de la population congolais.
Des informations recueillies lors du processus des états généraux sur la situation des Personnes handicapées en République Démocratique du Congo, ont renseigné que les Personnes handicapéesreprésententplusoumoins13milliondes Personnes handicapées (environ18% de la population qui est estimée à plus de 70 million d’habitant) et cela, suite à la recrudescence des conflits armés et à la résurgence des diverses maladies invalidantes.
Les différentes guerres et autres conflits armés qu’a connus le pays, ont eu des conséquences néfastes sur la santé mentale, physique et psychique des populations et ont aggravé la situation déjà précaire des personnes handicapées et occasionné d’autres formes de handicaps.
La situation générale du Pays est caractérisée par un délabrement des services sociaux particulièrement des structures d’encadrement, de reclassement, de récupération des personnes vivant en handicap, la détérioration des infrastructures sociales de base, ainsi que l’absence des mécanismes d’enregistrement continu et d’une enquête nationale sur la situation des personnes handicapées.
L’absence d’études approfondies sur le handicap, des statistiques et données fiables ainsi que d’une documentation appropriée dans le Pays ,non seulement ne permet pas aux décideurs de prendre suffisamment conscience de la situation des Personnes handicapées ou de prendre des mesures adéquates les concernant, mais aussi rend indispensable la tenue des états généraux entant que cadre participatif approprié pour appréhender les contours de la problématique posée par la situation de la personne handicapée et proposer les solutions durables et adéquates afférentes.
II.2.2. Perceptions du concept de « handicap » et de la personne vivant en situation de handicap dans le contexte Congolais

Avant de passer à toute autre chose, nous nous proposons de décortiquer les sens des concepts de handicap et des personnes vivant avec handicap tels qu’ils sont appréhendés en milieux congolais, dans le langage des Kinois et celui des autres populations congolaises de l’arrière-pays. Il existe, plusieurs dénominations, en grande partie péjoratives, qui sont collées au handicap tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays. Nous exposons ci-dessous quelques-unes partant des contenus sémantiques qu’ils renferment.
Selon VACKA GUDALA , dans la Ville de Kinshasa, la conception populaire du mot « handicapé » est bien limitée car le contenu donné à ce terme est très restrictif. Le terme handicapé chez le commun des mortels est souvent utilisé pour désigner les personnes amputées d’un membre, ou aux personnes paralysées suite à la poliomyélite. Manifestement, il ne fait pas allusion aux handicaps mentaux, ni aux autres handicaps moins visibles ou moins connus tels que la surdité ou la cécité.
D’après nos observations et analyses, à Kinshasa, dans l’imaginaire collectif, parler de handicap, c’est se référer aux déficiences motrices. Dans la plupart de temps, quand les Congolais parlent de handicap, il s’agit, en général, des handicaps visibles dont les expressions et les conséquences sont très variables.
Ici, le système de référence de handicap semble être symbolisé par une personne en fauteuil roulant, marchant à quatre pattes, tenant une canne ou s’appuyant sur un bâton pour marcher.
Dans cette même optique, MVUEZOLO , définissant les personnes handicapées dans le contexte de la RDC, affirme que, « Sont considérées personnes vivant avec handicap les personnes dont le système locomoteur est affecté totalement ou partiellement par une maladie physique ou une cause accidentelle, les débiles mentaux, les aveugles, les sourds-muets et les handicapés sociaux ».
Mais dans le langage courant les personnes handicapées sont souvent désignées par diverses expressions suivantes : « mwela », « vadio », « ebosono » et « faux-tête ». Il faut dire que, tous ces concepts ont une connotation négative et pourraient être traduits en français comme : « inutile », « incapable », « vaurien », «incompétent », « paralytique », « parasite ».
A voir les choses de plus près, ces termes montrent, ou mieux soulignent l’insuffisance sinon carrément l’absence de mouvement, d’autonomisation et de valorisation des personnes vivant avec handicap. Somme toute, ces mots ne sont rien d’autre que des clichés et/ou stéréotypes employés par les populations dans le but de rabaisser, de déprécier, de caricaturer, de contrefaire et de falsifier l’image et les capacités de millions des Congolaises et Congolais vivant avec en situation de handicap.
La République Démocratique du Congo devrait créer des mécanismes solides qui puissent éradiquer le dépérissement des valeurs dont toute société a besoin pour vivre dans la dignité. En substance, nous appuyons le propos selon lequel : « la personne handicapée n’est pas seulement et uniquement là où on croit la trouver, mais elle est en nous, en chacun de nous.
Tout homme est un handicapé par ce simple fait que toute sa vie bute, de manière permanente, sur les obstacles que, dans une lutte sans trêve, il est appelé à surmonter ».
Voilà, une raison de plus pour ceux qui n’ont pas de respect, de sympathie, ni de considération à l’égard des personnes vivant en situation de handicap de comprendre qu’ils sont concernés et doivent se préparer mentalement qu’un jour eux aussi pourront se retrouver dans cet état.
II.2.3. Causes de handicap à Kinshasa

De prime abord, nous signalons qu’un handicap est lié à bon nombre de facteurs, dont les causes héréditaires, congéniales, acquises et les déficiences d’ordre sensoriel, physique, mental ou social plus ou moins profondes. A cet effet, ces déficiences placent l’individu dans une situation de dépendance morale, physique, sociale ou économique.

Pour notre étude, nous décrivons dans les lignes qui suivent les causes de handicap considérées comme majeures dans la ville de Kinshasa, selon les informations recueillies sur le terrain. Nous présentons successivement les causes naturelles et/ou visibles de handicap et les causes afférentes aux phénomènes de handicap-sorcellerie que les Kinois qualifient d’invisibles.

Naturellement, plusieurs causes sont à l’origine de handicap. Lors de nos enquêtes sur le terrain, beaucoup de sujets nous ont parlé de ces causes visibles, naturelles comme ils les ont dénommées. En voici, quelques-unes :

 L’insécurité routière.

Les accidents de route constituent une cause déterminante de handicap. Ces accidents sont favorisés par deux facteurs: l’état de délabrement très avancé des routes et la non application des règles de conduite des véhicules et motos par les conducteurs (excès de vitesse, alcoolisme au volant). A cet effet, il convient d’indiquer que dans certains coins du pays les routes sont pratiquement inexistantes. En dépit de cela, les chauffeurs ne cessent de prendre le risque de les emprunter, voies qui malheureusement occasionnent mort d’hommes et rendent de milliers de personnes handicapées.

En outre, depuis quelques années, Kinshasa est enrichi par un autre moyen de transport en commun, le phénomène ‘TAXI-MOTO’ communément appelé
« Wewa ». Depuis la fin de l’année 2007, ces compatriotes ont innové dans le domaine du transport urbain. Ils combinent leurs talents et leurs forces physiques pour rendre service à la population kinoise. Les «Wewa» se recrutent parmi les universitaires, les diplômés d’État ainsi que des pères de familles.

Le phénomène «Wewa » est une marque des compatriotes venus de l’est et du centre du pays. Car à Goma, Bukavu, Mbuji-Mayi, Kananga, Kisangani, le transport en commun est assuré par les taxi-motos. Il n’y a pas de bus en grand nombre ou presque pas. A Mbandaka et à Bandundu-ville, c’est le vélo qui est utilisé comme moyen de transport en commun. Les transporteurs du vélo sont appelés « les tolekistes ».

Les taxi-motos ont pris de l’importance lors que le transport en commun a été paralysé le lundi 21 mai 2007 à Kinshasa. A cette date-là, en signe de protestation contre les contrôles des véhicules intensifiés par la police, les transporteurs privés avaient observé une grève. La ville avait ressemblé à une ville morte.

Au-delà du manque de respect du code de la route, l’absence d’un meilleur apprentissage de la conduite des motos par les taxi-motards fait que ces bévues soient commises quotidiennement. La majorité des jeunes kinois qui n’ont pas du travail se transforment du jour au lendemain, sans apprentissage adéquat, en motocyclistes, causant ainsi des accidents sur la route.
 Les catastrophes naturelles

La ville de Kinshasa est souvent exposée aux catastrophes naturelles de diverses sortes : inondations, glissement de terrain, etc. Celles-ci représentent aussi une cause très importante d’invalidité dont l’incidence quantitative n’est pas connue. Car ceux qui sont frappés d’une invalidité à la suite d’une inondation ou d’une autre catastrophe, ne sont pas identifiés comme tels.

 La poliomyélite

La poliomyélite, appelée Buka-Buka en lingala, est causée par un virus très contagieux. La contamination par le virus peut entraîner une paralysie progressive, et parfois même conduire au décès.

La maladie se transmet principalement par voie féco-orale (contact entre les matières fécales humaines et la bouche). Presque toute la population a été en contact avec ce virus avant l’âge de 4 ou 5ans .
Bien que de très importants progrès aient été enregistrés depuis 1988 vers une éradication de la maladie au niveau mondial, le virus de la poliomyélite circule toujours dans quelques pays d’Afrique, ainsi que dans certaines zones d’Asie, essentiellement en Inde.

Depuis un certain nombre d’années, en RDC, le vaccin contre la poliomyélite est obligatoire. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous pouvons affirmer que la fréquence de la poliomyélite a sensiblement diminué grâce à la politique de vaccination mise sur pied par le gouvernement appuyé bien entendu par l’OMS.

 Phénomène handicap-sorcellerie

Le phénomène handicap-sorcellerie que les Kinois dénomment souvent par des causes invisibles, nous voulons préciser d’une part, ce que c’est la sorcellerie sur le plan global et d’autre part, le contenu sémantique que les Congolais donnent à ce concept.

A cet égard, la sorcellerie est un ensemble d’activés mauvaises du sorcier qui s’inscrit dans la sphère du mal. On y range imprécations, malédictions, envoûtements, jets de sorts, combats invisibles, métamorphose d’hommes en animaux. Le sorcier est une personne habitée, même à son insu, par un pouvoir maléfique qui la pousse à nuire, à détruire, à tuer. Également, on considère aussi, la sorcellerie comme l’ensemble des pratiques magiques qui visent à jeter des sorts et à nuire par jalousie, ou par soif de domination, ou de vengeance, ou par appât du gain.

L’explosion des églises dite « Eglise du réveil » ce sont elles qui agitent partout les démons et autres sorciers, qui légitiment et exacerbent par leur théologie, les croyances populaires. La communauté Kinoise par manque d’explication plausible dans la vie du couple, donné naissance à un enfant avec handicap est parfois devenu un sujet de peur sur cet enfant et de son avenir qui parait bien inquiétant.

II.2.4. Différents freins affectant la qualité de vie des personnes vivant en situation de handicap

Les personnes vivant avec handicap en RDC en général et à Kinshasa en particulier rencontrent beaucoup de difficultés dans l’organisation de leur vie partant de leurs infirmités définitives ainsi que de leurs troubles chroniques qui réduisent chaque fois leur force de vie, la volonté qui les habitent, leurs talents intellectuels, artistiques et culturels pour conquérir leur indépendance sur tous les plans de la vie communautaire et parmi ces différentes difficultés, nous en avons retenues quelques.

II.2.4.1. Difficulté médicale

Le handicap revêt de multiples formes. Si certaines affections associées au handicap entraînent une santé fragile et des besoins importants en matière de soins, ce n’est pas le cas pour toutes. Néanmoins, toutes les personnes vivant en situation de handicap ont les mêmes besoins que le reste de la population en matière de soins de santé généraux, et doivent donc avoir accès aux services de soins de santé courants. L’article 25 de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées réaffirme le droit de ces personnes à obtenir des soins de qualité sans discrimination .

Très souvent, le handicap n’est pas perçu comme un problème de santé publique. Par conséquent, aucune mesure n’est adoptée pour prendre en compte la question du handicap dans le secteur de la santé, et cette question est en outre souvent cantonnée à des stratégies et des plans d’action nationaux pour le handicap destinés à assurer la mise en application et le suivi de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Le nombre de personnes vivant avec un handicap est en hausse, ce qui s’explique en partie par le vieillissement des populations et par l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques .

En outre, ils sont très peu nombreux à recueillir des données afin de permettre une ventilation en fonction du handicap dans le secteur de la santé. Ce problème est devenu particulièrement évident pendant la pandémie de COVID19, au cours de laquelle les pays ne sont pas parvenus à inclure la question du handicap de façon cohérente dans leur riposte.

Ainsi, les personnes handicapées sont exposées à trois risques accrus dont les conséquences sont désastreuses : le risque de contracter la COVID-19, le risque de développer des symptômes graves ou de mourir de la maladie, ainsi que le risque d’être en moins bonne santé pendant et après la pandémie même sans être infectées par la COVID-19.
Obstacles aux soins de santé

Les personnes handicapées rencontrent toute une série d’obstacles lorsqu’elles essaient d’accéder aux soins de santé, dont certains sont énumérés cidessous :

Des coûts prohibitifs

Le coût des services de santé et les problèmes de transport sont les deux principales raisons qui font que les personnes handicapées ne reçoivent pas les soins dont elles auraient besoin dans les pays à revenu faible.

Un peu plus de la moitié des personnes handicapées n’ont pas les moyens de se soigner, contre environ un tiers des personnes non handicapées.

 Une offre de services limitée 

Les services adaptés aux personnes handicapées font défaut. De nombreuses études révèlent que les besoins non satisfaits des personnes handicapées en matière de soins sont nombreux en raison de l’offre inexistante de services, en particulier dans les zones rurales et reculées.

 Les obstacles physiques 

L’accessibilité aléatoire des bâtiments (hôpitaux, centres de santé), une mauvaise signalisation, l’étroitesse des encadrements de portes, des installations sanitaires inadaptées et les difficultés d’accès aux parkings sont autant d’obstacles pour se rendre dans les établissements de santé.

Par exemple, les femmes à mobilité réduite ne sont souvent pas en mesure de bénéficier du dépistage du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus parce que la hauteur des tables d’examen n’est pas réglable et que le matériel de mammographie n’est prévu que pour les femmes qui peuvent se tenir debout.

Dans notre pays, Les difficultés médicales sont les suivantes :

  • Absence des cliniques mobiles à travers les milieux périphériques pour l’évaluation médicale et étudier les hypothèses d’intervention pour chaque type d’handicap ;
  • Absence criante des spécialistes résidents pour la prise en charge des personnes vivant avec handicap tels : chirurgie orthopédiste, plasticien, kinésithérapie, neurologue, ergothérapeute, ORL, ophtalmologue ;
  • Manque d’ateliers de production des moyens orthopédiques : tricycles, cannes, béquilles, orthèse, prothèse, chaise roulante et autres équipements de service ;
  • Difficulté de trouver des équipements de kinésithérapie pour faciliter les soins de rééducation.

Ainsi, l’inclusion du handicap dans le secteur de la santé reste une faille dans les programmes de santé des pays. Les ministères de la santé doivent prendre des engagements en faveur de l’inclusion de la question du handicap.

Cela implique de prendre des mesures visant à garantir l’équité aux personnes handicapées dans trois domaines :

 L’accès à des services de santé efficaces ;
 La protection pendant les situations d’urgence sanitaire ;
 l’accès à des interventions transversales en matière de santé publique, par exemple à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène leur permettant d’atteindre le meilleur état de santé possible ;
 Les gouvernements peuvent améliorer la situation sanitaire des personnes handicapées en leur facilitant l’accès à des services de santé de qualité, d’un coût abordable et faisant le meilleur usage possible des ressources disponibles.

Dans la mesure où plusieurs facteurs interagissent pour empêcher l’accès aux soins, des réformes sont nécessaires dans toutes les composantes interdépendantes du système de santé.

II.2.4.2. Difficultés d’éducation :
 Des jeunes handicapés dont l’esprit et l’intelligence ne sont pas perturbés ne vont pas à l’école ;
 Insuffisance d’école à enseignement spécial par les sourds- muets et les aveugles ;
 Absence d’un programme d’éducation et de sensibilisation des personnes vivant avec handicap sur leurs droits ;
 Manque d’éducation au changement de comportement de la part de l’handicapé, de sa famille et de la communauté.

II.2.4.3. Difficultés de la formation professionnelle

Nous avons :

 Insuffisance des centres de formation professionnelle pour apprendre aux personnes vivant avec handicap quelques métiers ;

 Difficultés de trouver des matériels et équipement de service pour la formation professionnelle ;

 Absence d’ateliers protégés pour aider les personnes vivant avec handicap à travailler après la formation.

II.2.4.4. Difficultés d’ordre psychologique

Pour les difficultés d’ordre psychologique :

  • Les attitudes négatives liées au rejet et aux préjugés à l’endroit des personnes vivant en situation de handicap crée un comportement de discrimination;
  • La peur et la moquerie à l’endroit des personnes vivant en situation de handicap obligent un rempli ensoi ;
  • Les femmes et jeunes filles vivant en situation de handicap sont l’objet d’exploitation sexuelle sans merci des hommes dites valides ;
  • La perception du handicap au niveau des églises et des communautés continue de rester comme le résultat d’un châtiment ou d’un esprit malin.

II.2.4.5. Difficultés sur les activités sportives et des loisirs

A ce sujet, nous disons :

  • Les personnes vivant avec handicap n’ont pas un programme de sports bien définis en termes d’adaptation à leur capacité et sous- équipés ;
  • Moins d’athlètes vivant avec handicap participent aux différentes compétitions continentales et para olympique ;
  • Absence d’un cadre récréatif permettant aux personnes vivant en situation de handicap de se détendre ;

Image 1 : Vue de l’ampleur de la mendicité de certains PVSH sur la voie publique de la ville de Kinshasa, RDC

Sur les grandes artères de la ville Kinshasa, particulièrement sur le boulevard du 30 Juin, le phénomène « mendicité sur la voie publique » gagne du terrain. A côté des personnes vivant avec handicap, d’autres plus aptes leur ont emboité le pas. Dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, précisément au centre-ville, le nombre de personnes qui tendent le chapeau grossit chaque jour.

Et cela devient inquiétant dans la mesure où, sur le boulevard du 30 Juin, au moindre feu rouge, ces personnes envahissent la chaussée demandant aumône. Le grand marché et les alentours sont également des lieux de prédilection de cette mendicité sur la voie publique.

Parmi les mendiants se retrouvent des personnes vivant en situation de handicap, accompagnées des personnes valides. Au centre-ville, même des malades de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo) quittent leur lit pour se faire assister, en brandissant quelque fois les ordonnances médicales. Sans occulter les enfants de la rue, communément appelés ‘‘Shegués’’, qui règnent en maîtres au centre-ville de Kinshasa. Dans la capitale, la mendicité sur les trottoirs est devenue une profession.

Image 2 : Vue des PSVH dans la lutte de survie par des petites activités

Source : Nos recherches, 2021

II.2.5. Les Organisation des personnes handicapées (OPH) et autres Organisations de la Société Civile

Les organisations engagées dans la promotion et la protection des droits de la personne handicapée sont abondantes, et la Constitution garantit la liberté d’association. Ci-après nous citons quelques-unes, toutes étant bien entendu totalement impliquées dans la défense des droits de la personne handicapée:

  • Association des Personnes Handicapées LA PERSEVERANCE « APHAP » ;
  • Association des Handicapés Chrétiens de Kisenso « APHCK » ;
  • Réseau des Comités de Réadaptation Communautaire « RCRC » ;
  • Coopérative des Mamans Vivant avec Handicap « COMAVAH » ;
  • Fondation des Œuvres Sociales pour le Progrès des Personnes Vivant avec Handicap) « FOSPHA » ;
  • Conseil National pour la Promotion des Aveugles « CNPSA » ;
  • Centre Psychopédagogique de Limeté « CPL » ;
  • Association des Personnes avec Handicap Chrétiennes « APHAC » ;
  • Coopération des Personnes vivant avec Handicap « COPEHANG » ;
  • PAROUSIA – ONGD/ASBL ;
  • Collectif pour la Réinsertion des Personnes vivant avec Handicap « COREPH » ;
  • Centre Professionnel d’Assistance et de Promotion pour la Personne vivant avec Handicap « CEPAPHA » ;
  • Coordination des Femmes avec Handicap de Kinshasa-Est « COFHAKINE » ;
  • Fraternité des Aveugles Catholiques de Kinshasa « FACK » ;
  • Union des Frères et Sœurs Aveugles en Mission pour Christ « UFSAMC » ;
  • Association des Personnes vivant avec Handicap pour le Développement « APHAD » ;
  • Action et Solidarité pour la Promotion Sociale des Personnes vivant avec Handicap « ASOPHA » ;
  • Association des Personnes vivant Handicap des Télécommunications « APHATEL ».

Toutes ces OPH ont le même rayon d’action, à savoir, la personne en situation d’handicap, et la promotion et la protection de ses droits, ou une forme donnée d’handicap, certaines étant actives sur toute l’étendue du territoire de la RDC, et d’autres dont le champ d’action se limite soit à la province, soit à la ville où elles sont établies. les OPH sont organisées ou coordonnées au niveau national et/ou régional
en Afrique Centrale
 Réseaux au niveau national

  • Fédération Congolaise des personnes handicapées (FECOPEHA)
  • Fédération des ONG Laïques à Vocation Economique du Congo (FOLECO)
  • Fédération Nationale des Personnes Handicapées du Congo (FENAPHACO)
  • Consortium de Plaidoyer sur Assistance aux Victimes des Mines et autres personnes en situation de Handicap (CPAV)
  • Agir pour les Elections Transparentes et Apaisées (AETA)
  • Caucus des Femmes Congolaises
  • Cadre de concertation pour l’intégration des personnes vivant avec handicap (CCIPVH)
  • Réseau National des Organisations des Droits de l’Homme au Congo (RENADHOC)
  • Rassemblement des Organisations des Femmes pour le Développement (ROFED)
  • Réseau des Comités de Réhabilitation Communautaire (RCRC)

 Réseaux au niveau régional et international

  • Fédération des Associations des Femmes Handicapées d’Afrique Centrale (FEAFHAC)
  • Association des Centres des Handicapés d’Afrique Centrale (ACHAC)
  • Organisation Mondiale des Personnes Handicapées (OMPH)
  • Réseau UMOJA (Région des grands lacs d’Afrique) – Afrique Handicap – Hope for Handicap.  
    CHAPITRE III : PRESENTATION DES DONNEES ET DISCUSSION DES RESULTATS

III.1. APPROCHE METHODOLOGIQUE

III.1.1. Population d’étude

La publication des résultats d’une recherche nécessite que l’on présente la démarche méthodologique suivie pour récolter les données dont l’échantillon sur lequel a porté la recherche.

Selon LAROUSSE, ce terme « Population » est défini comme un ensemble d’élément (individus, valeurs) soumis à une étude statistique . Le terme « population » est assimilé à un très grand nombre des personnes habitants une région.

D’après R. MUCHIELLI, la population d’étude est l’ensemble du groupe humain concerné par les objectifs de l’enquête . En effet, c’est dans cette population que nous avons procédé au prélèvement et la constitution de notre échantillon.

III.1.2. Échantillonnage

Pour DELANDSHEERE G. précise « un échantillon », c’est choisir un nombre limité d’individus, d’objets ou d’évènements dont l’observation permet d’en tirer des analyses et des conclusions applicables à la population entière, de laquelle le choix a été fait74. Ainsi, un échantillon est l’ensemble d’éléments choisir par le chercheur à propos desquels on a recueilli les données dont l’observateur permet de tirer les conclusions concernant la population parenté.

Il est généralement difficile de faire une étude exhaustive, couvrant l’univers ou le nombre total d’une population ciblée par une étude. Ceci en raison du coût élevé en moyens financiers et de la perte de temps que cela entraîne.

Pour ces différents motifs, il revient au chercheur de prélever sur la population-mère de l’enquête, un groupe restreint d’individus appelé échantillon.
C’est au sein de cet échantillon représentatif que seront recueillies les informations que l’on pourra généraliser à l’ensemble du groupe cible.

En raison des difficultés que nous avons eu d’abord à joindre les sièges des associations et ensuite les personnes en situation de handicap physique ellesmêmes ; en raison de nos moyens financiers très limités, nous n’avons pu joindre que 50 personnes qui ont été visibles, abordables et permanentes que nous avons prélevé comme échantillon non aletoire de type occasionel. Cette population caractérisée selon l’âge, le sexe, le niveau d’instruction, etc.

III.1.3. Élaboration et administration du questionnaire

III.1.3.1. Élaboration du questionnaire

Un questionnaire est un « test composé d’un nombre plus ou moins élevé des questions, présenté par écrit, au sujet et portant sur des opinions, des goûts, de comportement dans des circonstances précises ».

A travers la collecte des données quantifiables, nous avons recueilli des informations sur des opinions, des représentations, des renseignements factuels sur la population ciblée par notre étude. Ceci grâce à un questionnaire comportant des questions fermées, décrivant la situation réelle du sujet observé.

III.1.3.2. Administration du questionnaire

Concernant l’administration du questionnaire, nous avons rassuré à nos enquêtés l’anonymat et nous les avons invités à une franche collaboration pour nous permettre de récolter les données, et arriver au succès de notre recherche.

Nous avons aussi procédé, avant de distribuer les questionnaires, à une pré-enquête qui consistait à sonder les opinions, et elle nous a permis de corriger et de réajuster ou de supprimer les questions inappropriées. Nous avons ainsi gardé dans sa forme définitive seulement les questions exprimant le contenu de notre recherche. Après avoir approuvé notre instrument de collecte des données, nous nous sommes passés à la phase d’administration réalisée sur le terrain.

III.2. SELECTION ET JUSTIFICATION DES VARIABLES

Une variable constitue un élément distinctif ou mesurable, caractéristique d’un sujet et qui peut prendre une ou plusieurs valeurs. On distingue deux types de variables : les variables indépendantes et les variables dépendantes.

III.2.1. Les variables indépendantes
Encore appelée variable explicative, une variable indépendante est manipulée dans une étude afin de voir quel effet ces différentes variations auront sur les variables dites dépendantes. Pour cette recherche, ces variables sont :
 L’âge : est une variable importante en ce sens qu’il permet de distinguer les différentes phases de la vie des enquêtés. Elle permet aussi de mesurer le degré de maturité d’une personne. En effet, l’homme est plus apte à assimiler et à accomplir certaines tâches dans l’apprentissage d’un métier, à travailler à certains âges qu’à d’autres, notamment à l’âge adulte. Aussi, sa capacité de production et ses chances de gagner un emploi diminuent-elles dans la phase de vieillesse ;

 Le sexe : en RDC, la division sexuelle du travail reste encore très remarquable. Cette division sexuelle du travail telle que réglementée par les normes sociales n’assigne pas toujours les mêmes tâches ou responsabilités ; et ceci dans tous les domaines de la vie. Le variable « sexe » a permis d’apprécier les capacités et l’engouement des femmes à s’adapter et à suivre une formation, à s’insérer professionnellement dans les mêmes conditions que les hommes ;

 Le niveau d’instruction : l’instruction est d’une efficacité sans précédent dans la vie d’un homme et surtout dans un processus de développement participatif. En effet, elle permet aux acteurs sociaux et plus particulièrement aux personnes handicapées de s’ouvrir sur le monde extérieur, d’être éclairées sur leurs perspectives d’insertion socioprofessionnelle, d’apprendre à mieux gérer leur revenu, bref de mieux se prendre en charge ;

 La situation matrimoniale : s’insérer professionnellement afin d’avoir une indépendance, surtout économique et de mieux se prendre en charge incombent à tous les acteurs sociaux. Mais, l’on ne ressent pas cette nécessité ou n’a toujours pas les mêmes considérations de ce fait quand on est célibataire ou quand on est marié ou responsable d’une famille ;

 Le type de handicap : le type de handicap détermine la nécessité ou non d’une rééducation, le futur métier du handicapé et ses futures chances d’intégration socioprofessionnelle ;

 La formation reçue : cette variable influe énormément sur l’obtention d’un emploi ou sur les possibilités de création de son propre atelier. Elle fait aussi appel aux capacités d’adaptation des apprenants déjà diminués physiquement.
III.2.2. La variable dépendante
Encore appelé variable à expliquer, la variable dépendante indique le phénomène que le chercheur tente d’expliquer. Elle dépend des variables indépendantes en ce sens que sa modification est étroitement liée ou découle du niveau ou de la qualité de ces dernières. Nous retenons :
La réinsertion socioprofessionnelle : quand on exerce un métier ou quand on a un métier rémunéré, on est financièrement autonome, plus on contribue efficacement au développement de sa société mieux on se positionne dans la société où on est relativement bien vu. Cette variable a permis de vérifier si le métier appris permet de gagner un emploi qui, procure un revenu susceptible de mettre la personne handicapée en position d’indépendance financière et se prendre efficacement en charge.
Par celle-ci l’on a également apprécié l’efficacité des politiques de suivi existantes et relever les difficultés auxquelles se heurtent la Fédération et ses partenaires dans la mise en œuvre de leurs stratégies de suivi.

III.2.3. Les indicateurs
Les indicateurs peuvent se définir comme des données observables par lesquelles on pourra appréhender les différentes dimensions analysées en constatant dans la réalité la présence ou l’absence de tel attribut, l’état de telle variable :
 La proportion de personnes handicapées ayant eu besoin d’une rééducation pour s’adapter à la vie pratique et plus particulièrement à une formation ;

 La proportion de personnes handicapées formées ayant gagné un emploi ou ayant ouvert un atelier ;

 La capacité des personnes vivant en situation de handicap physique à exercer un métier. Ce dernier indique si à la fin de la formation les apprentis arrivent à exercer convenablement le métier appris ;

 Le revenu : il indique le degré d’intégration économique et sociale et permet de savoir si les personnes handicapées arrivent à se prendre en charge avec leur revenu ;

 Relation entre activité exercée et suivi : permet de savoir si la personne exerçant un métier a eu besoin d’un appui quelconque.
III.3. PRESENTATION ET DISCUSSION DES RESULTATS

III.3.1. Présentation des données

La présentation et l’analyse des données recueillies auprès des personnes vivant avec handicap physique. Pour traduire en langage intelligible et compréhensible, les données brutes recueillies lors de l’enquête, il nous a fallu d’abord les traiter avec des techniques appropriées.

Le traitement des informations recueillies lors de la recherche quantitative s’est fait manuellement et nous nous sommes mis à les dépouiller grâce au découpage de nos séries des questions soumises à nos enquêtés, en vue de faciliter le prélèvement des fréquences et leur traduction en pourcentage.

En ce qui concerne les données qualitatives résultant des entretiens individuels, elles sont prises en compte dans l’interprétation des résultats. En ce qui concerne les données qualitatives résultant des entretiens individuels, elles sont prises en compte dans l’interprétation des résultats.

III.3.1.1. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés

Tableau 2 : Répartition des enquêtés selon l’âge et le sexe

Sexe
Age Masculin Féminin Total
Eff % Eff % Eff %
[18-28[ 5 10 2 4 7 14
[29-39[ 12 24 8 16 20 40
[40-49[ 8 16 5 10 13 26
[50 et+[ 7 14 3 6 10 20

Total
32
64
18
36
50
100

Source : Nos enquêtes, 2021
Partant des données consignées dans le tableau, on constate que 14% des enquêtés ont moins de 28 ans ; 40% ont un âge compris entre et 35 ans ; 26% ont un âge compris entre 40 et 49 ans et seulement 20% ont plus de 50 ans.
Ce tableau montre également que 64% des enquêtés sont de sexe masculin contre 31% qui sont de sexe féminin. Ce qui conduit à dire que la majorité des enquêtés sont du sexe masculin.
Tableau 3 : Répartition selon le sexe et la situation matrimoniale des enquêtés
Sexe
Situation matrimoniale Masculin Féminin Total
Eff % Eff % Eff %
Célibataire 22 44 7 14 29 58
Marié (e) 7 14 6 12 13 26
Divorcé (e) 3 6 3 6 6 12
Veuf (ve) 0 0 2 4 2 4
Total 32 64 18 36 50 100
Source : Nos enquêtes, 2021
Selon ce tableau, la majorité des enquêtés 58% sont des célibataires ; parmi ceuxci 44% sont de sexe masculin et 14% de sexe féminin. Les mariés représentent 26 % de l’ensemble des enquêtés ; 12% sont divorcés et 4 % sont des veuves. Cette large proportion 58% des célibataires montre clairement que les personnes handicapées éprouvent de réelles difficultés pour se marier et pour avoir une famille afin de mener une vie de couple dans un foyer.
Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction et le sexe
Sexe
Niveau d’instruction Masculin Féminin Total
Eff % Eff % Eff %
Analphabète 10 20 4 8 14 28
Primaire 12 24 10 20 22 44
Secondaire 6 12 4 8 10 20
Supérieur 4 8 0 0 12 8
Total 32 64 18 36 50 100
Source : Nos enquêtes, 2021
Retenons de ce tableau que la majorité des enquêtés 28% n’ont pas fréquentés le système scolaire, parmi ceux-ci 20% sont de sexe masculin et 8% de sexe féminin.
Une proportion non négligeable 24% des enquêtés a fait le cours primaire ; 12% ont fait le secondaire tandis que 8% seulement ont accédé aux études supérieures.
Notons par ailleurs qu’aucun enquêté de sexe féminin n’a atteint les études supérieures. Au vu donc des résultats de ce tableau, l’on peut alors dire que les enquêtés ont un niveau d’étude élémentaire.
Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon le sexe et le statut d’occupation parcellaire
Sexe
Occupation parcellaire Masculin Féminin Total
Eff % Eff % Eff %
Maison familiale 11 22 9 18 20 40
Sous-logé gracieux 5 10 2 4 7 14
Locataire 14 28 7 14 21 42
Propriétaire 2 4 0 0 4
Total 32 64 18 36 50 100
Source : Nos enquêtes, 2021
Au vu de ce tableau, 42% des enquêtés sont des locataires. 40% des enquêtés vivent dans la maison familiale, 14% des enquêtés sont Sous-logé, 4% sont autonome propriétaire.
III.3.1.2. Informations sur le handicap
Quel est votre type d’handicap ?
Tableau 6 : Répartition selon le sexe et le type de handicap

Sexe Type de handicap Masculin Féminin Total
Eff % Eff % Eff %
Moteur 24 48 11 22 35 70
Sensoriel 2 4 2 4 4 8
Mental 0 0 0 0 0 0
Polyhandicap 6 12 5 10 11 22
Total 32 64 18 36 50 100
Source : Nos enquêtes, 2021
L’on remarque à travers ce tableau que 70% des enquêtés sont frappés par un handicap moteur ; parmi ceux-ci 48% sont de sexe masculin contre 22% de sexe
féminin. Par contre ceux qui sont polyhandicapés d’un membre supérieur sont
22% et ceux souffrant de handicap sensoriel sont très minoritaires 8%. Aucun enquêté vivant mental n’a été contacté.
A quand remonte votre handicap ?
Graphique 1 : Origine du handicap

Source : Nos enquêtes, 2021
Le graphique ci-dessus nous renseigne que 28 de nos enquêtés soit 56% ont connu leur handicap pendant la petite enfance, 15 enquêtés soit 30% reconnaissent pendant la naissance et 7 enquêtés soit 14% ont connu leur situation de handicap en âge adulte
Quelle est la cause de votre handicap ?
Graphique 2 : Répartition selon les causes de handicap

Source : Nos enquêtes, 2021
Comme le montrent les chiffres de ce graphique, 22 enquêtés soit 44 % disent la cause de leur handicap est due à la maladie, 11 enquêtés soit 22 % ont affirmé de façon congénitale, 8 enquêtés soit 16% parlent d’un accident, 4 soit 8% des enquêtés ignorent la cause de leur handicap.

Avez-vous été soignés ?
Graphique 3 : Soins assignés au handicap

Source : Nos enquêtes, 2021
De ce qui précède, relevons que 46 soit 92 % des enquêtés affirment avoir. Par contre 4 soit 8 % affirment ne pas avoir été soignés de leur handicap.
Sentez-vous être discriminés dans notre milieu de vie ordinaire ?
Graphique 4 : Discrimination dans le milieu de vie ordinaire

Source : Nos enquêtes, 2021
La lecture de ce graphique nous indique que 37 soit 74 % des enquêtés affirment se sentir être discriminés dans leur milieu de vie ordinaire. Par contre 13 soit 26 % affirment ne pas se sentir discriminés.
Si oui dans quel milieu ?
Graphique 5 : Milieu de vie discriminatoire

Source : Nos enquêtes, 2021
Ce graphique à travers ses données nous montre que 22 soit 44 % des enquêtés parlent de leur discrimination au sein de leur communauté, 13 soit 26% témoignent être victime de discrimination dans leurs familles, 8 soit 16% vivent cela dans le milieu du travail, 7 soit 14% affirment se sentir discriminés dans tous ses différents milieu évoqués.
Quelle est la plus grosse difficulté liée à votre handicap ?
Graphique 6 : Difficulté liée au handicap

Source : Nos enquêtes, 2021
La lecture de ce graphique nous indique 27 enquêtés soit 54% ont connus des difficultés liées au rejet, 13 soit 26% ont des difficultés de faire face à la vie quotidienne pour subvenir aux besoins primaires, 6 soit 12% ont évoqués des difficultés de déplacement dans la ville de Kinshasa, 4 soit 10% parlent difficultés d’accès aux bâtiments.

III.3.1.3. Données d’opinion des enquêtés
A/ Opinion sur la formation ou Apprentissage de métier
Avez-vous suivi une formation professionnelle ?
Graphique 7 : Opinion sur la formation professionnelle suivie

Source : Nos enquêtes, 2021
La lecture de ce graphique nous indique que 27 soit 56% des enquêtés ont affirmés d’avoir suivi une formation professionnelle. Par contre 23 soit 46% n’ont pas encore suivi une formation professionnelle.
Si oui laquelle ?
Graphique 8 : Filières de formations suivies

Source : Nos enquêtes, 2021
Ce graphique ci-dessus, nous donne les informations concernant les opinions, 6 soit 22% des enquêtés parlent avoir suivi la formation professionnelle en coupecouture, 5 soit 18,5% affirment avoir fait la sérigraphie, 4 soit 14,4% ont suivis la mécanique, 4 soit 14,4% ont suivis la reliure, 3 soit 11,1% déclarent avoir fait l’hôtellerie et restauration, 1 soit 4% a fait la céramique.
Quelles autres formations professionnelles avez-vous besoin de parfaire ?
Graphique 9 : Formation professionnelle à renforcer

Source : Nos enquêtes, 2021
Selon les données de ce graphique ci-haut, l’on constate que parmi les enquêtés ayant eu besoin de parfaire une formation professionnelle, 15 soit 30% ont eu besoin de l’informatique, 11 soit 22% ont besoin de l’entrepreneuriat, 10 soit 20% expriment le besoin en Gestion des AGR, 8 soit 16% parlent de management, 6 soit 12% parlent de formation en microcrédit.
B/ Vie professionnelle et réinsertion socioéconomique
Avez-vous trouvé du travail après la formation ?
Graphique 10 : Travail post formation professionnelle

Source : Nos enquêtes, 2021
La lecture de ce graphique nous indique que 36 soit 72% des enquêtés disent n’avoir trouvé du travail après suivi la formation contre 14 soit 24% parlent qu’ils ont obtenu du travail.
Si non pourquoi ?
Graphique 11 : Raison de la non obtention du travail post formation

Source : Nos enquêtes, 2021
Comme l’indique ce graphique, 20 soit 56 % des enquêtés ont affirmé le manque de politique d’accompagnement à la réinsertion, 9 soit 25% ont parlé de leur statut de handicap et 7 soit 19% ont déclaré l’insuffisance de qualification.
Avez-vous une activité rémunératrice ?
Graphique 12 : Activités rémunératrices exercées

Source : Nos enquêtes
Ce graphique à travers ses données nous montre que 44 soit 88% des enquêtés exercent une activité rémunératrice contre 6 soit 12% n’ont aucune activité rémunératrice.
Si oui, quelle est cette activité rémunératrice ?
Graphique 13 : Type d’activités rémunératrices

      Petit commerce        Vente des fripperies    
      Trafic Kinshasa-Brazzaville       Change de monnaie   
      Art decoration        Atelier de couture  

Source : Nos enquêtes, 2021
De ce qui précède, l’on constate que 18 soit 36% des enquêtés font des petits commerces, 11 soit 22% sont dans le trafic kinshasa-Brazzaville, 9 soit 18% sont dans la vente des articles de friperie, 7 soit 14% s’adonnent dans la coupe-couture, 3 soit 6% sont dans les arts de décoration, 2 soit 4% sont dans le change de monnaie.
Depuis combien de temps exercez-vous cette activité ?
Graphique 14 : Durée de l’activité

Source : Nos enquêtes, 2021
Au vu de ce graphique, nous remarquons que 22 soit 44% des enquêtés ont une durée d’activité de 16 et plus, 17 soit 34% exercent de 11 à 15 ans, 8 soit 16% sont dans la tranche de 6 à 10 ans et 3 soit 6% sont dans la tranche de 1 à 5 ans.
La pratique de ces activités réponde-t-elle à vos attentes ?
Graphique 15 : Pratique des activités face aux attentes

Source : Nos enquêtes, 2021
La lecture de graphique nous renseigne que la majorité des enquêtés 35 soit 70% parlent que la pratique de leurs activités est insignifiant par rapport à leurs attentes, 13 soit 26% estiment être partiellement satisfait aux attentes et 2 soit 4% sont totalement aux attentes dans la pratique de leurs activités.
Qu’est ce qui peut améliorer votre vie aujourd’hui ?
Graphique 16 : Amélioration de conditions de vie

Source : Nos enquêtes, 2021
La lecture de ce graphique nous informe que 22 soit 46% des enquêtés affirment améliorer la condition de vie par l’emploi et/ou travail, 13 soit 26% ont évoqués la formation, 9 soit 18% parlent de meilleurs soins (rééducation, opérations, appareillages) et 6 soit 12% d’être accepté par les tiers de la société. III.2. Discussion des résultats

Présenter seulement la donnée issue de l’enquête ne suffit pas. La bonne marche serait de reprendre, d’une manière synthétique, les points clés des résultats obtenus par la recherche. Au regard des résultats de notre enquête réalisée, portant sur la Réinsertion Socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique à Kinshasa, quelques points ont retenu notre attention :
III.2.1. Les personnes vivant en situation de handicap physique de Kinshasa doivent mener une lutte permanente contre la marginalisation et pour la survie
L’une des couches les plus vulnérables, victimes d’une marginalisation croissante, est celle des personnes vivant en situation de handicap. Pour cette étude, l’on s’est particulièrement intéressé aux personnes vivant en situation handicap physique appartenant à des associations bénéficiant d’un appui de diverses formes de la part de la Fédération.
C’est une population relativement jeune (cf. tableau 2) au sein de laquelle on remarque une prédominance des personnes souffrant du handicap moteur (cf. tableau 6).
Au-delà des difficultés que leur pose leur handicap, ces personnes sont confrontées à des obstacles institutionnels, socioculturels et conjoncturels. En effet, l’existence des normes et préjugés discriminatoires par rapport au handicap dans la société Congolaise, ne permet pas aux personnes vivant en situation de handicap physique de s’affirmer. Pour MBELE J.D. (Op.cit), « la personne handicapée étant considérée comme un être sans aucun avenir, elle est désavantagée dans la mesure où on ne lui permet pas de s’affirmer ».
Ces préjugés discriminatoires font que les personnes vivant en situation de handicap physique soient considérées comme improductifs au travail, et sans avenir. Elles vivent en totale dépendance d’autrui et sont donc exclues de la vie de la communauté. Du coup, elles n’arrivent pas à se marier, à avoir des enfants et à mener une vie « normale » (cf. tableau 3) : elles sont tout simplement marginalisées. Aussi, cette marginalisation est-elle renforcée par l’inefficacité voire l’absence d’un véritable système de protection juridique et sociale.
Ces dernières éprouvent aussi des difficultés à poursuivre leurs études par manque de structures éducatives adaptées ou par manque de soutien. Ce fait explique leur faible niveau d’instruction (cf. tableau 4). Elles constituent une catégorie de personne chez qui sont mises en évidence toutes les situations d’adversité sociale (faible état de santé, déficience alimentaire et physique …).
La situation de pauvreté généralisée que vit le pays, le manque des mesures de suivi rigoureuses, bref l’environnement social institutionnel et conjoncturel constitue de véritables obstacles à la participation des personnes vivant en situation de handicap physique au développement de la communauté.
III.2.2. Formation ou Aptitude à l’apprentissage d’un métier
Surmonter son handicap et s’adapter aux conditions d’apprentissage d’un métier relève de l’irréel pour ceux qui ignorent les capacités et la volonté d’adaptation des personnes handicapées. Toutefois, seules la volonté et l’envie de surmonter son handicap pour s’adapter à l’apprentissage d’un métier ne suffisent pas. A ce propos un enquêté nous confiait : « nous avons la volonté et le désir de surmonter notre handicap et d’apprendre un métier, mais il nous faut nécessairement une aide de rééducation ».
Les difficultés de déplacement et d’adaptation à la vie pratique (s’habiller, se tenir debout, se doucher…) auxquelles sont confrontées les personnes en situation de handicap physique, comme l’indiquent les résultats de l’enquête (cf. graphique 6), ne sont pas de nature à favoriser l’apprentissage d’un métier. Ces résultats montrent aussi qu’une forte proportion des enquêtés affirment avoir eu besoin de parfaire des formations de diverses filières (cf. graphique 8 et 9), afin de faire face aux difficultés liées à la formation.
Ceux qui, malgré leur handicap et les difficultés énumérées plus haut, décident de suivre une formation professionnelle, sont obligés de s’intégrer avec tous les problèmes d’adaptation aux centres de formation ordinaire dans la ville de Kinshasa où ils suivent différentes formations (cf. graphiques 7 et 8).
Notons que les personnes vivant en situation de handicap physique ont d’énormes potentialités d’adaptation à une formation. Toutefois, cette adaptation est accélérée et facilitée par la rééducation et l’accompagnement psychosocial. Ils consistent à aider ces dernières à recouvrer tout ou partie de leur autonomie. Ils permettent aux PVSH d’avoir une possibilité de vie normale en leur permettant de se débrouiller chez elles sur leurs lieux du travail, dans leur communauté. Elle les prépare à l’apprentissage d’un métier, au décrochage d’un emploi.
III.2.3. Appui à la réinsertion socioprofessionnelle
L’une des préoccupations des personnes vivant en situation de handicap physique après la formation est l’intégration à la vie professionnelle. Cette intégration n’est possible que par la création de leur propre atelier, par l’insertion dans le secteur public ou en se faisant embaucher par un particulier.
Sur la base des résultats de l’étude, l’on constate que la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique après leur formation n’est pas toujours effective. Ces personnes dans leur tentative de réinsertion se heurtent à plusieurs obstacles (cf. graphique 10 et 11).
Dans le secteur public, on note l’absence d’une mise en œuvre d’un ensemble de mesures par l’Etat pour assurer la réinsertion socioprofessionnelle et économique et donc le bien-être des personnes handicapées. Les employeurs ont des idées négatives préconçues et basées sur des représentations dévalorisantes véhiculées dans la société. Ils regardent plus le handicap que les potentialités de la personne. Cette attitude des employeurs inhibe leurs chances de réinsertion dans le secteur privé.
N’ayant que de maigres chances d’insertion dans le secteur public et privé, les personnes vivant en situation de handicap physique ont développé des stratégies individuelles de réinsertion socioprofessionnelle qui consistent à créer leurs propres ateliers et activités rémunératrices afin de palier à l’oisiveté et à la politique de la main tendue (graphique 12). OLELA D. et SHOMBA K. (Op.cit) affirme que cet état de chose, de plus en plus de personnes trouvent refuge dans l’économie informelle, environ 75% de la population vit avec moins d’un dollar américain par Jour. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’une économie dépourvue de sécurité, d’expansion, de bénéfices et du futur sans aucune forme de protection, ils s’efforcent de survivre.
Face au besoin d’aide pour s’installer et face au manque de rigueur des stratégies de suivi en matière d’insertion professionnelle, l’on assiste à l’émergence de nouvelles stratégies mises à jour par les personnes handicapées pour lutter contre le chômage.
En effet, pour lutter contre le chômage, les personnes handicapées s’associent en groupements afin d’unir leurs forces et créer plus facilement un atelier. Cette stratégie vient comme pour suivre ce conseil de DOGBE.Y (Op.cit) qui dit que : « face aux difficultés de la vie et à l’hostilité de la nature, il est nécessaire de se mettre ensemble et d’exécuter un contrat de participation et de solidarité garantissant à chacun le minimum vital et l’assistance de tous les membres du groupe en cas d’invalidité ».
La réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique a un impact positif sur leur vie sociale. Elle permet à ces personnes de se refaire une place au sein de leur communauté en les aidants à se défaire des préjugés dévalorisants que l’on avait à leur égard.
Ces dernières, lorsqu’elles exercent un métier, arrivent, même avec leur revenu assez faible (cf. graphique 12 et 15) qui ne leur permet pas de se prendre entièrement en charge, à satisfaire certains de leur besoins (logement, manger, habillement…). Certains parviennent même à se marier et à avoir des enfants (cf. tableau 4).
Les PVSH formées constituent une importante main d’œuvre non exploitée. Cette catégorie sociale, numériquement importante ainsi mise au chômage handicape les efforts collectifs mis en place pour une dynamique de développement économique et social.
Il est donc important que chaque individu participe à sa façon et par son travail au développement de sa société. C’est à ce sujet que DOGBE Y.E. (op cit) disait que du travailleur aux outils rudimentaires au plus haut cadre de l’Etat (même un peu individualiste), tous les membres de la société africaine participent d’une manière ou d’une autre à sa vie économique et donc à son développement. Les PVSH se doivent donc de s’insérer professionnellement afin de jouir de leur droit de participation au développement de leur pays.

En effet, comme le souligne MOIZAN G. (op cit) c’est un droit pour tout individu à l’intérieur de chaque pays de prendre part au développement de sa communauté et d’œuvrer à son épanouissement personnel à travers l’éducation, la formation professionnelle et l’emploi.
Pour espérer à améliorer la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique, nous proposons dans le chapitre qui suit, un projet de plaidoirie et de lutte contre l’exclusion sociale, par la création d’une structure technique d’accompagnement psychosocial et d’apprentissage des métiers pour ces dernières. Ce projet aidera à attenuer la dépendance, la pauvreté et changer la situation socio-économique et socioprofessionnelle en tenant compte de leurs conditions de vie dans notre société.

 CHAPITRE IV : DOSSIER PROJET DE DEVELOPPEMENT 

IV.1. CONCEPTION ET ELABORATION

IV.1.1. Problèmes

Le taux élevé de l’inégalité de chance des personnes vivant en situation
de handicap physique dans la ville de Kinshasa s’est révélé très préoccupante ; ce qui lui confère un caractère prioritaire pour lutter contre ce fléau qui entrave sur l’avenir de cette frange catégorie de la population.
IV.1.2. Variables

  • Disponibilité des Personnes vivant en situation de handicap physique.
  • Existence des associations, des ONGs et des animateurs communautaires. – Disponibilité des partenaires techniques et financiers.
  • La prise de conscience de la population kinoise sur l’existence de la situation de vulnérabilité des personnes vivant en situation de handicap.
    IV. 1.3. Contraintes
  • Climat politique moins rassurant.
  • Conjoncture économique non fiable.
  • L’analphabétisme.
  • Non application de politique strategique de prise en charge des personnes vivant en situation de handicap du MINAS.
  • Ignorance des personnes vivant en situation de handicap physique sur l’existence de la politique d’accompagnement psychosocial et de réinsertion socioprofessionnelle.
  • Insuffisance des centres de formation publics répondant aux normes et standards de prise en charge des personnes vivant en situation de handicap physique dans la ville de Kinshasa. IV.1.4. Alternatives

Quatre principales alternatives sont retenues :
 Construire un centre d’accompagnement et d’apprentissage professionnel des personnes vivant en situation de handicap physique à travers les communes de la ville de Kinshasa ;
 Promouvoir l’inclusion lié à l’accès à l’éducation permanente des garçons et des filles en et ses liens avec l’emploi ;
 Redynamiser le Comité de Réadaption à Base Communautaire pour la protection et de développement des personnes vivant en situation de handicap physique ;
 Sensibiliser, conscientiser et former les personnes vivant en situation de handicap physique sur l’entrepreneuriat.
Alternative retenue :
Après analyse des différentes alternatives, nous avons retenue celle de construire un Centre d’accompagnement et d’apprentissage socioprofessionnel des personnes vivant en situation de handicap physique car, le résultat sera durable et bénéfique à toutes les catégories de la population concernée. IV.1.5. Titre du projet

« Projet de construction d’un Centre d’accompagnement et d’apprentissage socioprofessionnel des personnes vivant en situation de handicap physique » IV.1.6. But et finalité

Contribuer efficacement à la réduction du taux de la pauvreté afin
d’atténuer la dépendance, la mendicité et améliorer la situation socio-économique et socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique d’une manière durable.
IV. 1.7. Objectifs généraux

 Former les personnes vivant en situation de handicap physique dans des différentes filières génératrices de revenus ;

 Contribuer à la réduction du taux de chômage par l’apprentissage socioprofessionnel.
IV.1.8. Objectifs spécifiques

 Réduire de 80% le taux de la pauvreté ;
 Réduire la non scolarisation des jeunes (filles et garçons) en situation de handicap physique d’ici fin 2022 ;
 Former 500 personnes vivant en situation de handicap physique en apprentissage ou métier ;
 Auto prise en charge de ces personnes en situation de handicap physique. IV.1.9. Résultat attendu

 80% le taux de la pauvreté et la non scolarisation des jeunes filles et garçons en situation de handicap sont réduits ;
 100% des personnes vivant en situation de handicap physique sont formées et conscientisées ;
 Endéans de 1 an, 500 personnes vivant en situation de handicap physique sont formées et conscientisés et sont capables de vulgariser les notions apprises ;
 100% des personnes vivant en situation de handicap physique s’approprient du projet.
IV.1.10. Echéancier des activités

Tableau 7 : Echéancier des activités

Nom de la Tache Responsable Durée Début Fin
Rechercher Gestionnaire 2 mois 03/01/22 03/03/22
Contacter Gestionnaire 1 mois 04/03/22 04/04/22
Recruter et former Gestionnaire 1 mois 05/04/22 05/05/22
Acheter Comptable 2 semaines 06/05/22 22/05/22
Construire Gestionnaire
2 mois 23/05/22 23/07/22
Comptable
Sensibiliser Animateur Superviseur
5 mois 23/05/22 23/11/22
Comptable
Suivre
Gestionnaire
12 mois

03/01/22
05/12/22
Comptable
Evaluer Evaluateur 2 semaines 24/11/22 05/12/22

95

IV.1.11. Gantt des activités
Tableau 8 : Gantt des activités

IV.1.12. Analyses de besoins
Tableau 9 : Besoin en ressources humaines

N° Activités Unité Nbre Normes Jr de travail Total jr de travail
1 Rechercher de financement Mois 2 1j=1jt 1m=24jt 48
2 Contacter les autorités urbaines Mois 1 1j=1jt 1m=24jt 24

3 Recruter et former le personnel Mois 1 1j=1jt 1m=24jt 24
4 Acheter les matériels et les équipements Semaine 2 1j=1jt 1sm=6jt 12
5 Construire le centre d’encadrement et d’apprentissage socioprofessionnel Mois 2 1j=1jt 1m=24jt 48
6 Sensibiliser la population Mois 5 1j=1jt 1m=24jt 120
7 Suivre les activités du projet Mois 12 1j=2jt 1m=24jt 288
8 Évaluer le projet Semaine 2 1j= 3jt 1sm=6jt 12
TOTAL 576

Calcul de nombre des personnes à engager :

Selon le BIT, une personne doit prester 220 jours de travail par an.

  • 1an = 220 JT

Le nombre des personnes à engager sera :

576/220 = 2,6 soit 3 personnes. Pour plus d’efficacité dans la mise en œuvre du projet nous rajoutons 2 personnes.
Tableau 10 : Besoins en salaire

N° Libelle Nbre Unité Quantité Coût mensuel$ Coût total$
1 Gestionnaire du projet 1 Mois 12 1000 12.000
2 Comptable 1 Mois 12 700 8.400
3 Animateur superviseur 1 Mois 12 650 7.800
4 Sentinelles 2 Mois 12 200 4.800
TOTAL 5 33.000
Tableau 11 : Besoins en frais généraux

N° Libelle Unité Quantité PU$ PT$
1 Abonnement internet Mois 12 100 1.200
2 Carburant et lubrifiant Mois 12 600 7.200
3 Consommable informatique Mois 12 100 1.200
4 Eau et électricité Mois 12 50 600
5 Fourniture de bureau Mois 12 100 1.200
6 Loyer bureau Mois 12 400 4.800
TOTAL 16.200

 Tableau 12 : Besoins en équipement de bureau 
N°  Libelle     Quantité    PU en $    PT en $ 

1 Table du bureau 4 150 600
2 Chaise de bureau 6 100 600
3 Chaise plastique 100 10 1000
4 Étagères 6 150 900
TOTAL 3.100
Tableau 13 : Besoins en formation et sensibilisation

N° Libelle Quantité PU$ PT$
I. Formation
1.1. Banderole 10 20 200
1.2. Fourniture de formation 12 450 5.400
1.3. Location salle 12 100 1.200
1.4. Restauration des participants 100 10 1.000
1.5. Collation des participants 100 5 500
Sous-total I 8.300
II. Sensibilisation
2.1. Mégaphone 30 50 1.500
2.2. Calicots, affiches, dépliants 60 50 3.000
2.3. Diffusion émission TV 12 100 1.200
2.4. Diffusion émission radio 12 50 600
2.5 Boite à image 12 12 144
Sous-total2 6.444
TOTAL GENERAL 14.744

Tableau 14 : Matériels et fournitures de bureau

N° Libelle quantité PU$ PT$
1 Ordinateur 3 400 1.200
2 Imprimante 1 500 500
3 papier duplicateur 30 5 150
4 papier carbone 5 7 35
5 Papier stériles 10 20 200
6 flacons vernis correcteur 5 3 15
7 tube vernis correcteur 5 7 35
8 Papier reliure 15 15 225
9 Classeur 25 5 125
10 farde chemise 100 0,2 20
11 Perforateur 7 5 35
12 Agrafeuse 6 5 30
13 Agrafe 20 1 20
14 cahier ministre 10 3 30
15 boites craies 5 1 5
16 Crayons 5 8 40
17 Tampon 6 5 30
18 Sceau 2 15 30
19 Agenda 50 4 200
20 Latte 15 0,2 3
21 Flip Sharp 4 70 280
22 Téléphone 3 100 300
23 livre de compte 6 5 30
24 stylo/Boite 10 2,5 25
25 blocs notes 50 1 50
26 boite d’enveloppe 20 5 100
27 Cahier registre 5 10 50
28 bon de sortie caisse 10 3 30
29 boites attaches 10 1,5 15
30 machine calculatrice 6 10 60
31 papier bristol 20 0,5 10
32 boite de marqueur 12 2,5 30
33 col liquide 12 3 36
34 Scotch 10 1,5 15
35 poubelle en plastique 5 5 25

TOTAL

3.984

Tableau 15: Achat des matériaux de construction et terrain

N° Libelle Unité Quantité PU$ PT$
I. Matériaux de construction
1.1. Ciment Sac 800 10 8.000
1.2. Sable Bain 75 200 15.000
1.3 Bèche Pièce 30 7 210
1.4. Pioche Pièce 20 30 600
1.5. Bidon Pièce 30 1 30
1.6. Tonneaux vide Pièce 15 20 300
1.7. Eau Litre 15000 0,2 3.000
1.8. Echelle Pièce 11 25 275
1.9 Truelle Pièce 15 2 30

  1. Marteau Pièce 11 5 55
    1.11. Gravier Pièce 10 10 100
    1.12. Tôle GB 28 Pièce 160 10 1.600
    1.13. Madrier Pièce 350 7 2.450
    1.14. Planche Pièce 50 5 250
    1.15. Clous pout tôle Kg 50 2 100
    1.16. Clous ordinaire Kg 50 2 100
    1.17. Porte Pièce 21 150 3.150
    1.18. Fenêtre Pièce 21 45 945
    1.19. Peinture Litre 350 20 7.000
    1.20. Planche de rive Pièce 72 5 360
    1.21. Vitre (1mx1,5m) Pièce 20 7 140
    1.22. Charnière Pièce 80 0,8 64
    1.23. Serrure Pièce 15 30 450
    1.24. Barre de mine Pièce 5 5 25
    1.25. Trident Pièce 6 5 30
    1.26. Brouette Pièce 7 40 280
    1.27. Fer à béton Pièce 450 25 11.250
    Sous- total1 55.794
    II. Frais de déplacement et autres
    2.1. Transport et manutention Course 100 20 2.000
    Sous-total 2 2.000
    III. Achat parcelle
    3.1. Terrain m2 80 881,25 70.500
    Sous-total 3 70.500
    TOTAL GENERAL 1+2+3 128.294

Tableau 16 : Salaire de la main d’œuvre contractuelle

N° Libelle Nbre Par mois Nbre de mois Total/mois
1 Ingénieur 1 300 2 600
2 Maçons 22 150 2 6.600
3 Aides maçons 8 100 2 1.600
4 Charpentiers 10 100 1 1.000
5 Menuisiers 4 120 1 480
6 Aides menuisier 4 80 1 320
7 Peintres 3 100 1 300
8 Electriciens 3 150 1 450
9 Plombiers 6 100 1 600
TOTAL
11.950

Tableau 17 : Besoin en évaluation

Désignation Unité Nbre C U $ C T $ (1 mois)
Evaluation Personne 1 2.500 2.500
TOTAL 2.500

IV.1.13. Budget récapitulatif
Tableau 18 : Budget récapitulatif

  1. Recettes $
    1. Dépenses $

1.1. Apport local $ 44.892,12

S/Total (1) $ 44.892,12

1.2. Apport extérieur

 PNUD $ 42.419,26
 BAD $ 36.359,36
 UE $ 25.249,56
 HI $ 60.598,94
 Gouvernement RDC $ 14.941,36

S/Total (2)                        $ 179.568,48 

2.1. Dépenses d’investissement
 Equipement $ 3.100
 Matériel $ 3.984

S/Total (1) $ 7.084

2.2. Dépenses de fonctionnement

 Salaire $ 33.000
 Frais généraux $16.200
 Achat des matériaux de construction et
terrain $ 128.294
 Formation & Sensibilisation $ 14.744
 Main d’œuvre contractuelle $ 11.950
 Evaluation $ 2.500

S/Total (2) $ 213.772
2.3. Imprévu (5%) : $ 10.688,6

TOTAL RECETTES 224.460,6 $
TOTAL DEPENSES 224.460,6 $

IV.1.14. Viabilité du projet
A. Appropriation

Ce projet est l’émanation de la volonté des personnes vivant en situation de handicap physique des associations membres affiliées à la FENAPHACO ; ce qui exprime l’appropriation et la volonté manifeste de cette frange catégorie de la population de voir et faire réussir ce projet ; laquelle volonté est exprimée encore par son implication dans le processus de sa réalisation dès sa conception.

B. Caution politique
L’Etat Congolais, à travers le Ministère des Affaires Sociales par le truchement du Fond National pour la Promotion de sécurité Social « MINAS-
FNPSS » adopte une approche sectorielle pour faciliter l’accès à l’emploi dans les secteurs porteurs de l’économie. Le plus souvent, les initiatives pour l’emploi des personnes vivant en situation de handicap physique mettent l’accent sur la création d’un fonds pour l’emploi des personnes vivant en situation de handicap physique, sur les actions de formation pour préparer leur réinsertion au marché de l’emploi et sur l’emploi à la création de leurs propres entreprises ou micro entreprises classiques.
C’est ainsi que ce plan d’action consacre effectivement beaucoup d’importance à la formation professionnelle, à la création de différentes formes d’entrepreneuriats nécessaires à l’auto emploi et à l’accès à des revenus durables.
Ce plan s’efforce d’identifier les besoins de formation dans le cadre des secteurs spécifiques de l’économie pour éviter d’orienter les personnes vivant en situation de handicap physique vers des formations qui n’aboutissent pas à des emplois effectifs et durables, et pour éviter que ces dernières ne créent des entreprises peu viables ou ne bénéficiant pas de marchés bien identifiés. En quelque sorte, le souci de ce Plan d’action n’est pas seulement de préparer les personnes vivant en situation de handicap physique au marché de l’emploi, et également de rendre le marché de l’emploi accessible par cette population.
C. Validité
Eu égard au problème de la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vulnérables d’une part et celles vivant en situation de handicap physique d’autre part ; le but poursuivi par ce projet ainsi que les objectifs définis démontrent en suffisance sa priorité et sa validité dans la lutte contre la pauvreté. D. Technologie adaptée
La technologie à utiliser est facile, simple et adaptée au contexte du
milieu et à l’environnement du projet.
E. Respect de l’environnement
L’exécution de ce projet et la technologie utilisée respectent bien
l’environnement.
F. Implication de la femme et de la jeune fille
Le projet donne une place de choix à la femme et à la jeune fille vivant
en situation de handicap physique et respecte la parité à travers un recrutement équilibré.
G. Respect de la culture
Le projet veuille au respect strict des valeurs locales et des modes de comportement de la population par un dialogue participatif et non par une quelconque forme d’imposition, de discrimination et d’exclusion.
H. Garantie économique
 Apport du projet dans le volet macro-économique :
Ce projet va contribuer à améliorer les conditions de vie de la
population et à réduire le taux de la précarité et du non scolarisation des jeunes vivant en situation de handicap physique (filles et garçons) en RDC et ainsi lutter contre la pauvreté.
 Minimisation de la valeur ajoutée :
Le projet sera implanté et exécuté dans un environnement où la matière
première et les ressources nécessaires sont disponibles ; ce qui diminue ainsi le coût du projet.
I. Garantie financière
Le projet fonctionnera essentiellement avec l’apport extérieur et prône
une gestion rationnelle des fonds ainsi acquis.

IV.4.2. APPROCHE DU CADRE LOGIQUE

IV.4.2.1. Ordinogramme des parties prenantes

Figure 9 : Ordinogramme des parties prenante

IV.4.2.2. Tableau des parties prenantes

Tableau 19 : Tableau des parties prenantes

Parties prenantes Problèmes Craintes Contributions Gains Caractéristiques de base des parties concernées Intérêts et comment elles sont affectées(e)s Capacité et motivation pour le changement

Population Kinoise.
Enormes discrimination de cohabitation avec des personnes vivant en situation de handicap physique.

mendicité, isolement, repli sur soi .
S’informer et se mobiliser pour accéder aux moyens de la formation et de la réinsertion socioprofessionnel le adéquate pour les personnes vivant en situation de handicap physique.
L’inclusion sociale est assurée.
100 % des habitants confirment la présence des personnes vivant en situation de handicap
physique dans les communes de Kinshasa.

Les manquent d’emploi et d’occupation des personnes en situation de handicap physique diminuent le pouvoir d’achat.
Elle est prête pour travailler avec les structures publiques et les
ONG en vue de la réinsertion socioprofessionnel le des personnes en situation de handicap physique des Communes.

Structures de rééducation, formation et emploi.

Afflux des personnes vivant en situation de handicap physique pour l’accompagne ment et l’apprentissag e des métiers.
Insuffisance des centres
et ateliers de formation des personnes vivant en situation de handicap physique.
Prise en charge correcte des personnes en situation de handicap physique et éducation de la population à fréquenter les structures de formation et
d’accompagnemen
Diminution du taux élève de la précarité en milieu des personnes vivant en situation de handicap et la non insuffisance des centres et
Centre de formation avec infrastructures et équipements vétustes, médiocres et faible capacité d’accueil, les intervenants sociaux sont non motivés et nécessite un renforcement de capacité et la prise en charge.
Afflux des personnes vivant en situation de handicap physique en formation entraine la rupture de séances pratiques ; elles veulent diminuer cet afflux.
Sera prêtes à améliorer les services pour la formation des personnes vivant en situation de handicap physique.

        t officielles et viables. 
 ateliers de formation des personnes vivant en situation de handicap physique.           

Gouvernement Congolais.

Faible capacité de la politique
d’accompagne
ment et de prise en charge des personnes vivant en situation de handicap physique.
Baisse de productivité et taux élevé de la précarité des personnes vivant en situation de handicap physique.
Faire de la formation professionnelle et
de la lutte contre le chômage (cause et conséquence de pauvreté) une priorité au même titre que l’économie ou la défense au niveau du budget national.
Augmentation
de la productivité des personnes vivant en situation de handicap physique formé en termes des
AGR
La contribution du gouvernement Congolais est largement inférieure au secteur de l’emploi et de la prise en charge des personnes vivant en situation de handicap physique.
Le chômage des personnes vivant en situation de handicap physique baisse la main d’œuvre de la production nationale, une bonne production permettra d’augmenter le revenu national.
Budget conséquent consacré à l’éducation et la formation professionnelle pour lutte contre la pauvreté en milieu des personnes vivant en situation de
handicap physique
; forte mobilisation des ressources auprès des bailleurs de fond.

Bailleurs de
Fonds (PTF).
Intervention peu
remarquable pour la
Sousdéveloppem
ent et pauvreté
Disponibilité des moyens financiers et techniques.
Bon
partenariat et relation de confiance.
Les partenaires
Techniques et
Financiers participent activement au
Sont préoccupés par le manque d’occupation des personnes vivant
Disponibilité des moyens et la volonté de financer les

réduction du taux accentué de la précarité des personnes vivant en situation de handicap physique. 


 accrue dans les ménages.            financement de la lutte contre la pauvreté des personnes vivant en situation de handicap physique en RDC. 
 en situation de handicap physique qui entraine le sousdéveloppement ; une bonne éducation et formation socioprofessionnell

e entrainera le développement intégral. projets de réinsertion socioprofessionnel le pour un développement durable.

Autorités locales.

 Augmentation 

de la mendicité des personnes vivant en situation de handicap physique dans les rues. Augmentatio
n de la population vulnérable. Accompagnement
à la réalisation du projet. Réduction de l’ampleur du
phénomène de la politique de la main tendue des personnes vivant en situation de handicap physique.
Influence très significative sur la population et un grand rôle à jouer dans la lutte contre la pauvreté par l’accompagnement et la formation socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique, mais sont limités par les moyens
financiers et techniques.
La précarité des personnes vivant en situation de handicap physique entraine la discrimination au sein de la population dans différentes activités ; la résolution efficace et durable de ce phénomène la fera participer à ces activités.

Sont préoccupés par la lutte contre la précarité et sont
prêtes à travailler avec les ONGs pour participer à la réinsertion socioprofessionnel le des personnes vivant en situation de handicap phyque.

ONGs.
Dégradation des conditions de vie de la population.
Pauvreté accrue et sous- développem ent.
Travailler avec la population locale, faire de la lutte contre la précarité une priorité de leurs actions et soutenir les initiatives locales de réinsertion socioprofessionnel le.

Baisse du taux de la précarité et
développemen t durable.
Les ONG sont très actives sur terrain et travaillent avec la population dans différents secteurs.
Une mauvaise prise en charge des personnes vivant en situation de handicap physique amène la pauvreté et l’insécurité sociale et crée le sous- développement. Son amélioration entrainera le développement.
Les ONGs
disposent de financement et se sont engagées dans le processus de la réinsertion socioprofessionnel le des personnes vivant en situation de handicap physique.

IV.4.2.3. Arbre à problèmes
Figure 10 : Arbre à problèmes

IV.4.2.4. Arbre à objectifs
Figure 11 : Arbre à objectifs

IV.4.2.5. Arbre des stratégies
Figure 12 : Arbre des stratégies

112

IV.4.2.6. Tableau des stratégies

Tableau 20 : Tableau des stratégies

Indicateurs Stratégie 1
Réinsertion socioprofessionnelle Stratégie 2 Scolarisation Stratégie 3 Travail/
Occupation
Appropriation Oui Oui Oui
Caution politique Oui Oui Oui
Validité Oui Oui Oui
Technologie adaptée Oui Oui Oui
Respect de l’environnement Oui Oui Oui
Implication femme et enfant Oui Oui Oui
Respect de la culture Oui Oui Non
Garantie économique Oui Oui Non
Garantie financière Oui Non Non
Efficacité Oui Oui Non
Efficience Oui Non Non
Pertinence Oui Oui Oui
Impact Oui Oui Oui
Total 13/13 11/13 8/13
Décision Retenue Rejetée Rejetée

113
IV.4.2.7. Cadre logique
Tableau 20 : Cadre logique

    Logique d’intervention  Indicateurs objectivement vérifiables       Sources de vérification         Hypothèses 

Objectifs généraux


  • Former les personnes vivant en situation de handicap physique dans des différentes filières génératrices de revenus
    Contribuer à la réduction du taux de chômage l’apprentissage socioprofessionnel.
    D’ici fin 2022 :
     90% des jeunes des personnes vivant en situation de handicap physique.
     et la réinsertion socioprofessionnelle s’améliorer d’ici la fin du projet.
     90 % des jeunes (filles et garçons) en situation de handicap sont formés dans des différentes filières génératrices de revenus. 


    Rapport d’enquête
    démographique et de l’INS, Rapport d’enquête sur la pauvreté,
    Registre de Recensement de la population de la ville de Kinshasa et des autres structures de formation et d’accompagnement.

Objectifs spécifiques

Rapport d’identification des services des Affaires sociales des Communes,
 Les travaux de construction du centre d’encadrement et d’apprentissage socioprofessionnel sont effectués de façon durable.

114

Résultats
80% le taux de la pauvreté et la non scolarisation des jeunes filles et garçons en situation de handicap sont réduits ;
100% des personnes vivant en situation de handicap physique sont formées et
conscientisées ;
Endéans de 1 an, 500 personnes vivant en situation de handicap physique sont formées et conscientisés et sont capables de vulgariser les notions apprises ;
100% des personnes vivant en situation de handicap physique s’approprient du projet.

 Nombre des PVSH sensibilisées et conscientisées.
 Pourcentage des jeunes en situation de handicap physique et scolarisés ;
 Pourcentage de dépenses liées au traitement et à la prise en charge des PVSH
 Pourcentage des PVSH brevetés ayant bénéficié les kits de réinsertion.
 Nombre des PVSH réinsérés et autonomes.
 Rapport d’enquête sur terrain ;
 Rapport d’enquête démographique et de service des Affaires Sociales de la commune ;
 Rapport de la formation et palmarès
 Rapport de suivi du projet
 Rapport d’évaluation
 La population perçoit la valeur de message de sensibilisation et conscientisation,
 Les PVSH ont changé leurs comportements et ont adopté une attitude responsable,
 Les autorités locales sont en mesure de soutenir les actions du projet.

Activités

  1. Rechercher de financement ;
  2. Contacter les autorités urbaines ;
  3. Recruter et former le personnel ;
  4. Acheter les matériels et les équipements ;
  5. Sensibiliser la population ;
  6. Construire le centre d’encadrement et
    apprentissage socioprofessionnel ;
  7. Suivre les activités du projet ;
  8. Evaluer
    Moyens :

Investissement
Fonctionnement
Imprévu (5%) Coûts (en $) :

  1. 084
    213.772
    10.688,6
    Total du budget : 224.460,6

 La population est intéressée par le projet,
 Les équipes techniques et de formation sont motivées et compétentes,
 Contribution financière de la population locale,
Conditions préalables
 Paix,
 Financement extérieur.

IV.4.2.8. Plan de suivi et d’évaluation

A. Suivi :
Le suivi est une opération de gestion qui permet aux décideurs et aux
bénéficiaires du projet de connaître l’état d’avancement du projet et de prendre les mesures nécessaires pour continuer la mise en œuvre du projet vers les réalisations des objectifs. Pour notre projet il s’étendra tout au long de la durée de l’exécution du projet ; c’est-à-dire du 03 Janvier 2022 au 05 Decembre 2022. Il sera réalisé par le gestionnaire du projet. B. Evaluation :
Une évaluation finale programmée pour la fin de l’exécution du projet interviendra du 24 Novembre 2022 au 05 Déccembre 2022. Elle sera conduite sous la direction de personnes extérieures à l’équipe chargée de la gestion du projet ; cependant les parties prenantes du projet seront associées à cette évaluation, ceci pour permettre d’augmenter les chances d’approbation des conclusions et recommandations.
IV.3. PLANIFICATION ET GESTION

IV.3.1. Matrice SWOT (FFOM)
Tableau 22 : Matrice SWOT (FFOM)

Strengt (forces)

• Forte volonté politique affiché par les autorités du pays est soutenue par les Partenaires Techniques et Financiers.
• Existence d’un capital humain constitue un énorme potentiel pour le développement du pays.
• Capitalisation des acquis des programmes de promotion de l’emploi des PVSH.
Weakness (faiblesses)

• Incapacité de faire face aux coûts exorbitants de la prise en charge scolaire et professionnelle des personnes en situation de handicap physique.
• Faible capacité à l’auto emploi des PVSH.
• Faible à l’employabilité des jeunes en situation de handicap physique.
• Insuffisance du système éducatif en rapport avec l’emploi des PVSH.

Opportunités (opportunités)

• Intérêt public croissant de l’impact de la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes sur la lutte contre l’inégalité de chance.
• Etroite relation avec le FNPSS et soutient de ce dernier à l’organisation.
Threats (menaces)

• Faible application de la politique d’encadrement et prise charge des PSVH constitue un frein au développement durable de ces derniers.
• Perception des partenaires et des investisseurs sur la stabilité politique.
• Crise financière mondiale.
• La mauvaise gouvernance.

IV.3.2. Diagramme de Venn

L’analyse préliminaire de ce diagramme de Venn montre que la relation
est continue entre toutes les parties prenantes, que le Gouvernement congolais et les autorités locales représentent les intérêts de la population. La population joue la plus grande influence.
IV.3.3. Cycle de vie classique

A. Définition (5%)
C’est l’énoncé de l’idée initiale d’un projet associé à une orientation
générale et une analyse de situation articulée autour de trois principaux points :
• L’identification d’un problème,
• Le choix d’un projet, • La formulation du projet.
Cette première phase nous a permis de bien identifier notre projet

B. Planification (20%)
La deuxième phase a consisté à préparer et à rédiger la proposition du
projet pour approbation et recherche de financement ; c’est l’élaboration détaillée du projet en prenant en compte ces aspects techniques, opérationnels, environnementaux ainsi que la faisabilité sociale et économique.
Les trois principaux éléments sont :

  • L’élaboration du projet, • La programmation du projet, • La gestion du projet.
    Extrant : MAP (Mémoire d’Approbation du Projet).
    Tous les éléments sont prêts, le projet est approuvé et peut débuter.
    C. Réalisation (60%)
    C’est la phase du déroulement du projet en conformité avec les objectifs
    visés par la réalisation d’activités programmées orientées vers l’obtention de résultats précis. Elle passe également par trois étapes :
  • La gestion contractuelle, • La planification détaillée, • L’exécution du projet.
    Extrant : Le service est réalisé, la ville de Kinshasa est en paix et sécurisée.
    D. Terminaison (15%)
    Cette phase est articulée autour des trois points suivants :
    • L’évaluation du projet,
    • La livraison du produit/ou service,
    • Déclaration de la fin administrative du projet.
    Extrant : Le projet est réalisé ; la ville de Kinshasa est en paix et sécurisée.

IV.3.4. Plan de trésorerie
Tableau 23 : Plan de trésorerie

Libelle Budget 2022
Semestre1 Semestre2
I. Plan d’encaissement
Report 15.464,93
Apport local $44.892,12 22.446,06 22.446,06
Apport extérieur
PUND $42.419,26 21.209,63 21.209,63
BAD $36.359,36 26.359,36 10.000
UE $25.249,56 14.249,56 11.000
Handicap International $60.598,94 40.598,94 20.000
Gouvernement RDC $14.941,36 7.470,68 7.470,68
Total encaissement $224.460,6 132.334,23 107.591,3
II. Plan décaissement
Equipement $3.100 3.100
Matériel $3.984 3.984
Salaire $33.000 16.500 16.500
Frais généraux $16.200 8.100 8.100
Matériaux de construction et terrain $128.294 64.147 64.147
Formation et sensibilisation $14.744 8.744 6.000
Main d’œuvre $11.950 6.950 5.000
Evaluation $2.500 0 2.500
Imprévu (5%) $10.688,6 5.344,3 5.344,3
Total décaissement $224.460,6 116.869,3 107.591,3
Solde report 15.464,93 00
IV.3.5. Gantt financier
Tableau 24 : Gantt financier

IV.3.6. Triangle de Projet

Figure 14 : Triangle de Projet
Portée

                               Budget                                          Durée    

 Portée : activités, objectif, travail ;
 Budget : financement de qualité qui permettra d’épargner l’excédent ;  Durée : temps de qualité, décisions non prises dans la précipitation.

IV.3.7. Triangle de gestion
Figure 15 : Triangle de gestion

                                                  Gestionnaire  




                       Comptable                                        Animateur superviseur  

Le gestionnaire est le responsable du projet. Il assure la gestion
courante conformément au manuel de procédure interne du projet. Il travaille en étroite collaboration avec le comptable et la caissière et dans une transparence totale en vue de l’efficacité de l’organisation. Les rôles et les responsabilités de chacun sont exclusifs. Toute sortie de fonds exécutée par l’animateur superviseur doit nécessairement requérir les signatures du comptable et du gestionnaire de projet.

IV.3.8. Organigramme
Figure 16 : Organigramme

IV.3.9. Gestion des compétences

A. Gestion de l’intégration du projet
La gestion du projet tiendra compte de tout ce qui se passera dans
différents domaines du projet : domaine technique, administratif, financier, tout en respectant les rôles et les responsabilités de chacun.
B. Gestion de la contingence
Le gestionnaire va gérer tout ce qui se fera dans le projet ; il arrivera
le premier et partira le dernier.
C. Gestion de coût
La gestion du projet se fera sur base du principe de « l’homo
aeconomicus » c’est-à-dire minimiser le coût et maximiser le bénéfice en vue de gérer la période de soudure tout en tenant aussi compte de la durabilité des résultats.
D. Gestion de la communication
Le gestionnaire du projet va gérer la communication et veiller à ce
qu’il ait un feedback pour savoir si la décision prise a atteint tout le monde ; il doit collecter les informations (monitoring), les analyser et les communiquer à la personne la mieux placée et qui peut donner solution au problème.

E. Gestion du temps
La gestion du temps se fera conformément au calendrier et sera respectée scrupuleusement.
F. Gestion de la qualité
Le gestionnaire va toujours veiller sur la qualité tout au long de
l’exécution du projet car elle est le centre du triangle-même du projet

G. Gestion des ressources humaines
Le projet sera géré en tenant compte du principe de « l’homme qu’il
faut à la place qu’il faut ». Le recrutement se fera sur base d’un profil bien déterminé et le personnel aura droit à une formation continue. Il sera bien rémunéré et motivé.
H. Gestion des approvisionnements
Les approvisionnements seront effectués en respectant le processus de
sélection de contrats et de passation de marché. Ils seront gérés de sorte à avoir le stock nécessaire au moment opportun tout en évitant sa rupture ou de beaucoup stocker inutilement.
I. Gestion des risques
Le plan de gestion des risques mis en place permettra de les identifier,
les analyser et monter des stratégies pour les contourner.
IV.3.10. Approche systémique

L’approche systémique veut que nous considérions le projet comme
un système dans lequel il y a des sous-systèmes ou structures.
A. Intrants (entrées)
Les intrants ou in put du projet sont constitués de tous ce que nous
mettrons pour que le projet se réalise :

  1. Ressources financières : Les ressources financières seront gardées dans la caisse du projet. Aucune dépense ne sera engagée sans un document valable justifiant son affectation. Le manuel de procédures financières du projet donne les précisions y relatives.
  2. Ressources humaines : Le cahier de charge détermine clairement les responsabilités, les tâches ainsi que les indicateurs de mesure pour chacun des personnels du projet.
  3. Ressources matérielles : Le superviseur du projet s’occupera également de la gestion des ressources matérielles ; toute commande sera faite sur base d’une facture pro forma bien étudiée d’avance. Pour tout matériel, les documents comptables ci-après seront exigés : un bon de commande, une facture, un bon de livraison ainsi qu’un bon de réception.
  4. Informations : Le monitoring permettra de recueillir, d’analyser, de communiquer et de d’utiliser les informations sur l’état d’avancement du projet. La bonne information sera transmise à la bonne personne et au bon moment afin qu’elle prenne des décisions fondées.

B. Extrants (résultats)
A la fin de ce projet, le résultat attendu sera la réinsertion
socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique.
C. Processus
Le projet sera exécuté en suivra les quatre principales étapes de cycle
de vie classique du projet : la définition, la planification, la réalisation ainsi que la terminaison.
D. Demandeurs
Ce projet est l’émanation de la volonté de la population de kinoise qui
en constitue le demandeur par excellence.
E. Environnement
L’environnement ou le milieu qui n’est pas directement concerné par
ce projet sera géré dans le cadre de l’ouverture. En effet, le projet sera mis au grand jour, c’est-à-dire à la portée de tous.
IV.4. EVALUATION

IV.4.1. Contexte

L’évaluation dont sera question à la fin de l’exécution de ce projet
permettra de répondre à la question « les résultats et les objectifs du projet ontils été atteints et étaient-ils pertinents » ?
IV.4.2. Objectifs

 Résoudre les problèmes et tirer des leçons de l’expérience pour améliorer la planification et la mise en œuvre des activités,

 Dresser le bilan des résultats et juger la performance.
IV.4.3. Moment

Une évaluation finale interviendra à la fin de l’exécution du projet, soit du 24 Novembre 2022 au 05 Décembre 2022.
IV.4.4. Méthodologie

L’évaluation se déroulera en trois étapes essentielles : le recueil des
informations, leur traitement ainsi que leur utilisation.
IV.4.5. Questionnaire

 Qu’est-ce que le projet visait à réaliser ? Le problème était-il correctement identifié ?
 Les objectifs étaient-ils réalistes ?
 Dans quelle mesure les objectifs du projet ont été atteints ?
 Les objectifs du projet étaient-ils pertinents,
 Qui était les bénéficiaires visés par le projet,  De quelle manière devaient-ils en bénéficier ?
 Le projet a-t-il répondu aux besoins pratiques ou stratégiques de chacun des bénéficiaires ?
 Les hypothèses identifiées dans le cadre logique se sont-elles confirmées ?
 Une hypothèse fatale s’est-elle présentée ? De nouveaux risques se sontils apparus ?
 Quelles sont les leçons à retirer ?
IV.4.6. Personnel

L’évaluation sera conduite sous la direction de deux évaluateurs extérieurs à l’équipe chargée de la gestion du projet ; cependant les parties prenantes du projet seront associées à cette évaluation, ceci pour permettre d’augmenter les chances d’approbation des conclusions et recommandations.

IV.4.7. Chronogramme de l’évaluation

  • Evaluation finale : Du 24 Novembre 2022 au 05 Décembre 2022

 Du 24/11/2022 au 26/11/2022 : Rédaction de Termes de Référence,
 Du 26/11 au 29/11/2022 : Recueil des informations,
 Du 30/11 au 02/12/2022 : Traitement des informations recueillies,
 Du 03/12 au 04/12/2022 : Rédaction de rapport d’évaluation,
 Le 05/12/2022 : Utilisation de rapport d’évaluation.
IV.4.8. Budget

Le coût global de l’évaluation est de 2.500$

CONCLUSION
Au terme de notre travail, nous sommes supposés avoir parcouru des éléments substantiels qui peuvent nous aider à expliquer la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique.
Nous situant sur un point de départ, notre objet d’étude était d’étudier sur la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique dans la ville de Kinshasa. Quelques questions importantes ont guidé notre mémoire dont les plus importantes sont : les personnes vivant en situation de handicap physique que nous rencontrons dans la ville de Kinshasa, ontelles le sentiment d’être exclus de notre société ? Participent-elles à la vie sociale et économique en vue de faire face à la politique de la main tendue ? La réinsertion socioprofessionnelle à travers la formation professionnelle et l’emploi (auto-emploi) est-elle une réponse adéquate pour leur développement intégral et intégrant ?
Pour mener à bon trait cette étude, nous sommes partis par la revue de la littérature pour bien éclaircir nos pistes de recherche par ce, nous avons spéculé autours des informations concernant la FENAPHACO.
Les deux chapitres ont tous concerné les problématiques ci-haut mentionnées bien que nous y ayons évoquées nos démarches méthodologiques. Toutefois, les résultats de nos études ont révélé ce qui suit :
En raison de leur handicap, les personnes handicapées constituent une catégorie de personnes chez qui les possibilités de mener une vie « normale » se trouvent compromises. Elles vivent une situation de dépendance vis-à-vis de leurs communautés d’appartenance qui les marginalisent. Du coup, elles se trouvent confronter à d’énormes difficultés qui les empêchent de s’épanouir et de s’affirmer. Dans ces conditions, leurs chances de reinsertion socioprofessionnelle deviennent quasi-inexistantes.
Cette étude a permis d’identifier quelques principaux facteurs qui inhibent tous les efforts menés dans le sens de la facilitation de la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique. Il s’agit entre autres de facteurs socioculturels et institutionnels ; notamment l’inefficacité du cadre juridique censé assurer leur protection et l’existence des préjugés discriminatoires à leur égard au sein de la société congolaise.
Les personnes vivant en situation de handicap physique de la ville de Kinshasa sont des individus relativement jeunes ayant un faible niveau d’instruction selon les résultats de cette recherche. Elles ont d’énormes potentialités et capacités d’adaptation à la vie pratique et à l’apprentissage d’un métier ; néanmoins, il leur faut une aide d’accompagnement qui participe énormément au renforcement de ces potentialités et capacités d’adaptation.
Malgré les difficultés qu’elles rencontrent durant leur formation, les personnes vivant en situation de handicap physique assimilent, maîtrisent et exercent le métier de leur formation. Après la formation, elles ont là aussi des difficultés à décrocher un emploi dans le secteur public comme dans le secteur privé. Celles qui s’aventurent sur les sentiers de l’auto-emploi, manquent de moyens financiers, matériels et d’un appui technique. Cette dernière situation montre qu’il n’existe pas une véritable politique de suivi rigoureux et adaptée aux besoins des personnes vivant en situation de handicap.
Les différentes démarches méthodologiques adoptées dans le cadre de cette étude, nous ont permis de saisir de façon globale, l’approche de la FENAPHACO en matière de réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap à Kinshasa. Cette approche consiste à prendre en compte l’ensemble des facteurs environnementaux (médicaux, familiaux, socioéconomiques, culturels et politiques) qui entourent ces populations. Elles consistent aussi à œuvrer pour le renforcement des capacités locales, notamment dans les secteurs associatifs et à appuyer les structures qui interviennent dans le domaine du handicap.

Les principaux résultats auxquels nous avons abouti nous ont permis de confirmer toutes les hypothèses de la recherche. Ces résultats montrent en effet que les personnes vivant en situation de handicap physique s’adaptent à une formation professionnelle appropriée. Ces personnes sont encore victimes des stigmates, de discrmination et de rejet par la société. Néanmoins, elles sont aptes à exercer un métier à la fin de leur formation nonobstant elles les difficultés à s’insérer socioprofessionnellement par manque d’un suivi rigoureux qui répond à leurs besoins réels.
Il ressort alors que l’accompagnement facilite l’apprentissage d’un métier qui doit être appuyé à la fin par un programme de suivi qui, tient compte des besoins des bénéficiaires et des réalités locales pour rendre effective la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique.
Ceci à travers son appui à la réadaptation fonctionnelle, à la formation professionnelle et à travers ses programmes de suivi qui se traduisent par son appui au renforcement des capacités de reinsertion socioéconomique des personnes vivant en situation de handicap.
Tout individu, quel qu’il soit a le droit à la dignité et est égal à tous les autres individus de sa communauté à laquelle et doit se sentir rattaché et accepté à part entière. Il a droit au travail afin de se prendre en charge et de participer ainsi à la vie socioéconomique de sa communauté.
Le développement de toute société passe par la participation active de toutes ses ressources naturelles et surtout humaines. Ceci passe aussi par la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap physique. Pour ce faire, elles se doivent tout comme les individus d’avoir accès à une éducation, à une formation qui ouvrent les voies d’une réinsertion socioprofessionnelle effective. Toutefois, il est aussi important de noter que beaucoup reste encore à faire dans ce domaine afin de permettre leur entière participation au développement de leurs communautés.
Au terme de ce conclusion, nous osons dire que, compte tenu de tous les résultats de cette étude, il est impérieux de souligner cependant, loin de nous la prétention d’avoir épuisé un sujet aussi vaste. Ainsi, nous soumettons notre travail à l’amélioration en termes de compléments, les recherches ultérieures peuvent s’orienter essentiellement sur l’analyse des problèmes psycho-sociaux éprouvés par les personnes vivant en situation de handicap dans la communauté et aussi penser à la protection sociale et juridique par la société en faveur des personnes vivant en situation de handicap.
SUGGESTIONS ET PERSPECTIVES
Nous ne pouvons pas passer outre sans se préoccuper des suggestions que nous devons émettre en conformité avec notre recherche :

  1. Que peut et doit faire l’Etat ?

Pour l’effectivité de la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vivant en situation de handicap, l’implication de l’Etat se révèle être incontournable. Il pourra à ce propos :

• Restructurer et redynamiser ses organes en charge des personnes vivant en situation de handicap en mettant à leur disposition, des moyens financiers, matériels et un personnel qualifié ;

• S’appliquer davantage dans l’instauration d’un environnement social où ces personnes auront les mêmes chances que les autres, en faisant voter et appliquer des lois en leur faveur, en organisant de vastes campagnes de sensibilisation pour un changement de comportement au sein de la population ;

• Faciliter l’instruction des personnes vivant en situation de handicap en les soutenant financièrement, matériellement ou moralement, en construisant pour eux, des structures éducatives spécialisées, en organisant des cours d’alphabétisations des adultes ou en menant une politique d’école gratuite pour les enfants en situation de handicap ;

• Encourager les personnes handicapées à suivre des formations professionnelles, en payant par exemple les frais de leurs contrats d’apprentissage, en mettant à leur disposition du matériel nécessaire à l’apprentissage ;

• Rendre effective leur réinsertion en les embauchant dans le secteur public, en prenant des mesures incitatives susceptibles d’amener les employeurs du secteur privé à les embaucher, en créant un fond d’aide ou en facilitant l’accès aux crédits bancaires pour ceux qui prennent des initiatives d’auto- emplois ;

• Assurer leur bien-être sanitaire, en construisant des centres de dépistage et de prise en charge précoce des maladies invalidantes et en facilitant surtout l’accès à la réadaptation fonctionnelle pour toutes les personnes vivant en situation de handicap ;

• Apporter son soutien aux ONG et Associations œuvrant en faveur des personnes vivant en situation de handicap et créer un cadre permanent d’échange et de concertation avec ces dernières afin de coordonner leurs efforts en matière de rééducation, de formation et surtout de suivi pour une réinsertion socioprofessionnelle réussite.

  1. Quels efforts doit encore accomplir la FENAPHACO ?

Pour renforcer ses actions et rendre plus efficaces ses programmes de réinsertion des personnes vivant en situation de handicap à la vie économique, professionnelle et sociale ; FENAPHACO pourra :

• Appuyer les efforts de l’Etat en matière d’instauration d’un climat social, favorable aux personnes vivant en situation de handicap par la multiplication des journées de discussion et de sensibilisation en matière des capacités de productivité, en matière des droits et des devoirs des personnes handicapées ;

• Consolider et capitaliser les acquis de son approche inclusive des personnes vivant en situation de handicap ;

• Encourager l’instruction des personnes handicapées et surtout des enfants en situation de handicap et renforcer les structures éducatives spécialisées existantes ;

• Promouvoir les droits à la réadaptation en facilitant un meilleur accès aux prestations en matière de réadaptation pour toutes les PVSH ;

• Participer et encourager davantage la formation professionnelle des personnes vivant en situation de handicap ;

• Accentuer ses actions en matière de prévention des maladies invalidantes et en matière de prise en charge précoce des malades ;

• Réorienter sa politique et ses programmes de réinsertion des personnes vivant en situation de handicap en tenant compte de l’interdépendance entre la rééducation, la formation et le suivi (sur lequel il faudra plus s’accentuer) ;

• Suivre davantage des projets financés afin de s’assurer de leur réalisation.

  1. Aux personnes vivant en situation de handicap

• Continuer à lutter pour leur droit et intérêts à travers des Associations ;
• Avoir le courage d’exploiter au maximum les potentialités qu’elles possèdent;
• Apprendre différents métiers adaptés à leur état physique susceptible de générer leur revenu pour pouvoir s’intégrer dans la société;
• Se faire soigner régulièrement pour améliorer leur état de santé et diminuer les effets négatifs causés par le handicap.

BIBLIOGRAPHIE
I. OUVRAGES

  1. BARRES R. et allié, le nouveau dictionnaire de la santé public et de l’action communautaire, Ed. Foucher, Paris, 2010.
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  3. BOKONGO, J.M., Initiation à la recherche scientifique, Ed. Feu-Torant,
    Kinshasa, 2012.
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  11. GUYENNOT C., L’insertion. Problème social, Ed. L’Harmattan, Paris, 1998.
  12. KUYUNSA B. et SHOMBA K., Initiation aux méthodes de recherche en sciences sociales, Ed. PUZ, Kinshasa, 1995.
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  20. ALTIERI G., « La flexibilité du marché du travail : débat politique, pratique de terrain » in revue Chronique internationale de l’IRES, Mai 2002.
  21. BIT, Programme Mondial : Investir dans l’emploi pour réduire la pauvreté et pour la croissance de l’économie locale, Février, 2003.
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  23. BIT, Travail décent et protection pour tous : priorité des Amériques, Rapport XIV Réunion régionale des Amériques des États membres de l’OIT, Lima, 1999.
  24. Commission Mondiale sur l’Environnement et Développement, Notre future commun, New-York, Oxford University Press, 1987.
  25. DICQUEMARE V., Une expérience d’insertion socio-économique des personnes en situation de handicap à partir d’une approche de développement local, Handicap International, Programme Nicaragua, 2004.
  26. FENAPHACO, Rapport sur la situation des personnes vivant avec handicap en RDC, Kinshasa, 2012.
  27. FNPSS-Gouvernement RDC, Processus de mise en place des mécanismes et stratégies durables pour l’inclusion socio-économique des personnes handicapées en RDC. Présentation détaillée des actions réalisées et des résultats des états généraux sur la situation des personnes handicapées en RDC, 2010-2017.
  28. Gouvernement RDC, Rapport d’Enquête sur l’Impacts sanitaires et socioéconomiques de la Covid-19 : Analyse prospective et orientations de la riposte multisectorielle, Kinshasa, Mai 2020.
  29. MINAS/DISPE, Normes sur le paquet minimum de service de prise en charge des orphelins et enfants vulnérables en lien avec le VIH/SIDA, Kinshasa, Mars 2018.
  30. Ministère de la Santé (RDC), Protocole National de réinsertion socioéconomique et scolaire des survivants de violences sexuelles, Kinshasa, 2012.
  31. Ministère de la Santé RDC-PNRBC, Document de stratégie réadaptation à base communautaire pour la république démocratique du Congo, Kinshasa, 2007.
  32. Ministère du Plan-RDC, Plan quinquennal de croissance et de l’emploi 2011-2015, Kinshasa, 2011.
  33. Nagi. S., Les concepts du handicap revisités: implications pour la prévention. Dans Pope, A.M. & Tarlov, A.R., National Academy Press, Washington, DC, 1991.
  34. NGOMA-BINDA, HENRI-ELIE, « Vision Africaine du handicap physique et progresse de la société » in revue Handicap et Société Africaine: Culture et Pratiques, Ed. L’Harmattan, Paris, 2011.
  35. OMS : Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé (CIF) ; Privat, mai 2001.
  36. OMS et Banque Mondiale, Rapport mondial sur le Handicap, Genève, 2011.
  37. OMS, Classification internationale des handicaps, déficiences, incapacités et désavantages, CTNERHI – INSERM, Paris, 1988.
  38. OMS, Plan d’Action mondial relatif au handicap 2014-2021 : un meilleur état de santé pour toutes les personnes handicapées, Genève, Avril 2014.
  39. RAVAUD J.-F. Modèle individuel, modèle médical, modèle social : la question du sujet, in, Handicap, revue de sciences humaines et sociales; Les enjeux de la CIH, actes de la journée d’études du CTNERHI du 22 octobre 1998, n°81, janvier-mars 1999.
  40. ROUSSEL P., Rénovation complète ou ravalement de façade ? Revue Handicap ; CTNERHI, 1998.

III. TEXTES OFFICIELS

  1. Journal Officiel RDC, Loi n° 09/001 du 10 Janvier 2009 portant protection de l’enfant, Kinshasa, 2009.
  2. Nations Unies, Convention Internationale des Droits des Personnes Handicapées, New York, 2006.
  3. UNICEF. Convention internationale des droits de l’Enfant, USA, New York, 1999.

IV. DICTIONNAIRES

  1. Dictionnaire des anglicismes, Dictionnaire Robert, 1984.
  2. Dictionnaire Encyclopédique, Le Petit Robert, Paris, 2003.
  3. LAROUSSE, Dictionnaire de français compact, Ed. Mont Parnasse, Paris, 2005.

V. WEBOGRAPHIES

www.un.org (Consulté 7/02/2021)
www.who.int (Consulté le 10/02/2021)

www.pcpacongo.files.wordpress.com (Consulté le 15/02/2021) www.cse.gouv.qc.ca. (Consulté le 15/02/2021) www.handicap-international.org (Consulté le 05/03/2021) www.larousse.fr (Consulté le 10/03/2021) www.pep80.fr (Consulté le 11/03/2021 www.who.int (Consulté le 19/03/2021) www.travail-social.com (Consulté le 11/03/2021) www.animafac.net (Consulté le 18/03/2021)

www.rodra.co.za (Consulté le 03/04/2021)

www.africanewsrdc.rdc (Cbonsulté le 20/06/2021)

ANNEXE

TABLE DES MATIERES

EPIGRAPHE …………………………………………………………………………………………………. ii
DEDICACE ………………………………………………………………………………………………….. iii
REMERCIEMENTS ………………………………………………………………………………………. iv
SIGLES ET ABREVIATIONS ……………………………………………………………………….. vi
LISTE DES TABLEAUX ……………………………………………………………………………… vii
LISTE DES GRAPHIQUES………………………………………………………………………….. viii
LISTE DES FIGURES …………………………………………………………………………………… ix LISTE DES IMAGES ……………………………………………………………………………………… x

  1. INTRODUCTION ……………………………………………………………………………….. 1
    0.1. PROBLEMATIQUE ……………………………………………………………………….. 1 0.2. HYPOTHESES DE L’ETUDE …………………………………………………………… 5
    0.3. OBJECTIFS DE L’ETUDE ……………………………………………………………….. 6
    0.3.1. OBJECTIF GLOBAL …………………………………………………………………….. 6 0.3.2. OBJECTIFS SPECIFIQUES ……………………………………………………………. 6 0.4. REVUE DE LA LITTERATURE ……………………………………………………….. 6 0.5. CHOIX ET INTERET DU SUJET …………………………………………………….. 13 0.5.1. LE CHOIX DU SUJET ………………………………………………………………… 13 0.5.2. INTERET DU SUJET ………………………………………………………………….. 13 0.6. METHODES ET TECHNIQUES ……………………………………………………… 13
    0.6.1. METHODE EXPLOITEE ……………………………………………………………… 13 0.7. DELIMITATION DU SUJET ………………………………………………………….. 15 CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE …………………….. 17
    I.1. DEFINITION DES QUELQUES CONCEPTS DE BASE ……………………….. 17
    I.1.1. DEVELOPPEMENT ……………………………………………………………………. 17 I.1.2. DEVELOPPEMENT DURABLE ……………………………………………………. 17
    I.1.3. DISCRIMINATION …………………………………………………………………….. 17
    I.1.4. EMPLOI …………………………………………………………………………………….. 18 I.1.5. EXCLUSION ……………………………………………………………………………… 18
    I.1.6. HANDICAP ……………………………………………………………………………….. 18 I.1.7. HANDICAP PHYSIQUE ……………………………………………………………….. 19 I.1.9. PERSONNE HANDICAPEE ………………………………………………………….. 20
    I.1.10. REINSERTION …………………………………………………………………………. 20
    I.1.11. SOCIOPROFESSIONNEL …………………………………………………………… 20
    I.1.12. TRAVAIL ……………………………………………………………………………….. 20
    I.2. CADRE THEORIQUE SUR LE HANDICAP ET LA REINSERTION
    SOCIOPROFESSIONNELLE ……………………………………………………………….. 21 I.2.1. NOTIONS SUR LE HANDICAP …………………………………………………….. 21 I.2.1.1. QU’EST-CE QUE LE HANDICAP ? ……………………………………………… 21
    I.2.1.2. ORIGINE (ETYMOLOGIQUE) ET EVOLUTION DU MOT
    « HANDICAP » …………………………………………………………………………………….. 21
    I.2.1.3. CONCEPTUALISATION DU HANDICAP ……………………………………. 23 I.2.1.4. EVOLUTION HISTORIQUE ………………………………………………………. 24
    I.2.2. LA CLASSIFICATION INTERNATIONALE DES DEFICIENCES, DES
    INCAPACITES ET DES HANDICAPS (CIDIH) ……………………………………….. 25
    I.2.3. LE PROCESSUS DE PRODUCTION DU HANDICAP (PPH) …………….. 28
    I.2.4. LA CLASSIFICATION INTERNATIONALE DU FONCTIONNEMENT,
    DU HANDICAP ET DE LA SANTE (CIF) ……………………………………………….. 30 2.1.5. TYPES DE HANDICAPS …………………………………………………………….. 35
    I.3. NOTIONS SUR LA REINSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE …………. 36
    I.3.1. DEFINITION DE LA REINSERTION ……………………………………………… 36 I.3.2. DIFFERENTES FORMES DE LA REINSERTION ……………………………. 36 I.3.3. PRINCIPES DIRECTEURS DE LA REINSERTION SCOLAIRE. ………… 38
    I.3.3.1. LE DROIT A L’EDUCATION …………………………………………………….. 38 I.3.3.2. QUELQUES PRINCIPES DE BASE …………………………………………….. 39 I.3.4. LA REINSERTION PROFESSIONNELLE ………………………………………. 40
    I.3.5. LES FACTEURS FAVORISANT LA REINSERTION
    SOCIOPROFESSIONNELLE ……………………………………………………………….. 40
    I.3.6. LES ETAPES DE LA REINSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE ……. 45 I.3.6.1. IDENTIFICATION DES COMPETENCES ET ORIENTATION ……….. 45 I.3.6.2. IDENTIFICATION DU PROJET INDIVIDUEL ……………………………… 45 I.3.7. TYPE DE LA FORMATION ET DUREE …………………………………………. 47
    I.3.8. ACCOMPAGNEMENT DES PVSH A LA REINSERTION
    SOCIOPROFESSIONNELLE ……………………………………………………………….. 47
    I.3.9. STRATEGIE DE LA REINSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE PAR L’AUTO-EMPLOI ………………………………………………………………………………. 49

CHAPITRE II : PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE ………………………… 52
II.1. PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE …………………………………………. 52
I.1. HISTORIQUE ……………………………………………………………………………….. 52 I.2. STATUT JURIDIQUE …………………………………………………………………….. 52 I.3. OBJECTIFS DE LA FENAPHACO …………………………………………………… 52
I.4. DOMAINES D’INTERVENTION …………………………………………………….. 53
I.5. LES ORGANES DE LA FENAPHACO ………………………………………………. 54
II.2. ETAT DES LIEUX SUR LA SITUATION DES PERSONNES VIVANT EN
SITUATION DE HANDICAP A KINSHASA …………………………………………… 57
II.2.1. CONTEXTE GENERAL……………………………………………………………… 57
II.2.3. CAUSES DE HANDICAP A KINSHASA ……………………………………….. 60
II.2.4. DIFFERENTS FREINS AFFECTANT LA QUALITE DE VIE DES
PERSONNES VIVANT EN SITUATION DE HANDICAP …………………………. 63
II.2.4.1. DIFFICULTE MEDICALE ………………………………………………………… 63
II.2.4.2. DIFFICULTES D’EDUCATION : ……………………………………………….. 65
II.2.4.3. DIFFICULTES DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE …………… 66
II.2.4.4. DIFFICULTES D’ORDRE PSYCHOLOGIQUE …………………………….. 66
II.2.4.5. DIFFICULTES SUR LES ACTIVITES SPORTIVES ET DES LOISIRS 66 II.2.5. LES ORGANISATION DES PERSONNES HANDICAPEES (OPH) ET
AUTRES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE ……………………………. 68

CHAPITRE III : PRESENTATION DES DONNEES ET DONNEES ET
DISCUSSION DES RESULTATS…………………………………………………71

III.1. APPROCHE METHODOLOGIQUE ……………………………………………….. 71
III.1.1. POPULATION D’ETUDE …………………………………………………………… 71
III.1.2. ECHANTILLONNAGE ……………………………………………………………… 71
III.1.3. ELABORATION ET ADMINISTRATION DU QUESTIONNAIRE ……. 72
III.1.3.1. ELABORATION DU QUESTIONNAIRE ……………………………………. 72
III.1.3.2. ADMINISTRATION DU QUESTIONNAIRE ………………………………. 72
III.2. SELECTION ET JUSTIFICATION DES VARIABLES ………………………. 73
III.2.1. LES VARIABLES INDEPENDANTES …………………………………………. 73
III.2.2. LA VARIABLE DEPENDANTE …………………………………………………. 74
III.3. PRESENTATION ET DISCUSSION DES RESULTATS …………………….. 75
III.3.1. PRESENTATION DES DONNEES ………………………………………………. 75
III.3.1.1. CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES DES
ENQUETES ……………………………………………………………………………………….. 76
III.3.1.2. INFORMATIONS SUR LE HANDICAP …………………………………….. 78
GRAPHIQUE 3 : SOINS ASSIGNES AU HANDICAP ………………………………. 79
III.3.1.3. DONNEES D’OPINION DES ENQUETES ………………………………….. 81
III.2. DISCUSSION DES RESULTATS …………………………………………………… 87
III.2.1. LES PERSONNES VIVANT EN SITUATION DE HANDICAP
PHYSIQUE DE KINSHASA DOIVENT MENER UNE LUTTE PERMANENTE
CONTRE LA MARGINALISATION ET POUR LA SURVIE ……………………… 87
III.2.2. FORMATION OU APTITUDE A L’APPRENTISSAGE D’UN METIER . 88
III.2.3. APPUI A LA REINSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE …………….. 89

   CHAPITRE IV : DOSSIER PROJET DE DEVELOPPEMENT ................. 92 

IV.1. CONCEPTION ET ELABORATION ………………………………………………. 92
IV.1.1. PROBLEMES …………………………………………………………………………… 92
IV.1.2. VARIABLES ……………………………………………………………………………. 92
IV. 1.3. CONTRAINTES ………………………………………………………………………. 92
IV.1.4. ALTERNATIVES ……………………………………………………………………… 92
IV.1.5. TITRE DU PROJET …………………………………………………………………… 93
IV.1.6. BUT ET FINALITE …………………………………………………………………… 93
IV. 1.7. OBJECTIFS GENERAUX ………………………………………………………….. 93
IV.1.8. OBJECTIFS SPECIFIQUES ………………………………………………………… 93
IV.1.9. RESULTAT ATTENDU …………………………………………………………….. 94
IV.1.10. ECHÉANCIER DES ACTIVITÉS ………………………………………………. 94 IV.1.11. GANTT DES ACTIVITES ………………………………………………………… 95
IV.1.12. ANALYSES DE BESOINS ……………………………………………………….. 96
IV.1.13. BUDGET RECAPITULATIF …………………………………………………… 101
IV.1.14. VIABILITE DU PROJET ………………………………………………………… 101 IV.4.2. APPROCHE DU CADRE LOGIQUE ………………………………………….. 104
4.2.1. ORDINOGRAMME DES PARTIES PRENANTES …………………………. 104
IV.2.2. TABLEAU DES PARTIES PRENANTES ……………………………………. 105
IV.2.3. ARBRE A PROBLEMES ………………………………………………………….. 109
IV.2.4. ARBRE A OBJECTIFS …………………………………………………………….. 110 IV.2.5. ARBRE DES STRATEGIES ……………………………………………………… 111
4.2.6. TABLEAU DES STRATEGIES …………………………………………………… 112
IV.2.7. CADRE LOGIQUE ………………………………………………………………….. 113
IV.2.8. PLAN DE SUIVI ET D’EVALUATION ………………………………………. 115
IV.3. PLANIFICATION ET GESTION ………………………………………………….. 115
IV.3.1. MATRICE SWOT (FFOM) ………………………………………………………. 115
IV.3.2. DIAGRAMME DE VENN ………………………………………………………… 116
IV.3.4. CYCLE DE VIE CLASSIQUE …………………………………………………… 116
IV.3.5. PLAN DE TRESORERIE ………………………………………………………….. 118
IV.3.6. GANTT FINANCIER ………………………………………………………………. 119
IV.3.7. TRIANGLE DE PROJET ………………………………………………………….. 120
IV.3.8. TRIANGLE DE GESTION ……………………………………………………….. 120
IV.3.9. ORGANIGRAMME ………………………………………………………………… 121 IV.3.10. GESTION DES COMPETENCES …………………………………………….. 121
4.3.11. APPROCHE SYSTEMIQUE ……………………………………………………… 122
IV.4. EVALUATION …………………………………………………………………………. 123
IV.4.1. CONTEXTE ………………………………………………………………………….. 123
IV.4.2. OBJECTIFS ……………………………………………………………………………. 124
IV.4.3. MOMENT ……………………………………………………………………………… 124
IV.4.4. METHODOLOGIE …………………………………………………………………. 124
IV.4.5. QUESTIONNAIRE …………………………………………………………………. 124
IV.4.6. PERSONNEL ………………………………………………………………………… 124
IV.4.7. CHRONOGRAMME DE L’EVALUATION ………………………………… 125
IV.4.8. BUDGET ………………………………………………………………………………. 125
CONCLUSION …………………………………………………………………………………………… 126
ANNEXE …………………………………………………………………………………………. 136
TABLE DES MATIERES ……………………….. ERREUR ! SIGNET NON DEFINI.137